You Never Give Me Your Money

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You Never Give Me Your Money est une chanson du groupe britannique les Beatles. Elle a été écrite par Paul McCartney, mais créditée Lennon/McCartney[1]. Elle apparaît sur l’album Abbey Road sorti en 1969. Elle ouvre le fameux medley sur la face B du 33 tours original.

Genèse et enregistrement[modifier | modifier le code]

You Never Give Me Your Money est l’essence du medley de l’album Abbey Road : elle en est l’idée de départ, elle-même composée de trois fragments musicaux distincts et son thème ainsi qu’un couplet supplémentaire reviennent plus loin vers la fin de cette pièce longue de 16 minutes, dans Carry That Weight.

L’idée même de réaliser un assemblage de chansons sur l’album à venir naît sans doute au moment même où la piste de base de You Never Give Me Your Money est enregistrée, aux studios Olympic Sound de Church Road à Londres, le 6 mai 1969, c’est-à-dire pratiquement deux mois avant que les Beatles se retrouvent à Abbey Road pour s’atteler à la réalisation de l’album dans son entier. 36 prises sont enregistrées ce jour-là avec Paul au piano et au chant, John et George à la guitare (celle-ci étant passée à travers une cabine Leslie pour lui donner un effet tournoyant) et Ringo à la batterie. Un mixage stéréo est réalisé à partir de la trentième prise, considérée comme la meilleure. À ce point, la chanson s’arrête brutalement, avant le futur One two three four five six seven...[2].

Le 1er juillet 1969, qui marque les débuts des véritables sessions d’Abbey Road, Paul reprend la trentième prise de la bande du 6 mai et enregistre le chant principal. Les overdubs continuent le 15 (avec l’enregistrement d’un carillon pour la fin du morceau) et le 30 juillet (parties vocales), jour où tous les bouts du medley sont également assemblés pour la première fois. Son nom de travail est à ce point The Long One/Huge Melody (« la longue pièce/vaste mélodie »). Un problème surgit : comment enchaîner proprement You Never Give Me Your Money et Sun King ? Plusieurs tentatives sont effectuées, la principale étant de lier les deux chansons avec une note d’orgue[2]. Mais ce n'est pas encore satisfaisant.

Le 31 juillet, Paul McCartney enregistre des parties de piano supplémentaires et ajoute la basse. Enfin, le 5 août, il arrive avec la solution : il a préparé quelques boucles sonores à son domicile de St. John's Wood (à moins de cinq minutes à pied des studios) qui incluent des bruits de cloches, d’oiseaux, de crickets, de bulles, qui vont servir pour assurer la transition entre son titre et le Sun King de John Lennon. Le travail sur cette transition est complété le 21 août, ainsi que le mix stéréo définitif[2].

Structure musicale[modifier | modifier le code]

You Never Give Me Your Money commence avec le piano et la voix de Paul, rejoints par la guitare de George, puis les chœurs et la batterie de Ringo sur le deuxième couplet. À environ 1:10, la deuxième partie (« out of college, money spent, see no future, pay no rent ») débute, où la voix de Paul sonne comme dans Lady Madonna. À près de 1:50, les trois Beatles chantent en chœur « Ahhhhh » avec une guitare à effet Leslie, puis à 2:10, arrivée de la partie rock (riff joué par George) : « One sweet dream, pick up the bags and get in the limousine ». Enfin, à 3:10, les Beatles chantent « one two three four five six seven... » à trois voix, qui s'estompent et les « boucles sonores » de Paul les remplacent progressivement jusqu'au début du titre suivant.

You Never Give Me Your Money revient pour un troisième couplet dans Carry That Weight, l'avant-dernier morceau du medley, cette fois accompagné d'un arrangement de cuivres et de cordes. La progression d'accords de guitare en arpèges à effet Leslie revient également pour servir d'enchaînement sur The End.

Analyse des paroles[modifier | modifier le code]

Dans la première partie de la chanson, Paul McCartney évoque les problèmes financiers du groupe, en expliquant qu’en guise d’argent sonnant et trébuchant, les Beatles ne voient que des « drôles de papier » (« funny papers »). George Harrison explique : « C’est exactement ce qu’on reçoit. On reçoit des bouts de papier disant combien d’argent on a gagné, ceci, cela. Mais on ne l’a jamais vu en vrai, en livres, en shillings, en pences. On a tous une grande maison, une voiture et un bureau. Mais c’est comme s’il était impossible de voir vraiment la couleur de l’argent qu’on a gagné »[1], et Paul ajoute : « Les comptables. C’était vraiment difficile de sortir quelque chose de ces gens. Jamais les comptables ne nous laissaient entendre qu’on avait réussi »[3].

La deuxième partie est sur le même thème, elle parle de se retrouver sans le sou une fois sorti du collège, « sans futur », avec « nulle part où aller », malgré « un sentiment magique ».

Dans la troisième partie, plus rock, Paul McCartney parle de la façon dont il s’extrait de toute cette pression, ces tensions accumulées en 1968 et en 1969 : en sautant dans sa voiture avec sa nouvelle femme Linda, pour aller se perdre sur les routes de la campagne anglaise[1]. Un doux rêve est devenu réalité (One sweet dream came true today).

Reprises par d’autres artistes[modifier | modifier le code]

La chanson a été reprise notamment par :

Personnel[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Steve Turner, L’Intégrale Beatles: les secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day’s Write »], Hors Collection,‎ 1999, 285 p. (ISBN 2-258-06585-2)
  2. a, b et c (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years, Londres, Hamlyn,‎ 1988 (ISBN 0-600-55784-7)
  3. George Harrison, John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr, The Beatles Anthology, Seuil,‎ 2000 (ISBN 2-02-041880-0)