Maladie auto-immune

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Maladie auto-immune
Classification et ressources externes
CIM-9 279.4
OMIM 109100
DiseasesDB 28805
MeSH D001327
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Les maladies auto-immunes sont dues à une hyperactivité du système immunitaire à l'encontre de substances ou de tissus qui sont normalement présents dans l'organisme. Parmi ces maladies peuvent être cités la sclérose en plaques, le diabète de type 1 — jadis appelé « diabète juvénile » ou « diabète insulino-dépendant » —, le lupus, les thyroïdites auto-immunes, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, le syndrome de Goujerot-Sjögren, la maladie de Crohnetc.

Leur cause n'est pas encore bien élucidée, certaines d'entre elles sont considérées comme des maladies d'abondance : un lien est par exemple avéré entre l'arthrite et l'obésité, et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare que l'arthrite est plus fréquente dans les pays développés.

La plupart des maladies auto-immunes sont probablement le résultat de causes multiples, telles qu'une prédisposition génétique stimulée par une infection, associée à la présence d'une substance chimique ou d'un aliment.

Prévalence et vulnérabilité selon le sexe[modifier | modifier le code]

Dans les pays développés, les maladies auto-immunes touchent environ 8 % de la population, dont 78 % de femmes. Une forte prévalence de maladies auto-immunes (lupus érythémateux disséminé (SLE pour les anglophones) est constatée[1], sclérose en plaques (SEP)[2],[3], cirrhose biliaire primitive, polyarthrite rhumatoïde (PR), et thyroïdite de Hashimoto notamment) chez les femmes. L'évolution de nombreuses maladies auto-immunes, leur gravité et leur pronostic varie aussi selon le sexe. Ceci n'est pas encore clairement expliqué, bien qu'il ait été prouvé que les taux d'hormones sont liés à la gravité de certaines maladies auto-immunes dont la sclérose en plaques[4].

Chez les humains, et dans le modèle animal, le système hormonal semble avoir une importance majeure dans plusieurs phénomènes liés à ces maladies ; par exemple, les maladies auto-immunes sont plus fréquentes chez les personnes ayant une dysthyroïdie que dans la population générale, ce qui peut laisser supposer des mécanismes physiopathologiques communs et « justifie une surveillance des patients ayant une dysthyroïdie auto-immune et la réalisation d'un bilan initial et d'un suivi thyroïdien régulier chez les patients ayant une maladie auto-immune »[5],[6].

Ceci vaut pour d'autres mammifères : chez les souris de laboratoire, les femelles se montrent également plus touchées que les mâles par des maladies telles que le lupus érythémateux disséminé spontané (souris de souches (NZB×NZW)F1 et NZM.2328), l'encéphalomyélite allergique expérimentale (EAE, pour Experimental autoimmune encephalomyelitis) chez la souris SJL, la thyroïdite, le syndrome de Sjögren chez les souris de souche MRL/Mp-lpr/lpr, et pour le diabète chez les souris NOD[1]. Les hormones sexuelles et/ou le patrimoine génétique hérité liée au sexe semblent donc être responsable de la sensibilité accrue des femmes à ces maladies auto-immunes[1].
Chez l’animal, certains estrogènes, la progestérone et les androgènes préviennent ou atténuent les signes cliniques des maladies auto-immunes[7] alors que la castration chez le mâle les aggravent[8].

Par leurs propriétés immunologiques, promyélinisantes, neurotrophiques et neuroprotectrices, les estrogènes, les progestatifs et les androgènes semblent pouvoir moduler l'évolution de maladies telles que la sclérose en plaque (qui est plus rare et plus tardive chez l'homme que chez la femme, mais plus grave)[8]. Chez les femmes, le rythme des poussées de cette maladie diminue en fin de grossesse, puis progresse après l'accouchement, alors que les sécrétions hormonales chutent[8]. D'autres maladies auto-immunes semblent pouvoir répondre à une médication de type hormonal[9]. L'influence de perturbateurs endocriniens pourrait donc être l'un des facteurs explicatifs possibles de l'augmentation de certaines maladies auto-immunes.

D'autre part — de manière générale — les femmes ont une réponse immunitaire plus forte que celle des hommes (Whitacre et al. 1999)[réf. insuffisante] ; elles répondent notamment à l'infection, à une vaccination ou à des traumatismes avec une production plus importante d'anticorps et une production accrue de lymphocytes T auxiliaires Th2 (réponse immunitaire humorale prédominante), alors qu'une réponse par les lymphocytes T auxiliaires Th1 et l'inflammation sont généralement plus sévères chez les hommes. Cette différence d'intensité et de qualité de réponse immunitaire semble au moins en partie responsable de la plus grande vulnérabilité des femmes à un nombre important de maladies auto-immunes. À l'importance du sexe sur la réponse immunitaire s'ajoute parfois les additionnels de l'importance du sexe sur les organes cibles des ces maladies auto-immunes, telles que le CNS dans la MS (Cerghet et al. 2006 ; Spring et al. 2007)[1].

Chez les deux sexes, les maladies auto-immunes commençant par une phase aiguë associée à une réponse immunitaire inflammatoire pour évoluer vers une phase chronique associée à la fibrose, mais des différences marquées existent selon le sexe :

  • les maladies auto-immunes qui sont plus fréquentes chez les hommes se manifestent habituellement cliniquement avant cinquante ans. Et elles sont caractérisées par une inflammation aiguë, l'apparition d'autoanticorps, et une réponse immunitaire pro-inflammatoires de type Th1 ;
  • les maladies auto-immunes qui prédominent chez les femmes se manifestent avec une phase aiguë (ex. : maladie de Basedow, lupus érythémateux systémique, sont des maladies connues pour être des pathologies médiées par des anticorps. Et les maladies auto-immunes qui ont une incidence accrue chez les femmes semblent cliniquement actives après l'âge de 50 ans et associés à une maladie chronique, fibrosique et « Th2-médiée ». Les réponses Th17[Quoi ?] augmentent l'inflammation par les neutrophiles et la fibrose chronique.

Le sexe de la personne, est donc un biais à prendre en compte dans les études sur l'auto-immunité, concernant les processus physiopathologiques du système immunitaire et des organes-cibles concernés[1].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les auto-anticorps sont des anticorps (Ac) dirigés contre des éléments de l'organisme qui les a fabriqués. Le nombre de ces auto-anticorps est élevé. Certains de ces auto-anticorps sont plus fréquemment retrouvés dans certaines maladies appelées maladie auto-immune :

Affections suspectées[modifier | modifier le code]

Tout ou partie de nature auto-immune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) R. Voskuhla « Sex Differences in Autoimmune Diseases » Hormones, Brain and Behavior (seconde édition) volume 4, pages 2259-2290 DOI:10.1016/B978-008088783-8.00070-X mis en ligne le 6 juin 2009 (Résumé)
  2. (en) Birgit Reipert « Multiple sclerosis: a short review of the disease and its differences between men and women » The Journal of Men's Health & Gender 2004;1(4):334-340.
  3. (en) Judith M. Greer, Pamela A. McCombe « Role of gender in multiple sclerosis: Clinical effects and potential molecular mechanisms » Journal of Neuroimmunology 2011;234(1-2):7-18.
  4. [1]
  5. F Gaches, L Delaire, S Nadalon, V Loustaud-Ratti et E Vidal « Fréquence des maladies auto-immunes chez 218 patients atteints de pathologies thyroïdiennes auto-immunes [The frequency of autoimmune diseases in 218 patients suffering from autoimmune thyroid diseases] » La Revue de Médecine Interne 1998;19(3):173-179. DOI:10.1016/S0248-8663(97)80716-3 (résumé franco-anglais)
  6. J.P. Courrèges, É. Aboud, C. Coste, Ph. Decourt et R. Lamarca « Fréquence des maladies auto-immunes dans une population de diabétiques insulino-dépendants adultes » La Revue de Médecine Interne 1992;(13)7:S403. XXVIIe Congrès de la SNFMI, Société nationale française de médecine interne DOI:10.1016/S0248-8663(05)80982-8 (Résumé)
  7. (en) Karen M. Palaszynski, Kyi Kyi Loo, Judith F. Ashouri, Hong-biao Liu, Rhonda R. Voskuhl « Androgens are protective in experimental autoimmune encephalomyelitis: implications for multiple sclerosis » Journal of Neuroimmunology 2004;146(1-2):144-152. (Résumé)
  8. a, b et c M. El-Etr, S. Vukusic, C. Confavreux, E.-E. Baulieu et M. Schumacher « Revue générale Hormones sexuelles et sclérose en plaques [Sex steroids and multiple sclerosis] » Médecine & Longévité Volume 1, Issue 1, September 2009, Pages 3-11 DOI:10.1016/j.mlong.2009.06.005 (Résumé, en français)
  9. (en) S.D. Miller, E.M. Shevach « Immunoregulation of experimental autoimmune encephalomyelitis: editorial overview » Original Research Article Research in Immunology Volume 149, Issue 9, November-December 1998, Pages 753-759
  10. N. H. Loukili, E. Noel, G. Blaison, B. Goichot, G. Kaltenbace, M. Rondeau and E. Andrès « Données actuelles sur la maladie de Biermer. À propos d'une étude rétrospective de 49 observations » La Revue de Médecine Interne Volume 25, Issue 8, août 2004, Pages 556-561 DOI:10.1016/j.revmed.2004.03.008 (Résumé)
  11. Maladie de l'homme raide sur Orphanet.
  12. [PDF] Patrick Cherin, Les polymyosites, http://www.orpha.net/data/patho/FR/fr-polymyos.pdf
  13. (en) L.H. Sigal, « Lyme borreliosis (Lyme disease): interactions of 'Borrelia burgdorferi sensu lato with human (and other mammalian) hosts », Bulletin de l'Institut Pasteur, vol. 96, no 3,‎ juillet 1998, p. 189-206 (ISSN 0020-2452, DOI 10.1016/S0020-2452(98)80013-4, lire en ligne)
  14. LBranger, N. Schleinitz, S. Gayet, V. Veit, G. Kaplanski, M. Badier, A. Magnan and J. -R. Harlé « Le syndrome des poumons rétractés et les maladies auto-immunes [Shrinking lung syndrom and systemic auto-immune disease] » La Revue de Médecine Interne Volume 25, Issue 1, janvier 2004, Pages 83-90 DOI:10.1016/j.revmed.2003.09.010 ([2], Franco-anglais)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]