Jeanloup Sieff

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Jeanloup Sieff

Naissance 30 novembre 1933
Paris
Décès 20 septembre 2000 (à 66 ans)
Paris
Nationalité française
Profession Photographe
Distinctions
Famille

Jeanloup Sieff (30 novembre 1933 à Paris - 20 septembre 2000 à Paris) est un photographe français alternant au cours de sa carrière différentes approches de la photographie, alternant entre mode, reportages ou portraits. Il est d'ailleurs reconnu pour ses portraits de personnalités politiques et du monde du spectacle, mais aussi pour ses paysages, ainsi que pour ses nus et son utilisation des objectifs grand angle. Il a travaillé durant quatre décennies, et ce essentiellement en noir et blanc. Il fut par ailleurs un photographe de mode et est suivi sur cette voie par sa fille Sonia.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeanloup Sieff nait en 1933 de parents d'origine polonaise. Ancien élève des lycées Chaptal et Decour[1], il suit des études de lettres[1] durant (2 semaines), ainsi que des étude de photographie à l'école Vaugirard[1] durant 3 semaines.

Il doit sa première parution en 1950 au magazine Photo-Revue. Sa première photo de mode est réalisée deux ans plus tard, durant ses années d'études de philosophie, avec un mannequin de chez Fath qu'il aborde dans la rue[2]. Entre 1953 et 54, pendant sept mois, il fréquente l'École de photographie de Vevey[1], à l'issue de quoi il débute comme reporter-photographe indépendant et participe à un magazine disparu, Nouveau Fémina[3]. Par la suite, il travaille pour le magazine ELLE dans la rubrique des informations générales et passe rapidement à la photographie de mode[3].

Jeanloup Sieff photographie les plus grands modèles des années 1950 et 1960, tels Dorian Leigh[4] en fin de carrière, Marie-Hélène Arnaud[5], Simone D'Aillencourt[6] avec qui il travaille souvent[7], la « superbe » — d'après ses mots — Ivy Nicholson[5], Denise Sarrault dont elle dit qu'« il fut mon porte-bonheur » suite à la série d'images que Jeanloup Sieff réalise à Monte-Carlo avec elle pour le Jardin des Modes en avril 1960 ; par la suite, ils travailleront de nouveau ensemble plusieurs fois, toujours pour le Jardin des Modes, mais également pour Harper's Bazaar[8]. Il travaille également avec la protégée de David Bailey, le modèle alors mondialement connu Jean Shrimpton pour le Vogue américain[9], Hiroko Matsumoto le mannequin vedette de la cabine de Cardin[10] ou Nico avant que celle-ci ne soit connue[11]. Il photographie aussi Jane Birkin, alors âgée de dix-neuf ans, pour Harper's Bazaar[11].

Jeanloup Sieff entre à l'agence Magnum en 1958 et la quitte l'année suivante[12]. Il obtient alors le prix Niépce pour un reportage sur le Borinage en Belgique. Au début des années 1960, il rejoint Frank Horvat à New York et partage avec lui un studio durant six mois[13]. À même période, Jeanloup Sieff débute sa collaboration, sous la responsabilité de Beatrix Miller (en) et Norman Parkinson ainsi que pour peu de temps David Hamilton comme directeur artistique, avec la magazine britannique Queen (en), suivi peu après par les photographes anglais Terence Donovan et Brian Duffy (en) puis bien d'autres[14]. Durant la même époque il travaille également avec les américains ; Sieff est sous contrat avec Ladies Home Journal (en), est publié dans le Harper's Bazaar à de nombreuses reprises[3]. À partir de 1963, il collabore aussi régulièrement au British Vogue[15]. D'autres magazines tels le Glamour anglo-saxon ou Nova (en) publieront ses photos[12].

Il photographie nu le couturier Yves Saint Laurent pour une publicité en 1970 ; cette photo fait alors scandale[16],[n 1]. L'année suivante, il fait la couverture de Photo[n 2]. En 1972, il est invité d'honneur des Rencontres d'Arles où a lieu la projection du film Jacques-Henri Lartigue et Jeanloup Sieff présentée par Michel Tournier.

Sieff reçoit le « Grand prix national de la photographie » en 1992. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il entreprend un travail sur les lieux de la Première Guerre mondiale en 1997. Jeanloup Sieff meurt à Paris en 2000.

Dans le numéro d'octobre 2010 de Vogue Paris, le styliste mais aussi photographe Hedi Slimane rend hommage à Sieff[20].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J'aime la danse, 1962
  • La Photo, 1976
  • La Vallée de la mort, Paris, 1978

En 1976, quand les éditions Denoël donnèrent carte blanche au photographe Jeanloup Sieff pour publier un ouvrage, celui-ci choisit de travailler sur la Vallée de la mort. Un sujet à priori étonnant pour cet esthète du nu, mais il cherchait un second souffle. Entre février et mars 1977, il sillonna la zone aride avec sa femme Barbara et en ramena des images peu conventionnelles. Des vues à la verticale de terre craquelée et de dunes de sable, dont les noirs profonds soulignent la beauté irréelle. Des portraits d'aventuriers modernes qui y ont projeté leurs rêves : croupiers de Las Vegas avides de soleil, une octogénaire qui trimballe les souvenirs de sa vie… En ressortant ce carnet de route poétique, très vite épuisé, les éditions Contrejour signent leur renaissance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La même année il photographie, pour le numéro de septembre du magazine Vogue Paris, le mannequin Marina Schiano en robe avec dentelle de la collection haute couture automne-hiver[17] ; cette photo sera utilisée de multiples fois par la suite. Sieff est, avec Helmut Newton et David Seidner (en) à des périodes différentes, considéré comme un photographe majeur de l’œuvre d'Yves Saint Laurent[18].
  2. Si Jeanloup Sieff fait, entre autres, la couverture du no 43 d'avril 1971, le magazine, pour son numéro 500 commémoratif, retient la série de photos du no 277 d'octobre 1990 comme plus particulièrement notable[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Biographie » in Jeanloup Sieff, 40 ans de photographie, Taschen, Cologne, 2010, p. 187
  2. Liaut 1994, p. 120
  3. a, b et c Harrison 1992, Extérieurs p. 112
  4. Liaut 1994, Dorian Leigh p. 35
  5. a et b Liaut 1994, p. 122
  6. Liaut 1994, Simone D'Aillencourt p. 67
  7. Liaut 1994, p. 121
  8. Liaut 1994, Denise Sarrault p. 87 et 91
  9. Liaut 1994, Jean Shrimpton p. 115
  10. Liaut 1994, Hiroko Matsumoto p. 158
  11. a et b Liaut 1994, p. 123
  12. a et b Liaut 1994, p. 119
  13. Harrison 1992, Extérieurs p. 110
  14. Harrison 1992, Incandescence p. 208
  15. Harrison 1992, Incandescence p. 208
  16. Linda Watson, Vogue - La mode du siècle : Le style de chaque décennie, 100 ans de créateurs [« Vogue Twentieth Century Fashion - 100 years of style by decade and designer »], Éditions Hors Collection,‎ 2000, 255 p. (ISBN 2-258-05491-5), « Les créateurs = Saint Laurent, Yves », p. 219
  17. Florence Müller, Farid Chenoune et al., Yves Saint Laurent, Paris, Éditions de La Martinière,‎ octobre 2010, 380 p. (ISBN 978-2-7324-4458-1), p. 207
  18. Herschdorfer 2012, Photographes et couturiers : histoire de tête et de mémoire p. 87
  19. « Mode », Photo, no 500,‎ juin 2013, p. 100 (ISSN 0399-8568)
  20. Herschdorfer 2012, Introduction p. 13

Détails des références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]