Rousseau Aviation

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Rousseau Aviation

Création 1963
Dates clés 1er juillet 1963, premier vol commercial,
Revendu à la TAT en 1973
Absorbé par la TAT en 1976
Disparition 1976
Fondateurs Claude Rousseau
Siège social Drapeau de France Dinard (France)
Activité compagnie aérienne
Effectif 350

Rousseau Aviation était une petite compagnie aérienne bretonne, basée à Dinard (Ille-et-Vilaine), fondée en 1963 et présidée par Claude Rousseau, ancien mécanicien d’aviation.

Historique[modifier | modifier le code]

La compagnie a débuté après beaucoup de difficultés pour ouvrir sa première liaison avec les îles Anglo-Normandes en juillet 1963, difficultés engendrées par les compagnies anglaises qui voyaient d’un mauvais œil l’arrivée de ce petit nouveau. Ces compagnies firent du lobbying en interdisant aux agences de voyages de distribuer la billetterie de Rousseau Aviation sous peine de perdre le placement des billets de ces compagnies.

Tant et si bien que pour la première liaison, le 1er juillet 1963, il n’y avait pas un seul passager inscrit. Qu’à cela ne tienne, Claude Rousseau invita gracieusement tous ses employés à embarquer dans le Douglas DC-3, à destination de Jersey. Ainsi le vol ne fut pas effectué « à vide ».

Après ces débuts rocambolesques, la petite compagnie prit son rythme de croisière. Avec des lignes interrégionales (laissées vacantes par Air Inter comme Nantes-Bordeaux) et internationales, Rousseau Aviation complétait les trois compagnies nationales (AF,UTA,IT). Les avions fréquentaient régulièrement les aéroports bretons, parisiens et lorrains.

En 1968, la flotte était composée d’une dizaine d’avions :

En 1970, deux HS.748 série 2A bi-turbopropulseurs de 52 places rejoignent la flotte de Rousseau. Ils sont immatriculés F-BSRA et F-BSRU, auxquels se joint un troisième en location et immatriculé aux Îles Vierges.

Début 1970, la compagnie assurait des liaisons entre Nantes d'une part, Brest-Guipavas, Le Havre-Octeville, Lille-Lesquin, Metz-Frescaty, Mulhouse-Bâle, Bordeaux-Merignac, Dinard-Pleurtuit et Londres-Heathrow d'autre part. À ces liaisons s'ajoutaient des vols de Paris vers Dinard, Saint Brieuc et Lannion-Servel, ainsi qu'entre Lyon-Bron et Nancy-Essey, et entre Clermont-Ferrand et Genève-Cointrin. Cette même année, Rousseau opère pour le compte d'Air Inter sur la liaison Paris-Quimper. Les avions, en livrée bleu-blanc, portent la marque "Rousseau Aviation Air-Inter".

A cette date, la compagnie exploitait deux HS.748, deux Fokker 27, cinq Nord-Aviation N262, un Beechcraft Baron, un Beechcraft Bonanza et un Cessna 172.

Le maire de Pleslin-Trigavou, Jean-Paul Leroy, rappelle que « La petite compagnie emploiera jusqu'à 350 personnes et transportera 200 000 passagers en 1970 »[1].

Entre décembre 1970 et décembre 1973, la société enregistra la perte de 6 avions suite à des accidents. Le 1er décembre 1970, un Nord 262E loué à la Société de travail aérien, une filiale d’Air Algérie, avec un équipage de la STA, disparut avec ses 30 passagers et membres d'équipage au large de l'Algérie[2]; le 5 décembre 1971, un N262 fut détruit au cours d'une mise en place sur l'aéroport de Lannion-Servel en remise de gaz pour cause météorologique, causant le décès de son équipage technique ; puis entre 1972 et 1973, on enregistra quatre autres accidents sans pertes humaines[3].

Puis, des difficultés économiques apparurent et la compagnie intégra le groupe de la TAT (Touraine Air Transport) en 1973 lorsqu'elle fut achetée par le biais de sa société mère SASMAT (Société Auxiliaire de services et de Matériels Aéronautiques). En août, un nouveau HS 748 apparaît, immatriculé F-BUTR (c/n 1717, ex G-BASZ) dont le propriétaire est une société de crédit-bail. Il est retiré d'exploitation en décembre de la même année. Au cours de cette période, certains avions reçurent la livrée de TAT (rouge-blanc, bleu-jaune, ou vert-blanc), les autres étant vendus.

Début 1975, l'entreprise exploitait encore 2 Hawker Siddeley 748, 2 Fokker F.27, 5 Nord 262, 1 Beech Baron, 1 Beech Bonanza et 1 Cessna 172.

Sur les avions, le nom de la compagnie figura quelque temps en filigrane sur celui de Touraine-Air-Transport, puis disparut en 1976 lorsqu'elle fut absorbée par la TAT[4].

La compagnie tourangelle, en difficulté financière, fut reprise par British Airways (50 %), qui revendit ses parts à Air Liberté en 1997. Rebaptisée Air-lib, après des difficultés financières et sa fusion avec AOM en mai 2000, elle finit par déposer son bilan en 2001 et est liquidée en 2003. Fin de Rousseau, TAT, Air liberté et AOM.

Claude Rousseau est décédé en décembre 2010[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) barducoin : Rousseau Aviation, 26 juin 2006
  2. (fr) Ahmed Mahieddine, « Une énigme aérienne jamais élucidée à ce jour. Il y a 40 ans, 24 Algériens disparaissaient en vol », sur http://www.lejourdalgerie.com, Le jour d'Algérie,‎ 8 juin 2009 (consulté le 9 avril 2010)
  3. (en) « Rousseau Aviation », sur http://aviation-safety.net/, Aviation Safety Network (consulté le 9 avril 2010)
  4. (en) « SubFleets for: Rousseau Aviation », sur http://www.aerotransport.org, Aerotransport (consulté le 9 avril 2010)
  5. Ouest-France, édition de Rennes du 29 décembre 2010