Parti travailliste (Irlande)

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Parti travailliste
(en) Labour Party
(ga) Páirtí an Lucht Oibre
Image illustrative de l'article Parti travailliste (Irlande)
Logo officiel
Présentation
Chef Joan Burton
Fondation 1912
Siège Dublin, Drapeau de l'Irlande Irlande
Chef adjointe Alan Kelly
Fondateur James Connolly
Députés
37 / 166
Sénateurs
12 / 60
Eurodéputés (S&D)
0 / 11
Idéologie Social démocratie
Affiliation internationale Internationale socialiste
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Couleurs Rouge
Site web www.labour.ie/

Le Parti travailliste (anglais : The Irish Labour Party, mais souvent appelé Labour Party, ou Labour comme son homonyme britannique, irlandais : Páirti an Lucht Oibre) est un parti politique irlandais, de type travailliste.

C'est le 3e principal parti irlandais, créé en 1914, membre du Parti socialiste européen et de l'Internationale socialiste.

Sa création a été proposée par James Connolly et James Larkin en 1912 pour représenter les travailleurs au Parlement de Dublin, espéré, à la suite de la loi sur le Home Rule de 1914. Il a été fondé comme un rassemblement de syndicats. Mais l'exil de James Larkin et l'exécution de James Connolly en 1916 affaiblissent durablement le Labour.

Histoire du parti[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

L'ITWGU (Irish Transport and General Workers Union, syndicat irlandais des travailleurs du transport et des travailleurs en général) fut fondé par William X. O'Brien. En 1921, il comptait 100 000 membres. O'Brien dominait également le 'Irish Trade Union Congress' (Congrès irlandais des syndicats) qui permettaient aux syndicats de coordonner leur action. Le Parti Travailliste, dirigé par Thomas Johnson, ne contesta pas les résultats des élections générales de 1918, laissant au Sinn Féin le champ libre dans la plupart des circonscriptions. En conséquence, le parti resta en dehors du Dáil Éireann durant les années de guerre d'indépendance.

Division et entrée au Parlement[modifier | modifier le code]

Le 'Traité' divisa le parti travailliste. Certains socialistes se trouvaient du côté des Républicains. O'Brien et Johnson encouragèrent les membres à soutenir le Traité. Lors des élections générales de 1922, le parti remporta 17 sièges. Toutefois il y eut de nombreuses grèves durant la première année et le parti perdit des appuis. Aux élections de 1923, le Labour ne remporta que 14 sièges. Jusque 1927, le parti fut un important parti d'opposition dans le Dáil Éireann jusqu'à ce que des parlementaires Fianna Fáil prennent leurs sièges. Ils attaquèrent le manque de politique sociale du gouvernement Cumann na nGaedhael. Le parti perdit continuellement le soutien des agriculteurs, de l'Église catholique et d'autres groupes conservateurs.

En 1923, Larkin revint en Irlande. Malgré la résistance d'O'Brien, il espérait reprendre le contrôle. Il se mit du côté des éléments les plus radicaux et en 1924, il fit sécession et fonda le Workers' Union of Ireland (union des travailleurs d'Irlande). En dépit de sa petite taille, le parti travailliste participa à de nombreuses coalitions gouvernementales. Il appuya le premier gouvernement de Éamon de Valera parce que les deux partis avaient des politiques similaires. Dans les années 1940, il sembla que le Labour était sur le point de remplacer Fine Gael comme principal parti d'opposition. Lors des élections générales de 1943 le parti remporta 17 sièges, son meilleur score depuis 1927. La division Larkin-O'Brien subsista néanmoins.

Les années 1940[modifier | modifier le code]

Cette division devint personnelle et s'envenima au fil du temps. Dans les années 1940, cette haine causa d'autres divisions dans le parti travailliste et dans l'Irish Congress of Trade Unions. En 1944, O'Brien fonda le Parti national d'Irlande. Il retira également l'ITGWU de l'Irish Congress of Trade Unions et mit en place son propre congrès. Cette division mit à mal le mouvement travailliste lors des élections générales de 1944. Ce n'est qu'après la mort de Larkin en 1947 qu'un essai de réunification put être fait.

Pendant cette période, le parti participa occasionnellement aux élections en Irlande du Nord et remporta parfois des sièges à Westminster et au Parlement d'Irlande du Nord dans la région de Belfast. Toutefois le parti ne contesta aucune élection dans la province depuis Gerry Fitt. Le seul représentant au Parlement d'Irlande du Nord quitta le parti pour fonder le Republican Labour Party (parti travailliste républicain) en 1964, bien que la gauche démocratique ait récemment contesté les élections dans le nord.

Les premiers passages au pouvoir[modifier | modifier le code]

De 1948 à 1951 et de 1954 à 1957, le Parti travailliste devint le deuxième partenaire d'un gouvernement bipartite. William Norton, dirigeant travailliste devint Tánaiste et Ministre des Affaires sociales aux deux occasions. En 1960, Brendan Corish devint le chef du nouveau Labour. Cette position lui permit de défendre et d'introduire plus de politiques socialistes dans le parti. Entre 1973 et 1977, le Parti travailliste forma un gouvernement de coalition avec le Fine Gael. Les partenaires de ce gouvernement perdirent les élections suivantes en 1977. Corish démissionna après la défaite.

Durant les années 1980, le parti forma un gouvernement de coalition avec le Fine Gael. Après cela, Fianna Fáil dirigea le pays avec les Démocrates progressistes. En 1990, Mary Robinson, ayant appartenu au Labour entre 1977 et 1981, devient la première candidate travailliste élue présidente d'Irlande. C'était la première fois qu'une femme obtenait ce poste et la première fois qu'un candidat non -Fianna Fáil était élu. Mary Robinson devint la plus ouverte et active des présidents.

En 1993, le parti travailliste revint au pouvoir dans une coalition avec le Fianna Fáil. Dick Spring du Labour devint Tánaiste et ministre des Affaires étrangères. Un an après, le gouvernement tomba et une nouvelle coalition fut formée. Entre 1994 et 1997, le Fine Gael, les travaillistes et la gauche démocratique forma une coalition "arc-en-ciel. Dick Spring redevint Tánaiste et ministre des Affaires étrangères.

1997 : le passage durable dans l'opposition[modifier | modifier le code]

Les élections de 1997 qui eurent après les spectaculaires victoires du Parti socialiste en France et du New Labour de Tony Blair virent la défaite du parti travailliste et la victoire de partis de la "guerre civile". Une défaite similaire lors des élections pour le président d'Irlande amena Spring à démissionner de son poste de dirigeant du parti.

Dans l'opposition, le parti travailliste fusionna avec la Gauche démocratique, le nom du plus grand partenaire fut conservé.

En 1997 Ruairí Quinn devint le nouveau dirigeant du parti. Il démissionna en 2002 à la suite des mauvais résultats aux élections générales. L'ancien membre du parlement Pat Rabbitte le remplaça, il fut le premier dirigeant directement élu par les membres du parti.
Le 23 août 2007, Pat Rabbitte démissionna du poste de dirigeant du parti travailliste. Il déclara assumer l'entière responsabilité de la défaite du parti aux récentes élections législatives, le parti ayant échoué non seulement à remporter les élections, mais aussi à conquérir de nouveaux sièges au Dáil.

Eamon Gilmore : la volonté d'accéder au pouvoir[modifier | modifier le code]

Le 6 septembre 2007, Eamon Gilmore fut unanimement élu chef du parti, étant le seul nommé après la démission de Pat Rabbitte. Les travaillistes connaissent deux ans plus tard un franc succès aux élections européennes et locales, obtenant trois députés européens sur douze et dépassant, à Dublin, les scores cumulés des deux grands partis traditionnelles. Au cours de l'année 2010, quelques sondages donnent le parti en tête des intentions de vote, devant le Fine Gael, même si de manière générale, il est considéré comme la deuxième force politique dans les enquêtes d'opinion. Aux élections générales anticipées du 25 février 2011, le Labour se classe effectivement à la deuxième place avec 19,4 % des suffrages et 37 députés, soit près du double qu'en 2002. Un accord de coalition, prévoyant l'entrée de cinq travaillistes au gouvernement, est passé le 6 mars suivant le Fine Gael d'Enda Kenny, qui remporte pour sa part 36,1 % des voix et 76 élus. Ensemble, les deux partis disposeront de la plus forte majorité de l'histoire républicaine irlandaise.

Le 27 octobre 2011, Michael D. Higgins, président du Labour, est élu président d'Irlande, remportant 56,8 % des voix à l'issue du quatrième décompte. Il est alors le premier membre du Parti travailliste élu à la présidence de la République.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats aux élections européennes
Année Voix Mandats Élus
1979 14,5% 4/15 Eileen Desmond, Liam Kavanagh, John O'Connell, Michael O'Leary
1984 8,3% 0/15
1989 9,5% 1/15 Barry Desmond
1994 11,0% 1/15 Bernie Malone
1999 8,7% 1/15 Proinsias De Rossa
2004 10,5% 1/13 Proinsias De Rossa
2009 13,9% 3/12 Nessa Childers[1], Proinsias De Rossa[2] (2009-2012), Emer Costello (2012-2014), Alan Kelly[3] (2009-2011), Phil Prendergast (2011-2014)
2014 5,3% 0/11

Dirigeants du Labour Party[modifier | modifier le code]

Dirigeants Années Période en tant que Tánaiste
Thomas Johnson 1922-1927
Thomas J. O'Connell 1927-1932
William Norton 1932-1960 1948-1951, 1954-1957
Brendan Corish 1960-1977 1973-1977
Frank Cluskey 1977-1981
Michael O'Leary 1981-1982 1981-1982
Dick Spring 1982-1997 1982-1986, 1992-1997
Ruairí Quinn 1997-2002
Pat Rabbitte 2002-2007
Eamon Gilmore 2007-2014
Joan Burton 2014-

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nessa Childers a quitté le parti en 2013.
  2. Remplacé en 2012 par Emer Costello.
  3. Remplacé en 2011 par Phil Prendergast

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]