Mireille Balin

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Mireille Balin

Nom de naissance Blanche Mireille Césarine Balin
Naissance
Monte-Carlo, Monaco
Nationalité Flag of France.svg Française
Décès (à 59 ans)
Clichy, France
Profession Actrice

Blanche Mireille Césarine Balin, née le [1] à Monte-Carlo, Monaco, morte le à Clichy, France[2] est une actrice française. Considérée comme une des plus belles actrices du cinéma français des années 1930, elle mourut dans l'anonymat et la misère.

La vamp de l'avant-guerre[modifier | modifier le code]

Mireille Balin naît prématurément le 20 juillet 1909 à 14 heures 15 dans une clinique de Monte-Carlo. Son père, journaliste, lui fait suivre des études secondaires dans un pensionnat pour jeunes filles, à Marseille. Elle suit des cours de piano et d'équitation. Ses parents s’installent ensuite à Paris, espérant sortir de leurs difficultés financières.

Contrainte de gagner sa vie, elle travaille un temps comme vendeuse, puis elle est recrutée comme secrétaire par le couturier Jean Patou. Elle devient vite son mannequin vedette haute couture. Le cinéaste Maurice Cammage l'aurait découverte en 1932 et lui aurait confié un petit rôle dans Vive la classe !, petit film devenu introuvable et au générique duquel le nom de Mireille Balin est absent. Plus sûrement c'est le réalisateur Jean de Limur qui la signale à G.-W. Pabst en l'engageant pour la version française de sa trilogie Don Quichotte, où elle incarne la nièce aux côtés de la célèbre basse russe Fédor Chaliapine. Sa carrière cinématographique est ainsi lancée. On la voit à cette époque aux côtés du jeune boxeur prodige Young Perez.

Claude Moulins lui offre un rôle majeur dans Vive la compagnie, film qui obtint un beau succès. En 1933, elle s'impose dans Le Sexe faible de Robert Siodmak, aux côtés de Pierre Brasseur, Victor Boucher, Betty Stockfeld et Marguerite Moreno. Ensuite, elle apparaît dans Adieu les beaux jours d'André Beucler, auprès des vedettes Brigitte Helm et Jean Gabin. En 1934, dans On a trouvé une femme nue, de Léo Joannon, elle tient le premier rôle, en demoiselle enterrant sa vie de jeune fille qui, abandonnée nue dans la rue, se réfugie malencontreusement chez son futur mari qu'elle ne connaît pas. Début 1935, elle joue la femme bafouée dans Marie des angoisses, de Michel Bernheim, avec Pierre Dux et Françoise Rosay, puis la femme entretenue dans Le Roman d'un spahi, toujours du même cinéaste.

La Parisienne pimpante de Pépé le Moko[modifier | modifier le code]

En 1936, Mireille Balin a une courte liaison avec Jean Gabin. Julien Duvivier lui confie alors le rôle de Gaby dans Pépé le Moko. Sa beauté et sa fraîcheur de Parisienne pimpante tranchent admirablement avec les ruelles étroites et sombres de la casbah d'Alger, minutieusement reconstituées en studio par Duvivier. Dans une scène finale d'anthologie, Pépé interprété par Jean Gabin, bien que menotté et encadré de policiers, parvient à se suicider d'un coup de couteau dans le ventre, tandis que Gaby jouée par Mireille Balin, après avoir attendu vainement son amant, seule à la proue du bateau quittant le port d'Alger, embrasse la casbah d'un dernier regard qui ne parvient pas à croiser celui, désespéré, de Pépé. Le film est une grande réussite.

Jean Grémillon la choisit alors pour tenir le rôle de la vamp dans Gueule d'amour, d'après le roman d’André Beucler, sur un scénario de Charles Spaak. Mireille Balin enchaîne, en 1937, avec Naples au baiser de feu d’Augusto Genina, aux côtés de Tino Rossi, Michel Simon et Viviane Romance, deux énormes succès au box-office.

Fin 1937, Mireille Balin signe un contrat avec la firme MGM et part pour les États-Unis. Mais, en conflit avec les producteurs américains, elle reprend le bateau pour la France avec son nouveau compagnon, Tino Rossi.

De retour à Paris, Mireille Balin tournera notamment Menaces, d'Edmond T. Gréville, où elle campe une vendeuse de maison de couture aux côtés d'Erich von Stroheim, John Loder et Ginette Leclerc. Le film, interdit et brûlé pendant l'Occupation, sera restauré et distribué à la Libération. Macao, de Jean Delannoy, sera également interdit par l’occupant en juin 1940, du fait de la présence de Von Stroheim, Autrichien d'origine et anti-nazi notoire. Il sortira deux années plus tard avec un nouveau titre (L'Enfer du jeu) et amputé des scènes tournées avec Von Stroheim, remplacé par Pierre Renoir.

La descente aux enfers[modifier | modifier le code]

Début 1940, Mireille Balin est sur les plateaux de Cinecittà pour Les Cadets de l'Alcazar d'Augusto Genina, film résolument pro-franquiste, qui comptera dans les sérieux ennuis qu'elle aura à la Libération. Durant la drôle de guerre, elle participe à des galas de bienfaisance pour les prisonniers de guerre. En 1941, sa liaison avec Tino Rossi prend fin.

Pendant l'Occupation, elle tourne encore quelques films, dont L'assassin a peur la nuit, de Jean Delannoy, Dernier Atout, de Jacques Becker et Haut le vent, de Jacques de Baroncelli. Éprise de Birl Desbok, jeune officier viennois de la Wehrmacht, Mireille Balin n’échappera pas aux foudres de l'épuration.

La tombe de Mireille Balin.

En septembre 1944, arrêtée avec lui par les FFI à Beausoleil, alors que le couple tente de passer en Italie, elle est battue et violée, puis incarcérée à Nice. Nul ne sait ce qu'il est advenu de Birl Desbok, sans doute assassiné lors de son arrestation. Mireille Balin sera transférée ensuite à Fresnes. Devant le tribunal, on lui reproche sa liaison, sa participation au tournage du film Les Cadets de l'Alcazar et aux galas artistiques de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Elle sera libérée en janvier 1945.

Plaque sur la tombe.

Sa vie, sa carrière et sa santé sont brisées. Ses anciennes relations l'évitent. Le public, qui l'a admirée sans l'aimer dans ses rôles de femme fatale, forcément peu sympathique, se détourne également. Malgré une ultime tentative, La Dernière Chevauchée, de Léon Mathot, Mireille Balin retourne dans l’oubli sur la Côte d'Azur. Dans un dénuement complet, marquée physiquement par la maladie (méningite, typhus, alcoolisme...), elle remonte à Paris en 1957. Prise en charge par l'association chargée d'aider les anciens artistes tombés dans le besoin La roue tourne, elle meurt à 59 ans le 9 novembre 1968, à 5 h 30 du matin, à l'hôpital Beaujon de Clichy la Garenne, dans l'anonymat et la pauvreté.

« La Roue tourne » lui évite l'inhumation à la fosse commune ; elle repose au cimetière de Saint-Ouen dans la division 31, partageant plus tard son caveau avec Jean Tissier, autre comédien mort dans la misère. Leur sépulture est fleurie à la Toussaint par l'association. Lors de son enterrement, auquel n'assista aucune personnalité du cinéma français à l'exception de Jean Delannoy[3], on plaça dans son cercueil, dit-on, un petit ours en peluche offert par Tino Rossi.

Des amours remarquées[modifier | modifier le code]

On lui connaît au moins cinq liaisons :

  1. Le boxeur poids mouche Victor Younki, dit Young Perez, plus jeune champion du monde tunisien, né le 18 octobre 1911 dans le quartier juif de La Hara à Tunis, déporté en tant que juif, tué lors de l'évacuation du camp d'Auschwitz.
  2. Raymond Patenôtre, député, ministre et patron de presse. Il la couvrit de bijoux, mais elle refusa toujours de l'épouser.
  3. Jean Gabin : si leur relation fut éphémère, leur duo dans Gueule d'amour et Pépé le Moko est resté légendaire.
  4. Tino Rossi : une grande passion enflamma ces deux êtres, sans les emmener jusqu'au mariage. Ils se quittèrent en septembre 1941.
  5. Birl Desbok, officier dans la Wehrmacht : son dernier compagnon qui l'accompagna dans sa fuite tragique.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de naissance n° 219/1909
  2. Extrait de décès n° 2095/1968
  3. http://fboizard.blogspot.fr/2007/07/le-triste-destin-de-mireille-balin.html

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sites personnels consacrés à l'artiste[modifier | modifier le code]