Roy Medvedev

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Medvedev.

Roy Aleksandrovitch Medvedev (en russe : Рой Александрович Медведев), né le 14 novembre 1925 à Tbilisi en Géorgie, est un historien et dissident soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roy Medvedev est le frère jumeau du biologiste et dissident soviétique Jaurès Medvedev[1]. Leur père est arrêté en 1938 durant les Grandes Purges et meurt au Goulag en 1941.

Roy Medvedev est un dissident soviétique qui se situait dans une perspective de réformisme communiste et de retour au léninisme des origines. Dans les années 1960, il critique Staline et le stalinisme d'un point de vue marxiste, en écrivant d'abord dans des samizdats. Il est membre du Parti communiste de l'Union soviétique jusqu’à son exclusion en 1969. Emprisonné en 1969, il milite par la suite pour la démocratie dans son pays. Sous Mikhaïl Gorbatchev il est élu député du peuple au Congrès de l'Union soviétique. Il soutient ensuite Vladimir Poutine.

Dans son interprétation, proche de celle de Nikita Khrouchtchev, les choses commencèrent à mal tourner en URSS à partir de 1934. Il faisait ainsi porter sur une seule personne, Staline, les erreurs et les excès du régime.

Controverse sur les victimes du Goulag[modifier | modifier le code]

L'historien Viktor Nikolaïevitch Zemskov[2] (en) a travaillé sur les premières archives publiées après la chute de l'URSS. Dans son article « Gulag - istoriko-sociologiceskij », il rejette les propos de Roy Medvedev qui affirmait que, durant les purges de 1937-1938, le nombre de détenus au Goulag avait augmenté de plusieurs millions, et que cinq à sept millions de personnes avaient été victimes de la répression. En fait, comme le prouve Zemskov grâce aux archives du KGB, la population des camps est passée de 1 196 369 détenus en janvier 1937 à 1 881 570 détenus en janvier 1938, et est retombée à 1 672 438 détenus au 1er janvier 1939. Il y a bien eu une inflation du nombre de détenus en 1937-1938, mais elle se chiffre en centaines de milliers et non en millions, comme le souligne Zemskov.

De plus, Zemskov indique que selon les documents officiels du KGB, environ 800 000 personnes arrêtées pour des raisons politiques ont été exécutées entre 1921 et 1953[3]. Ceci va à l'encontre de la thèse de l'historienne russe Olga Shatunovskaya qui a affirmé, sans archives, que pour la seule période 1935-1941, plus de 19 millions de personnes avaient été arrêtées et 7 millions fusillées, les autres ayant disparu dans les camps.

Or Zemskov écrit que Shatunovskaya a multiplié les chiffres par dix, « une exagération de taille ».

Grâce à l'ouverture des archives russes[réf. nécessaire], des données fiables existent pour la période du 1er janvier 1934 au 31 décembre 1947, qui montrent que, dans l'ensemble des camps du Goulag, 963 866 prisonniers sont morts. Ce chiffre concerne l'ensemble des détenus (on est loin des sept millions juste pour la période 1935-1941).

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Let History Judge : The Origins and Consequences of Stalinism, édité par David Joravsky et Georges Haupt, New York, Knopf, 1971
  • (en) avec Jaurès Medvedev, A Question of Madness, London, Macmillan, 1971
  • De la Démocratie socialiste, préface de Georges Haupt, Paris, Grasset, 1972
  • Roy Medvedev (préf. Georges Haupt), Le Stalinisme : origines, histoire, conséquences [« Let History Judge »], Paris, Le Seuil, coll. « Combats »,‎ 1972 (1re éd. 1971), 638 p.
  • La Révolution d'octobre était-elle inéluctable ? suivi d'une lettre à Lénine, Paris, A. Michel, 1976
  • (en) Problems in the Literary Biography of Mikhail Sholokhov, New York, Cambridge University Press, 1977
  • Staline et le stalinisme, Paris, A. Michel, 1979
  • (en) Khrushchev, Oxford, B. Blackwell, 1982

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roy Medvedev est prénommé d'après Manabendra Nath Roy, et son frère d'après Jean Jaurès.
  2. [http://monderusse.revues.org/index4115.html Article sur V. N. Zemskov
  3. Entre 1921 et 1953 exactement 799 455 exécutions ; Moshe Lewin Le Siècle soviétique Paris, Fayard-Le Monde diplomatique, 2003 p. 513. Le commentaire p. 515 attribue à Zemskov le chiffre de 700.000