Le Don paisible

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Le Don paisible (en russe Тихий Дон) est un roman de l'écrivain soviétique Mikhaïl Cholokhov (1905-1984) sous forme d'épopée qui dépeint la vie des Cosaques dans la région du Don au cours de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe (1917 - 1922).

Dès les années 1940, Cholokhov a été célébré comme l'écrivain soviétique par excellence. Jusqu'en 1980, Le Don paisible a été tiré à 79 millions d'exemplaires dans 974 éditions et traduit dans 84 langues[1],[2]. Unanimement salué comme un chef-d'œuvre de la littérature russe, le roman a valu le prix Staline en 1941, puis le prix Lénine (littérature) en 1960 et enfin le prix Nobel de littérature à Cholokhov en 1965. Mais, dès l'origine, l'œuvre est aussi entachée d'une polémique récurrente portant sur l'identité réelle de son auteur[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Édition russe[modifier | modifier le code]

L'édition russe se compose de 4 livres et 8 parties[4],[5] :

  • Livre I : 1re, 2e et 3e parties.
    Le premier livre est envoyé en 1927 à la revue Oktiabr[6]. Malgré la demande de coupures importantes, les trois premières parties paraissent intégralement en 1928.
  • Livre II : 4e et 5e parties ;
    Parution en 1928.
  • Livre III : 6e partie.
    Publication entre 1929 et 1933, malgré de nouvelles pressions visant à supprimer les passages décrivant la répression soviétique. La publication se poursuivit après que Staline eut pris la défense de Cholokhov[7].
  • Livre IV : 7e et 8e parties.
    Publication de la 7e partie dans la revue Novy mir en 1937-1938 et de la dernière partie en 1940.

Édition française[modifier | modifier le code]

Œuvres inspirées du Don paisible[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

En 1935, le roman (alors inachevé) de Cholokhov a inspiré à Ivan Dzerjinski Le Don paisible, un « opéra en chansons » dont le primitivisme a été encouragé par Staline lui-même, qui souhaitait un « opéra classique soviétique ». À cette fin, les auteurs de l'opéra ont eu droit à un entretien personnel de Staline et de Viatcheslav Molotov. Selon Félix Roziner, il semble que ce soit là (avant Andreï Jdanov) la première intrusion de Staline dans le monde de la création musicale[8]. En janvier 1936, l'opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk de Dmitri Chostakovitch ne connaîtra pas la même chance et sera voué aux gémonies par le maître du Kremlin.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le roman a inspiré plusieurs adaptations cinématographiques.

  • 1992-1993 : Serge Bondartchouk, And Quiet Flows the Don (tourné en anglais) avec Rupert Everett et Delphine Forest dans le rôles principaux. Interrompu par la mort de Bondartchouk, le film fut finalement monté en 2006 et distribué à partir de 2008.

Chanson[modifier | modifier le code]

En 1961, le roman a également inspiré, semble-t-il, la protest song « Where Have All the Flowers Gone? » de Pete Seeger et Joe Hickerson, reprise par de nombreux interprètes (Joan Baez, Chris de Burgh, Dalida, Marlène Dietrich, Dolly Parton, Peter, Paul and Mary, etc.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) NZZ du 23 avril 2005, consulté le 29 juin 2010
  2. Toutefois, jusqu'au milieu des années 1950, Le Don paisible a connu les affres de la censure : on a recensé plus de 250 coupures, allant d'un mot à plusieurs pages, chaque fois pour éliminer de passages défavorables aux bolcheviks (Herman Ermolaev, article « Mikhaïl Cholokhov » in Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, tome 6, p. 93).
  3. L'édition parue chez Omnibus se termine avec un dossier d'Alla Chevelkina « Qui a écrit Le Don paisible ? » qui fait l'historique des accusations de plagiat et de la polémique qui entoure le roman (p. 1390).
  4. Le Don paisible, p. 6 et 1389, Omnibus
  5. La division en 4 livres, chacun avec son titre propre, est totalement escamotée dans l'édition française d'Omnibus.
  6. Organe de l'Association des écrivains prolétariens de Moscou et de toute l'Union (Herman Ermolaev, article « Mikhaïl Cholokhov » in Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, tome 6, p. 85.
  7. Herman Ermolaev, article « Mikhaïl Cholokhov » in Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, tome 6, p. 86.
  8. Félix Roziner, article « La Musique russe sous Staline » in Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, Tome 6, p. 276.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]