Francis Walsingham

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Walsingham (homonymie).
Francis Walsingham
Par John de Critz (détail)

Sir Francis Walsingham (env. 1530 à Chislehurst (Kent) - 6 avril 1590) est connu comme le « maître-espion » d'Élisabeth Ire d'Angleterre. Admirateur de Machiavel, il est connu pour son efficacité en tant qu'espion et sa capacité à susciter intrigues et fausses intrigues pour la cause de la sécurité de la Couronne anglaise.

Francis Walsingham naquit dans une famille protestante de la petite noblesse du sud de l'Angleterre. Il fit ses études au King's College de l'université de Cambridge de 1548 à 1550. L'accession au trône de Marie Ire, souveraine catholique, le poussa à fuir sur le continent. Il reprit des études de droit à Padoue, puis visita la Suisse de 1556 à 1558, nouant de nombreux contacts avec les huguenots francophones comme François de La Noue.

Lorsque Élisabeth Ire succéda à Marie Ire, il soutint activement la politique de William Cecil, ce qui lui valut d'être nommé à la Chambre des Communes (1559). La reine l'envoya en France pour nouer des liens diplomatiques avec ce royaume, mais le massacre de la Saint-Barthélemy fragilisa l'alliance franco-anglaise.

Il fut malgré tout nommé Secrétaire d'État dès 1576, puis ordonné chevalier l'année suivante. Il mit alors à profit ses compétences de diplomate en se consacrant à une activité de contre-espionnage intense. Il éventa plusieurs complots contre Elizabeth :

  • à la fin de l'année 1583, il fit arrêter les activistes catholiques Francis Throckmorton (décapité en 1584) et Anthony Babington, qu'il fit avouer sous la torture, et obtint l'expulsion d'Angleterre de l'ambassadeur d'Espagne, Bernardino de Mendoza, qui subventionnait les factieux ;
  • à partir de cette date, il mit sous surveillance la reine d'Écosse Marie Stuart, mais malgré une remarquable analyse cryptologique d'un de ses agents, Thomas Phelippes, qui mit à nu la correspondance de cette souveraine, Walsingham dut forcer les événements pour obtenir une preuve de la culpabilité de la reine.
  • Dès 1587, les renseignements fournis par un de ses agents en Espagne, Anthony Standen, lui permirent d'informer la reine de l'imminence d'une invasion espagnole avec la formation d'une flotte d'invasion, l'Invincible Armada. Le raid de Francis Drake sur l'arsenal de Cadix, puis la préparation militaire en Angleterre mirent en échec cette opération.

Parmi les nombreux indicateurs et hommes de main que Walsingham payait sur ses rentes, on compte le poète Christopher Marlowe.

Il eut une fille, Frances. Plus soucieux de politique que de sa fortune personnelle, il mourut en laissant des dettes considérables. Le mariage de sa fille avec le comte d'Essex préserva cependant sa veuve de la misère.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Simon Singh, Histoire des codes secrets. De l'Égypte des pharaons à l'ordinateur quantique (1999), Éditions Jean-Claude Lattès, 430 p. (ISBN 2-7096-2048-0).

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Walsingham est l'un des personnages principaux des films de Shekhar Kapur, Elizabeth (1998) et Elizabeth : L'Âge d'or (2007), où il est interprété par Geoffrey Rush. Dans la série télévisée Elizabeth I, son rôle est tenu par Patrick Malahide.

Voir aussi[modifier | modifier le code]