Syndrome prémenstruel
| Syndrome prémenstruel | |
| Classification et ressources externes | |
| CIM-10 | N94.3 |
|---|---|
| CIM-9 | 625.4 |
| DiseasesDB | 10513 |
| eMedicine | article/953696 |
| MeSH | D011293 |
Le syndrome prémenstruel (ou SPM) est un désordre applicable aux jours précédents les menstruations chez certaines femmes. Il est caractérisé par une prise de poids notable due à une rétention hydrosaline excessive, par un gonflement douloureux des seins, des maux de tête, les jambes lourdes, des éruptions cutanées ou d'herpès et par des troubles du comportement incluant nervosité, anxiété, agressivité, émotivité, dépression. Dans sa pathogénie, complexe, interviennent diverses hormones comme les œstrogènes, la progestérone et la prolactine.
Sur le plan clinique, l'augmentation d'appétit de la période prémenstruelle est encore plus marquée chez les femmes présentant un symptôme prémenstruel.
Sommaire |
[modifier] Symptômes
Les femmes souffrant d'un symptôme prémenstruel auraient une élévation significative du niveau de température nocturne, sans différence au niveau de l'activité nocturne, contrairement aux femmes présentant des troubles de l'humeur non cyclique et aux femmes ne se plaignant de rien (asymptomatiques).
La température minimale serait globalement en avance de phase chez les patientes, sans variation notable au moment des règles, alors qu'aucune différence n'a été retrouvée sur le plan actimétrique. À partir de l'ensemble de ces données, il est possible de penser que la vulnérabilité particulière de la femme à la dépression pourrait, au moins en partie, être liée à un certain degré de chronosensibilité au cours de la phase lutéale, elle-même pouvant être rapprochée de la réduction d'amplitude de la courbe de température centrale à ce moment particulier du cycle. Les femmes fragilisées par cet émoussement physiologique de leurs rythmes deviendraient dès lors plus sensibles à la réduction d'un des principaux synchroniseurs, la lumière (photosensibilité), et développeraient plus facilement une dépression saisonnière.
[modifier] Prévalence
15 pour cent des femmes seraient victimes de ce syndrome[1].
[modifier] Hypothèse explicative
Lindsay Ossewaarde via l'imagerie cérébrale a montré que le cerveau féminin est dans cette phase dans un état proche de celui d'un toxicomane en état de manque ; état qui pourrait être induit par la chute d'estrogènes et de progestérone qui accompagne la fin de phase lutéale. Ces deux hormones sont nécessaires au renouvellement des récepteurs de la dopamine, hormone du système de recherche du plaisir, ce qui expliquerait chez les femmes un besoin « pré-menstruel » de recherche de plaisirs compulsif compensateurs (nourriture, chocolat, cigarette...). L'étude montre aussi que ces femmes présentent une activation nettement supérieure des zones du cerveau correspondant aux centres du plaisir[1]. Une hypothèse reflétant un point de vue de la psychologie évolutionniste est que la dégradation de l'humeur associée à ce syndrome induit par la non-fécondation pourrait avoir été sélectionnée par l'évolution, pour fragiliser les rapports au sein du couple et favoriser la recherche d'un autre mâle reproducteur. Seule la grossesse et l'allaitement interrompent cette chute de l'humeur[1].
[modifier] Références
- Sébastien Bohler Syndrome prémenstruel : un manque de plaisir, d'après L. Ossewaarde et al., in SCAN, vol 6, p. 612, 2011., in Journal Pour la science, Actualités Neurobiologie 2012-02-16
- Jean-Louis Senon et al, Thérapeutique psychiatrique, Éditions Hermann, 1995, pp. 480-481
- Marcel Garnier et al, Dictionnaire des termes de médecine, Éditions Maloine, 2003, p.672