Air Liberté

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Air Liberté

Logo de cette compagnie
AITA OACI Indicatif d'appel
IJ LIB Air Liberté
Repères historiques
Date de création juillet 1987
Date de disparition 20 septembre 2001 (fusion avec AOM)
Fondateur Lotfi Belhassine
Généralités
Basée à Aéroport Paris-Orly Sud
Programme de fidélité BA Executive Club puis Qualiflyer
Taille de la flotte 41
Nombre de destinations 31
Siège social Rungis Drapeau de la France France
Société mère British Airways puis Swissair
Dirigeants Marc Rochet

Air Liberté (code IATA : IJ, code OACI : LIB, callsign Air Liberté) était une compagnie aérienne française créée en 1987 et disparue en 2001 à la suite de la fusion avec AOM French Airlines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondée en juillet 1987 par Lotfi Belhassine avec, comme principal actionnaire, le tour-opérateur Club Aquarius, son réseau était composé d'une quarantaine de destinations, explotées pour la plupart depuis sa base de Paris-Orly. Elle exploitait notamment la seule ligne long-courrier au départ de province entre Toulouse et La Réunion au moyen d'un DC10-30 de 329 sièges, une ligne devenue déficitaire et fermée en 2001 à la suite de la fusion avec AOM. En 1995, Air Liberté brisait le monopole d'Air Inter en se lançant dans une guerre des prix sur les lignes phares du réseau intérieur notamment Orly-Toulouse.

Tout au long de son existence, et à l'instar d'AOM, Air Liberté souffrira d'un manque de moyens avec notamment un premier dépôt de bilan en septembre 1996. En 1997, British Airways rachète la compagnie à hauteur de 67 % (la banque Rivaud prend 28 %) et devient le deuxième transporteur en France avec 20 % du trafic. Marc Rochet, fraîchement débarqué d'AOM prend la présidence. Le 1er avril de la même année, le ciel français est ouvert à la concurrence. Le 4 mai 2000, la compagnie britannique vend Air Liberté au SAirGroup, maison mère de Swissair, mais la compagnie poursuivra malgré tout son irrémédiable déclin.

Le 25 mars 2001, sous l'impulsion du SAirGroup, Air Liberté fusionne avec AOM et Air Littoral en vue de créer le deuxième pôle aérien français, souhait de l'État français. La nouvelle compagnie prend le nom d'AOM-Air Liberté, mais le regroupement des deux compagnies s'avère difficile car elles gardent leur propre certificat de transport aérien. Les vols sont alors traités selon les destinations soit par le personnel AOM, soit par le personnel Air Liberté. Un scénario très compliqué qui n'arrange en rien la cohabitation entre les salariés des deux anciennes compagnies concurrentes. Pire encore, elle ne survit que grâce aux financements mensuels de Swissair et, le 2 avril 2001, Marc Rochet ne souhaite plus investir dans AOM-Air Liberté. Un plan de restructuration est annoncé prévoyant la suppression de 1000 à 1500 personnes et les grèves s'accumulent. Puis le 25 mai, un nouveau plan est annoncé pour tenter de sauver le Groupe Air Liberté et qui prévoit la suppression de 1328 nouveaux postes et la fermeture de certaines lignes non rentables. Mais une nouvelle grève est organisée le 13 juin, notamment à Orly. Deux jours plus tard, face à cette situation catastrophique, la direction des deux compagnies dépose le bilan puis le 19, le tribunal de commerce de Créteil ordonne une procédure de redressement judiciaire. Il autorise le groupe à poursuivre ses activités pendant trois mois, le temps de trouver un repreneur sérieux.

Après examen des différentes dossiers de reprise, le 27 juillet 2001, le groupe HOLCO dirigé par Jean-Charles Corbet est retenu. Le pilote d'Air France qui s'était fait remarquer pour avoir été le leader de la grève des pilotes de ligne de la compagnie nationale durant la Coupe du Monde de football en 1998, rachète la compagnie pour un euro symbolique. Dans cette opération, Swissair prend l'engagement de verser 1,3 milliard de francs à partir du mois d'août pour financer une restructuration qui se traduira par la suppression de 2700 emplois sur les 4600 et la fermeture de lignes déficitaires. Le 20 septembre 2001, le groupe AOM-Air Liberté devient Air Lib. Mais dès le mois d'octobre, Swissair, elle-même en faillite, se trouve dans l’impossibilité d’effectuer la totalité des versements prévus. Le gouvernement français accorde alors un prêt de 30,5 M€ à l'entreprise.

Malheureusement, même avec l'aide du gouvernement qui ferme les yeux sur les dettes qui s'élèvent à 120 millions d'euros, en août 2002, l'ombre du dépôt de bilan plane de nouveau sur la compagnie. L'État l'enjoint alors de mettre en œuvre un nouveau plan de restructuration avant la fin de l'année. Plusieurs projets seront alors proposés ou recherchés (nouvelles réductions d'effectifs, investisseurs, moratoire sur les dettes publiques…) mais aucun n'aboutira et la compagnie déposera le bilan et sera liquidée le 17 février 2003.

Jean-Charles Corbet a été condamné le 25 septembre 2007 par le tribunal correctionnel de Paris à un an et demi de prison ferme et 3 millions d'euros de dommages et intérêts. Il a été reconnu coupable de n'avoir consacré qu'une partie des 150 millions d'euros versés par Swissair au redressement d'Air Lib tandis que d'importants virements avaient été effectués vers diverses sociétés dont sa propre holding HOLCO. Au même moment que Air Lib disparaissait, J. Chirac annonçait, afin de masquer la responsabilité du gouvernement dans cette débâcle, qu'il n'y aurait pas de chômeurs à l'issue de la fermeture d'Air Lib. Engagement fort pittoresque vis-à-vis d'une entreprise privée. Air France ouvrait alors ses recrutements aux anciens d'Air Lib et en sélectionnait un peu plus de la moitié. Ce fut tout bénéfice pour l'entreprise nationale qui embauchait ainsi du personnel qualifié à moindre coût, au plus bas des grilles salariales déclassant tous les personnels issus de la maîtrise, ayant réussi à faire disparaitre ce concurrent gênant sans voir arriver derrière un autre plus redoutable : easyJet.

Depuis lors, il n'existe plus de compagnie aérienne française de niveau international capable de rivaliser avec le groupe Air France-KLM rétablissant le monopole dans le transport aérien français.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Destinations desservies[modifier | modifier le code]

Air Liberté a desservi depuis Paris-Orly Sud les destinations suivantes :

Flotte[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]