Jesús-Rafael Soto

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Jesús-Rafael Soto était un artiste plasticien (sculpteur et peintre), né le 5 juin 1923 à Ciudad Bolivar, Venezuela, et décédé le 14 janvier 2005 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jesús-Rafael Soto devant une de ses œuvres.

Il est célèbre pour ses peintures et constructions géométriques, jouant avec les effets d'optique. Artiste emblématique des mouvements Op Art/Art cinétique, Soto a notamment exploré la question de l'implication du spectateur dans l'œuvre avec ses « Pénétrables ».

Ses objets sont des volumes virtuels installés dans l'espace qui semblent agir l'un sur l'autre avec leurs environnements (nature, espace urbain, etc.).

Soto a été peintre en lettres et en affiches de cinéma. Il obtient une bourse, suit les Beaux-arts à Caracas et ira enseigner à Maracaïbo.

En 1950 Il s'installe à Paris. Il assiste aux conférences de l'atelier d'art abstrait fondé par Jean Dewasne et Edgard Pillet.

En 1952, il collabore avec Otero, Alexander Calder, Fernand Léger, Antoine Pevsner, Henri Laurens, Hans Arp, et d'autres dans le Proyecto de Integración de las Artes à l'université centrale du Venezuela, dirigé par l'architecte Carlos Raúl Villanueva; le projet a été conçu pour intégrer l'architecture avec l'art des modernistes d'avant-garde.

En 1955, il participe à l'exposition "Le Mouvement" à la Galerie Denise René. Pendant ce temps il explore les problèmes perceptuels du système abstrait-constructiviste, avec des idées auxquelles contribuent Victor Vasarely, Yaacov Agam, Jean Tinguely, et Julio Le Parc; son exploration s'approfondit et augmente quand il se familiarise avec le travail de Marcel Duchamp. Il développe un vocabulaire cinétique à l'origine dans les fabrications en série qui produisent des vibrations optiques: celles-ci, à leur tour, modifient l'espace et la perception du visionneur. Il expérimente également les plans chromatiques et les qualités transformables de la couleur, explorant les rapports entre les lignes parallèles et la figure, et entre le fond et le premier plan, afin de produire du mouvement dans les peintures, des constructions tridimensionnelles, et des reliefs.

Il crée ses premières "Vibraciones" en 1958, peintures dans lesquelles il intègre le mouvement dans la surface bidimensionnelle par une superposition structurale de lignes, d'éléments suspendus, et de figures géométriques qui produisent des vibrations optiques pendant que le visionneur se déplace.

En 1963 il gagne le prix "Lobo" à la Biennale de São Paulo, et l'année suivante il reçoit le deuxième prix de D. Brigtht à la Biennale Venise.

Vers la fin des années 1960, il crée ses "Penetrables", qui se composent de fils construits à partir de matériaux flexibles ou métalliques suspendus qui se mettent en marche quand les spectateurs agissent l'un sur l'autre et passent parmi eux.

Parmi les nombreuses commissions pour les sculptures publiques et les projets architecturaux qu'il a reçus, se trouvent les "muraux cinétiques" pour le Montreal World’s Fair building (1967) Kunsthalle Göteborg Suède, rencontre le peintre-sculpteur cinétique Youri Messen-Jaschin partage d'idée dans le mouvement optique. Crée des muraux pour les sièges sociaux de l'Unesco à Paris (1970); le mural pour "el Museo de Arte Contemporáneo" à Caracas (1974); la tour Capriles à Caracas; et "La Esfera virtual" (la sphère virtuelle) pour le parc olympique de sculpture à Séoul (1988).

Soto early 1970th Photo: Lothar Wolleh

En 1973 il a fondé "el Museo de Arte Moderno Jesús Soto" dans Ciudad Bolívar, Venezuela, avec des travaux de sa collection ; c'est Villanueva qui a conçu le bâtiment du musée.

Soto reçoit en 1995 le Grand Prix National de la Sculpture en France.

Son travail a été exposé partout dans le monde et peut être trouvé au hall du bâtiment de l'Unesco à Paris (1969), la banque de Toronto (1977) et au forum du centre Pompidou à Paris (1987).

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Media esfera azul y verde, à l'exposition universelle de Séville en 1992

Merci à la Galerie Denise René pour les éléments bibliographiques suivants:

  • 1947 : À la fin de ses études à l'École des Beaux-arts de Caracas, Soto est nommé directeur de l'École des Beaux-arts de Maracaibo.
  • 1955 : Participe aux côtés de Alexander Calder, Marcel Duchamp, Victor Vasarely, Agam, Bury et Jean Tinguely, à l'exposition Le Mouvement organisée à la galerie Denise René, véritable acte de naissance de l'art cinétique.
  • 1956 : Première exposition personnelle à la galerie Denise René : présentation de Structures Cinétiques sur plexiglas.
  • 1960 : Obtient le Prix National de la peinture au Venezuela.
  • 1961 : Participe à l'importante exposition internationale d'art cinétique Bewogen Beweging organisée par Daniel Spoerri au Stedelijk Museum d'Amsterdam puis reprise par Pontus Hulten au Moderna Museet de Stockholm.
  • 1967 : Réalise son premier pénétrable à la galerie Denise René qui édite alors la boîte Sotomagie, biographie en valise constituée de 11 multiples d'œuvres réalisées entre 1951 et 1965. Participe à l'exposition Lumière et Mouvement organisée par Frank Popper au Musée d'art moderne de la ville de Paris en créant un Grand Mur Vibrant d'environ 9 m de long vibrant sous une lumière artificielle.
  • 1968-69 : À la Kunsthalle de Berne, grande rétrospective Soto qui circule en Europe pour finir au Palais de Tokyo à Paris : l'évènement est créé par un pénétrable de 400 m2 qui couvre entièrement le parvis du musée.
  • 1969 : Kunsthalle Göteborg Suède, rencontre du peintre cinétique dans cette ville de Youri Messen-Jaschin
  • 1970 : Exposition à la galerie Denise René rive droite autour du thème du plein : l'artiste anime murs et plafonds de la galerie et réalise son premier pénétrable sonore.
  • 1973 : Inauguration du musée Soto d'art moderne dans sa ville natale à Ciudad Bolivar : la collection s'organise autour de l'art construit historique, l'art optique et cinétique.
  • 1974 : Vaste rétrospective Soto au Musée Guggenheim à New York. Simultanément présentation des œuvres récentes de l'artiste à la galerie Denise René à New York.
  • 1980 : Exposition personnelle à la galerie Denise René rive gauche.
  • 1982 : Rétrospective à Madrid au Palacio de Vélasquez, Parque del Retiro.
  • 1992 : Participe à l'exposition L'Art en mouvement à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence : présentation d'un monumental Cube de Provence.
  • 1992 : Participe à l'Exposition universelle de 1992 de Séville en y exposant notamment Media esfera azul y verde[1]
  • 1998 : Grande rétrospective de l'œuvre de Soto organisée par Daniel Abadie à la Galerie Nationale du Jeu de Paume.
  • 1999 : Soto est fait Docteur honoris causa de l'Université de Carabobo au Venezuela.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Ricardo Domingo, Fernando Caralt, Francisco Gallardo, Expo '92, una aventura universal, Barcelone, Difusora internacional, S.A.,‎ 1993, 381 p. (ISBN 8473681819)

Liens externes[modifier | modifier le code]