Collaboration Cochrane

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La collaboration Cochrane est une organisation à but non lucratif indépendante qui regroupe plus de 28 000 volontaires dans plus de 100 pays[1]. Cette collaboration s'est formée à la suite d'un besoin d'organiser de manière systématique les informations concernant la recherche médicale. De telles informations consistent en des preuves scientifiques pour la prise de décision médicale, fondées sur des essais cliniques bien menés. Les preuves scientifiques sont nécessaires pour prendre des décisions de soin efficaces et pour mettre en lumière les domaines où les données sont insuffisantes et où plus de recherches sont nécessaires[2]. La collaboration a pour but de regrouper des données scientifiquement validées de manière accessible et résumée. Elle conduit des revues systématiques (méta-analyses) d'essais randomisés contrôlés d'interventions en santé[3],[4]. Ces travaux sont publiés dans la bibliothèque Cochrane (en anglais : Cochrane library). La collaboration a gagné des relations officielles avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2011 en tant qu'organisation non gouvernementale. Elle a un siège à l'organisation mondiale de la santé pour apporter des contributions à l'organisation mondiale de la santé[5],[6].

Buts et principes[modifier | modifier le code]

Le principe de la collaboration est d'aider les personnes à prendre des décisions bien informées dans le domaine du soin en préparant, maintenant à jour et en assurant l'accessibilité de revues systématiques sur les effets des interventions de santé. Les principes de la collaboration Cochrane sont[7] :

  • participer en toute collaboration
  • se baser sur l'enthousiasme des individus
  • éviter les doublons
  • minimiser les biais
  • maintenir à jour
  • s'efforcer d'apporter des informations pertinentes
  • améliorer l'accès
  • assurer la qualité
  • permettre une participation large

Structure[modifier | modifier le code]

La Collaboration Cochrane s'organise autour de[8] :

  • Groupes de revue et d'auteurs : préparation, maintien à jour des revues systématiques Cochrane
  • Groupes de méthodologie : encadrer et améliorer la méthodologie pour conduire des revues systématiques
  • Travail de terrain sur l'applicabilité des revues de la Cochrane
  • Réseaux de consommateurs : un forum communautaire pertinent pour les patients et les consommateurs de soins
  • Groupe de direction : pour la direction de la collaboration

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Le logo de la collaboration Cochrane illustre une méta-analyse de 7 essais randomisés contrôlés qui comparaient l'effet d'une intervention en santé contre un placebo dans un forest plot. le diagramme montre les résultats d'une revue systématique et méta-analyse de l'utilisation non chère de corticoïdes donnés chez les femmes sur le point d'accoucher prématurément. La preuve de l'efficacité de ce traitement aurait pu été révélé si ces essais avaient été analysés de manière systématique dix ans plus tôt. Le traitement par corticoïdes est aujourd'hui largement donné chez les femmes qui risquent d'avoir un enfant prématuré. Il réduit le risque de complications de l'immaturité de 30 à 50 %. Parce qu'aucune revue systématique n'avait été publiée avant 1989, la plupart des obstétriciens n'avaient pas réalisé que le traitement était aussi efficace et que par conséquent de nombreux enfants prématurés avaient probablement souffert ou étaient mort inutilement[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

La collaboration Cochrane est fondée en 1993 sous la direction de Iain Chalmers. Elle est développée en réponse à un appel d'Archie Cochrane pour qu'il existe des revues systématiques à jour de tous les essais randomisés contrôlés pertinents en santé. M. Cochrane suggère que les méthodes utilisées pour préparer et maintenir à jour des revues d'essais randomisés contrôlés dans les domaines de la grossesse et de la naissance soient appliqués de manière plus large. Cette idée est reprise par le programme de recherche et de développement créé pour aider le NHS, service national de la santé du Royaume-Uni. Grâce à ce programme, géré par son premier directeur Pr Michael Peckham[10], des fonds sont fournis au 'centre Cochrane' afin de collaborer avec d'autres personnes au Royaume-Uni et ailleurs pour faciliter les revues systématiques d'essais randomisés contrôlés dans tous les domaines du soin[11]. En octobre 1995, la collaboration crée le réseau d'usagers de la santé de la Cochrane[12] afin d'incorporer les points de vue des patients dans la procédure de revue. Peu de temps après, de nouveaux sommaires en langage simples sont fournis aux utilisateurs avec un résumé sans jargon médical de chaque revue systématique[13].

En 2013, près de 31000 personnes de 120 pays différents ont publié un total de plus de 5000 revues[14].

Critiques[modifier | modifier le code]

Un éditorial de 2004 du Canadian Medical Association Journal (CMAJ), Journal de l'association médicale canadienne, note que les revues de la Cochrane semblent être plus à jour et de meilleure qualité que les autres revues et que grâce à ses méthodologies standard, elle était la meilleure ressource pour la recherche méthodologique et pour le développement de la science de la méta-épidémiologie. Leur travail amène aussi à des améliorations méthodologiques dans la recherche biomédicale. Cependant, l'éditorial signale des domaines d'amélioration notamment une évaluation adéquate des effets indésirables d'une intervention de santé, un format plus accessible à l'utilisateur et la promotion de la collaboration internationale[15],[16]. Une étude de 2011 menée pour révéler des possibles conflits d’intérêt dans les travaux utilisés pour créer des revues systématiques évalue 29 méta-analyses. Elle montre que les conflits d'intérêt dans la réalisation des méta-analyses ne sont pas fournis. Les 29 méta-analyses incluent 11 études de journaux médicaux généraux, 15 de de journaux médicaux spécialisés et 3 de la bibliothèque Cochrane. Dorénavant, l'outil de risque de biais de la collaboration Cochrane inclut un domaine Autre source de biais[pas clair]. Certains auteurs demandent que la collaboration Cochrane formalise cette évaluation de ce biais provenant de conflits d'intérêts[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The Cochrane Collaboration: International activity within Cochrane Review Groups in the first decade of the twenty-first century. », J Evid Based Med,‎ 2011-01-27 (liens PubMed? et DOI?)
  2. (en) « Archie Cochrane and his legacy: An internal challenge to physicians' autonomy? », Journal of Clinical Epidemiology,‎ janvier 2001 (lien DOI?)
  3. (en) « The Cochrane Collaboration », Eur J Clin Nutr, vol. 59, no S1,‎ août 2005, S147-S149 (lien DOI?, lire en ligne)
  4. The Cochrane Collaboration
  5. (en) « NGOs-in-Official-Relations-with-WHO-2011_16-Mar-2011 »
  6. (en) « 64th World Health Assembly: List of Participants »
  7. (en) « Cochrane Principles » (consulté le 1 February 2012)
  8. (en) « Structure »
  9. Cochrane Collaboration Logo
  10. [1]
  11. Chronology of the Cochrane Collaboration
  12. [2]
  13. [3]
  14. The Cochrane Collaboration at 20, BMJ, 2013;347:f7383
  15. (en) Jeremy Grimshaw, « So what has the Cochrane Collaboration ever done for us? A report card on the first 10 years », Canadian Medical Association Journal, vol. 171,‎ septembre 2004 (lire en ligne)
  16. JMAC (Rédaction), « La Cochrane Collaboration à 10 ans : réalisations et défis », Canadian Medical Association Journal, vol. 171, no 7,‎ 28 septembre 2004, p. 703-703 (ISSN 0820-3946, 1488-2329, lien DOI?, lire en ligne)
  17. http://www.cochrane.org/news/blog/how-well-do-meta-analyses-disclose-conflicts-interests-underlying-research-studies

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]