Perpétue et Félicité

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Martyre de sainte Perpétue et de ses compagnons sur un vitrail de l'église Notre-Dame de Vierzon (XIXe siècle).

Perpétue et Félicité sont parmi les premières martyres africaines chrétiennes dont la mort soit documentée. Elles sont mortes à Carthage en 203.

Le martyre[modifier | modifier le code]

Mosaïque de Perpétue dans la basilique euphrasienne de Poreč. L'inscription au-dessus signifie Sancta Perpetua

Perpétue fut sans doute arrêtée à la suite d'une dénonciation, elle fut jugée par le procurateur de la province qui remplaçait momentanément l'habituel proconsul.

Les soldats l'amènent de Tebourba chargée de chaînes ; jeune mariée, elle tient entre les bras son enfant qu'elle allaite encore ; on la jette dans les prisons de Byrsa. Son père se précipite à ses pieds pour obtenir qu'elle renie sa foi, on lui signifie qu'elle va laisser orpheline la créature innocente à laquelle elle vient de donner le jour, tout ceci en vain, car elle résiste aux prières comme aux menaces.

On la condamne aux bêtes. On la traîne à l'amphithéâtre au milieu des insultes de la foule, avec sa servante Félicité qui trois jours auparavant dans sa prison, avait mis au monde une petite fille ; on les expose, entourées de filets, à la fureur d'une vache sauvage qui s'acharne sur elles sans parvenir à les tuer. Il faut que le fer les achève et que l'homme accomplisse ce que les bêtes n'ont point voulu parfaire.

Les récits de la Passion[modifier | modifier le code]

Le récit du martyre nous est connu dans un texte grec et un texte latin : la Passion de Perpétue et Félicité. Une longue controverse s'est développée pour savoir lequel de ces deux textes était le texte original. La Passion se présente comme l'œuvre d'un rédacteur anonyme - autrefois souvent assimilé à Tertullien, hypothèse bien moins retenue aujourd'hui - encadrant des pages écrites par Perpétue et Saturus durant leur captivité avant l'exécution. Le rédacteur anonyme a donc laissé une introduction générale, le récit de la cérémonie des jeux qui se conclut par la mort des martyrs et une péroraison finale. Les pages écrites par Perpétue et Saturus sont consacrées pour l'essentiel aux visions qu'ils eurent durant leur captivité. Ces visions sont des songes inspirés par la divinité selon l'idée courante dans l'antiquité que les rêves permettaient aux dieux de communiquer avec les hommes. On tient les récits de Perpétue et de Saturus pour des récits originaux, ce qui fait la valeur historique de cette passion. Le récit de Perpétue est en effet un des rares textes qui nous ont été laissés par une femme durant l'empire romain. Perpétue apparaît empreinte d'une foi très rigoureuse - qui a pu faire penser au Montanisme, elle n'en est pas moins marquée par la culture de son époque : Louis Robert a montré comment le songe du combat avec le lutteur égyptien s'inspirait des spectacles de lutte. Le récit de la passion de Perpétue a connu une diffusion rapide : elle est citée par Tertullien. Par la suite, Saint Augustin y fit plusieurs fois référence, en particulier à propos de la question du devenir des enfants morts non baptisés il discuta du songe qui montre le salut du jeune frère de Perpétue, Dinocrate. Les Actes furent rédigés à partir de la Passion, sans doute pour offrir une version plus commode à utiliser dans la prédication.

Vénération et reliques[modifier | modifier le code]

Châsse de sainte Perpétue en l'église Notre-Dame de Vierzon.

Perpétue et Félicité sont évoquées dans la litanie des saints lors de la Veillée Pascale dans l'Église catholique, ainsi qu'à la fin de la prière eucharistique numéro 1 dans le rituel de la messe dominicale.

Selon la tradition berrichonne[1],[2], les reliques de sainte Perpétue, martyrisée le 7 mars 203, furent transférées en 439 à Rome, puis de là, en 843, par l'archevêque de Bourges Raoul à l'abbaye de Dèvres (ou Deuvre), à Saint-Georges-sur-la-Prée. Après que cette abbaye eut été saccagée par les Normands en 903, elle fut transférée à Vierzon en 926, et les reliques de sainte Perpétue avec elle, sur le lieu de l'actuel Hôtel-de-Ville. De là, ces reliques furent à nouveau transférées dans l'église Notre-Dame de Vierzon en 1807, où elles sont conservées aujourd'hui. Perpétue est la sainte patronne de Vierzon et, suite à son martyre, est invoquée pour la protection des troupeaux de bétail.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Passion de Perpétue et de Félicité suivi des Actes, texte établi, traduit et commenté par J. Amat, Sources Chrétiennes n° 417, cerf, Paris, 1996.
  • Vincent J. O'Malley, Saints of Africa, Our Sunday Visitor Publishing, 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source: Notice affichée dans la chapelle de sainte Perpétue à Notre-Dame de Vierzon, consultée le 20 août 2008.
  2. Paul Guérin, Les Petits Bollandistes - Vie des Saints, Paris, Bloud et Barral libraires, 1876, tome III, p. 230.