Sergueï Guerassimov

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Sergueï Guerassimov

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Naissance 21 mai 1906
Koundrava, gouvernement d'Orenbourg
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Nationalité Drapeau de la Russie russe → Drapeau de l'URSS soviétique
Décès 26 novembre 1985
Moscou, RSFS de Russie
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Profession Réalisateur, scénariste et acteur

Sergueï Appolinarievich Guerassimov (en russe : Сергей Герасимов) est un réalisateur, scénariste et acteur soviétique né le 21 mai 1906 à Koundrava, dans le gouvernement d'Orenbourg (Empire russe) et décédé le 26 novembre 1985 à Moscou (Union soviétique).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le lundi 21 mai 1906 dans le village de Koundrava dans les montagnes de l'Oural près de Tcheliabinsk, Sergueï Apollinarievich Guerassimov a 17 ans quand il entre en 1923 à l'école des Beaux Arts de Léningrad, dans le département des acteurs, où il restera jusqu'en 1925. En 1928, l'Institut d'État des Arts scéniques lui délivre son diplôme d'acteur. Son premier rôle est celui d'un espion dans le court métrage aujourd'hui disparu Les Michkas contre Ioudenitch un des films réalisés dans la mouvance de la Feks (acronyme de Fabrique de l'acteur excentrique), mouvement d'avant-garde auquel il participe à la fondation avec Grigori Kozintsev, Leonid Trauberg et Sergueï Ioutkevitch. Dans cette école qui existera jusqu'en 1929, on préconisait un jeu scénique outrancier et schématique et on utilisait toutes les ressources du trucage et du montage. Il interprétera ainsi dans cette sphère d'influence le rôle d'un tricheur, d'un maître chanteur, dans Le Manteau en 1926, celui d'un prestidigitateur dans La Roue du diable en 1926, Médoks dans Neiges sanglantes en 1927, Skalkovsky dans Someone Else's Jacket en 1927, un chauffeur dans Le Petit Frère la même année, un menchevik dans Un Débris de l'empire en 1929, le journaliste Lutreau dans La Nouvelle Babylone en 1929 et le président du soviet local dans La Seule en 1929. Pour ces deux derniers films, il sera aussi réalisateur.

Dans La Nouvelle Babylone il joue avec l'actrice Tamara Makarova alors âgée de 22 ans qui interprète le rôle d'une danseuse de cancan ; ce sera son épouse et il la fera jouer dans au moins douze des films qu'il réalisera et ils joueront ensemble dans au moins huit films.

En 1930, il réalise son premier film muet en collaboration avec Sergueï Bartenev, Vingt-deux ans de malheur, suivi de La forêt en 1931. À partir de la même année et jusqu'en 1941, il sera responsable de l'intérim et directeur de la Classe de maître aux studios Lenfilm ce qui ne l'empêchera pas de tourner sur un scénario de M. Kresin Cœur de Salomon en 1932, Est-ce que je t'aime, dont il a écrit le scénario, en 1934. En 1936, en collaboration avec Y. Herman, il réalise son premier film parlant Les sept braves dont il a aussi écrit le scénario. Ce film et ceux qui vont suivre illustrent les difficultés auxquelles la jeunesse doit faire face dans sa contribution au développement économique et culturel de son pays. Dans Les sept braves, il montre le travail de chien auquel sont soumis ceux qui sont venus travailler dans l'Arctique. Avec Komsomolsk, en 1938, il rend le spectateur témoin des épreuves de toutes sortes que rencontrent les Jeunesses Communistes pour construire une nouvelle ville dans la taïga puis dans L'instituteur, en 1939, il montre les obstacles que rencontre un instituteur débutant pour construire une école dans un kolkhoze. Pour ce film, il obtiendra le Prix Staline en 1941. En revanche, il s'éloigne de l'actualité avec le film Mascarade qui est une adaptation d'une œuvre de Mikhaïl Lermontov destinée à faire connaître au public soviétique le patrimoine culturel de son pays, démarche qu'il renouvellera ultérieurement. Les 14 et 15 mai 1941, il fait partie des 46 professionnels du cinéma qui rencontrent des représentants du comité central dont Andreï Jdanov et qui se plaignent des contraintes et du conformisme bureaucratique de la direction du cinéma. Il s'ensuivra une autonomie accrue pour les intéressés.

Pendant la Grande guerre patriotique, les studios Lenfilm ayant été évacués à Alma Ata, Guerassimov continue de tourner; Invincibles, en 1942, exaltant le civisme, le courage et le dévouement d'un et des habitants, de Léningrad et La grande terre, en 1944, racontant la lutte héroïque du peuple soviétique au front et à l'arrière sont la contribution psychologique, idéologique du cinéaste dans la mobilisation totale de toutes les forces du pays dans sa lutte contre l'envahisseur nazi. En 1943 il tourne la commémoration cinématographique du 25e anniversaire de l'Armée rouge et en 1944, il supervise le documentaire sur la Conférence de Yalta. Toujours en 1944, et ce jusqu'en 1946, il dirige le Comité du cinéma qui contrôle le studio des films documentaires et fait partie à partir du 5 septembre, avec l'approbation du bureau politique, d'un conseil artistique de 29 membres qui doit visionner tous les films produits en URSS et conseiller ou déconseiller leur sortie. L'avis émis est purement consultatif. La même année il adhère au Parti communiste et est nommé directeur de l'atelier d'acteurs de l'Institut national de la cinématographie (VGIK) où il restera jusqu'en 1970; en conséquence son influence sera énorme sur l'ensemble de la génération des cinéastes russes actuels. La guerre terminée, il met en scène la parade de la victoire le 24 juin 1945 et supervisera le tournage d'un documentaire sur la Conférence de Berlin, (celle du 5 juin?).

En 1947, il tourne La jeune garde d'après le roman d'Alexandre Fadeïev qui raconte la lutte clandestine des komsomols contre l'occupant nazi. Bien que le roman et le scénario du film critiquent la direction du parti et Staline qui avaient sous-estimé le rôle de ces combattants, le film sort et obtient le Prix Staline en 1949. Il l'obtiendra à nouveau en 1951 pour un documentaire sur la Chine réalisé en 1950. Le médecin de campagne réalisé en 1951 présente quelques analogies avec L'instituteur sorti en 1939. Ces deux films, mettent en évidence les difficultés qu'ont les jeunes pour se faire une place dans la société soviétique où les responsabilités ont été "accaparées" par les aînés. Ce thème se retrouvera dans une moindre mesure dans le film Le journaliste qu'il tournera en 1967.

En 1958, il écrit le scénario et met en scène Le Don paisible, vaste fresque dont la notoriété vient aussi du célèbre roman de Mikhaïl Cholokhov, dont il est adapté. Cet énorme film comporte trois parties à peu près égales en durée, qui totalisent 350 minutes. Cette œuvre obtient de nombreuses récompenses dans différents festivals à travers le monde.

Directeur du VGIK, qui porte maintenant son nom, scénariste de la plupart de ses films, réalisateur, acteur, rédacteur d'articles dans diverses revues dont Isskustvo kino, dont il sera au conseil de rédaction en 1970, écrivant des livres sur le cinéma et des pièces de théâtre, dont Maître en 1939, Nos jours en 1940, élu député au Soviet suprême de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, membre de l'Académie des sciences pédagogiques, en 1955, il ajoute la fonction de superviseur artistique aux Studios Maxime Gorki à Moscou. Ainsi, il supervisera, en 1955 Damy de Genrikh Oganisyan et de Lev Kulidzhanov, en 1961 La carrière de Dimy Gorina de Frunze Dovlatyan et de Lev Mirsky, en 1962 Sur la falaise abrupte de K. Morakov et A. Morakov, en 1963 Les bois de Vienne de Roman Grigoriev, en 1964 Controverse de Mansurev.

En 1969, Au bord du lac Baïkal est une contribution au débat qu'il y a eu autour de la sauvegarde de la pureté du site menacé par l'installation d'une usine. Les lecteurs du journal Sovietski ekran lui en ont été reconnaissants en le citant comme meilleur film de l'année 1970. Dans ses dernières œuvres, il retourne au gigantisme : 309 minutes pour le téléfilm Le Rouge et le Noir en 1976, 140 minutes pour La Jeunesse de Pierre Le Grand et 134 minutes pour Le Début des affaires glorieuses, qui en est la suite, soit 274 minutes consacrées à la vie du Tsar, en 1980. Il termine en tournant un film sur la dernière année de la vie de Léon Tolstoï, où son épouse joue le rôle de Sofia Andreevna et lui le rôle du célèbre écrivain.

Après une vie bien remplie, avoir constamment attiré l'attention sur les problèmes rencontrés par la jeunesse, Sergueï Guerassimov meurt d'une crise cardiaque le mardi 26 novembre 1985 à Moscou, âgé de 79 ans et est inhumé dans le cimetière du couvent de Novodevitchi à Moscou.

Après sa mort, on découvrit dans son coffre-fort les négatifs du film considéré à une époque comme "anti-soviétique" et "pro sioniste" La Commissaire qu'il n'avait pas détruits malgré l'ordre du Comité central.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Directeur de production[modifier | modifier le code]

Superviseur artistique[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Une pièce de monnaie commémorative de la Banque de Russie consacrée au 100e anniversaire de sa naissance a été frappée. Une image de celle-ci figure sur la page Wikipédia en russe de Sergueï Guerassimov où beaucoup d'informations figurant sur cette page en Français y ont été prises.

Liens externes[modifier | modifier le code]