Alexandros Papanastasiou

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Alexandros Papanastasiou
Αλέξανδρος Παπαναστασίου
Alexandros Papanastasiou en 1932 (photo Mondial Presse)
Alexandros Papanastasiou en 1932 (photo Mondial Presse)
Fonctions
Premier ministre grec
26 mai 19325 juin 1932
Président Aléxandros Zaïmis
Prédécesseur Eleftherios Venizelos
Successeur Eleftherios Venizelos
Premier ministre grec
12 mars 192424 juillet 1924
Président Pávlos Kountouriótis
Monarque Georges II
jusqu'au 25 mars, puis proclamation de la République
Prédécesseur Georgios Kaphantaris
Successeur Themistoklis Sophoulis
Biographie
Date de naissance 8 juillet 1876
Lieu de naissance Levide, Arcadie, Grèce
Date de décès 17 novembre 1936 (à 60 ans)
Lieu de décès Athènes Grèce
Nationalité Grecque
Diplômé de Université nationale capodistrienne d'Athènes
Université Humboldt de Berlin
Université de Heidelberg
Profession avocat, sociologue
Religion Christianisme orthodoxe (Église de Grèce)

Alexandros Papanastasiou
Premiers ministres grecs

Alexandros Papanastasiou (en grec moderne:Αλέξανδρος Παπαναστασίου) est un homme politique grec né le 8 juillet 1876 à Levide, en Arcadie et mort à Athènes le 17 novembre 1936 ; il fut Premier ministre à deux reprises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudie le droit à l'Université nationale capodistrienne d'Athènes, puis le droit et la philosophie à l'Université Humboldt de Berlin et à l'Université de Heidelberg.

De retour en Grèce, il s'engage en politique. Il devient le chef de file d'un groupe surnommé les « sociologues », de jeunes intellectuels plutôt à gauche. Il est le principal introducteur du marxisme en Grèce[1], principalement de l'idée du mode de production comme déterminant ultime de l'organisation sociale et de la forme de gouvernement[1]. Malgré le retard économique et social du pays, les idées introduites en Grèce par Papanastasiou influencent une partie de la population. Au-delà d'une influence marxiste directe, les « sociologues » proposèrent des explications nouvelles aux phénomènes sociaux dont s'inspirèrent les réformateurs de l'entre-deux-guerres[1].

En 1910, Papanastasiou est élu député pour la première fois. Il défend une réforme agraire en Thessalie pour mettre fin aux grandes exploitations agricoles qui existent depuis l'occupation ottomane et redistribue les terres aux paysans locaux. En 1916, il rejoint, le mouvement de défense nationale d'Elefthérios Venizélos, qui place la Grèce du côté des Alliés lors de la Première Guerre mondiale. Il est récompensé par le poste de gouverneur des Îles Ioniennes.

Après la Première Guerre mondiale, Papanastasiou prend part à plusieurs gouvernements de Venizelos, avec les postes de Ministre des transports, ministre de la santé et ministre de l'intérieur. Après la défaite de Vénizélos aux législatives de 1920, il reste en Grèce et critique le gouvernement en place pour sa gestion de la Guerre gréco-turque.

Après le désastre de la Guerre gréco-turque puis le bombardement italien de Corfou, les officiers monarchistes soutenus par Ioánnis Metaxás tentent un coup d'État. Leur échec amène les militaires démocrates ayant à leur tête Nikolaos Plastiras à écarter le roi Georges II. Papanastasiou, chef de l'« Union démocratique » devient Premier ministre, et proclame la République, le 25 mars 1924[2]. Un plébiscite approuve l'abolition de la monarchie le 13 avril 1924. C'est pendant son mandat qu'est fondée l'Université de Thessalonique et qu'est reconnu l'usage du grec moderne démotique.

Il devient Ministre de l'agriculture, le premier dans l'histoire de la Grèce, dans le gouvernement « œcuménique » d'Alexandros Zaimis (1926-1928). Devenu chef du parti « agraire et ouvrier », Papanastasiou crée une Banque agricole pour soutenir le crédit aux paysans et une section d'agronomie à l'Université de Thessalonique[3].

Papanastasiou est brièvement Premier ministre une seconde fois de mai à juin 1932. Il participe avec d'autres partisans de Vénizelos au coup d'État manqué du 1er mars 1935, et il est mis en état d'arrestation. Ce coup d'État précipite la dictature de Ioánnis Metaxás. Condamné à plusieurs années de prison, il est rapidement gracié[4]. En avril 1936, il refuse, avec Georges Papandréou, de voter la confiance au gouvernement Métaxas[5]. Il est assigné à résidence.

Papanastasiou meurt d'une crise cardiaque le 17 novembre 1936.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Apostolis Vacalopoulos, Histoire de la Grèce moderne., Horvath, 1975. (ISBN 2-7171-0057-1)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c A. Vacalopoulos, p.210.
  2. A. Vacalopoulos, p. 237.
  3. A. Vacalopoulos, p. 238.
  4. A. Vacalopoulos, p. 254.
  5. A. Vacalopoulos, p. 258.