La Guerre des mondes

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La Guerre des mondes
Image illustrative de l'article La Guerre des mondes
Illustration d'un tripode dans l'édition belge de 1906 signée Henrique Alvim Corrêa.

Auteur H. G. Wells
Genre Roman de science-fiction
Version originale
Titre original The War of the Worlds
Éditeur original Heinemann
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Date de parution originale 1898
Version française

La Guerre des mondes (The War of the Worlds) est un roman de science-fiction écrit par H. G. Wells, publié en 1898.

C'est l'une des premières œuvres qui confronte l'humanité et une race extraterrestre hostile[1], et le reflet de l'angoisse de l'époque victorienne et de l'impérialisme.

La Guerre des mondes a été adapté en feuilletons radiophoniques (dont une version de Orson Welles qui défraya la chronique en 1938), jeux de rôle, bande dessinée ainsi que deux long-métrages (le premier a été réalisé par Byron Haskin en 1953 et le second par Steven Spielberg en 2005).

Résumé[modifier | modifier le code]

(…) Par delà le gouffre de l’espace, des esprits qui sont à nos esprits ce que les nôtres sont à ceux des bêtes qui périssent, des intellects vastes, calmes et impitoyables, considéraient cette terre avec des yeux envieux, dressaient lentement et sûrement leurs plans pour la conquête de notre monde (…) »

1894. Des astronomes sont témoins d'étranges activités à la surface de Mars, comme des flash ou des explosions de gaz incandescent. L'étonnant phénomène se répète pendant les dix nuits suivantes puis cesse. Des météores venant de la planète rouge se dirigent bientôt vers la Terre. Le premier s'écrase en Angleterre, dans le Surrey : il s'agit d'un objet ayant la forme d'un cylindre de vingt-cinq à trente mètres. Les curieux se rassemblent autour du cratère, mais ils sont bientôt tués par une machine gigantesque sortie du cylindre.

Par la suite, les autres cylindres envoyés depuis Mars s'écrasent et libèrent d'autres engins mécaniques contrôlés par des créatures tentaculaires. Les tripodes, armés d'un Rayon Ardent et d'un gaz toxique appelé Fumée Noire (Black smoke), se dirigent vers Londres en désintégrant tout sur leur passage. L'armée britannique réplique. Commence alors la Guerre des Mondes…

Genèse et contexte[modifier | modifier le code]

Les canaux de Mars[modifier | modifier le code]

Comparaison entre la Terre et Mars

À partir de la fin du XIXe siècle, la croyance en l’existence de canaux martiens et de planètes habitées marque l’imagination populaire. En 1877, l'astronome Giovanni Virginio Schiaparelli, directeur de l'observatoire de Milan, observe la présence de très grandes traces rectilignes sur la surface de la planète Mars. Cette découverte ne fait cependant pas l'unanimité. Percival Lowell, un millionnaire, décide de se consacrer exclusivement à l'étude de la planète rouge et fonde en 1894 un observatoire dans l'Arizona avec sa fortune personnelle. En 1900, il a référencé plus de 400 canaux bien trop rectilignes, selon lui, pour être des formations naturelles. Lowell est bientôt persuadé que Mars abrite une civilisation avancée luttant contre une importante sécheresse[2].

H. G. Wells s'établit en 1895 dans le Surrey avec sa femme. Il passe une grande partie de ses journées à écrire et à se balader dans la campagne. Au cours de l'une de ces balades, Wells et son frère discutent à propos de la possibilité de l'arrivée d'êtres venus d'une autre planète. La discussion fait germer dans la tête de l'écrivain une idée, bientôt nourrie par des articles sur les fameux canaux de Mars[3]. En 1896, Wells, qui suivait de très près les avancées scientifiques de son époque, publie Intelligence on Mars, où il couche sur papier ce qui va devenir La Guerre des mondes. L'auteur suggère que les Martiens sont attirés par la Terre car leur propre monde, très ancien, est asséché et mourant[4].

Colonialisme[modifier | modifier le code]

Dans La Guerre des mondes, une forme de vie extraterrestre venant de Mars attaque Londres. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et l'Empire britannique, l'ensemble territorial composé des colonies, protectorats, mandats et autres territoires gouvernés par le Royaume-Uni s'étend sur une grande partie du globe et ne connaît pas d'adversaire. Wells bouleverse cette conviction en réduisant cet empire en ruines, anéanti par une plus grande puissance. Les Martiens s'imposent comme une "race supérieure"[5].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Bande dessinée et illustrations[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • En 2003, Jean-Pierre Guillet a proposé une suite à La Guerre des mondes, La Cage de Londres. Dans ce roman, quelque temps après avoir échoué, les Martiens récidivent et, mieux préparés, vainquent. Depuis lors, ils se nourrissent du sang des humains parqués dans de gigantesques enclos.
  • Le roman La Machine à explorer l'espace de Christopher Priest s'inscrit dans la continuité de La Guerre des mondes et de La Machine à explorer le temps de Wells.

Radio[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Influence[modifier | modifier le code]

Sculpture d'après l'œuvre de Wells. Woking, Surrey

Le thème de l'invasion par des extra-terrestres est populaire au cinéma, avec par exemple Les Daleks envahissent la Terre, Les soucoupes volantes attaquent, Invasion planète Terre, Les Envahisseurs de la planète rouge (1953) de W.C. Menzies, L'invasion vient de Mars (1985) de Tobe Hooper, Le Jour où la Terre s'arrêta (1951) de Robert Wise, etc. puis, plus récemment, avec des long-métrages comme Rencontres du troisième type (1977) de Steven Spielberg, E.T. l'extra-terrestre (1982) ou encore et Independence Day et Evolution de Ivan Reitman. Le burlesque Mars Attacks! de Tim Burton présente en particulier l'inattendue et peu glorieuse défaite des envahisseurs martiens, contrairement à La Guerre des mondes où l'envahisseur est détruit par un virus terrestre.

On retiendra également les récentes séries télévisées Defiance et Falling Skies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. War of the Worlds: From Wells to Spielberg p. 5, John L. Flynn (2005)
  2. Une petite histoire de l'observation martienne : les canaux de Mars
  3. H.G. Wells, Christopher Martin (1988)
  4. H.G. Wells, John Batchelor, Cambridge University Press (1985).
  5. War Stars Franklin, H. Bruce University of Massachusetts Press (2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Handley Cantril, The Invasion from Mars: A Study in the Psychology of Panic, 1940.
  • Pierre Lagrange, La guerre des mondes a-t-elle eu lieu?, Robert Laffont, 2005, (ISBN 2-221-10466-8).
  • Jean-Pierre Guillet, La Cage de Londres, Alire, 2003, (ISBN 2-922145-71-9)  : une suite au roman proposé par Jean-Pierre Guillet.
  • J.-M. Abrassart, « Est-ce que personne n'a cru à La Guerre des Mondes ? », in S. Patrice (éd.), Lueurs sceptiques, 2012, p. 17-36, Lulu.com.
  • Michel Meurger, Lovecraft et la S.-F., Vol. I, Amiens, Encrage Éditions, collection « Travaux », 1991 (chapitre 2 : « Les Martiens de Wells », p. 41-64), (ISBN 978-2906389311).
  • Michel Meurger, « Alien Abduction. L'enlèvement extraterrestre. De la fiction à la croyance », Scientifictions, la revue de l'Imaginaire scientifique, no 1, volume 1, Amiens, Encrage Éditions, 1995, (ISBN 978-2906389625).
  • Michel Meurger, « Wells et les tripodes. Aspects d'une technologie extraterrestre », in Le Visage Vert, no 5, Joëlle Losfeld, octobre 1998, p. 145-155.