TAT (aérien)

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Fokker F28 de la TAT en 1993

TAT est une ancienne compagnie aérienne française qui a opéré de 1968 à 1996.

La compagnie a eu son siège dans l'Aéroport de Tours Val de Loire, Tours[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondée à Tours en 1968 par Michel Marchais sous le nom de Touraine Air Transport, elle est rapidement devenue un des acteurs majeurs du transport régional en Europe. D'abord en occupant le marché des liaisons régionales opérées par de petits appareils, ensuite en procédant aux rachats de multiples petites compagnies locales concurrentes ou complémentaires : Rousseau Aviation, Air Alpes, Air Alsace, Air Rouergue, Air Paris et Taxi Avia France.

En 1976, le groupe TAT crée le réseau de messagerie Express combiné air route : TAT EXPRESS qui plus tard sera utilisé pour créer une autre société d'express.

En 1978, la compagnie employait 446 personnes et, à la suite de sa ligne historique Tours – Lyon, elle a fini par tisser sa toile sur l'ensemble du territoire et commence à ouvrir des lignes internationales au départ des aéroports de province. L'aéroport de Lyon devient de fait son hub. Pour asseoir cette nouvelle dimension, elle se rebaptise alors « Transport Aérien Transrégional ».

Parallèlement, elle développe sur la plateforme de Dinard Pleurtuit Saint-Malo l'activité de maintenance aéronautique qu'elle assurait au départ pour ses propres besoins et se renforce dans la messagerie en créant avec la Poste la société « Chronopost ».


L'avènement du TGV dans les années 1980 et le développement du transport aérien international au profit des grandes compagnies commencent à lui poser quelques soucis et elle s'adosse à Air France : la compagnie nationale lui donne accès à ses systèmes de distribution et, en échange, TAT assure un nombre important de ses vols intérieurs sous franchise Air France. Néanmoins, la compagnie tourangelle continue de développer son réseau, notamment à l'international, pour son propre compte.

L'ouverture à la concurrence du ciel européen à la fin des années 1980 ouvre une période mouvementée dans le ciel français.

L'arrivée de nouveaux acteurs a lieu soit sur les créneaux potentiellement les plus rentables (Air Liberté, AOM ou Minerve s'attaquent de front à Air France et Air Inter qui finissent par se concurrencer elles-mêmes) soit sur les quelques marchés locaux encore à défricher (Air Littoral qui crée un réseau méditerranéen). Les positions des « historiques » sont naturellement affaiblies et on assiste à une recomposition du secteur.

En France, cela débute par la création d'un pôle aérien majeur autour d'Air France qui fusionne avec Air Inter et UTA (l'Union de transports aériens), formant alors un réseau global cohérent et solide.

Courtisée par British Airways qui souhaite profiter de cette recomposition pour s'implanter en France, TAT lui ouvre son capital en 1993 et devient alors « TAT European Airlines » et multiplie les liaisons vers Londres afin d'alimenter les longs courriers de BA et répondre à la demande de plus en forte des Britanniques pour le marché touristique français.

British Airways continue ses emplettes et profite de la mise en redressement judiciaire d'Air Liberté en 1997 pour racheter cette dernière et la lier avec TAT qui a cédé la totalité de son capital à la compagnie britannique l'année précédente. Les deux compagnies, dont le siège reste à Tours et qui, dans un premier temps resteront capitalistiquement indépendantes (Air Liberté loue le fonds de commerce de TAT) partageront quelque temps la nouvelle appellation « TAT - Air Liberté ».

Finalement le nom simplifié « Air Liberté » s"imposera rapidement. Malheureusement, le pôle aérien français de British Airways bat rapidement de l'aile et BA cèdera en 2000 l'ensemble à Swissair (associé à Taitbout Antilles), qui fort du récent rachat d'AOM et Minerve qu'elle avait fusionnées l'année précédente, rêve à son tour à la constitution de ce fameux second pôle aérien français. La compagnie aérienne TAT disparait donc dans ce nouvel ensemble et meurt définitivement dans la débâcle du groupe suisse à peine un an plus tard.

Le groupe TAT aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Néanmoins, le Groupe TAT existe toujours puisque seule la compagnie aérienne, puis la participation dans Chronopost avaient été cédées. Il assure toujours aujourd'hui des opérations de maintenance aéronautique. Cette activité a pris une dimension internationale suite au rachat de Sabena technics, dont il a gardé la marque, lors de la faillite de compagnie nationale belge éponyme. Le groupe a également développé une activité de leasing (location d'avions). Enfin, ayant gardé la propriété du siège de la compagnie à Tours et de nombreux terrains adjacents, il a amorcé une diversification dans l'immobilier d'entreprise principalement dans les quartiers nord de Tours et au Mans. Toujours basé à Tours, le Groupe est désormais dirigé par le fils du fondateur, Rodolphe Marchais.

Flotte[modifier | modifier le code]

ATR 72 de la TAT en 1993

TAT utilisa divers types d'appareils, passant ainsi du Beech 99 ou du Falcon 20 de ses débuts à des appareils tels que le Fokker F28, Fokker F100, DC-9, Boeing 737, ATR 42-300 et ATR 72-200, Embraer 120RT. Trois livrées ont été utilisées : bleue et blanche, jaune et bleue, verte et blanche. Au plus fort de son activité, la compagnie opérait des liaisons avec des villes étrangères telles que Londres, Salzbourg, Jersey, Milan, Zurich, Berlin.

Elle fut également l'une des très rares compagnies au monde à posséder des Fokker VFW 614, avion novateur, mais dont les failles de conception rendirent l'exploitation commerciale quasi impossible.

En début d'année 1978, sa flotte se composait de 2 Fokker F28, 2 VFW 614, 9 Fokker F27, 2 Nord-Aviation N262, 3 Aérospatiale Corvette, 5 Beech 99 et d'un Cessna 402[2].

Accidents[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 1988, un Fokker F27 de la compagnie, effectuant un vol entre l'aéroport de Nancy-Essey et l'Aéroport d'Orly s'écrase près de Machault (Seine-et-Marne) à 6h37, tuant ses 3 membres d'équipage et 20 passagers. La cause de l'accident est due à une panne électrique. Parmi les passagers se trouvait Olivier Lejeune, jeune fondateur d'Olitec.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les ailes d'un entrepreneur - La fin des monopoles, un mythe de Michel Marchais, éditions Anne Carrière, 2007. L'ancien dirigeant et fondateur de la TAT y fait le récit de la création, de l'essor et du devenir de cette société.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "World Airline Directory." Flight International. 1 avril 1989. 126.
  2. (en) « Touraine Air Transport », Flight International,‎ 22 avril 1978, p. 1200 (- 0680.html?search=Touraine Air Transport lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]