Site d'injection supervisée

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Un site d'injection supervisée (ou « salle d'injection » ou « local d'injection » ou « salle de consommation de drogues à moindre risque »), couramment appelée « salle de shoot » est un lieu où les toxicomanes s'injectant par voies intraveineuses peuvent venir pratiquer leur injection dans de bonnes conditions sanitaires et d'hygiène ainsi qu'en présence d'un personnel formé. Il est aussi possible d'y échanger les seringues. Par contre, la drogue n'est pas fournie aux usagers en situation de dépendance. Il constitue souvent un premier contact avec des personnes droguées très marginalisées et permet des actions de réduction des risques. Il se situe généralement à proximité des lieux d'achats et de consommations des produits. Il peut être mis à disposition par l'État. Le premier centre a été ouvert à Vancouver en 2003. En Europe, l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse, le Portugal et les Pays-Bas ont aussi ouvert ce type de sites.

La mise en place de ces sites polarise les débats. Une expertise de l'INSERM en recommande l'expérimentation[1]. Les associations sont partagées sur la question. Les associations de réduction des risques, de lutte contre le sida et les hépatites soutiennent le projet, notamment au Canada, en France, en Espagne, au Portugal. Elle est combattue par certaines associations de quartier qui y voient un danger. L'Organe International de Contrôle des Stupéfiants, qui a émis une recommandation à l'intention des gouvernements dans laquelle elle préconise la fermeture des salles d'injection. En France, l'Académie Nationale de Médecine [2] s'est également prononcée contre l'ouverture des "salles de shoot".

Controverse[modifier | modifier le code]

Ces sites sont sujet à de nombreuses controverses.

Les partisans avancent que cette politique s'inscrit dans une démarche de réduction des risques visant à réduire le nombre d'overdoses et les décès qui en découlent et à limiter les risques de transmission d'hépatites virales ou du VIH.

Les opposants y voient une façon de promouvoir l'usage de drogues par le biais de structures gouvernementales ou associatives, ils dénoncent les coûts de ce type de programmes et avancent que ces sites auraient une incidence sur la délinquance. Certaines associations de lutte contre la drogue ou de protection de personnes dépendantes dénoncent la posture de ces structures d'aide aux drogués sans accompagnement avant l'acte (fourniture d'un substitut opiacé légal en dehors des réseaux délinquants) et après l'acte (perturbations psychiques et atteintes à la perception pouvant provoquer des comportements à risque aux abords de la structure d'aide).

Aspect juridique et problèmes posés[modifier | modifier le code]

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L'aspect anonyme de l'accès à ces salles qui fait partie intégrante de la démarche, ne permet pas en outre de limiter l'accès aux personnes dépendantes mineures.

Enfin le fait de ne pas fournir de substituts opiacés (méthadone) peut être vu comme une incitation indirecte au trafic illégal aux alentours de l'espace, mais également aux activités illégales permettant aux personnes dépendantes de financer leurs substances opiacées (racket, agressions).

Traitements de l'héroïnomanie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : addiction, toxicomanie et sevrage (toxicologie).

En Europe[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

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En 2013, la France a souhaité l'ouverture d'une salle de consommation à moindre risque à titre expérimental aux abords de la Gare du Nord à Paris. Cette salle serait gérée par l'association Gaia dans un espace mis à disposition par la SNCF dont l'accès se situe au 39 boulevard de la Chapelle dans le 10e arrondissement. Plusieurs associations ont dénoncé le manque de moyens alloués à cette salle et son caractère non médical. Les riverains ont également manifesté leurs inquiétudes à l'occasion de plusieurs réunions et manifestations. Ces inquiétudes concernent l'emplacement de la structure à proximité directe d'immeubles d'habitations, d'écoles maternelles et primaires, du Théâtre des Bouffes du Nord et l'absence de chiffres démontrant l'efficacité de la démarche. Par ailleurs, l'adresse retenue se trouve à plusieurs kilomètres du foyer actuel de toxicomanie situé dans le quartier de la Goutte d'Or.

L'association parisienne Vivre Gare du Nord et Gare de l'Est souhaite que la salle de shoot soit intégrée aux structures hospitalières situées à proximité immédiate (hôpital Lariboisière, hôpital Fernand-Widal) pour constituer un accompagnement médical des personnes dépendantes et mieux maîtriser la circulation sur la voie publiques de personnes sous emprise dangereuses pour elles-mêmes et pour les riverains.[réf. nécessaire]

L'association Gaia à l'occasion d'une réunion de concertation à la mairie du 10e arrondissement a présenté le dispositif : un préfabriqué installé sur l'actuel zone-arrière de la gare du Nord (station de bus-RER) et deux infirmières rattachées au site.[réf. nécessaire]

Les associations[réf. nécessaire] dénoncent l'absence de médecin, et de psychologues au sein de cette structure.

Serge Federbusch, élu UMP du 10e arrondissement a organisé le 14 avril 2013 une votation au cours de laquelle parmi 296 votants, plus de 90 % se sont déclarés défavorables au projet. Il est également intervenu lors de plusieurs réunions et manifestations pour dénoncer le principe, la localisation et la méthode suivie par la mairie de Paris.

Le 6 juillet 2013, plusieurs associations ont appelé à manifester devant la salle de consommation à la suite d'une réunion houleuse quelques jours plus tôt à la mairie du 10e arrondissement. Plusieurs immeubles ont alors arboré des banderoles de protestation « Ici, 32 enfants, une salle de shoot », ou les lettres « N-O-N » aux fenêtres des appartements.[réf. nécessaire]

Le 6 août 2013, le Conseil d'État a jugé recevable une plainte de l'association Parents contre la Drogue à l'encontre de la décision du Premier ministre d'ouvrir une salle de consommation de drogues[3]. Mais le 8 octobre 2013, il déclare que l'ouverture d'une telle salle de consommation de drogues à moindre risque n'est pas juridiquement conforme à la loi de 1970 sur les stupéfiants.

En 1994, une salle de consommation de drogue a ouvert à Montpellier. Elle a été fermée suite au malaise d'une adolescente en juillet 1995. L'enquête sur l'overdose s'est conclue par un non-lieu suite au décès de l'éducateur de l'association ASUD qui s'était occupé de la jeune femme.[réf. nécessaire]

En Suisse[modifier | modifier le code]

Le premier local d'injection date de 1986[4]. La création de tel local figure, depuis les années 1990, comme un des quatre piliers essentiels du gouvernement fédéral suisse dans sa politique en matière de drogue (prévention, thérapie, réduction des risques et répression)[5],[6].

Des locaux d'injection de drogue existent en 2011 dans une quinzaine de villes de Suisse alémanique et, pour la Suisse romande, uniquement à Genève. Un projet a été refusé à Lausanne[7].

En Allemagne[modifier | modifier le code]

En Espagne[modifier | modifier le code]

Aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Au Portugal[modifier | modifier le code]

Littérature et création[modifier | modifier le code]

Dans la troisième saison de la série américaine The Wire, la police de la ville de Baltimore décide de créer un espace de consommation de drogues loin des habitations pour limiter les effets néfastes liés au trafic de drogue et à la consommation dans la rue. Les douze épisodes abordent les questions liées à la légalité d'une telle démarche, aux messages portés aux réseaux illégaux, au positionnement de la police et de la Mairie et enfin de la question des mineurs face à la drogue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Rapports officiels
  • INSERM, Réduction des risques chez les usagers de drogues : Synthèse et recommandations,‎ juin 2010 (lire en ligne)
  • (en) Alan Ogborne et al., INSITE de Vancouver et autres sites d'injection supervisés : Observations tirées de la recherche : Rapport final du Comité consultatif d'experts sur la recherche sur les sites d'injection supervisés,‎ 1er mars 2008 (lire en ligne)