Louis Botinelly

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Louis Marcel Botinelly est un sculpteur français né à Digne le 2 janvier 1883 et mort à Marseille le 26 mars 1962.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Botinelly, né à Digne le 2 janvier 1883, est le fils d’un marbrier et tailleur de pierre, originaire du canton du Tessin (Suisse) et établi dans cette ville au moment de la naissance de Louis. La famille s’installa ensuite à Marseille, rue Saint-Pierre, dans un atelier dont le père de Botinelly avait hérité à la mort de son frère.

Grâce à une bourse de la ville de Marseille, Louis Botinelly put séjourner en Italie en 1902 où il travailla dans l’atelier de Jules Coutan. En 1905 il fut reçu premier à l’école nationale des beaux-arts de Paris. Il s’installa dans la capitale en 1906, où il réalisa un grand nombre de ses œuvres. Il épousa une demoiselle Jeanne Gaillard, à Riez, en 1908. En 1911, il obtint une médaille de bronze pour son Dresseur d’oursons. Il fut mobilisé en 1914 au 7e régiment du génie à Avignon.

Après la guerre, il divorça le 27 mai 1921 pour se remarier avec Madeleine Nicolet, à Marseille, le 21 décembre 1921. Il s’installa au 14 de la rue Buffon où il eut son atelier qu’il réaménagea en 1933 à la naissance de sa fille. Comme de nombreux sculpteurs français de l’époque, il reçut commande d'un Monument aux morts, à la mémoire des combattants de la ville d'Avignon, pour lequel il reçut une somme de 30 100 francs[1].

En 1943, l’armée d’occupation allemande ayant décidé de récupérer le bronze du mobilier urbain fit enlever plusieurs statues dont celles de Berryer, Lamartine, Victor Gelu, l’Aveugle et le paralytique et le Dresseur d’oursons. Cette dernière statue put être sauvée grâce à l’intervention de Louis Botinelly et remontée sur son socle le 25 février 1945[2].

Louis Botinelly mourut le 26 mars 1962 dans son logement de la rue Buffon ; il repose au cimetière de Plan-de-Cuques.

Postérité[modifier | modifier le code]

Une rue de Marseille porte son nom.

Style[modifier | modifier le code]

Le style de Botinelly est un mélange de tradition figurative et de modernité[3]. S’il n’innove pas, il sait évoluer avec l’esprit du temps. Les Colonies Asiatiques et Colonies Africaines conçues pour le concours lancé par la ville de Marseille en 1911, mais dont la réalisation est différée jusqu’1925 en raison de la guerre de 1914-1918, témoignent encore du style Beaux-Arts[4] tandis que Le Docker (1936), sur la façade de la bourse du travail de Marseille, est influencé par l’art nouveau[5]. Botinelly ne cessera d'évoluer, abandonnant la taille aux points pour la taille directe et travaillant des matériaux modernes comme le béton[3].

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Les colonies d’Asie Louis Botinelly
  • Les Colonies d'Asie et Les Colonies d'Afrique (1923-1924), groupes allégoriques situés sur le palier inférieur du grand escalier de la gare Saint-Charles de Marseille.
  • La Loi et la Justice protégeant le Droit (1925), groupe sculpté, dans le salon d'honneur de l'Annexe du Tribunal de justice de Marseille (aujourd'hui Tribunal de Grande Instance).
  • Jeanne d'Arc, statue en marbre sur le parvis de l'église des Réformés à Marseille.
  • Monument érigé à l’angle de la rue Sibié et de la plaine (place Jean-Jaurès) pour commémorer la traversée en ballon Marseille-Corse effectuée le 14 novembre 1886 par Louis Capazza et Alphonse Fondère.
  • Frédéric Mistral, buste de l'illustre poète au sommet d'un grand piedestal orné d'un bas relief représentant Mireille, placé en 1932 dans le jardin du Palais Longchamp à Marseille.
  • Le génie de la sculpture grecque (1933) au fronton de son atelier du 14 rue Buffon.
  • Le docker de la bourse du travail, rue Charles Nédélec.
  • Embrasures des portes du 22 et 24 de la rue de la loge (1949) et une sculpture « Phocée » à l’angle de la rue Tasso et de la rue Saint-Jean.
  • Monument pour la paix érigé rue de Rome à l’angle de la préfecture. Ce monument qui commémore l’assassinat du roi Alexandre Ier de Yougoslavie et du ministre Louis Barthou, a été conçu par l’architecte Gaston Castel. Il comporte deux colonnes décorées de bas reliefs évoquant des scènes de la vie quotidienne et des lieux célèbres de France et de Yougoslavie ; la colonne de droite dite de France a été sculptée par Élie-Jean Vézien, celle de gauche dite de Yougoslavie est l’œuvre de Botinelly[6].
  • Statues de saint Antoine de Padoue, de saint Bruno et de sainte Marie-Madeleine à l'église des Chartreux de Marseille.
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Fray, « Inventaire général du patrimoine culturel, Monument aux Morts de la Guerre de 1914 1918 », page consultée le 30 mars 2010
  2. André Négis, Marseille sous l’occupation, éditions du capricorne, Paris et Marseille, 1947, page 137
  3. a et b Laurent Noet
  4. Ministère de la Culture et de la Communication, base nationale Mérimée, Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marciano Florence, IA13000800
  5. Inventaire général, « Notice no IA13000806 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. « Notice no PA13000056 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Académie de Marseille, Dictionnaire des marseillais, Edisud, Marseille, 2001, page 63-64 (ISBN 2-7449-0254-3)
  • Adrien Blés, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Ed. Jeanne Laffitte, Marseille, 1989, page 62, (ISBN 2-86276-195-8)
  • Laurent Noet, Louis Botinelly, sculpteur provençal, éd. Mare & Martin, 2006, (ISBN 2-8493-4021-9)
  • André Alauzen et Laurent Noet, Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Jeanne Laffitte,‎ 2006 (1re éd. 1986), 473 p. (ISBN 9782862764412), p. 73-74.

Liens externes[modifier | modifier le code]