Courtisan

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Un courtisan ou une courtisane est étymologiquement une personne qui demeure à la cour du souverain.

Définition de la courtisane[modifier | modifier le code]

La courtisane dite aussi : femme de qualité, femme galante, scandaleuse, cocotte...

La différence entre une prostituée et une courtisane : elles sont plus lettrées (écrivaine, poétesse, philosophe, scientifique, actrice, chanteuse...), elles vivaient avec des hommes célèbres (écrivains, artistes...), politiques, riches hommes d'affaires, nobles (prince, comte, roi, empereur...), hommes d'église... La puissance et l'influence de certaines courtisanes peuvent arrêter ou déclarer une guerre, servir d'intrigue à la cour du Roi entre nobles [1].

L'argent, la célébrité, les titres de noblesse restent l'objectif premier de la courtisane et de faire oublier ce passé érotique, elles représentent le côté romantique et idéalisé de la prostitution. Alors que les autres « prostituées » vont avec le peuple, les soldats... et meurent souvent sans argent et de maladies sexuelles. C'est pourquoi elles ne sont pas considérées comme courtisanes.

Certains nobles (XVIIIe et XIXe siècles) racontent avoir été ruinés par des courtisanes. Cependant les femmes de certaines époques ne pouvaient pas s’émanciper dans une société machiste religieuse, elles devaient commencer par des relations sexuelles (dite libertine) pour ensuite montrer leur intelligence à leurs contemporains.

Le terme a par la suite pris plusieurs sens, pouvant désigner, au féminin, une prostituée ou simplement une concubine, ou encore, par exemple dans le Discours de la servitude volontaire d'Étienne de La Boétie celui (ou celle) qui s'asservit au souverain, devenant ses yeux et ses oreilles, devançant ses désirs (voir citation).

Portrait d'une dame par Paolo Uccello, circa 1450, Florence.

Dans l'art (peinture, sculpture, dessins...), les courtisanes sont représentées sous le trait d'une muse, d'un ange, d'une Ève, d'une Vénus, Aphrodite, d'une vierge ou encore les trois âges... souvent sans citer leur véritable nom.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le laboureur ou l'artisan, pour tant asservis qu'ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l'entourent, coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu'ils fassent ce qu'il ordonne, mais aussi qu'ils pensent ce qu'il veut, et souvent même, pour le satisfaire, qu'ils préviennent aussi ses propres désirs. Ce n'est pas tout de lui obéir, il faut lui complaire, il faut qu'ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires et puisqu'ils ne se plaisent que de son plaisir, qu'ils sacrifient leur goût au sien, forcent leur tempérament et le dépouillent de leur naturel. Il faut qu'ils soient continuellement attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses moindres gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à suivre ou imiter tous ses mouvements, épier et deviner ses volontés et découvrir ses plus secrètes pensées. Est-ce là vivre heureusement ? Est-ce même vivre ? Est-il rien au monde de plus insupportable que cet état, je ne dis pas pour tout homme bien né, mais encore pour celui qui n'a que le gros bon sens, ou même figure d'homme ? Quelle condition est plus misérable que celle de vivre ainsi n'ayant rien à soi et tenant d'un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie ! »

— Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire ou Contr'Un (traduction français moderne Payot 1976)

Prostitution[modifier | modifier le code]

Le mot courtisane peut être employé comme un euphémisme pour prostituée. Il a notamment été employé dans ce sens du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle, de même que celui de cocotte, particulièrement en vogue sous le Second Empire.

Cet emploi semble venir du fait que les femmes haut placées à la cour des rois de France ont souvent été les maîtresses du souverain, d'où un glissement de sens de « courtisane » à « maîtresse intéressée », puis prostituée.

Courtisane conserve cependant une connotation luxueuse qui en fait une catégorie à part dans le monde de la prostitution. Ainsi, Cora Pearl (1835-1886) entretenait une liaison avec le duc de Morny et Laure Hayman (1851-1932), avec le roi de Grèce ou l'écrivain Paul Bourget.

Définition du courtisan[modifier | modifier le code]

Au contraire de la courtisane, le courtisan n'a aucun rapport avec la prostitution.

Le courtisan dit aussi Sycophante ou délateur.

Un courtisan c'est un homme souvent haut placé (riche, de pouvoir, de sang noble...) dans le rang social, il conseille de façon intéressé son prince, roi, empereur, président ou Pape. Le courtisan est le bras armé (voir l'exécuteur des basses œuvres) de son souverain, il intrigue, il est machiavélique, menteur, complote avec son souverain pour écarter ses concurrents... Le courtisan dit souvent « oui » à son roi même si cela peut mener le Royaume (pays) à sa perte. Quand l'homme de pouvoir découvre trop tard que le conseiller courtisan a eu tort, le roi le fait exécuter ou le bannit du Royaume.

Listes des courtisanes célèbres[modifier | modifier le code]

Avant Jésus-Christ à la fin l'Empire romain[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge à la fin du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Cour Impériale (Premier et Second Empire)[modifier | modifier le code]

Notes & sources

Voir bibliographie en bas

Personnages de fiction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(fr)

  • Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes (L’Esprit Créateur/folio...)
  • Paul-Jean Toulet, Perdiccas : le bréviaire des courtisanes, 1899 (éditions Simonis Empis)
  • Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint Simon, Les Courtisans
  • Paul Larivaille, La Vie quotidienne des courtisanes en Italie au temps de la Renaissance - Rome et Venise, XVe ‑ XVIe siècles
  • Mémoires de mademoiselle Aglaé, comédienne-courtisane et femme de bien, notice sur le chevalier Palasne de Champeaux
  • Maurice Dekobra, Tu seras courtisane, suivi de Vingt histoires de femmes, 1927
  • Mathieu Hugo, Messaline. Impératrice et courtisane (Laffont Robert, 1961)
  • Joanna Richardson, Les Courtisanes (Stock, 1968)
  • T.W. Hendrix, Histoire d'une courtisane, (Éditions Beaulieu, 1976)
  • Georges Dumézil, La Courtisane et les Seigneurs colorés (NRF, 1984)
  • Paul Guth, Moi, Ninon de Lenclos, courtisane (Albin Michel, 1991)
  • Jean Chalon, Liane de Pougy, courtisane, princesse et sainte (1993, Flammarion)
  • Raoul Mille, La Belle Otero (Albin Michel, 1994)
  • Thomas Frisano & Raymond Maric, Courtisanes tome 1 à 4, 1996, BD
  • Sylvie Dervin, Les Courtisanes (Jean-Claude Lattès, 1995)
  • Frédéric Lenormand, Mademoiselle Chon du Barry ou les Surprises du destin (Robert Laffont, 1996) ; Le Palais des courtisanes
  • Susan Griffin et Jacqueline Lahana, Le Livre des courtisanes (Albin Michel) 2003
  • Jacqueline Pigeot, Femmes galantes, femmes artistes dans le Japon ancien XIe ‑ XIIIe siècles (Gallimard, 2003)
  • Les Grandes Horizontales : Vies et Légendes de quatre courtisanes du XIXe siècle (Editions du Rocher) 2005
  • Sacha Love, Une courtisane à la fac (2007)
  • Sarah Dunant, La Courtisane de Venise, 2007
  • Gabrielle Houbre, Les Cocottes : le livre des courtisanes, archives secrètes de la police des mœurs" (1861-1876)
  • Jacques Jourquin, Ida Saint-Elme, souvenirs d'une courtisane de la grande armée (Tallandier) 2004
  • Ghislain de Diesbach, Mémoires d'une femme de qualité sur le Consulat et l'Empire (2003)
  • Jean-Luc Hennig, Bestiaire érotique, 1998 ; Courtisane...
  • Courtisanes du Japon (éditions Philippe Picquier)
  • Margaret Moore, La Courtisane rebelle (Harlequin, 2010)
  • Lisa Kleypas, Courtisane d'un soir, J'ai Lu, collection Aventures et Passions, 2010
  • Catherine Guennec, La Roman de Sophie Arnould, actrice, chantante et courtisane (Jean-Claude Lattès 2010)
  • Ferry M. Bertholet, Concubines et courtisanes : la femme dans l'art érotique chinois (Actes Sud, 2010)
  • Nicola Cornick, Lady ou courtisane, Harlequin, 2011
  • Lucien de Samosate, Dialogues des courtisanes, suivi des Amours et de Toxaris (Arléa, 2011)
  • Baltasar de Castiglione, Le Livre du courtisan
  • Baltasar Gracián, L'Homme de cour

(en)

  • Frances Warwick, Countess of. (1929) Life's Ebb and Flow William Morrow & Company
  • Carmen Martín Gaite Translated by Maria G. Tomsich, 1991 Love Customs in Eighteenth-Century Spain
  • Katie Hickman, (2003) Courtesans: Money, Sex, and Fame in the Nineteenth Century HarperCollins

Films sur les courtisans et courtisanes[modifier | modifier le code]

Personnages de courtisane dans les mangas[modifier | modifier le code]

Notes et sources[modifier | modifier le code]

  1. Les Courtisans de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon Mémoires de Saint-Simon

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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