Maurice G. Dantec

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Maurice G. Dantec

Nom de naissance Maurice Georges Dantec
Activités Romancier, nouvelliste, essayiste
Naissance 13 juin 1959 (55 ans)
Grenoble, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres Polar, science-fiction, cyberpunk
Distinctions Grand prix de l'Imaginaire
Prix Rosny aîné
Trophée 813

Œuvres principales

Maurice Georges Dantec dit Maurice G. Dantec, né le 13 juin 1959 à Grenoble, est un écrivain français naturalisé canadien, se définissant comme « écrivain nord-américain de langue française[1],[2] ». Ses premiers romans se déroulent en partie à Ivry-sur-Seine où il vit avant d'émigrer au Canada, mettant en scène la banlieue parisienne environnante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Dantec naît au sein d'une famille communiste. En 1970, il entre au lycée Romain-Rolland d'Ivry-sur-Seine, en pleine banlieue « rouge ». Une fois le baccalauréat en poche, il débute des études de lettres modernes, qu'il abandonne pour fonder le groupe de rock État d'Urgence qui deviendra ensuite Artefact. Le groupe est dissous peu après la sortie de son unique album, en 1980, et Dantec occupe alors un emploi de concepteur-rédacteur dans la publicité pendant les années 1980. Au cours de sa jeunesse, sa vaste culture littéraire sera notamment composée de Louis-Ferdinand Céline, Fiodor Dostoïevski, James Joyce, James Ellroy, Dashiell Hammett, Philip K. Dick, J. G. Ballard ou encore William Burroughs, mélange des genres qui se reflètera dans ses romans.

En 1992, il écrit La Sirène rouge, un roman à mi-chemin entre le polar et le roman-feuilleton, qui remporte le Trophée 813 du meilleur roman francophone en 1994. En 1995, avec Les Racines du mal, il signe un second roman mâtiné de polar et de science-fiction qui lui vaut de remporter en 1996 le grand prix de l'Imaginaire du roman francophone et le prix Rosny aîné dans la catégorie « roman ».

En 1998, il quitte la France et s'installe à Montréal, au Québec[3].

Romancier et essayiste[modifier | modifier le code]

Avec Le Théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique, dont le premier volume s'intitule Manuel de survie en territoire zéro (publié en 2000), Dantec livre un essai à caractère autobiographique où il laisse libre cours à ses réflexions. Cet essai hybride est présenté par l'auteur en ces termes :

« Mais qu'est-ce précisément ce qu'est en train de produire en parallèle cet objet étrange, ni journal intime, ni critique de l'actualité, ni essai critique, ni pamphlet philosophique, ni acte de sabotage moral, ni acte de foi, et pourtant un peu de tout ça en même temps (…)[4]. »

En 2001, Dantec livre la suite de ses réflexions dans le second volume du Théâtre des opérations : Laboratoire de catastrophe générale présenté sous la forme d'un journal. Dantec a pris l'habitude de se référer au Théâtre des opérations sous l'abréviation TdO.

Avec Villa Vortex, l'auteur revient en 2003 à la fiction. Mais Le Théâtre des Opérations a laissé ses traces. C’est finalement l'éditeur Albin Michel qui publie Cosmos Incorporated à la rentrée littéraire 2005 et American Black Box sans censure en janvier 2007. De 2004 à 2006, Maurice Dantec participe à la revue conservatrice Égards et au Ring où il s’est par exemple prononcé pour le « non » au référendum du 29 mai sur le projet de constitution européenne. En l’espace de deux ans, il livre une vingtaine de textes pour la presse en ligne et la presse papier. En 2006 sort Grande Jonction, suite de Cosmos Incorporated et la rentrée littéraire 2007 est marquée par la sortie d’Artefact : Machines à écrire 1.0.

Après avoir été publié par les éditions Gallimard dans les prestigieuses collections « noire » puis « blanche », Maurice G. Dantec avait pris un agent littéraire, David Kersan, qui l'avait transféré aux éditions Albin Michel. Celles-ci se séparent de lui en 2010. David Kersan arrange un nouveau transfert aux éditions Rivages[5], chez lesquelles Dantec ne publiera finalement rien. Rivages et l'auteur se séparent en 2011. En août 2011, Maurice G. Dantec signe avec les éditions Ring qui publient Satellite Sisters le 23 août 2012 en librairie, suite de Babylon Babies. Un article du no 78 de Chronic'art, paru le 31 août 2012, soit huit jours après la sortie officielle du roman, révèle que Dantec a déposé plainte contre les éditions Ring en affirmant qu'elles lui ont fait signer un contrat en état de faiblesse[6].

Les éditeurs de Maurice G. Dantec se sont exprimés sur le sujet avec plusieurs attestations soulignant la mauvaise foi de l'auteur dans une tribune mise en ligne le 3 septembre 2012, jour du lancement officiel de la maison d'édition Ring[7] et portent plainte contre Maurice G. Dantec pour diffamations.

Maurice G. Dantec a été débouté de l’action en référé visant à obtenir la suspension de la publication de Satellite Sisters le 23 août 2012 et condamné à 1500 euros d'amende. Le 11 décembre 2013, les deux parties annoncent être parvenu à un accord de rupture de contrat et reprennent leur liberté réciproque.

En mai 2014, il annonce la sortie de son nouveau roman Les Résidents, édité chez Inculte en août 2014[8].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Maurice Dantec a souvent fait parler de lui pour certaines prises de position. Ses critiques contre l'islam, sa prise de contact avec le Bloc identitaire (mouvement d'extrême droite français) et son positionnement catholique et royaliste lui ont valu une moquerie de l'écrivain Jean-Jacques Reboux[9], des attaques et des ennemis.

L'écrivain se dit ouvertement catholique « futuriste » et "chrétien sioniste". Pour une partie de la critique et de ses lecteurs, Dantec a dérivé vers une certaine forme de mysticisme amorcée dès Babylon Babies.

Maurice Dantec, écrivain qualifié par certains détracteurs, souvent des journaux de centre-gauche comme Le Monde[10] et certains laudateurs [Qui ?] comme « réactionnaire », défend ouvertement le rétablissement de la peine de mort au Canada, et George W. Bush dans sa défense du « monde libre » face au « terrorisme de l'islam radical ». Maurice G. Dantec s'est prononcé pour le « non » au référendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne. Dans ses chroniques, il s'est interrogé sur l'existence d'une droite québécoise et il a dénoncé Pierre Falardeau (militant indépendantiste) dans la revue Égards. Dantec est intervenu à plusieurs reprises sur la webradio Rockik à l'occasion notamment de la controverse concernant des caricatures de Mahomet, où il tient régulièrement des propos polémiques et hostiles aux islamistes. Il scande les notions d'« Europe décadente » et de « djihad mondial », et prédit l'avènement d'un choc des civilisations qui opposerait, selon lui, l'Occident techno-scientiste catholique au monde musulman. En 2007, il a apporté son soutien à Philippe de Villiers.

Musique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, Dantec fonde le groupe de rock État d'Urgence qui deviendra Artefact. Le groupe est dissous peu après la sortie de son unique album, en 1980, victime de tensions internes.

En 1997, Dantec fait une apparition sur cinq titres de l'album Utopia du groupe No One Is Innocent. Il y lit des textes issus de son roman Les Racines du mal. La même année, il rencontre le musicien Richard Pinhas qui propose à Dantec une collaboration. Très vite, le projet se matérialise sous la forme de lectures en musique de textes du philosophe Gilles Deleuze, dont Pinhas a été l'élève au début des années 1970. C'est ainsi que le projet Schizotrope voit le jour, avec un premier album, baptisé Le Plan (Cuneiform, 1999). Pour le deuxième album, The Life and Death Of Marie Zorn (en référence au personnage de Marie Zorn, dans son roman Babylon Babies), Dantec n'est plus artiste invité mais membre à part entière. Une tournée a suivi la sortie de l'album. Un troisième album, Le Pli, est sorti en 2001 chez Emma/Night & Day.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre de Maurice G. Dantec.

Romans[modifier | modifier le code]

  1. 1993 : Paris : Gallimard, 478 p. (Série noire ; 2326). (ISBN 2-07-049385-7)
  2. 1998 : Paris : Gallimard, 591 p. (Folio policier ; 1). (ISBN 2-07-040636-9)
  3. 2001 : Paris : Cercle polar, 591 p. (Roman noir). (ISBN 2-7441-4966-7)
  1. 1995 : Paris : Gallimard, 635 p. (Série noire ; 2379). (ISBN 2-07-049495-0)
  2. 1999 : Paris : Gallimard, 752 p. (Folio policier ; 63). (ISBN 2-07-040775-6)
  3. 2001 : Paris : Cercle polar, 748 p. (Roman noir). (ISBN 2-7441-5547-0)
  1. 1999 : Paris : Gallimard, 551 p. (La Noire). (ISBN 2-07-075471-5)
  2. 1999 : Paris : Le Grand Livre du mois, 551 p. (ISBN 2-7028-3288-1)
  3. 1999 : Paris : France Loisirs, 551 p. (ISBN 2-7441-3077-X)
  4. 2001 : Paris : Gallimard, 719 p. (Folio SF ; 47). (ISBN 2-07-041753-0)
  1. 2003 : Paris : Gallimard, 824 p. (La Noire). (ISBN 2-07-075244-5)
  2. 2004 : Paris : Gallimard, 843 p. (Folio SF ; 189). (ISBN 2-07-031706-4)
  1. 2005 : Paris : Albin Michel, 568 p. (ISBN 2-226-15852-9)
  2. 2006 : Paris : Librairie Générale Française, 572 p. (Le Livre de poche ; 30707). (ISBN 978-2-253-11994-4)
  1. 2006 : Paris : Albin Michel, 774 p. (ISBN 2-226-17341-2)
  2. 2008 : Paris : Librairie Générale Française, 885 p. (Le Livre de poche ; 30925). (ISBN 978-2-253-12097-1)
  1. 2007 : Paris : Albin Michel, 565 p. (ISBN 978-2-226-17975-3)
  2. 2010 : Paris : Librairie Générale Française, 540 p. (Le Livre de poche ; 31631). (ISBN 978-2253128168)
  1. 2009 : Paris : Albin Michel, 210 p. (ISBN 978-2226188755)
  1. 2010 : Paris : Albin Michel, 816 p. (ISBN 978-2226195696[à vérifier : ISBN invalide])
  1. 2012 : Paris : Ring, 515 p. (ISBN 979-1091447003)
  • Les Résidents
  1. 2014 : Paris : Inculte (ISBN 979-1091887984)

Recueils[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  1. 2000 : Paris : Gallimard, 646 p. (Blanche). (ISBN 2-07-075887-7)
  2. 2002 : Paris : Gallimard, 708 p. (Folio ; 3611). (ISBN 2-07-042114-7)
  1. 2001 : Paris : Gallimard, 756 p. (Blanche). (ISBN 2-07-076267-X)
  2. 2003 : Paris : Gallimard, 851 p. (Folio ; 3851). (ISBN 2-07-042822-2)
  • American Black Box. Le Théâtre des opérations 3 : journal métaphysique et polémique, 2002-2006
  1. 2007 : Paris : Albin Michel, 690 p. (ISBN 978-2-226-17091-0)
  2. 2009 : Paris : Librairie Générale Française, 716 p. (Le Livre de poche ; 31216). (ISBN 978-2-253-12763-5)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1973 : Reportage en direct (in Landru, le journal du foyer no 1, décembre 1973) ;
  • 1994 : TXH Baby (in Drunk no 6, juin 1994 / in Nouvelle Donne no 22, octobre 2000) ;
  • 1995 : Dieu porte-t-il des lunettes noires ? (in Nouvelles Nuits no 9, 1er trimestre 1995) ;
  • 1995 : Le Jour et la nuit (in Noces d’or, Série noire hors série, 1995) ;
  • 1995 : Là où tombent les anges (supplém. Le Monde no 15755, 21-09-1995 pour l'anniversaire des 50 ans de la Série noire) ;
  • 1996 : Quand clignote la mort électrique (in Paris, rive noire, Autrement “Littératures / Romans d’une ville”, 1996)

Articles et préfaces[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview de Ring sur son site personnel
  2. Arnaud Bordas, « Dantec repart en guerre », Le Figaro, 16 septembre 2006
  3. Biographie (page 3) sur le site officiel
  4. Le Théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique, Gallimard, Folio, p. 595-596
  5. Détails et chronologie des transferts d'éditeurs de M. Dantec dans l'article « Dantec rejoint Elroy et les éditions Rivages » sur le site Rue89
  6. « Chronicart.com » (consulté le 31 août 2012)
  7. « Editions Ring contre Dantec : "prisonniers d'un auteur perdu" », sur Actualitte.com,‎ 3 septembre 2012
  8. Tout ce qu'il faut savoir sur le nouveau Dantec, Premiere
  9. Dans Castro, c'est trop ! (2004), un des épisodes de Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe, il met en scène le personnage de Moritz Dante, personnage caricatural de Maurice Dantec. Reboux s'en explique dans une interview au site littérature.com
  10. La vague droitière est réactionnaire, Le Monde

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]