Montréal-Ouest

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Montréal-Ouest
Montréal-Ouest
Hôtel de ville de Montreal-Ouest
Hôtel de ville de Montreal-Ouest
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Statut municipal Ville
Maire
Mandat
Beny Masella
2013 - 2017
Constitution 1er janvier 2006
Démographie
Population 5 166 hab. (2014)
Densité 3 169 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 27′ 13″ N 73° 38′ 50″ O / 45.453598, -73.64723745° 27′ 13″ Nord 73° 38′ 50″ Ouest / 45.453598, -73.647237  
Altitude Min. 22 m – Max. 48 m
Superficie 163 ha = 1,63 km2
Divers
Langue(s) Français et anglais
Fuseau horaire UTC-5
Indicatif +1-514, +1-438
Code géographique 66047
Localisation

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Montréal-Ouest

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Montréal-Ouest

Montréal-Ouest (anglais : Montreal West) est une ville de l'ouest de l'île de Montréal au Québec, Canada. Fusionnée à Montréal lors des réorganisations municipales québécoises de 2002 pour former l'arrondissement Côte-Saint-Luc–Hampstead–Montréal-Ouest avec les villes voisines de Côte-Saint-Luc et Hampstead, elle défusionne et retrouve officiellement son statut de municipalité le 1er janvier 2006 à la suite d'un référendum tenu le 20 juin 2004.

Enclavée dans la ville de Montréal, Montréal-Ouest compte 5 285 habitants (en 2008) et couvre une superficie de 1,63 km2. Incorporée en 1897, cette petite communauté résidentielle a été bâtie au nord du chemin de fer du Grand Tronc lui-même érigé en 1855. Au cours du XXe siècle, l'expansion de sa population correspond à l'établissement de la communauté anglophone aisée de Montréal dans le West Island et la création d'une importante jonction de chemin de fer dans laquelle la ville est ceinturée.

Montréal-Ouest est desservie par l'autoroute 20 à sa frontière sud et par la gare Montréal-Ouest où passent les lignes de train de banlieue Dorion–Rigaud, Blainville–Saint-Jérôme et Delson–Candiac..

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Carte de Montréal-Ouest

Montréal-Ouest est située au centre de l'île de Montréal, pratiquement au cœur de la région montréalaise. Cette petite ville se trouve plus précisément à environ 9 kilomètres au sud-ouest du centre-ville de Montreal, sur la falaise Saint-Jacques qui surplombe la rive nord du canal Lachine. Elle est presque entièrement enclavée dans la ville de Montréal, entre les arrondissements Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et Lachine, sauf à sa limite nord-ouest où elle est limitrophe de la ville de Côte-Saint-Luc.

En tout, elle couvre un territoire de 1,63 km2 ou 400 acres. Principalement résidentielle, la ville est fortement urbanisé et ne compte pas de frontières naturelles avec les villes de Montréal et Côte-Saint-Luc. Les limites de la ville son principalement définies par les rues. La frontière Nord de la ville sont les avenues Brock Nord et Sud, l'autoroute 20 au sud-est, les avenues Easton, Sheraton et Crestwood au sud-ouest et les chemins Radcliff et Westover au nord-est.

Rose des vents Côte-Saint-Luc Montréal
(Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce)
Rose des vents
N
O    Montréal-Ouest    E
S
Montréal
(Lachine)
Montréal
(Lachine)

Climat[modifier | modifier le code]

Montréal-Ouest, comme toute l'île de Montréal, est soumis à un climat continental humide. Les variations annuelles de température dans la région de Montréal sont d’environ 40 °C. Les hivers sont froids et secs alors que les étés sont chauds et humides. Le mois de janvier est, avec une température moyenne avoisinant les -10,4 °C, le mois le plus froid de l’année tandis qu’en juillet la moyenne est de près de 27 °C, ce qui en fait le mois le plus chaud. L'humidité accablante augmente fréquemment la température ressentie à plus de 35 °C. La plus basse température jamais observée est de -37,8 °C, le 15 janvier 1957. La plus haute, soit 37,6 °C, a été observée le 1er août 1975. Les précipitations sont abondantes et régulières toute l’année. Il tombe en moyenne 2,14 mètres de neige chaque hiver. Les orages sont fréquents l’été, ce qui en fait la saison avec le plus de précipitations, mais aussi la plus ensoleillée.

Relevé météorologique de Montréal
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) −14,7 −12,9 −6,7 0,6 7,7 12,7 15,6 14,3 9,4 3,4 −2,1 −10,4
Température moyenne (°C) −10,2 −8,4 −2,3 5,7 13,4 18,2 20,9 19,6 14,6 8,1 1,6 −6,3
Température maximale moyenne (°C) −5,7 −3,9 2,2 10,7 19 23,6 26,2 24,8 24,8 12,7 5,3 −2,2
Précipitations (mm) 78,3 61,5 73,6 78 76,3 83,1 91,3 92,7 92,6 77,8 92,6 81,3
Source : Environnement Canada[1]


Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la fondation[modifier | modifier le code]

Territoire actuel sur une carte des lots datant de 1879

La colonisation du territoire de Montréal-Ouest remonte à l'époque de la Nouvelle-France. En 1653, les pères sulpiciens accordent un concession seigneuriale à Jean Décarie au nom du Roi Louis XIV de France[2]. Le secteur demeure agricole jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Au début du XVIIe siècle, la guerre anglo-américaine de 1812 entraine la construction de fortification le long de l'Upper Lachine Road, des tranchés où passent aujourd'hui les avenues Campbell et Woseley et un poste d'observation à la hauteur de l'avenue Easton[3]. Ce sont des soldats écossais qui s'occupent de la défense de ces fortifications. Les bonnets bleus (Blue Bonnets) qui font partie de leur uniforme marquent la toponymie du secteur ; l'élévation sur lesquels ils sont installés sera nommé Blue Bonnets Hill. Les Américains ne parviendrons pas à atteindre l'île de Montréal, ils seront repoussés par les troupes de Charles de Salaberry au cours de la bataille de Châteauguay[3].

Au cours du XIXe siècle, la ferme Décarie produit des melons qui, avec l'arrivée du chemin de fer du grand Tronc en 1846[4], sont exportés dans tout le Canada-Uni[5].À l'époque, les 400 acres de terres de Montréal-Ouest sont divisés entre trois fermes ; Deux appartenant à la famille Décarie et la dernière étant la propriété de David Leach, un procureur local[5]. Durant les années 1880, une partie de la propriété des Décarie est vendu et aménagé en hippodrome ; le Blue Bonnets Race Course connaît un grand succès et attire de nombreux amateurs de course de chevaux qui arrivent de Montréal par train[6].

Chemin de fer du Canadien Pacifique passant au nord de la ville

L'attrait pour ces courses décline rapidement, le Blue Bonnets Race Course déménage et la mise en place de nouveaux rails transforme le secteur en une importante jonction de chemins de fer ; le secteur est nommé Montreal-Junction. Le Canadien Pacifique, qui en 1877 y a établi la jonction entre le chemin de fer Montréal-Toronto et Montreal-Québec, y construit une petite gare[7]. Des employés du Canadien Pacifique se montrent rapidement intéressés à acheter des lots dans le secteur pour s'y établir. 25 lots sont négociés et achetés et les premières maisons sont construites au cours de l'année 1890[8]. La même année, le chemin de fer local reliant Montreal-Jonction et le centre-ville de Montréal est complété et la firme immobilière torontoise Armstrong and Cook achète l'ensemble des terre des Décarie et l'ancienne piste du Blue Bonnets[9]. Pour sa part David Leach garde ses terres et en développe lui-même le potentiel immobilier en vendant des terrains surplombant, du haut d'un escarpement, Ville Saint-Pierre[10]. Pour attirer les acheteurs, Armstrong and Cook offre les égouts et l'eau courante aux nouveaux résidents[11].

Première moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Monument érigé en 1921 pour honorer les soldats de Montréal-Ouest qui ont donné leurs vies durant la Grande Guerre

Incorporée en 9 janvier 1897, la ville de Montréal-Ouest tient ses premières élections municipales le 1er février de la même année pour élire 7 conseillers qui choisissent un maire parmi eux[12]. Les quartiers sont divisés en fonction des développements immobiliers de l'époque ; ceux d'Armstrong and Cook constituent le quartier est, ceux développés par David Leach deviennent le quartier ouest. Le conseil élu établira des règlements strictes visant à préserver le statut et la morale de cette ville naissante. Les premières lois visent à interdire la vente d'alcool dans la ville, établir un plan d'urbanisme et apporter du support à la société d'horticulture[13].

La ville achète rapidement le réseau d'aqueduc d'Armstrong and Cook pour répandre la distribution d'eau courante[14]. En 1910 est construit l'hôtel de ville actuel[14]. Toutes les rues de la ville sont pavées en asphalte dès 1914, qui recouvre les conduits de gaz, d'eau et les égouts déjà installés[14]. La même année sont construits le poste de police et la caserne de pompier[14]. Montréal-Ouest est également la première ville de l'île de Montréal à se doter d'un incinérateur à déchets[14].

Alors que la Première Guerre mondiale éclate, Montréal-Ouest envoie une grande partie de ses jeunes sur les champs de bataille européens pour soutenir l'Empire britannique. Peu d'entre eux reviendront. Les soldats de Montréal-Ouest combattront au cours de batailles de Passchendaele, d'Ypres, de la Côte 70, de Lens, de la crête Vimy, de la Somme, de Cambrai et de Mons.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on comptait 549 volontaires (1/6 de la population de la ville) pour le service actif, un record pour l’empire britannique[15].

L'Académie Royal West, école secondaire privée construite dans les années 1930.

Seconde moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Histoire récente de Montréal-Ouest[modifier | modifier le code]

Reférendum sur les défusions municipales de 2006 dans Montréal-Ouest
Nombre
d'électeurs
OUI NON Taux de
participation
Résultat
3 662 1 740 voix
(82,6 %)
366 voix
(17,4 %)
57,86 % Défusion
47,51 % des citoyens
en faveur[16]
Source : « Référendums du 20 juin 2004 », Directeur général des élections.

Le 1er janvier 2002, le gouvernement du Québec force la fusion de Montréal-Ouest avec la ville de Montréal dans le cadre des réorganisations municipales québécoises de 2002 enclenchés par le gouvernement péquiste de Bernard Landry. Malgré l'opposition, elle formera avec les villes fusionnés de Côte-Saint-Luc et Hampstead l'arrondissement Côte-Saint-Luc–Hampstead–Montréal-Ouest de Montréal.

L'élection du gouvernement libéral de Jean Charest lors de l'élection générale québécoise de 2003, donne la chance aux villes fusionnées de tenir des référendums sur leur défusion.

La population de Montréal-Ouest vote à 82 % en faveur de la défusion. La ville est donc reconstitué le 1er janvier 2006.

En 2007 et 2008, la ville de Montréal-Ouest crée un litige au sein de la population du secteur Saint-Pierre de l'arrondissement Lachine (Montréal) avec l'érection d'une barricade sur le chemin Broughton afin d'empêcher la circulation entre les deux quartiers résidentiels. Tandis que certain y voient une séparation entre une ville aisée et un quartier ouvrier, la ville se défend de poser cette séparation pour la sécurité de ses citoyens en réduisant la circulation dangereuse du secteur. Le 15 mars 2007, à la suite d'une manifestation[17], la ville de Montréal obtient une injonction forçant Montréal-Ouest à retirer sa barricade[18]. Le 22 janvier 2008, la Cour supérieure du Québec tranche finalement en faveur de Montréal-Ouest[19].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

  • 1897 - William Smithson Lingley
  • 1898 - Charles McClatchie
  • 1899 - B.W. Grigg
  • 1900 - J.J. Kirkpatrick
  • 1901 - Walter C. Flyfe
  • 1902 - Edward J. Bedbrook
  • 1903 - C.C. Ballantyne
  • 1904 - Edward J. Bedbrook
  • 1905 - William Smithson Lingley
  • 1906 - J.J. Kirkpatrick
  • 1908 - Edward J. Bedbrook
  • 1909–1910 - C.J. Davies
  • 1911–1927 - James Ballantyne
  • 1927–1935 - Harry Aird
  • 1935–1943 - James R. Pearson
  • 1943–1948 - Robert Hope Ross
  • 1948–1954 - George W. Hodgson
  • 1954–1963 - Forest Norman Wiggins
  • 1963–1965 - Everett Charles Fitzpatrick
  • 1965–1973 - Robert Arthur McQueen
  • 1973–1977 - Alistair Reekie
  • 1977–1989 - Roy D. Locke
  • 1989–2002 - John A. Simms
  • 2002–2006 - Maire de Montréal, La ville était fusionnée avec Montréal.
  • 2006–2009 - Campbell Stuart
  • 2009-en mandat - Beny Masella

Démographie[modifier | modifier le code]

Origine ethnique (2006)
Langue Population Pourcentage (%)
Anglais 840 20 %
Canadien 835 20 %
Irlandais 825 20 %
Français 700 17 %
Ecossais 600 15 %
Italien 525 13 %
Juif 515 12 %
Allemand 325 8 %
Polonais 270 7 %
Russe 270 7 %
Langue parlée à la maison (2006 et 2011)
Langue Population (2006) Pourcentage (2006) Population (2011) Pourcentage (2011)
Anglais 4 080 79 % 3 830 75,47 %
Français 645 12 % 705 13,89 %
Anglais et français 85 2 % 105 2,07 %
Autres 355 7 % 330 6,50 %

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lillian Reinblatt, Political economy and community : a study of Montreal West, Montréal, Thesis (M.A.). Concordia University,‎ 1981.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Montréal / Aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau - Station météorologique », Environnement Canada,‎ 1971-2000 (consulté le 6 novembre 2009)
  2. Reinblatt 1981, p. 93.
  3. a et b Reinblatt 1981, p. 95.
  4. Reinblatt 1981, p. 97.
  5. a et b Reinblatt 1981, p. 94.
  6. Reinblatt 1981, p. 96.
  7. Reinblatt 1981, p. 98.
  8. Reinblatt 1981, p. 99.
  9. Reinblatt 1981, p. 100.
  10. Reinblatt 1981, p. 101.
  11. Reinblatt 1981, p. 103.
  12. Reinblatt 1981, p. 144.
  13. Reinblatt 1981, p. 145.
  14. a, b, c, d et e Reinblatt 1981, p. 146.
  15. http://www.montreal-ouest.ca/fr/historique.php Site officiel de Montreal-Ouest - Historique
  16. Pour mener à une défusion, 50 % des personnes ayant voté devait s'exprimer en faveur de même 35 % de l'ensemble des citoyens (qu'il ait voté ou non).
  17. Éric Clément, « Tensions entre Lachine et Montréal-Ouest : La barricade de la honte réapparaît », La Presse,‎ 15 mars 2007, A10 (ISSN 0317-9249).
  18. Éric Clément, « Barricade à Montréal-Ouest : Montréal gagne la première manche », La Presse,‎ 16 mars 2007, A17 (ISSN 0317-9249).
  19. Éric Clément, « Barricade à Montréal-Ouest : La justice ne règle rien », La Presse,‎ 24 janvier 2008, A11 (ISSN 0317-9249).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]