Méningiome

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Méningiome
Classification et ressources externes
Contrast enhanced meningioma.jpg
A contrast enhanced CT scan of the brain, demonstrating the appearance of a meningioma.
CIM-10 C70, D32
CIM-9 225.2
ICD-O : M9530/0
OMIM 607174
DiseasesDB 8008
eMedicine neuro/209  radio/439
MeSH D008579
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Un méningiome est une tumeur extra-axiale généralement bénigne, mais qui peut parfois être maligne développée à partir de cellules du revêtement méningé de l'encéphale et de la moelle épinière au voisinage des voies de drainage veineux. Né à côté, mais en dehors du système nerveux, un méningiome évolue lentement pendant des années, en formant une lésion ferme et plus ou moins globuleuse qui progressivement repousse, comprime et irrite le tissu noble voisin, sans jamais l'envahir.

Les méningiomes représentent environ 20 % des tumeurs observées dans le système nerveux central ou à son contact. Les facteurs qui déclenchent leur apparition et influencent leur développement sont peu connus. Les méningiomes surviennent deux fois sur trois dans la deuxième moitié de la vie, un peu plus souvent chez la femme, de plus de 50 ans, que chez l'homme. Quelques observations cliniques et biologiques, la présence notamment de récepteurs spécifiques sur leurs cellules, font penser que leur évolution peut être influencée par les hormones ovariennes. On observe parfois des méningiomes après un traumatisme, une radiothérapie ou une personne qui aurait fait une méningite étant jeune et qui aurait survécu. Les symptômes cliniques amenant à découvrir ces tumeurs varient avec leur siège. Il n'y a pas d'âge précis pour qu'un méningiome se manifeste. Il peut se manifester autant chez les jeunes adultes que chez les personnes âgées.

Manifestations cliniques[modifier | modifier le code]

Les méningiomes développés contre la convexité du cerveau ou le long de la région médiane de la voûte crânienne se révèlent en général par des crises d'épilepsie partielles ou généralisées, plus rarement par des paralysies de la moitié du corps (hémiplégie progressive) ou des altérations du champ visuel. Dans la région frontale, ils se révèlent par des altérations de l'humeur ou des fonctions intellectuelles de caractère psychiatrique. Lorsqu'ils se développent en regard de zones relativement muettes de l'encéphale, les méningiomes atteignent couramment le volume d'une orange ou d'un pamplemousse et sont alors responsables d'une augmentation de la pression intracrânienne traduite par d'importants maux de tête (céphalées), Les méningiomes situés dans l'encéphale peuvent parfois atteindre des tailles impressionnantes, refoulant le cerveau et le cervelet. Dans ce cas et suivant sa localisation, il y a un risque important d'engagement cérébral nécessitant une chirurgie d'urgence. Ceux qui compriment la moelle épinière sont en général plus petits, du fait que l'environnement dans lequel ils évoluent est plus étroit, les symptômes s'expriment plus rapidement. Ils sont révélés par des troubles progressifs de la marche.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Quelles que soient les circonstances de sa découverte, le diagnostic de méningiome est facilement affirmé par les moyens actuels de la neuroradiologie. Après injection intraveineuse de produit de contraste iodé, le scanner le montre comme une large lésion bien limitée, blanche sur fond noir, collée aux os. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) précise son étendue et ses rapports avec les structures voisines ; elle est indispensable pour l'étude des méningiomes rachidiens (le long de la colonne vertébrale).

Traitement[modifier | modifier le code]

Les méningiomes se traitent souvent par la chirurgie. L'ablation de la tumeur méningiome dépend de sa localisation : une tumeur même volumineuse de la convexité cérébrale peut être enlevée facilement en totalité, à l'inverse d'une tumeur de la base du crâne. Pour réaliser ces procédures, certains chirurgiens sont assistés de dispositif robotisé. Si la lésion ne peut être complètement enlevée, une radiothérapie complémentaire est habituellement prescrite pour suspendre ou au moins ralentir l'évolution des restes tumoraux. Après traitement, les désordres cliniques qu'avait entraînés la tumeur régressent souvent complètement. Le pronostic des méningiomes est globalement excellent, mais la tumeur peut récidiver. Ces récidives sont habituelles après exérèse incomplète, mais elles s'observent également dans un cas sur cinq après des opérations satisfaisantes. Elles surviennent surtout chez les jeunes adultes et particulièrement les femmes et peuvent nécessiter de nouvelles interventions.

Le nombre de séances de radiothérapie dépend de l'étendue et de la grosseur du méningiome. Si le méningiome dépasse 4 pouces (10,16 centimètres) de diamètre, un seul traitement de radiothérapie ne suffira pas. Après les traitements de radiothérapie, les cheveux ne tombent pas seulement de la zone traitée mais de l'ensemble de la tête. Une crème à base de cortisone sera nécessaire pour soulager les brûlures de la radiothérapie dans la zone traitée.

Depuis quelques années, l'intervention peut se faire à l'aide d'un "Gamma Knife" (3 seulement en France en 2011), appareil délivrant de façon très localisée une dose élevée de rayonnements ionisants. Cette intervention, non-invasive donc sans ouverture de la boîte crânienne, ne demande qu'une hospitalisation de 48 heures, sans aucun effet secondaire. Pour un méningiome situé au niveau de la zone cérébrale qui gère le langage (côté gauche du cerveau), si la personne réagit mal aux traitements, il y a un risque élevé que la personne perde l'usage de la parole et développe une hémiplégie du côté droit (visage, bras, jambe). Il y a risque élevé également de perte de la concentration, confusion et donc, perte de l'autonomie de la personne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Epidemiology and more information about meningioma.
  • Isabelle Moncada (présentation) et Vanessa Goetelen (réalisation), « Cancer : stop aux radios dentaires inutiles ! », 36.9°, Radio télévision suisse,‎ 12 décembre 2012 (lire en ligne [vid])
    « Début 2012, un article scientifique crée l’émoi : il fait le lien entre radiographies dentaires et méningiomes (tumeur de l’enveloppe du cerveau). Si les limites de cette étude ont été reconnues, cette dernière a toutefois le mérite d’ouvrir le débat. Dans quelle proportion les radios dentaires pourraient-elles augmenter les risques de cancer du cerveau ? Et comment savoir, quand on est patients, si les bénéfices d’une radio sont réellement plus grands que les risques encourus ? Une enquête à la poursuite du rayon X. »