Courage

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Le courage (dérivé de cœur[1]) est une vertu qui permet d'entreprendre des choses difficiles en surmontant la peur, et en affrontant le danger, la souffrance, la fatigue[2]. C'est depuis longtemps, dans toute civilisation, la vertu la plus admirée, indispensable au héros[3]. Son contraire est la lâcheté.

Le courage est à distinguer d'autres notions à connotations plus péjoratives, comme l'audace ou la témérité, pour lesquelles le moteur de l'action n'est pas la peur, mais le désir ou l'orgueil. D'un point de vue moral, le courage doit être guidé par le sens de la justice ; il est n'est estimable que lorsqu'il se met au service d'autrui, sans intérêt égoïste[3].

Le courage authentique requiert l'existence de la peur, ainsi que le surpassement de celle-ci dans l'action. Lorsque le danger est confronté sans peur, on parle plutôt d'« assurance » ou, de façon plus péjorative, d'inconscience, notamment lorsque le danger est manifestement sous-estimé.

En psychologie, le courage est considéré comme un trait de caractère de la personnalité[4].

Conception platonicienne du courage[modifier | modifier le code]

Depuis Platon le courage, ou force d'âme, est considéré comme l'une des quatre vertus cardinales, les trois autres étant la prudence, la tempérance et la justice.

Platon analyse le courage notamment dans le Lachès[5].

La notion d'« andreia » (en grec ancien ἀνδρεία) désigne le courage, en tant que synonyme de virilité. Il est une des quatre vertus platoniciennes, avec la Justice, la Sagesse et la Tempérance. Selon les Définitions du pseudo-Platon, le courage est l’« état de l’âme qui ne se laisse pas ébranler par la crainte ; hardiesse au combat ; science des choses relatives à la guerre ; fermeté de l’âme face à ce qui est effrayant et terrible ; audace au service de la tempérance ; intrépidité dans l’attente de la mort ; état d’une âme qui garde sa capacité de juger correctement dans les périls ; force qui fait contrepoids au péril ; force de persévérer dans la vertu ; calme de l’âme en présence de ce qui, suivant la droite raison, paraît devoir déclencher terreur ou confiance ; capacité de ne pas se laisser aller à la lâcheté sous l’effet de la terreur que fait naître l’épreuve de la guerre ; état de fidélité constante à la foi. »

Conception orientale du courage[modifier | modifier le code]

Au Japon, le courage (勇 - Yuu en japonais) est une des notions fondamentales du Bushido. Inazo Nitobe en donne cette description[6] :

« Le courage, s’il n’était pas mis au service de la justice, était à peine digne d'être considéré comme une vertu. Confucius dans ses Entretiens, le définit comme à son habitude, par ce qu'il n'est pas. « Comprendre ce qui est juste », dit-il, « et ne pas le faire, démontre l'absence de courage ». Cette maxime reprise dans un sens positif peut se lire ainsi : « Le courage consiste à faire ce qui est juste ». Se risquer à tous les hasards, s'exposer, se lancer impunément dans les bras de la mort, passent pour des marques de valeur, et dans le métier des armes, une telle témérité, que Shakespeare appelle : « la sœur illégitime de la valeur », est injustement applaudie. Il n'en va pourtant pas ainsi dans les préceptes de la chevalerie. Mourir pour une cause qui n'en vaut pas la peine est « une mort de chien ». « Se précipiter au cœur d'une bataille et tomber aux champs d'honneur, dit un prince du Clan Mito, est assez facile et n'excède pas les moyens du plus simple des rustres. Mais le vrai courage est de vivre quand il faut vivre, et de mourir seulement quand il faut mourir ». Une distinction souvent faite en Occident entre le courage physique et le courage moral est chez nous une ancienne et intime évidence. Quel jeune samouraï n'entendit jamais parler de la différence entre « grande bravoure » et « bravoure du voleur » ? »

Selon Chögyam Trungpa, rinpoché du bouddhisme tibétain : « On pourrait s'imaginer qu'au moment de faire l'expérience du courage on entendrait l'ouverture de la cinquième symphonie de Beethoven ou bien on verrait une immense explosion dans le ciel, mais il n'en n'est rien. Dans la tradition Shambhala, c'est en travaillant la vulnérabilité du cœur humain qu'on découvre le courage[7]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Entrée « Courage » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique, PUF,‎ , p. 135
  3. a et b André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, Seuil,‎ , p. 67 et 71
  4. Gaston Gross, Manuel d'analyse linguistique,‎ (lire en ligne), p. 270
  5. Alain Lempereur, L'argumentation, Mardaga,‎ (lire en ligne), p. 23
  6. Inazo Nitobe, Bushidō, l'âme du Japon, p. 35, (ISBN 2846170118).
  7. Chögyam Trungpa, Shambhala : la voie sacrée du guerrier, Seuil,‎ , p. 51

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Platon, Œuvres complètes, Flammarion, sous la direction de Luc Brisson, Paris, 2008 (page 287 et 289)
  • Aristote, Éthique à Nicomaque
  • Joseph Stricher, Paroles de Dieu pour reprendre courage, Le Centurion, 2013, 64 pages
  • Alberto Mello (auteur) ; Isabella Montersinon (traduction), Le courage de la foi : Jérémie, prophète pour temps de crise, Lethielleux, 2007, 130 pages
  • Paul Tillich (auteur) ; Jean-Pierre Lemay (traduction), Le courage d'être, Le Cerf - Labor et Fides - Presses de l'Université de Laval, 1999, 183 p.
  • Félicien Rousseau, Courage ou résignation et violence, éditions Le Cerf, 1985
  • Cynthia Fleury, La fin du courage : la reconquête d'une vertu démocratique, Fayard, 2010, 206 p.
  • Pèlerin, n° 6741 du 9 février 2012, enquête de six pages sur le courage

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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