Here Comes the Sun

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Here Comes the Sun est une chanson du groupe britannique les Beatles. Elle a été écrite par George Harrison[1] et ouvre la face B du 33 tours original de l’album Abbey Road sorti en 1969.

Historique[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Eric Clapton
Here Comes the Sun est composée par George Harrison chez son ami Eric Clapton.

En 1969, les Beatles connaissent une période de plus en plus tendue. En raison des difficultés connues par Apple Corps, le groupe a fait appel à un nouveau manager, Allen Klein, ce qui est une source de nouveaux désaccords. Paul McCartney aurait en effet installé son beau-père Lee Eastman à ce poste, ce qu'a refusé John Lennon, qui a ensuite rallié les deux autres membres du groupe à son parti. S'ensuivent des coupes budgétaires, des décisions maladroites qui poussent Lennon à déclarer : « nous pourrions tous être ruinés dans six mois », et des disputes nombreuses. George Harrison se désespère de cet état de fait[2]. Il décrit ainsi la situation : « elle a été écrite à une époque où Apple devenait comme l'école, où il fallait aller et se comporter en hommes d'affaires[3]. »

De cette tension nait un désir d'évasion, que George Harrison satisfait un après midi de printemps en se rendant chez son ami, le guitariste Eric Clapton. Ce n'est pas la première fois que Clapton joue un tel rôle : durant l'enregistrement tendu de l'« album blanc », il participe aux séances de la chanson While My Guitar Gently Weeps, détendant provisoirement l'atmosphère[4]. C'est donc en se promenant dans le jardin de Clapton sous le ciel ensoleillé avec une guitare acoustique empruntée à son hôte que Harrison esquisse sa nouvelle chanson[5].

Exploitant le thème météorologique, la chanson revient sur la joie de voir arriver le soleil après un « long hiver froid et solitaire », tandis que « la glace fond lentement ». C'est une métaphore pour exprimer la joie de Harrison lors de ce moment libérateur[6]. Il décrit d'ailleurs la chanson comme « une véritable libération. La chanson est venue toute seule »[2]. D'un point de vue musical, la chanson part des mêmes bases qu'une ancienne composition de George Harrison, If I Needed Someone, reprenant des accords de chansons des Byrds, notamment The Bells of Rhymmey[3],[7].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Les sessions d’enregistrement ont eu lieu les 7 et 8 juillet et les 6, 15 et 19 août 1969 dans les studios Abbey Road. Comme sur d’autres titres du même album, George Harrison y joue notamment d’un tout nouvel instrument, le synthétiseur analogique Moog. Paul McCartney est aux chœurs et à la basse. Ringo Starr est à la batterie. Tous tapent des mains. Seul John Lennon n’a pas contribué à la chanson : il se remettait d’un accident de voiture au moment de son enregistrement. Un orchestre dirigé par George Martin joue l’arrangement pour violon alto, violoncelle, contrebasse, flûtes piccolo et alto, et clarinette[8].

Parution[modifier | modifier le code]

Reprises et postérité[modifier | modifier le code]

Cette chanson a été reprise par de nombreux artistes. George Harrison l’a chantée en duo avec Paul Simon. Elle a été reprise notamment par :

La chanson est reprise en 1998 dans le film "À nous quatre" avec Lindsay Lohan, en 2007 dans le film "Bee Movie", et en 2009 dans "Imagine That". Le groupe Blur fait une référence dans un couplet de la chanson Sweet Song.

L'astronome Carl Sagan a proposé que la chanson soit retenue pour le Voyager Golden Record. Ce projet soutenu par les Beatles fut abandonné, la maison de disques EMI ne donnant pas son accord[9].

Structure musicale[modifier | modifier le code]

George Harrison est le chanteur principal de ce titre et s’accompagne également à la guitare acoustique et à l’orgue Hammond. Il place un capodastre sur la septième frette de sa guitare pour obtenir une tonalité en la majeur : variations sur la position "ouverte" de ré majeur puis position de sol et de la majeur pour les couplets (soit tonalités de la, ré et mi) avec passage sur la position de mi majeur (tonalité de si) à la fin des couplets. il avait déjà utilisé ce procédé sur une chanson de l’album Rubber Soul, If I Needed Someone, jouée dans la même tonalité. Le refrain (notamment la section avec le synthétiseur) utilise une mesure 11/8 peu commune à la musique populaire.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Équipe technique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Steve Turner, L’Intégrale Beatles: les secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day’s Write »], Hors Collection,‎ 1999, 285 p. (ISBN 2-258-06585-2)
  2. a et b Steve Turner 2006, p. 232
  3. a et b (en) « Abbey Road », The Beatles Ultimate Database. Consulté le 14 mars 2013
  4. Bill Harry 2003, p. 389
  5. Bill Harry 2003, p. 227
  6. Steve Turner 2006, p. 231
  7. Bill Harry 2003, p. 112
  8. (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years, Londres, Hamlyn,‎ 1988 (ISBN 0-600-55784-7)
  9. Carl Sagan et ali Murmurs of Earth, New-York, Random House, 1978

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Steve Turner (trad. Jacques Collin), L'intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ 2006 (1re éd. 1994, 1999), 288 p. (ISBN 2-258-06585-2)
  • (en) Bill Harry, The George Harrison Encyclopedia, Virgin Books,‎ 2003, 400 p. (ISBN 0-7535-0822-2)