Jean de Jandun

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Jean de Jandun, né vers 1285 à Jandun (dans les Ardennes) et mort en 1328 en Italie, était un philosophe averroïste, théologien et théoricien politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'on estime qu'il commença à étudier la philosophie à l'Université de Paris vers 1306. Il y devient maître ès arts en 1310 et il y enseigne jusqu'en 1326.

En 1315, il figure parmi les maîtres ès arts du Collège de Navarre fondé 10 ans plus tôt. En 1316, le pape Jean XXII le nomme chanoine de Senlis.

Il se lie d'amitié avec Marsile de Padoue. En juin 1324, à la publication d'un pamphlet de celui-ci, contre la théocratie et pour le pouvoir civil détenu par l'empereur : le « Defensor pacis », le scandale éclate. Jean de Jandun est accusé d'en être le coauteur et les deux hommes doivent s’enfuir en 1326. Ils se réfugient à Nuremberg à la cour du futur empereur romain germanique Louis de Bavière pour le soutenir contre la papauté. En 1327 le pape l'excommunie et le fait condamner pour hérésie. Il est nommé évêque de Ferrare par Louis de Bavière en mars 1328.

Noël Valois établit son décès en 1328, soit en mai, soit du 10 au 15 septembre.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Il fut un des principaux interprètes et commentateurs d'Aristote:

  • Quaestiones super tres libros Aristotelis de Anima, Venetiis : F. de Hailbrun & N. de Franckfordia socios, 1483 [3]
  • Questiones magistri Joannis Dullaert a gandavo in librum predicabilium Prphirii secumdum duplicem viam nominalium et realium inter se bipartitarum annesiis aliquos questionibus et difficultatibus Joannis Drabbe Bonicollii Gandensis, Parisiis : apud Prigentium Calvarin, in clauso Brunello, 1528 [4]
  • Questiones magistri Ioannis Dullaert a gandavo in librum predicamemtorum Aristotelis ; Secundum viam nominalium nunc, Parisiis : apud Prigentium Calvarin, 1528 [5]
  • In libros Aristotelis De coelo et mundo quae extant quaestiones subtilissimae, quibus nuper consulto adjecimus Averrois : sermonem de substantia orbis, cum ejusdem Joannis commentario ac quaestionibus, Venetiis : Juntas, 1552 [6]
  • Quaestiones in duodecim libros metaphysicae, Venetiis, 1553, réédité Frankfurt : Minerva, 1966.
  • Super libros Aristotelis de anima Venetiis, 1587 & 1480, [7], réédité Frankfurt : Minerva, 1966.
  • Quaestiones super 8 libros Physicorum Aristotelis, réédité Frankfurt : Minerva, 1969.

Il est l'auteur de deux éloges de la ville de Paris ( Tractatus de laudibus parisius ) composés en 1323, avec un anonyme qualifié de dictateur[1]. Certains y voient le premier guide touristique de Paris[2] [3]

Notes & références[modifier | modifier le code]

  1. L'on peut en lire le texte, sa traduction et des commentaires dans : Paris et ses historiens aux 14e et 15e siècles; documents et écrits originaux recueillis et commentés par Le Roux de Lincy et L.M. Tisserand, Paris : Imprimerie impériale, 1867, pp.1-79 [1]
  2. Ce qui est une exagération : D'autres auteurs firent plus tôt des éloges de Paris et le but de ces éloges était de glorifier une ville, pas d'un favoriser le pèlerinage (qui était le tourisme de l'époque)
  3. Boris Bove, Aux origines du complexe de supériorité des Parisiens : les louanges de Paris au Moyen Âge, dans Être parisien, Paris et Île-de-France, Université de Paris 8, mémoires, 55 (2004), pp.423-444 [2], fait remonter le complexe de supériorité des Parisiens aux éloges écrites au Moyen-Âge.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alice Lamy, La quantité indéterminée de la matière selon Jean de Jandun. Principes et problèmes ontologiques, dans la Revue de métaphysique et de morale, n°74, Paris : PUF, 2012/2, pp.147-160
  • Christine Chevalier-Boyer, Les sermons de Guillaume de Sauqueville : l’activité d’un prédicateur dominicain à la fin du règne de Philippe le Bel, chap. D, § a : Jean de Jandun, thèse de doctorat d’Histoire, soutenue le 12 février 2007, Université Lumière – Lyon 2 [8]
  • Jean-Baptiste Brenet, Transferts du sujet: la noétique d'Averroès selon Jean de Jandun, Vrin , 2003, 505 p.
  • Evencio Beltran, Les Questions sur la rhétorique d'Aristote de Jean de Jandun, dans La rhétorique d'Aristote: traditions et commentaires de l'Antiquité au XVIIe siècle, J. Vrin, 1998, pp.153-167
  • Ludwig Schmugge, Johannes von Jandun (1285/1289-1328) : Untersuchungen zur Biographie und Sozialtheorie eines lateinischen Averroisten, Stuttgart : Anton Hiersemann, 1966, VIII+152 p. [9]
  • Émile Bourquelot, Jean de Jandun et ses œuvres (1280-1328), Picard et fils, 1908, 20 pages
  • Noël Valois, Jean de Jandun et Marsile de Padoue auteurs du « Defensor pacis », Paris : Impr. nationale, 1906, paginé 528-623., tiré à part de L'Histoire littéraire, t. XXXIII.
  • Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des ardennais, Paris : Ledoyen, 1830, t.2, pp.52-56 [10]

Sources sur le web[modifier | modifier le code]