Immunoglobuline E

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Structure des IgE.

L'immunoglobuline E (IgE) est une classe d'anticorps (isotype) présente uniquement chez les mammifères et qui a été découverte et caractérisée en 1966 par Kimishige Ishizaka – ce qui lui a valu le prix japonais de l'an 2000. Les IgE sont capables de déclencher des réactions rares mais sévères, de type allergiques immunitaires. La plupart de nos connaissances sur cette classe d'anticorps provient de recherches sur les mécanismes de certaines allergies et sur le système immunitaire anti-parasites.

Liens avec certaines allergies[modifier | modifier le code]

Article détaillé : allergène.

Certaines personnes, lors de leur premier contact avec un allergène, produisent des IgE, spécifiques à l'allergène en question (pollen, protéines alimentaires, acariens...) grâce à l'activation de lymphocytes T et B. Cette phase (phase initiatrice) de sensibilisation est cliniquement silencieuse.

Lors de contacts répétés avec le même allergène (phase effectrice), les IgE vont être produits en grande quantité par les lymphocytes B. Les IgE se fixent alors sur les granulocytes basophiles, éosinophiles et les mastocytes, entraînant des réactions inflammatoires. Cette cascade de réactions inflammatoires va libérer de l'histamine (médiateur préformé) et d'autres médiateurs de la réaction allergique dans le sang (médiateurs néoformés, le plus souvent dérivés de l'acide arachidonique : majoritairement les leucotriènes et les prostaglandines). Cette phase n'est plus cliniquement silencieuse. Elle peut conduire à un choc anaphylactique. Les conséquences de l'allergie sont la vasodilatation (causant des œdèmes), la bronchoconstriction et la production de mucus, dues à la stimulation des récepteurs H1 à l'histamine (les autres médiateurs, leucotriènes et prostaglandines, produisent les mêmes effets, plus tardivement mais prolongés et plus intenses).

Récepteur[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de récepteurs aux IgE FcεRI (de haute affinité) et FcεRII (de faible affinité).

FcεRI[modifier | modifier le code]

Les mastocytes et les basophiles sont porteurs de récepteurs FcεRI dits de haute affinité, dont la densité est de l'ordre de 2-3×105 molécules par cellule. Il est composé d'une chaîne α, qui capte l'IgE, d'une chaîne β et de deux chaînes γ identiques unies par des ponts disulfures, ces trois dernières participant au transfert du signal de dégranulation (motifs ITAM)[1].

FcεRII[modifier | modifier le code]

Il existe aussi un récepteur FcεRII (CD23) dit de faible affinité, qui se retrouve entre autres sur les lymphocytes B et pourrait jouer un rôle dans la présentation de complexes immuns contenant des anticorps IgE aux lymphocytes T. Ce récepteur est essentiellement présent sur les éosinophiles mais on a rapporté sa présence sur la membrane plasmique des macrophages alvéolaires, des plaquettes et des lymphocytes[2].

Dosage sérique[modifier | modifier le code]

Le taux d'IgE circulant est bas (concentration sérique < 1 µg/ml) parce que :

  • La demi-vie de l'IgE sérique est plus courte que celle des autres immunoglobulines (+/- 2,5 à 4 jours par rapport à 21 jours pour les IgG). En fait, le sérum est en permanence capté par les cellules endothéliales (endocytose) et la plupart des macromolécules, y compris les IgE, sont ainsi dégradées dans les endosomes. Le pH acide y favorise la digestion des Ig par les cathepsines. L'IgG échappe à ce catabolisme grâce à sa liaison au récepteur néonatal FCγRn.
  • Les IgE produites sont rapidement liées aux mastocytes et aux leucocytes basophiles qui possèdent des récepteurs de haute affinité pour le fragment Fc de l'IgE. Une fois liée, l'IgE persiste à la surface de ces cellules pendant plusieurs semaines.
  • L'IgE est produite en petite quantité et uniquement en réponse à certains antigènes particuliers, parasitaires ou allergènes. À noter que la position de la partie génique qui encode la région constante de l'IgE se trouve à l’extrémité distale du gène des immunoglobulines. Mais la position ne peut expliquer à elle seule la rareté de la commutation vers l'IgE.

Le dosage des IgE totales permet d'effectuer un premier dépistage grossier à la recherche soit d'une allergie soit d'une parasitose à helminthes (helminthiases). Dans ces pathologies, le taux d'IgE totale est généralement augmenté.

Le dosage des IgE spécifique (RAST test) d'un composé permet d'affirmer ou d'infirmer la présence d'une allergie à ce composé. Actuellement les recommandations sont de dépister dans un premier temps les IgE spécifiques sur un mélange d'allergènes (Phadiatop et Trophatop) avant de prescrire les dosages d'IgE spécifiques d'un ou de plusieurs composés.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Comment devient-on allergique », Science & Vie Junior n°189, juin 2005, p. 78 - 83
  • Cette page est une traduction partielle de l'article de Wikipédia anglophone

Référence[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]