Nihang

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Nihang signifie crocodile en langue perse. Ce terme désigne parmi les sikhs, les moines guerriers ou chevaliers appelés aussi Akalis, dérivé du sanskrit Akal Purusha signifiant "L'éternel".

Enveloppés dans leur longue tunique bleu-nuit, la tête recouverte d'un turban haut de forme fixé par des disques d'acier, ficelé de chapelets et orné de broches en forme de sabres et de glaives, symbole de la religion sikhe, des milliers de guerriers se provoquent en duel dans les rues d'Anandpur Sahib, ville sainte de la religion sikhe, sur les contreforts himalayens, au Pendjab. Les adversaires se toisent, s'esquivent et s'élancent dans un corps-à-corps éperdu. Les lames sifflent, lances et boucliers s'entrechoquent violemment. Puis, épuisés, les duellistes se saluent et disparaissent au milieu des turbans bariolés.

Ils se considèrent comme les ultimes descendants du Khalsa, un ordre militaire et religieux fondé en 1699 par le dernier chef spirituel sikh, Gurû Gobind Singh, pour défendre son peuple contre le pouvoir moghol.
Aujourd'hui encore, 10 000 Nihangs répartis en quinze communautés sillonnent le Pendjab. S'ils ont conservé les attributs martiaux de leurs prédécesseurs, leurs armes n'ont plus qu'une fonction d'apparat et leur office, jadis militaire, est aujourd'hui purement symbolique : fermiers penjâbis pour la plupart, ces moines guerriers se sont donnés pour mission de perpétuer la mémoire des redoutables milices de Gurû Gobind Singh.

Les Nihangs se déplacent toute l'année de fêtes en rassemblements religieux. Ils distribuent des habits et de la nourriture aux plus démunis. Ils arbitrent des conflits lorsqu'on leur demande. Ils jouent un rôle de lien social entre les sikhs, au nom de Dieu. La protection des sikhs est la principale mission revendiquée par les Nihangs. Chaque année, en mars, à Anandpur Sahib, la parade militaire de la Hola Mohalla est l'occasion pour les Nihangs de mesurer leur prestige historique et de recruter de nouveaux guerriers parmi une foule qui peut aller jusqu'à trois millions de fidèles qui viennent admirer leur arsenal resté inchangé depuis trois siècles, leurs écuries de pur-sang et leur turban pouvant mesurer jusqu'à 425 m de long et peser 35 kg.

Les traditions se perdent dans la communauté sikhe gagnée par l'attrait de l'Occident. Par leur simple présence et par la transmission orale de leurs mythes, les Nihangs œuvrent à en perpétuer la mémoire.

Historiquement le terme Akali a été utilisé pour désigner les armées sikhes qui ont résisté aux Moghols à la fin du XVIIe siècle. Il a été employé à nouveau lors de la volonté des peuples de l'Inde à être indépendants; durant cette période d'agitation, Akali désignait le mouvement qui luttait pour garder le contrôle sur ses temples sikhs, les gurdwaras, avant la loi sikhe sur les gurdwaras de 1925[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. A Popular dictionnary of Sikhism de W. Owen Cole et Piara Singh Sambhi, édition Curzon, page 33, ISBN 0700710485