Cent ans de solitude

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Cent ans de solitude
Auteur Gabriel García Márquez
Genre Roman
Version originale
Titre original Cien años de soledad
Éditeur original Editorial Sudamericana
Langue originale Espagnol
Pays d'origine Drapeau de la Colombie Colombie
Lieu de parution original Buenos Aires
Date de parution originale 1967
Version française
Traducteur Claude et Carmen Durand
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions du Seuil
Date de parution 1968
Couverture Élizabeth Butterworth
Nombre de pages 437
ISBN 202023811X

Cent ans de solitude (titre original : Cien años de soledad) est un roman de langue espagnole, écrit par le romancier, nouvelliste et journaliste colombien Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982. Il est rédigé en 1965 au Mexique et publié deux ans plus tard, en mai 1967, à Buenos Aires, en Argentine, par Editorial Sudamericana. Le premier tirage compte près de huit mille exemplaires[1]. L'ouvrage, défini par la critique comme le chef-d'œuvre de son auteur, est souvent classé parmi les plus grands romans du XXe siècle. Il a permis à García Márquez d'entrer, de son vivant dans la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps en 2002. La première phrase du livre (« Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendía devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. ») reste l'une des plus célèbres entrées en matière de l'histoire littéraire[2],[3].

Cent ans de solitude est considéré comme une pièce maîtresse de la littérature ibéro-américaine en particulier et de la littérature universelle en général[4]. Il est l'une des œuvres hispanophones les plus lues et traduites actuellement. Nombre de lecteurs, critiques et écrivains comme Pablo Neruda estiment qu'il s'agit du roman de langue espagnole le plus important depuis Don Quichotte[5],[6],[7],[8]. Cent ans de solitude est cité comme le texte le plus représentatif du réalisme magique, courant esthétique d'origine européenne et picturale, définitivement associé au boom de la littérature latino-américaine à partir des années 1960. Le réalisme magique qu'expérimente García Márquez fait coexister divers genres littéraires et juxtapose, de manière ludique, cadre historique et géographique avéré, références socio-culturelles vraisemblables et motifs surnaturels, merveilleux et irrationnels. Cent ans de solitude ouvre une nouvelle voie dans la littérature mondiale par son souhait de transfigurer la réalité par l'allégorie et l'imaginaire. Comme l'explique l'auteur à son biographe Gerald Martin, il s'agit de faire en sorte que « les choses les plus effrayantes, les plus inhabituelles soient dites avec la plus grande impassibilité »[9].

Le roman narre la destinée de la famille Buendía sur sept générations et du village imaginaire de Macondo qu'elle habite. Acculés à vivre cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquíades, les Buendía vont traverser les guerres, les massacres et les conflits propres à l'histoire colombienne et connaître à la fois la grandeur et la décadence. À ce jour, l'ouvrage s'est vendu à près de 30 000 000 d'exemplaires à travers le monde depuis sa première parution et a été traduit dans 35 langues[6].

Sommaire

Contexte et structure[modifier | modifier le code]

Cent ans de solitude est écrit par Gabriel García Márquez en 18 mois (entre 1965 et 1967) à Mexico, où il vit avec sa famille. L'idée originelle de cette œuvre surgit en 1952 lors d'un voyage que réalise l'auteur dans son village natal, Aracataca (Colombie), en compagnie de sa mère[10]. Dans le conte Un jour après le samedi, publié en 1954, il fait référence à Macondo pour la première fois, et plusieurs des personnages de cette œuvre apparaissent dans certains de ses contes et de ses romans antérieurs. Au début, il pense intituler son roman La Maison, mais il se décide pour Cent ans de solitude pour éviter la confusion avec le roman La Grande Maison, publié en 1954 par son ami, l'écrivain colombien Álvaro Cepeda Samudio. Initialement, il ne parvient pas à trouver le ton adéquat et pense abandonner avant que l'inspiration ne surgisse lors d'un voyage à Acapulco[11]. Pour survivre durant le temps d'écriture, il est contraint de vendre sa voiture et son épouse Mercedes Barcha doit acheter le pain et la viande à crédit. Le couple accumule neuf mois de retard de loyer. D'autres anecdotes contées par Gerald Martin sont devenues célèbres : le romancier travaille sur une machine à écrire Olivetti dans une pièce de trois mètres sur deux baptisée « la caverne de la mafia »[3]. Encouragé par ses proches, convaincus du chef-d'œuvre, il écrit toute la journée après avoir accompagné ses enfants à l'école, fume énormément et écoute Béla Bartók, Claude Debussy et les Beatles[3]. La dactylo, qui rapporte les manuscrits chez elle, les lit et les corrige, manque d'être renversée par un bus et lâche les feuillets qui s’éparpillent dans la rue[3]. Pour l'envoi du tapuscrit à l'éditeur argentin, l’écrivain se rend avec sa femme à la poste mais le colis coûte 82 pesos[3]. Ils n'envoient qu'une moitié du texte original et vendent leur radiateur, leur sèche-cheveux et leur mixeur pour expédier l'autre moitié en Argentine[3]. La première édition de Cent ans de solitude a lieu le 5 juin 1967 par Editorial Sudamericana, éditeur de Buenos Aires.

Le livre se compose de 20 chapitres sans titre, dans lesquels une histoire est racontée grâce à une structure cyclique temporelle ; tant les événements du village et de la famille Buendia que les noms des personnages se répètent encore et encore, faisant fusionner le fantastique et la réalité. Dans les trois premiers chapitres sont racontés l'exode d'un groupe de familles et l'établissement du village de Macondo. Du chapitre 4 au chapitre 16, il s'agit du développement économique, politique et social du village. Les quatre derniers chapitres relatent sa décadence.

Résumé[modifier | modifier le code]

Cent Ans de solitude relate l'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo. Ce village est fondé par plusieurs familles, conduites par José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, un couple de cousins qui se marièrent, pleins d'appréhension et de craintes dues à leur parenté et au mythe existant dans la région, qui disait que leur descendance pourrait naître avec une queue de cochon. Malgré cela, ils eurent trois enfants : José Arcadio, Aureliano et Amaranta (prénoms qui se répèteront aux générations suivantes). José Arcadio, le fondateur, est la personne qui dirigera et enquêtera sur les nouveautés qu'apportent les gitans au village, et il terminera sa vie attaché à l'arbre où arrive le fantôme de son ennemi, Prudencio Aguilar avec lequel il dialogue. Ursula est la matriarche de la famille, qui vit durant plus de cent ans, s'occupant de la famille et du foyer.

Le village va peu à peu s'étendre et avec cet accroissement arrivent des habitants venant de l'autre côté du marécage (terrain qui entoure et isole le village de l'extérieur, comme c'est le cas pour Aracataca). Avec eux, l'activité commerciale et la construction se développent à Macondo. Malheureusement, apparaissent aussi la peste de l'insomnie et la peste de l'oubli. La perte de mémoire oblige les habitants à inventer une méthode pour se souvenir des choses et Aureliano commence à étiqueter tous les objets pour se rappeler leur nom ; cependant, cette méthode commence à faillir quand les personnages oublient la lecture. Jusqu'au jour où revient Melquiades (le chef des gitans et ami de José Arcadio) avec une boisson pour rétablir la mémoire de manière immédiate. En remerciement, il est invité à rester vivre dans la maison.

Quand la guerre civile éclate, la population prend une part active au conflit en envoyant une armée de résistance dirigée par le colonel Aureliano Buendía (second fils de José Arcadio) lutter contre le régime conservateur. Pendant ce temps, au village, Arcadio (petit-fils du fondateur et fils de Pilar Ternera et José Arcadio) est nommé chef civil et militaire par son oncle et se transforme en un dictateur brutal, qui est fusillé quand le conservatisme reprend le pouvoir.

La guerre continue et la vie du colonel est sauvée en plusieurs occasions, jusqu'au jour où fatigué de lutter sans raison, il signe un traité de paix qui durera jusqu'à la fin du roman. Après avoir signé le traité, Aureliano se tire une balle dans la poitrine, mais il survit. Plus tard, il retourne à la maison, s'éloigne de la politique et se consacre à la fabrication de petits poissons en or, enfermé dans son atelier d'où il sort uniquement pour les vendre.

Aureliano le Triste, l'un des dix-sept enfants du colonel Aureliano Buendia, installe une fabrique de glace à Macondo, laisse le commerce à son frère Aureliano le Centième et s'en va du village avec l'idée d'amener le train. Il revient peu de temps après, remplissant sa mission, laquelle génère un grand développement, avec le train, arrive aussi le télégraphe, le gramophone et le cinéma. Le village se convertit alors en un centre d'activité dans la région, attirant des milliers de personnes de différents lieux. Quelques étrangers récemment arrivés établissent une plantation de bananes près de Macondo. Le village prospère jusqu'à l'apparition d'une grève à la plantation bananière ; pour en finir avec elle, l'armée nationale est présente et les travailleurs qui protestent sont assassinés et jetés à la mer.

Après le massacre des ouvriers de la bananeraie, le village fut assailli par les pluies qui durèrent quatre ans, onze mois et deux jours. Ursula dit qu'elle attend la fin du déluge pour enfin mourir. Naît Aureliano Babilonia, le dernier membre de la lignée Buendia (d'abord appelé Aureliano Buendia, jusqu'à ce qu'il découvre grâce aux parchemins de Melquiades que le nom de son père est Babilonia). Quand les pluies cessent, Ursula meurt et Macondo reste désolé.

La famille se voit réduite et à Macondo, on ne se souvient déjà plus des Buendia ; Aureliano se consacre au déchiffrement des parchemins de Melquiades dans son laboratoire, jusqu'à ce que revienne de Bruxelles sa tante Amaranta Ursula, avec laquelle il a une liaison. Amaranta Ursula tombe enceinte et a un enfant qui à la naissance a une queue de cochon ; elle meurt vidée de son sang après l'accouchement. Aureliano Babilonia, désespéré, sort dans le village appelant de porte en porte, mais Macondo est alors un village abandonné et il rencontre seulement un buvetier qui lui offre de l'eau-de-vie. Il reste dormir. À son réveil, il se souvient de son nouveau-né et court le chercher, mais à son arrivée, il se rend compte que des fourmis sont en train de le manger.

Aureliano se rend compte que c'était prédit dans les parchemins de Melquiades et termine de déchiffrer l'histoire des Buendia qui était déjà écrite à l'avance, comprenant en les lisant que sa propre histoire s'achève là et avec lui, l'histoire de Macondo.

Thèmes centraux[modifier | modifier le code]

La solitude[modifier | modifier le code]

Tout au long du roman, tous les personnages semblent prédestinés à souffrir de la solitude comme une caractéristique innée à la famille Buendia. Le village même vit isolé de la modernité, toujours en attente de l'arrivée des gitans qui amènent les nouvelles inventions; et l'oubli, fréquent dans les événements tragiques récurrents dans l'histoire de la culture que présente l'œuvre.

La solitude est particulièrement évidente pour le colonel Aureliano Buendia dont la maladresse pour exprimer l'amour fait qu'il s'en va à la guerre en laissant des enfants de mères différentes à divers endroits. À certaines occasions, il demande même que l'on trace un cercle de trois mètres autour de lui pour éviter qu'on l'approche. Aussi, après avoir signé la paix, il se tire une balle dans la poitrine pour ne pas avoir à affronter l'avenir, mais il est tellement malchanceux qu'il se rate et passe sa vieillesse dans le laboratoire d'alchimie à fabriquer des petits poissons en or qu'il défait et refait dans un pacte d'honneur avec la solitude. D'autres personnages comme le fondateur de Macondo, José Arcadio Buendia (qui meurt seul sous un arbre), Ursula (qui vit la solitude dans la cécité), José Arcadio (fils du fondateur) et Rebeca (qui s'en vont habiter seuls dans une autre maison), Amaranta (qui reste célibataire), Gerineldo Márquez (qui attend une pension qui n'arrive jamais), Pietro Crespi (qui se suicide face au refus de ses maîtresses), entre autres, souffrent des conséquences de la solitude et de l'abandon.

Une des raisons primordiales pour laquelle ils finissent seuls et frustrés est leur incapacité à aimer. Cet état est rompu avec l'union d'Aureliano Balilonia et Amaranta Ursula, qui ne reconnaissent pas leur lien de parenté, provoquant une fin tragique à l'histoire.

La réalité et la fiction (ou réalisme magique)[modifier | modifier le code]

Déçu par la dimension purement réaliste de ses premiers textes, García Márquez tente une approche plus singulière dans Cent ans de solitude. Sur l'exemple du Tambour de Günter Grass, la narration présente des événements fantastiques ou merveilleux dans le quotidien. Ces motifs irrationnels n'apparaissent jamais anormaux aux yeux des personnages, contrairement aux codes habituels de la littérature fantastique. De la même façon, l'exagération de l'environnement est fréquente. Sont notamment présentés des faits historiques colombiens comme les guerres civiles dues au conflit entre partis politiques et le « massacre des bananeraies » à l'intérieur du mythe de Macondo.

Des événements extraordinaires comme l'élévation de Remedios la belle, les prophéties des parchemins de Melquíades, la lévitation du Père Nicanor, la réapparition de personnages morts, les inventions extraordinaires apportées par les gitans (comme l'aimant, la loupe, la glace, le tapis volant, etc.), le mélange du passé et du présent ou encore la représentation ponctuelle d'un temps arrêté rompent avec la réalité objective présentée dans l'œuvre et invitent le lecteur à entrer dans un monde subjectif et spirituel dans lequel les situations les plus invraisemblables paraissent à la fois possibles et banales.

L'inceste[modifier | modifier le code]

Les relations entre parents s'inscrivent dans le mythe de la naissance d'un enfant avec une queue de cochon ; malgré cela, elles sont présentes entre plusieurs membres de la famille et plusieurs générations. L'histoire commence avec une relation entre deux cousins : José Arcadio et Ursula, qui grandirent ensemble dans l'ancien campement, et ont l'exemple de quelques-uns de leurs oncles qui eurent un enfant avec une queue de porc. Postérieurement, José Arcadio (fils du fondateur) se marie avec Rebeca Montiel (fille adoptive), représentation d'une relation entre frères. Aureliano José vit la frustration en tombant amoureux de sa tante Amaranta ; il va jusqu'à la demander en mariage, mais celle-ci refuse. Finalement, il y a la relation entre Amaranta Ursula et son neveu, Aureliano Babilonia, qui ne connaissent pas leur lien de parenté étant donné que Fernanda del Carpio, grand-mère d'Aureliano, lui a caché ses véritables origines.

Cette dernière relation – seule véritable relation d'amour dans le récit – est, paradoxalement, la cause de la disparition de la lignée Buendia, prédite dans les parchemins de Melquiades.

Références bibliques[modifier | modifier le code]

Une autre particularité très intéressante de ce livre est l'association du surnaturel avec un certain nombre de fragments de la Bible et de la tradition catholique, comme son évolution depuis la création de Macondo (Genèse) jusqu'à sa destruction par des "vents babyloniens" (Apocalypse). On fait référence par la similitude du récit à des faits aussi remarquables que l'Assomption de la vierge Marie avec l'élévation de Remedios, à l'Exode avec la traversée réalisée par la famille fondatrice depuis la Guajira dans la montagne jusqu'à arriver au marécage, au Déluge à travers les pluies qui assiègent Macondo durant cinq ans, aux plaies d'Égypte quand la population souffre d'insomnie et d'amnésie et au péché originel avec la crainte du châtiment pour l'inceste. Par ailleurs, le meurtre de Prudencio Aguilar commis par José Arcadio Buendia, peut être conçu comme une relecture biblique du mythe de Caïn.

Il est aussi fait référence à l'Église Catholique quand le Père Nicanor Reyna arrive à Macondo pour célébrer le mariage entre Aureliano Buendia et Remedios Moscote et découvre que le village vit dans le péché, assujetti à la loi naturelle, sans baptême pour les enfants, ni sanctification des fêtes, et il décide de rester pour les évangéliser. Lorsque le temple du village est construit, il attire les fidèles par des exhibitions de lévitation (état qu'il atteint en prenant du chocolat). Aussi, José Arcadio (fils d'Aureliano Le Second et de Fernanda del Carpio) est envoyé à Rome, car ils veulent en faire un Pape, mais il se désiste et retourne au village après un moment. Il est aussi à noter que la religion peut être conçue comme le lieu de la perdition : c'est en allant se confesser que José Arcadio Le Second apprend l'existence de la zoophilie, et c'est en suivant le sacristain qu'il y est initié.

Technique narrative[modifier | modifier le code]

Dans Cent ans de solitude, García Márquez utilise une technique narrative d'un ton romanesque. Dans l'ensemble, ces trois éléments permettent au lecteur de se familiariser à l'histoire facilement. Le ton narratif est clairement défini par une troisième personne ou narrateur passif hétérodiégétique (externe au récit), lequel va révéler les événements sans porter de jugement et sans marquer de différence entre le réel et le fantastique. Depuis le début, le narrateur connaît l'histoire et la raconte de manière imperturbable et avec naturel, même dans les passages où sont relatés des faits tragiques. Cette distance face aux faits permet de maintenir l'objectivité du narrateur tout au long de l'ouvrage.

L'espace romanesque est l'univers montré par le narrateur, dans lequel se déroulent les événements. Macondo, dans lequel sont insérés les personnages et dans lequel on observe que tout ce qui arrive à l'extérieur est moins dense, naît et meurt dans le livre, Enfin, le rythme narratif, complémentaire au ton, imprime à l'histoire un certain dynamisme. En peu de mots, le narrateur raconte de nombreuses choses, condensant l'information et montrant les détails essentiels de l'histoire.

  • Prolepse : «Muchos años después, frente al pelotón de fusilamiento, el coronel Aureliano Buendía había de recordar aquella tarde remota en que su padre lo llevó a conocer el hielo».
  • Oxymore : «La región encantada que exploró José Arcadio Buendía en los tiempos de la fundación, y donde luego prosperaran las plantaciones de banano, era un tremendal de cepas putrefactas».
  • Anaphore : «…veía los muertos hombres, los muertos mujeres, los muertos niños que iba a ser arrojados al mar como banano de rechazo».
  • Épiphonème : «El coronel Aureliano Buendía apenas sí comprendió que el secreto de una buena vejez no es otra cosa que un pacto honrado con la soledad».

Temps et espace[modifier | modifier le code]

Le récit se situe dans le village de Macondo, un lieu fictif qui reflète un grand nombre des coutumes et anecdotes vécues par Garcia Marquez durant son enfance et sa jeunesse dans le village d'Aracataca, en Colombie. Le temps, à la fois éternel, linéaire et cyclique, et une prose rythmique proche de la tradition orale, donnent au roman un caractère distinct du mythe caché mais élaborent un style proche du conte ou de la fable allégorique, mêlant l'histoire réelle et l'irrationnel fictif, ce qui a amené les critiques de ce texte à le considérer comme l'une des œuvres fondatrices du courant littéraire plus connu sous le nom de "réalisme magique".

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Les références géographiques cadrent avec n'importe quelle côte des Caraïbes colombiennes, faisant référence à la montagne et aux marécages (lieux que traverse l'expédition de José Arcadio Buendia en partant de la ville de Riohacha). Par rapprochement, on peut supposer qu'il s'agit de la Ciénaga Grande de Santa Marta et de la Sierra Nevada de Santa Marta, lieux qui se situent géographiquement entre les municipalités de Ciénaga (Magdalena) et Aracataca (village d'origine de l'auteur).

Temps historique[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire colombienne, Cent ans de solitude peut être situé entre la moitié du XIXe siècle et la moitié du XXe, époque clairement connue pour les guerres civiles durant lesquelles s'affrontèrent les jeunes partis libéral et conservateur qui débattaient les idéologies du régime fédéraliste et centraliste dans le pays. Durant la Regeneración, le président Rafael Núñez promeut la constitution de 1886, laquelle établit un régime centraliste principalement politique et économique, faisant naître la république conservatrice (qui se prolonge jusqu'en 1930). Comme principal détracteur, il a Rafael Uribe Uribe, qui dirigera la guerre civile de 1895 et la Guerre des Mille Jours entre 1899 et 1902, laquelle se termine avec la signature des traités de paix de Neerlandia et Wisconsin.

En 1906, on construit le chemin de fer sur la côte atlantique colombienne, reliant Santa Marta et la Ciénaga (Magdalena) et alors s'établit dans le pays la compagnie United Fruit Company pour l'exploitation bananière, situation qui provoque un développement rapide de la région. Le traitement inhumain des travailleurs obligea à organiser une grève en novembre 1928 qui déclencha les événements connus comme le massacre des bananeraies.

Temps cyclique[modifier | modifier le code]

Bien qu'elle soit située dans un cadre historique reconnaissable, l'histoire paraît statique puisque les événements se répètent de manière cyclique encore et encore. Les personnages qui apparaissent au début de l'œuvre, sont réincarnés dans d'autres personnages qui ont le même nom et la même personnalité, comme c'est le cas des Aurelianos et des José Arcadios. Cette même caractéristique se présente dans d'autres situations comme les relations incestueuses et les destins solitaires des protagonistes, en un cercle vicieux qui termine seulement quand le village entre dans la décadence et quand vient la fin de la famille Buendia.

Personnages[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique de la famille Buendia

Première génération[modifier | modifier le code]

José Arcadio Buendía[modifier | modifier le code]

Patriarche de la famille et fondateur de Macondo. À 19 ans, il se marie avec sa cousine Ursula Iguarán. C'est une personne à la volonté forte, inamovible (tant physiquement que moralement) et avec un grand intérêt pour les mystères philosophiques, idéaliste et aventureux. Il est responsable du destin de Macondo et en est le dirigeant modèle durant les premières années. Son arrivée à Macondo est la conséquence d'une dispute qui se termine par le meurtre de Prudencio Aguilar par José Arcadio lui-même, dans l'ancien village qu'ils habitaient. Il finit ses jours attaché à un arbre.

Úrsula Iguarán[modifier | modifier le code]

Au long des nombreuses générations, elle est l'axe principal de la famille qu'elle conduit avec une volonté décidée dans les moments qui requièrent son intervention. Sa connaissance de cette famille atteint un point tel qu'elle établit des conclusions sur ses descendants. Sa capacité réflexive augmente à mesure que passe le temps.

Seconde génération[modifier | modifier le code]

José Arcadio[modifier | modifier le code]

Il est le fils aîné de Úrsula Iguarán et José Arcadio Buendía. Il a hérité de la force de caractère de son père et de sa manière d'être impulsive. Il se fiance avec Pilar Ternera, mais l'abandonne alors qu'elle est enceinte de lui. Il laisse sa famille pour une jeune gitane, mais revient étonnement après plusieurs années en grand homme, affirmant qu'il a navigué par les mers du monde. Il se marie avec Rebeca et vit éloigné de la famille. Il meurt d'un mystérieux coup de feu quelques jours après avoir sauvé son frère d'une exécution.

Colonel Aureliano Buendía[modifier | modifier le code]

Il est le second fils de la famille et la première personne qui naît à Macondo. Il a la mentalité et la nature philosophe de son père. Il étudie l’orfèvrerie et lorsque la guerre commence, il s'unit au parti liberal avec un mélange de passion pour les armes et les sciences. Il se bat contre le gouvernement colombien durant 32 guerres civiles et évite la mort en de multiples occasions. Quand il perd tout intérêt pour la guerre, il signe un traité de paix et retourne chez lui. Durant sa vieillesse, il perd toute capacité émotionnelle et mémorielle et se consacre entièrement à l'élaboration de petits poissons en or.

Remedios Moscote[modifier | modifier le code]

Remedios est la plus jeune fille de l'administrateur du gouvernement conservateur à Macondo, Don Apolinar Moscote. Le futur Colonel Aureliano tombe amoureux d'elle, malgré sa jeunesse à cause de laquelle il faut attendre, pour les noces, qu'elle atteigne la puberté. À la surprise de tous, elle se transforme en une merveilleuse épouse, mais meurt peu après le mariage pour des causes inconnues, dont l'une d'elles pourrait être de sévères complications durant sa grossesse, et une autre, le poison qu'Amaranta mit dans un liquide destiné à Rebecca mais consommé par Remedios.

Amaranta[modifier | modifier le code]

La plus jeune fille de José Arcadio Buendía, Amaranta, grandit en compagnie de Rebecca. Cependant, ses sentiments envers cette dernière changent à l'apparition de Pietro Crespi, auquel toutes deux s'intéressent durant l'adolescence. Quand Rebecca se marie avec José Arcadio, Amaranta rejette quelque homme que ce soit, même Pietro Crespi, qui la courtise depuis que Rebecca l'a laissé. Elle partage une brève romance avec son neveu Aureliano José, et en une ultime tentative contre la solitude, elle touche de manière inappropriée le petit-fils d'un autre de ses neveu, José Arcadio (fils de Fernanda et Aureliano Segundo) alors qu'il n'a que trois ans.

Rebecca[modifier | modifier le code]

Rebecca est une orpheline qui arrive à Macondo lorsqu'elle a perdu ses parents durant la période d'insomnie. Elle se marie avec José Arcadio a son retour. Déshéritée par Úrsula pour s'être mariée durant la période de deuil de la mort de Remedios et pour son « inconcevable manque de respect ». Lorsque son mari décède, Rebecca s'enferme dans la solitude et l'amertume pour le reste de sa vie, avec une servante pour seule compagnie.

Troisième génération[modifier | modifier le code]

Arcadio[modifier | modifier le code]

Arcadio est le fils de Pilar Ternera et José Arcadio fils. Il est professeur d'école, mais assume la direction de Macondo lorsque le colonel Aureliano Buendía s'en va et le sollicite pour cette mission. Mais il se convertit en un terrible dictateur, utilisant ses élèves comme armée personnelle.

Aureliano José[modifier | modifier le code]

Fils de Pilar Ternera et du colonel Aureliano Buendía. Il accompagne son père dans quelques guerres mais revient au village, amoureux de sa tante Amaranta. Aureliano José reçoit un coup de feu d'un conservateur, capitaine de la garde, durant la guerre alors qu'il fuit une brigade policière.

Santa Sofía de la Piedad (Sainte Sophie de la Piété)[modifier | modifier le code]

Santa Sofía est la femme d'Arcadio. Mère de Remedios la belle, José Arcadio Segundo et Aureliano Segundo. Elle joue un rôle secondaire dans le récit, réalisant les tâches domestiques pendant que Úrsula est malade. Elle s'en va de manière surprenante durant les dernières années de Macondo.

Les 17 Aurelianos[modifier | modifier le code]

Durant ses 32 guerres civiles, le colonel Aureliano Buendía a 17 fils avec 17 femmes différentes, avec chacune desquelles il a passé une seule nuit. Cela s'explique par le fait que traditionnellement, les mères envoient leurs filles coucher avec des guerriers héroïques pour renouveler la race. Un jour, le foyer des Buendía est successivement visité par 17 mères différentes demandant à Úrsula de baptiser leur fils. Úrsula les baptise tous du nom d'Aureliano et du nom de famille de leur mère. Plus tard, ces fils reviennent à la maison des Buendía temporairement, deux d'entre eux restent à Macondo et finalement, tous sont assassinés par le gouvernement, signalés par la croix du mercredi des Cendres sur leur front.

Quatrième génération[modifier | modifier le code]

Remedios la belle[modifier | modifier le code]

Remedios est la fille d'Arcadio et Santa Sofía de la Piedad et hérite de la beauté de sa mère. On dit que c'est la plus belle femme du monde, mais, comme plusieurs hommes meurent en essayant de la posséder, on comprend qu'elle exhale un parfum divin mais mortel et elle reste vierge toute sa vie. Elle est considérée par tous comme stupide car elle aime se promener nue, voit les choses très simplement et différemment des autres, ce qui amène le colonel Buendia à penser qu'elle est en fait la seule personne lucide de la maison. En plein jour et sous le regard de Fernanda, Remedios monte au ciel, corps et âme, accompagnée de draps qu'elle était en train d'étendre avec sa belle-sœur ; celle-ci pestera contre elle et priera longtemps pour qu'on lui rende ses draps.

José Arcadio Segundo[modifier | modifier le code]

José Arcadio Segundo est le frère jumeau d'Aureliano Segundo, fils d'Arcadio et Santa Sofía. Úrsula croit que les deux furent interchangés durant leur enfance lorsque José Arcadio commence à montrer des signes caractéristiques des Aurelianos de la famille, devenant une personne pensive et calme en grandissant. Il joue un rôle important dans la grève des travailleurs des bananeraies et est un des survivants du massacre. Après cela, il consacre le reste de ses jours à l'étude des manuscrits de Melquíades. Il est le tuteur du petit Aureliano. Il meurt en même temps que son frère jumeau.

Aureliano Segundo[modifier | modifier le code]

Aureliano Segundo est le frère jumeau de José Arcadio Segundo, fils d'Arcadio et Santa Sofía. Contrairement au caractère des autres Aurelianos de la famille, détail qui accrédite la thèse selon laquelle les deux enfants auraient interchangé leur nom pendant leur enfance, Aureliano Le Second vit dans une fête permanente. Il se rend rapidement compte que sa relation avec Petra Cotes, sa concubine, provoque une fertilité extraordinaire chez ses bêtes. Il épouse Fernanda Del Carpio. La pluie provoque la fin de la richesse d'Aureliano Le Second, qui passera la fin de sa vie, toujours aidé par Petra Cotes, à dessiner et vendre des billets de loterie. À sa mort, comme à sa naissance, on ne le différencie plus de José Arcadio Segundo, décédé en même temps. Leurs tombeaux sont échangés.

Fernanda del Carpio[modifier | modifier le code]

Très belle et très froide, Fernanda est élevée pour devenir reine. Elle croit longtemps à ce destin, sans remarquer les difficultés financières de son père. Elle garde d'ailleurs toute sa vie avec elle un petit pot de chambre en or. Elle va à Macondo pour le Carnaval où, choisie pour sa beauté, elle est la souveraine étrangère. Retournée chez son père, Aureliano Segundo finit par la retrouver et l'épouse à Macondo. Devenue une épouse délaissée et tyrannique, ayant élevé sa fille pour en faire une grande musicienne, elle est déçue dans ses attentes par sa liaison avec Mauricio Babilonia, et la fait cloîtrer à vie dans un couvent, après avoir commandité le coup de fusil qui brisera la colonne vertébrale de l'amant aux papillons, et le destin de sa fille. Recevant son petit-fils Auréliano d'une religieuse dans un panier, elle fait croire que comme Moïse, il a été sauvé des eaux, et décide de le cloîtrer dans une pièce de la maison, se repentant de ne pas avoir trouvé le courage de le noyer. Se croyant atteinte d'un mal mystérieux, elle entretient un intense échange épistolaire avec les "médecins invisibles", à qui elle décrit son mal et ses symptômes par des mots tout autres, excès de pudibonderie. Après maintes discussions, ils l'opèrent une nuit pour découvrir qu'elle soufre d'une banale descente d'utérus, marquant la fin de leurs échanges. Pour pallier cette nouvelle maladie, elle se fait envoyer des pessaires que son mari lui vole, les prenant pour des objets de sorcellerie visant à le tuer. Elle écrit beaucoup à son fils, qu'elle croit en route pour le Saint-Siège, et finit sa vie entre Sainte Sophie de la Piété, dont elle regrette le départ seulement avant de constater que celle-ci n'a rien emporté, et Auréliano à qui elle interdit de sortir. Figure assez noire du roman, elle impose la rigidité de son éducation à la maison des Buendia, sans pour autant tuer l'anarchie qui y règne, et exècre tout ce qui y a trait : elle qualifie son beau-frère d'anarchiste parce qu'il soutient la grève des bananiers (lui-même la prénomme "précieuse ridicule" et lui attribue tous les maux de la maison), hait Amaranta parce que celle-ci a dit qu'elle était de ceux qui confondent leur rectum avec la Semaine Sainte, peste contre le désordre de la maison, etc. Un jour, pendant le déluge, devant l'inaction de son mari qui ne fait rien pour les nourrir, elle hurle pendant une journée toute sa haine, ce qui provoque la colère de son mari et l'amène à tout casser, puis à leur trouver de quoi se nourrir. Elle laisse une grande place dans sa vie à la religion, y compris à son caractère social et au comportement qu'elle entraîne.

Cinquième génération[modifier | modifier le code]

Renata Remedios (Meme)[modifier | modifier le code]

Appelée Renata par sa mère, et Meme (diminutif de Remedios) par le reste de la famille Buendia, elle est la fille de Fernanda et d'Aureliano Le Second. De caractère très sociable, on veut en faire une virtuose du clavecin. De retour à Macondo à la fin de ses études, elle entretient une relation avec Mauricio Babilonia. Lorsque sa famille les surprend, Fernanda, sans concertation, l'emmène dans le couvent où elle a été éduquée et l'y fait enfermer, mais sans contrainte : Meme, depuis le coup de feu qui sonne le glas de son amant, n'a plus prononcé un mot et se laisser vivre, obéissant à sa mère par défaut. Son fils, Aureliano Babilonia, nait là-bas, et est ramené à Macondo par une religieuse. Elle mourra, à une date et en des circonstances non précisées, de vieillesse, sous une autre identité que la sienne dans un hospice à Cracovie.

José Arcadio[modifier | modifier le code]

Le quatrième José Arcadio de la famille Buendia est le fils d'Aureliano Segundo et de Fernanda del Carpio. Dès sa naissance, Ursula le surnomme José Arcadio el Papa. En effet, elle veut le faire étudier la théologie pour qu'il devienne pape, et relève ainsi le niveau de la famille en termes de religion. José Arcadio part en effet à Rome étudier la théologie, et ne revient à Macondo qu'après la mort de Fernanda, quand il ne reste plus dans la maison de Macondo qu'Aureliano Babilonia. Il n'a absolument pas étudié la religion, et revient très corrompu. Il organise des fêtes avec des jeunes, et fini assassiné par l'un d'entre eux, tout en rêvant à Amaranta, sa grand-tante, pour qui il avait une tentation incestueuse.

Amaranta Úrsula[modifier | modifier le code]

Troisième enfant de Fernanda et Aureliano Le Second, elle est élevée avec Aureliano Babilonia sans savoir qu'elle est sa tante. Elle quitte Macondo pour suivre des études en Belgique d'où elle revient mariée à Gaston. Elle tombe cependant amoureuse de son neveu Aureliano, avec qui elle entretient une passion dévorante, et meurt en couche, après avoir donné naissance à un nouvel Aureliano, affublé d'une queue de cochon, peur ancestrale d'Ursula sur laquelle est basée la famille.

Sixième génération[modifier | modifier le code]

Aureliano Babilonia[modifier | modifier le code]

Aureliano est le fils de Renata Remedios. Il est emmené par une religieuse à Macondo où il est remis à Fernanda. Fernanda l'enferme et le cache, il déchiffrera les parchemins de Melquiades.

Septième génération[modifier | modifier le code]

Aureliano[modifier | modifier le code]

Fils d'Aureliano Babilonia et de la tante de ce dernier, Amaranta Ursula, il naît avec une queue de cochon. Laissé sans surveillance par son père à la suite du décès de sa mère en couche, il meurt très peu de temps après sa naissance dévoré par des fourmis.

Personnages extérieurs à la famille[modifier | modifier le code]

Prudencio Aguilar[modifier | modifier le code]

Prudencio conduit un combat de coq contre le premier Buendia qui insulte sa femme Ursula. Buendia tue Prudencio. Le fantôme de Prudencio les hante et ils fuient leur ville pour fonder Macondo. Des années plus tard, Prudencio revient hanter José Arcadio. Ils discutent ensemble sous le chêne où Buendia est enchaîné.

Melquíades[modifier | modifier le code]

Melquiades est un prophète gitan qui se lie d'amitié avec le premier Buendia. Ensemble ils cherchent la pierre philosophale. Melquiades est déclaré mort mais revient chez les Buendia où il écrit des parchemins. Melquiades hante toujours la maison, et ses écrits racontent toute la malédiction des Buendia.

Pilar Ternera[modifier | modifier le code]

Pilar est une prostituée qui lit dans les cartes. Elle restera plus de cent ans près des Buendia comme Ursula. Elle est la mère, la grand-mère, l'arrière-grand-mère parfois méconnue de presque tous les Buendia. Elle a une liaison avec les deux premiers fils Buendia, et un enfant avec chacun. C'est elle qui fait découvrir le plaisir aux garçons Buendia grâce à sa maison close.

Nicanor Ulloa et Rebeca Montiel[modifier | modifier le code]

Parents de Rebecca, qui lors de sa venue à Macondo, transporte leurs cendres et ossements. Ils sont des premiers à bénéficier d'un enterrement à Macondo.

Pietro Crespi[modifier | modifier le code]

Pietro Crespi est un marchand de jouet, il est aussi pianiste. Il amène pour un bal dans la maison des Buendia un piano mécanique. Il est charmant et les deux filles Buendia, Rebecca et Amaranda sont amoureuses de lui. Lui veut épouser Rebecca, Amaranda menace de la tuer. Finalement Rebecca se marie avec José Arcadio Buendia. Pietro s'intéresse alors à Amaranda qui le rejette. Il se suicide. Amaranda, pour se punir, met sa main au feu et couvre la cicatrice avec un bandeau noir qu'elle ne quittera jamais.

Petra Cotes[modifier | modifier le code]

Petra est la maîtresse de Aureliano le second, marié à Fernanda. Leur relation, initialement basée sur une fornication effrénée et des fêtes dyonisiaques, met en rage Fernanda qui a fait jurer à son mari de ne pas mourir dans la maison de sa maîtresse ; en apprenant sa mort, la porte des Buendia restera fermée à Petra par une Fernanda rancunière. Son amant met sur le compte de leur amour ses affaires florissantes, jusqu'au déluge où se noient tous les animaux et leur fortune ; ils finissent leur vie en ayant découvert les joies du bonheur simple, sans sexe, dans une grande pauvreté, économisant l'argent qu'ils peinent à gagner en organisant des loteries pour payer des études à Bruxelles à Amaranta Ursula et un certain luxe à Fernanda, qu'ils viennent à considérer comme la fille qu'ils n'ont jamais réussi à avoir.

Mr. Herbert et Mr. Brown[modifier | modifier le code]

Mr Brown est l'un des responsables de la compagnie de bananeraie. Ayant accepté de signer le document de reclamation des syndicats de la compagnie de bananeraie sous la contrainte, il est maquille par les avocats pour dissimiler son identite et persuader les juges, qu'il ne s'agit pas du veritable Mr Brown. Par après, le véritable M Brown sera déclaré mort ecrase par un camion de pompier a Chicago avec des preuves consulaires officielles écrites a l'appui.

Mauricio Babilonia[modifier | modifier le code]

Sans cesse suivi de petits papillons jaunes, Mauricio est originaire de Macondo et travaille à la compagnie bananière. Il séduit Meme. Lorsque Fernanda les surprend tous les deux au cinéma, elle décide de l'enfermement de la jeune-fille dans la maison. Cela n'empêche pas Mauricio de venir rejoindre Meme lorsque celle-ci est aux bains. Il est blessé par la garde alors qu'il soulevait les tuiles pour pénétrer dans les bains. Touché à la colonne vertébrale, il ne peut plus bouger de son lit, et meurt, seul, de vieillesse.

Gastón[modifier | modifier le code]

Gaston est le mari d'Armanda Ursula, il est riche et soumis à sa femme, il la suit à Macondo où il s'ennuie en disséquant des insectes. Il part en Belgique où il décide de rester.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Cent ans de solitude dans d'autres langues[modifier | modifier le code]

Le roman en anglais[modifier | modifier le code]

La traduction de Cien años de soledad a été réalisée en anglais par le professeur Gregory Rabassa (en) en 1970. García Márquez s'est mis en contact avec Rabassa, à la suite des recommandations de Julio Cortázar après son travail de traduction sur le roman Rayuela. La traduction du roman de García Márquez, publiée sous le titre One Hundred Years of Solitude, a permis à Gregory Rabassa de se faire connaître, à la suite des éloges de l'auteur.

Le roman en italien[modifier | modifier le code]

Une des premières traductions publiées fut celle en italien, réalisée par Enrico Cicogna en 1968 et publiée par la Casa Editrice Feltrinelli, avec le titre Cent'anni di solitudine. Cicogna est devenu le traducteur officiel des œuvres de García Márquez en italien, interprétant et exprimant d'une manière adéquate sa narration.

Le roman en français[modifier | modifier le code]

La traduction en français fut l'œuvre des philologues Claude et Carmen Durand en 1968, publiée par les Éditions du Seuil (Paris), et a eu plusieurs éditions ; son titre en français est Cent ans de solitude. Les époux Durand ont traduit aussi les œuvres d'autres auteurs latino-américains comme Isabel Allende.

Le roman en allemand[modifier | modifier le code]

En allemand, Cent ans de solitude fut traduit en 1970 avec pour titre Hundert Jahre Einsamkeit par Curt Meyer-Clason, qui compte un grand nombre d'œuvres traduites depuis l'espagnol et le portugais, dont les auteurs qui se détachent sont Jorge Luis Borges, Pablo Neruda, César Vallejo et Rubén Darío.

Le roman en espéranto[modifier | modifier le code]

La traduction de Cent ans de solitude en espéranto fut l'œuvre du journaliste et philologue espagnol Fernando de Diego (en) réalisée en 1992 sous le titre Cent jaroj da soleco. Cet écrivain est reconnu pour son travail de traduction depuis cette langue de diverses œuvres de la littérature universelle entre lesquelles on peut mentionner Don Quichotte de la Manche, Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée, La Famille de Pascal Duarte entre autres.

Portée de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre a eu une influence considérable dans le milieu littéraire. En effet, elle a marqué de son empreinte de nombreux auteurs et artistes en Amérique, en Europe et en Asie. William Kennedy l'a qualifiée de « première œuvre depuis la Genèse dont la lecture est indispensable à toute l'Humanité »[12]. On cite souvent Cent ans de solitude comme l'exemple type de réalisme magique que García Márquez n'a pas inventé mais a popularisé.

Ce roman continue à être pris comme modèle par des romanciers importants du XXe siècle et du XXIe siècle à l'instar de Salman Rushdie. En effet, l'écrivain indo-britannique confesse dans son recueil d'essais Imaginary Homelands son admiration pour ce texte. Par ailleurs, dans son roman Les Enfants de minuit, il en fait une relecture : ainsi, le thème de l'inceste y est repris, ainsi que certains personnages. Par exemple, Amaranta, vieille fille et amère, trouve des échos dans le personnage d'Alia, la sœur aînée de Mumtaz et la tante de Saleem. The Reverend Mother, figure matriarcale d'importance, évoque Ursula… Les Versets sataniques porte également à sa manière l'empreinte de Cent ans de solitude.

De même, l'Américaine Toni Morrison, le Portugais José Saramago, le Sud-Africain J.M. Coetzee, le Turc Orhan Pamuk et le Chinois Mo Yan, qui a lu et relu Cent ans de solitude dans sa traduction chinoise, reconnaissent volontiers l'influence de García Márquez en général et de ce roman en particulier sur leur création littéraire. Ils en tirent un art du conte original en écho au réalisme magique ainsi qu'une liberté prise avec les modèles narratifs du passé, une recherche esthétique singulière et une manière de lire le réel et l'histoire qui rejette un réalisme exclusif[4],[13],[14],[15],[16]. L'utilisation personnelle que chacun fait du réalisme magique s'adapte en tout point à la culture et au contexte du pays d'origine avec toutefois quelques variantes : la critique parle notamment de « réalisme allégorique » pour définir les travaux de J.M. Coetzee et de « réalisme hallucinatoire » pour ceux de Mo Yan[17],[18],[19],[20]. À noter que tous ces auteurs ont reçu, après García Márquez, le prix Nobel de littérature.

L'auteur-compositeur-interprète français Bensé s'est quant à lui inspiré de l'œuvre pour construire son premier album, sorti le 20 mai 2008, intitulé Album en référence aux nombreux portraits que proposent ses chansons et qui en font une sorte d'album de famille. Il fait d'ailleurs référence à la famille Buendia dans un morceau inédit intitulé La Tempête (2009).

Au cours des années 2000, le cinéaste serbe Emir Kusturica, grand lecteur de García Márquez qui a influencé l'univers des films Le Temps des Gitans et Undeground, a souhaité adapter Cent ans de solitude au cinéma au même titre que L'Automne du patriarche mais aucun des projets n'a vu le jour[21].

Dans un tout autre registre, Bill Clinton, élu président des États-Unis en 1992, a affirmé que Cent ans de Solitude était son roman favori et a levé l'interdiction de séjour sur le sol américain de García Márquez, considéré comme élément perturbateur en raison de son amitié avec Fidel Castro et de sa sympathie pour les causes révolutionnaires latino-américaines[22].

Prix[modifier | modifier le code]

Cent ans de solitude a été distingué par le prix Rómulo Gallegos au Venezuela en 1972. Il a également été récompensé par le Prix du Meilleur livre étranger en 1969, mais l'auteur a refusé d'assister à la cérémonie de remise du prix, déclarant : « Le livre ne sonne pas bien en français. ». Gabriel García Márquez a aussi reçu le prix Nobel de littérature en 1982 pour l'ensemble de son œuvre. L'Académie suédoise a ainsi voulu célébrer « ses romans et ses nouvelles où s'allient le fantastique et le réel dans la complexité riche d'un univers poétique reflétant la vie et les conflits d'un continent. »[23]. Néanmoins, le succès planétaire du seul Cent ans de solitude a fait beaucoup pour l'attribution de cette récompense.

Citations[modifier | modifier le code]

« Un jour que le père Nicanor s'en vint le voir sous son châtaignier avec un damier et une boîte de jetons pour le convier à jouer aux dames avec lui, José Arcadio Buendia ne voulut point accepter car, lui dit-il, jamais il n'avait pu comprendre quel sens pouvait revêtir un combat entre deux adversaires d'accord sur les mêmes principes. » (Chap. 5, trad. Claude et Carmen Durand, Éditions du Seuil, Points, p.  94)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (es) Ordoñez, Monserrat (1999) Cien años de soledad, Revista Credencial Historia (publié sur la page web de la Bibliothèque Luis Angel Arango). no 110, février1999, Bogotá.
  2. « L'écrivain Gabriel García Márquez est mort », France Culture,‎ 19 avril 2014 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e et f Philippe Lançon, « García Márquez, le temps de la solitude », Libération,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  4. a et b « Gabriel García Márquez : : une empreinte sur «un nombre colossal» d'auteurs dans le monde », Huffington Post Québec,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  5. (es) Vive la aventura de Cien años de soledad en el texto revisado por Gabriel García, Real Academia Española/Asociación de Academias de la Lengua Española.
  6. a et b « Le Colombien Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature, est mort », L'Express,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  7. Ramon Chao, Florence Noiville et Marie Delcas, « Mort de Gabriel García Márquez, légende de la littérature », Le Monde,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)
  8. Dany Laferrière, « García Márquez a additionné les chefs d'œuvre avec une cadence étourdissante », Le Nouvel Observateur,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  9. Gerald Martin, Gabriel García Márquez : une vie, Grasset & Fasquelle,‎ 2009, 56 p. (ISBN 9782246739111)
  10. (es) García Márquez, Gabriel (2002), Vivir para contarla. Editorial Norma, Bogotá. p. 28.
  11. Gerald Martin, op cit, p. 74-75.
  12. (en) (es) « Book Review: 'One Hundred Years of Solitude' Review » (consulté le 22 mars 2010).
  13. (en) Gaby Bois, « Gabriel García Márquez: He proved that tall tales could be truer than facts », The Telegraph,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  14. (en) « Orhan Pamuk », The Guardian,‎ 22 juillet 2008 (lire en ligne)
  15. (en) « José Saramago », The Telegraph,‎ 22 juin 2010 (lire en ligne)
  16. Olivia Rosenthal, « Sauts en auteurs de J.M. Coetzee », Libération,‎ 15 mars 2012 (lire en ligne)
  17. (en) J.M. Coetzee, sur Gradesaver, consulté le 08 mai 2014.
  18. (en) Roger Bellin, « A Strange Allegory: JM Coetzee’s The Childhood of Jesus », Los Angeles Review of Books,‎ 6 novembre 2013 (lire en ligne)
  19. Pierre Haski, « Mo Yan, prix Nobel de littérature, l’écrivain qui mangeait du charbon... », Le Nouvel Observateur,‎ 11 octobre 2012 (lire en ligne)
  20. André Clavel, « Mo Yan, Mao et moi », L'Express,‎ 14 mars 2013 (lire en ligne)
  21. « Kusturica veut adapter L'Automne du patriarche », Le Nouvel Observateur,‎ 2 décembre 2005 (lire en ligne)
  22. (en) Tierney Sneed, « Bill Clinton's friendship with the late Gabriel García Márquez », Los Angeles Review of Books,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  23. « Le prix Nobel de littérature colombien est mort », FranceTV Info,‎ 18 avril 2014 (lire en ligne)

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Arnau, Cármen (1971), El mundo mítico de Gabriel García Márquez, Ediciones Península, Barcelone.
  • García Márquez, Eligio (2001), Tras las claves de Melquíades: historia de cien años de soledad, Editorial Norma, Bogotá (ISBN 958-04-6073-6).
  • García Márquez, Gabriel (2002), Vivir para contarla, Editorial Norma, Bogotá (ISBN 958-04-7016-2).
  • García Márquez, Gabriel (1967), Cien años de soledad, Editorial Sudamericana, Buenos Aires (ISBN 84-376-0494-X).
  • Gullón, Ricardo (1973), García Márquez o el olvidado arte de contar, collection Jorge Ortega Torres, Taurus, Madrid (ISBN 84-306-9093-X).
  • Henriquez Torres, Guillermo (2003), El misterio de los Buendía: el verdadero trasfondo histórico de Cien años de soledad, Editorial Nueva América, Bogotá (ISBN 958-9039-40-5).
  • Mendoza, Jesús Luis (1991), Análisis de Cien años de soledad, Editorial Voluntad, Bogotá (ISBN 958-02-0503-5).
  • Peralta Gómez, Andrés (1996), Análisis literiario de Cien años de soledad, Editorial Esquilo, Bogotá (ISBN 958-9235-83-2).
  • Peña Gutiérrez, Isaías (1987), Manual de la literatura latinoamericana, Educar Editores, Bogotá (ISBN 978-9580502678).
  • Rama, Angel (1985), La narrativa de Gabriel García Márquez: edificación de un arte nacional y popular, Colcultura, Bogotá (ISBN 958-612-074-0).
  • Sorela, Pedro (1989), El otro García Márquez: los años difíciles, Editorial Oveja Negra, Bogotá (ISBN 958-06-0808-3).
  • Vargas Llosa, Mario (1971), García Márquez: historia de un deicidio, collection Breve biblioteca de respuesta, Barral Editores, Barcelone.
  • García Márquez, Gabriel (2007), Cien años de soledad, édition critique de Jacques Joset, 4e édition, Madrid, Ediciones Cátedra (collection Letras Hispánicas ; 215), 496 p. (ISBN 84-376-0494-X).
  • Joset, Jacques (1984), García Márquez, coetáneo de la eternidad, Amsterdam, Rodopi, 80 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]