Micheál Martin

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Micheál Martin
Micheál Martin, en 2010.
Micheál Martin, en 2010.
Fonctions
17e chef de l'Opposition irlandaise
En fonction depuis le 9 mars 2011
Président Mary McAleese
Premier ministre Enda Kenny
Prédécesseur Enda Kenny
8e chef du Fianna Fáil
En fonction depuis le 26 janvier 2011
Prédécesseur Brian Cowen
Mary Coughlan (intérim)
Ministre des Affaires étrangères
7 mai 200818 janvier 2011
Premier ministre Brian Cowen
Prédécesseur Dermot Ahern
Successeur Eamon Gilmore
Brian Cowen (intérim)
Ministre des Entreprises, du Commerce et de l'Emploi
29 septembre 20047 mai 2008
Premier ministre Bertie Ahern
Prédécesseur Mary Harney
Successeur Mary Coughlan
Ministre de la Santé et de l'Enfance
27 janvier 200029 septembre 2004
Premier ministre Bertie Ahern
Prédécesseur Brian Cowen
Successeur Mary Harney
Ministre de l'Éducation et de la Science
26 juin 199727 janvier 2000
Premier ministre Bertie Ahern
Prédécesseur Niamh Bhreathnach
Successeur Michael Woods
Biographie
Date de naissance 1er août 1960 (53 ans)
Lieu de naissance Cork, Irlande
Parti politique Fianna Fáil
Diplômé de University College Cork
Profession Professeur

Micheál Martin
Chefs de l'Opposition irlandaise

Micheál Martin, né le 1er août 1960 à Cork, est un homme politique irlandais, membre du parti Fianna Fáil, qu'il dirige, et ancien ministre de l'Éducation, de la Santé, des Entreprises, et enfin des Affaires étrangères, entre 1997 et 2011. Il est actuellement chef de l'Opposition

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir accompli ses études secondaires à Cork, il intègre la University College de la ville, où il obtient un baccalauréat en arts, puis une maîtrise en arts d'histoire politique. Il reçoit ensuite un diplôme d'études supérieures (Higher diploma) de pédagogie et commence à travailler comme professeur d'histoire au Presentation Brothers College de Cork. Il n'occupe ce poste que pendant un an, entre 1984 et 1985.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Au cours de ses études supérieures, il rejoint l’Ógra Fianna Fáil, mouvement de jeunesse du parti Fianna Fáil, dont il deviendra plus tard président. En 1985, il se lance en politique en étant élu au conseil municipal de Cork, puis se présente deux ans plus tard à l'élection générale dans la circonscription de Cork South Central, échouant cependant à être élu Teachta Dála (député) au Dáil Éireann (Chambre des représentants). Malgré ce revers, il entre au comité exécutif national de son parti dès l'année suivante.

Député[modifier | modifier le code]

De nouveau candidat à l'élection anticipée de 1989, il parvient cette fois-ci à faire son entrée à la Chambre. Il siège alors au sein de diverses commissions parlementaires, et occupe en 1992 le poste symbolique de Lord Mayor de Cork. Après l'élection de Bertie Ahern à la direction du Fianna Fáil, suite au passage du parti dans l'opposition en 1994, il est choisi pour intégrer son « cabinet fantôme » (Opposition Front Bench), au poste de porte-parole pour l'Éducation et le Gaeltacht.

Ministre de l'Éducation[modifier | modifier le code]

Lorsque le parti revient au pouvoir, après l'élection générale de 1997, Micheál Martin est nommé ministre de l'Éducation et des Sciences le 26 juin suivant. À seulement 36 ans, il est le benjamin du premier cabinet de Bertie Ahern. Son mandat a notamment été marqué par une augmentation des dépenses à tous les niveaux du système éducatif et au lancement d'un certain nombre d'initiatives scolaires, comme l'introduction d'assistants spéciaux ou le réexamen du programme de l'enseignement primaire.

Ministre de la Santé[modifier | modifier le code]

Lors d'un remaniement ministériel opéré le 27 janvier 2000, il devient ministre de la Santé et de l'Enfance, un poste qualifié de « cadeau empoisonné » dans la vie politique irlandaise. Brian Cowen, prédécesseur de Martin, l'a même décrit comme étant « semblable à l'Angola », car des mines peuvent exploser à tout moment. Malgré de fortes oppositions, il a annoncé le 30 janvier 2003 sa volonté d'interdire de fumer dans tous les lieux de travail d'Irlande, y compris les pubs et restaurants, au 1er janvier 2004. Il s'est ainsi rendu à New York en septembre 2003 pour signer une convention des Nations unies sur le contrôle du tabac, et la loi sur l'interdiction est entrée en vigueur le 29 mars 2004, faisant du pays le premier dans le monde à introduire une interdiction totale de fumer sur son lieu de travail.

Ayant procédé à la déréglementation du système des pharmacies au 31 janvier 2002, il a partiellement échoué dans sa réforme du système de santé et s'est engagé, en octobre 2003, à ce que les personnes victimes des cas de symphysiotomie dans les années 1940 et 1950 dans les hôpitaux irlandais soient examinées et gratuitement soignées.

Ministre des Entreprises[modifier | modifier le code]

Le 29 septembre 2004, il échange son poste avec Mary Harney et prend donc celui de ministre des Entreprises, du Commerce et de l'Emploi. Lorsque, en septembre 2005, le rapport gouvernemental sur le coût de la vie est dévoilé par la Radio Télévision d'Irlande (RTÉ), il décide d'abroger le décret sur le commerce de 1987, qui interdisait de vendre des aliments en dessous de leur coût de revient. Plusieurs lettres, contenant des menaces de mort et des balles de fusil, lui sont adressées le 29 février 2008 par un groupe baptisé la Force de défense des citoyens irlandais, par l'intermédiaire d'une importante clinique de fertilité de Dublin.

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

À la suite de la démission de Bertie Ahern, il soutient le Vice-Premier ministre et ministre des Finances, Brian Cowen, dans la course à sa succession. Au sein du nouveau gouvernement, formé le 7 mai 2008, Micheál Martin devient ministre des Affaires étrangères. Il est alors chargé de mener la campagne gouvernementale en faveur de l'adoption référendaire de l'amendement constitutionnel permettant de ratifier le traité de Lisbonne. Bien que tous les principaux partis du pays se soient prononcés pour le « Oui », c'est le « Non » qui l'emporte avec 53,4 % des voix, plongeant le nouveau gouvernement dans la crise. Un nouvel amendement constitutionnel, ayant le même objectif, sera finalement ratifié le 2 octobre 2009 par 67 % des voix.

Son action en tant que chef de la diplomatie a été marquée par son engagement au Proche-Orient. Ainsi, après avoir publiquement mis en doute le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, concernant l'utilisation de quatre faux passeports irlandais par les assassins présumés de Mahmoud Al-Mabhouh, chef militaire du Hamas, à Dubaï, il a vertement critiqué, en 2010, le blocus de la bande de Gaza, après que l'accès au territoire lui ait été refusé en 2009. Il a notamment demandé à la présidence espagnole de l'Union européenne d'envoyer une équipe de ministres des Affaires étrangères dans la région. Il a finalement réussi à faire son entrée dans la bande de Gaza le 25 février 2010 en accompagnant une mission humanitaire à travers la frontière égyptienne. De ce fait, il est devenu le premier ministre des Affaires étrangères occidental à visiter la bande de Gaza depuis la prise de contrôle du Hamas, en juin 2007. Il s'est notamment rendu dans des écoles et des hôpitaux, escorté par des véhicules des Nations unies, et a appelé le gouvernement israélien, ainsi que toutes les parties concernées, à mettre fin au blocus.

Il était encore en poste lors de l'abordage de la flottille pour Gaza par les forces israéliennes, indiquant devant les députés avoir demandé aux autorités d'Israël d'autoriser le débarquement de la cargaison du MV Rachel Corrie plutôt que de se fourvoyer dans de nouvelles « effusions de sang ».

Chef du Fianna Fáil[modifier | modifier le code]

Un critique de Brian Cowen[modifier | modifier le code]

Par deux fois, dans la deuxième moitié de l'année 2010, il a annoncé son désir de diriger le Fianna Fáil si la direction en était vacante, alors même que l'autorité de Brian Cowen se trouvait contestée en interne. Alors que la formation est en crise à l'approche des élections générales anticipées, il fait savoir, le 16 janvier 2011, qu'il estime que la direction du parti doit changer, et qu'il votera donc contre Cowen lors du vote de confiance, organisé à la demande de ce dernier, par les députés. En conséquence, il démissionne du gouvernement, ce que refuse initialement le Premier ministre. Après sa victoire lors du vote, il finit par l'accepter. Toutefois, dès le 22 janvier, Cowen annonce qu'il quitte la présidence du Fianna Fáil, tout en restant à la tête du gouvernement, et Martin se déclare, quelques heures après, candidat à sa succession. Son principal concurrent aurait dû être le ministre des Finances, Brian Lenihan, mais ce dernier, bien que candidat, était discrédité par sa déclaration de soutien au Premier ministre la semaine précédente. Il s'est donc retrouvé en concurrence avec le ministre de la Protection sociale, Éamon Ó Cuív, et la ministre de la Culture, Mary Hanafin. Lors du scrutin, le 26 janvier, il reçoit 33 voix sur 72 lors du premier compte. Le premier report lui en donne trois de plus, soit un total de 36. Il est finalement élu au troisième tour, par 50 voix contre 22 à Éamon Ó Cuív, dernier candidat en lice. Il choisit alors Mary Hanafin comme adjointe, et nomme Brian Lenihan porte-parole pour les Finances, et Éamon Ó Cuív porte-parole pour la Protection sociale.

Chef de l’opposition[modifier | modifier le code]

Lors des élections anticipées du 25 février 2011, le Fianna Fáil recueille le pire résultat de son histoire avec 17,4 % des voix et 20 députés, chutant de vingt-quatre points et cinquante-sept députés par rapport à 2007. Cowen est remplacé par Enda Kenny, soutenu par une alliance entre le Fine Gael et le Parti travailliste le 9 mars suivant, Martin devenant de ce fait le nouveau chef de l'Opposition. Hanafin ayant perdu son siège de députée, il la remplace le 15 mars au poste de chef adjoint du parti par le porte-parole pour les Finances, Brian Lenihan, Jnr[1]. À la suite du décès de Lenihan le 10 juin, Éamon Ó Cuív devient le nouveau chef adjoint du parti le 5 août[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son père, Paddy Martin, était un boxeur international. Il est le troisième enfant d'une fratrie qui en compte cinq, son grand frère Seán et son frère jumeau Pádraig s'étant eux aussi engagés dans la vie politique, au niveau local à Cork. À l'inverse, ses deux sœurs, Eileen et Máiréad, sont toujours restées hors du jeu politique. Il est marié avec Mary O'Shea, qu'il a rencontrée à l'université, et tous deux ont eu cinq enfants, dont deux sont décédés : Léana, sa plus jeune fille est morte en octobre 2010, et Ruairí, l'un de ses fils, est décédé en 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]