Mirèio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Porte d'entrée de la « maison au cadran » à MaillaneFrédéric Mistral composa Mirèio. Photographie de 1914.

Mirèio (Mirèlha en graphie classique, Mireille en français), composée en 1859, est une œuvre en vers de l'écrivain Frédéric Mistral, en langue d'oc provençale. C'est un poème épique en douze chants qui évoque la vie et les traditions provençales au XIXe siècle en contant les amours contrariées de deux jeunes provençaux de conditions sociales différentes, Mirèio (Mireille) et Vincèn (Vincent). Ce poème, qui lui a valu de recevoir le prix Nobel de littérature en 1904, ferait référence à un épisode de la vie de Mistral[1].

L'histoire[modifier | modifier le code]

Vincent et Mireille, par Victor Leydet

Au pays des Baux, en Provence, Mireille, fille de riches paysans et Vincent, jeune vannier modeste, s'éprennent l'un de l'autre. Amour impossible : les parents de la jeune fille, furieux de son choix, alors qu'elle éconduit de beaux partis, refusent la mésalliance. Mireille, désespérée, s'enfuit de chez elle. Sous le soleil d'été, elle traverse la Camargue, dans le but d'aller aux Saintes-Maries-de-la-Mer implorer les saintes d'infléchir la décision de ses parents.

Sa course est pénible : accablée de chaleur, elle est frappée d’insolation. Quand elle arrive au terme de sa route, les saintes lui apparaissent, lui racontent leur propre épopée et lui font entrevoir le bonheur de l'autre monde. Au milieu des siens qui, éplorés, la retrouvent, elle se laisse doucement glisser dans la mort, confiante et sereine.

Postérité[modifier | modifier le code]

Mistral dédie son livre à Alphonse de Lamartine en ces termes :
« À Lamartine
Je te consacre Mireille : c'est mon cœur et mon âme ;
C'est la fleur de mes années ;
C'est un raisin de Crau qu'avec toutes ses feuilles
T'offre un paysan »[2].

Et Lamartine de s'enthousiasmer : « Je vais vous raconter, aujourd'hui, une bonne nouvelle ! Un grand poète épique est né. (…) Un vrai poète homérique, en ce temps-ci ; (...) Oui, ton poème épique est un chef d'œuvre ; (…) le parfum de ton livre ne s'évaporera pas en mille ans. »[3]

Mirèio a été traduite en une quinzaine de langues européennes[4], dont le français par Mistral lui-même. En 1863, Charles Gounod en fait un opéra.

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon un article de Henri Longnon dans la Revue d'histoire littéraire, le jeune Frédéric aurait furieusement aimé une servante de sa mère, aurait voulu l'épouser et se serait heurté à l'interdit du Mas du Juge.
  2. Texte original : A Lamartino Te counsacre Mirèio : es, moun cor e moun amo ; Es la flour de mis an ; Es un rasin de Crau qu'emé touto sa ramo Te porge un païsan.
  3. Cours familier de littérature, quarantième entretien, Alphonse de Lamartine, Paris 1859.
  4. Mirèio (Mireille) traduit en espagnol

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]