Commission internationale de coopération intellectuelle

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La Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI) est un organe de la Société des Nations (SDN) chargé de la coordination des travaux et des relations scientifiques.

Historique[modifier | modifier le code]

Bien que cela ne soit pas indiqué dans le pacte de la Société des Nations, celle-ci s'occupait de la diffusion d'un idéal dans la sphère politique, de l'échange d'ouvrages, et également du renforcement des relations intellectuelles entre les pays. Dès 1920, l'Assemblée de la SDN envisage la possibilité de fonder une commission consultative, la CICI, chargée d'évaluer les besoins en la matière. En septembre 1921, la SDN adopte une proposition française pour la constitution d'un organisme destiné à renforcer la collaboration des nations dans le domaine du travail intellectuel (Il s'agit de promouvoir les échanges entre scientifiques, universitaires, artistes et intellectuels) et à consolider l'action en faveur de la paix tout en suscitant un esprit international. Rapidement, cette commission est pérénisée puis renforcée par la création de l'Institut international de Coopération intellectuelle (IICI), à Paris en 1926.

Télégramme d'Henri Bergson, président de la CICI, à Inazo Nitobe, directeur de la section des bureaux internationaux de la SDN (dans laquelle se trouve la CICI)[1].

La Commission plénière[modifier | modifier le code]

La Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI) a été officiellement créée en janvier 1922 et compte de 12 à 19 personnalités. La première session a lieu en août 1922, sous la présidence de Henri Bergson ; son travail s'est poursuivi jusqu'en 1939. L'Institut International de Coopération Intellectuelle voit également ses activités stoppées par le second conflit mondial et servira de base à la création de l'Unesco en 1946[2].

Cette commission, qui rassemblait de grandes personnalités comme Albert Einstein, Marie Curie, Robert Andrews Millikan, Devendra N. Bannerjea, a été présidée par trois personnalités :

Parmi les experts sollicités par les commissions thématiques affiliées à la CICI, on trouve par exemple Béla BartókThomas MannSalvador de Madariaga, ou Paul Valéry[3].

L'Institut International de Coopération Intellectuelle[modifier | modifier le code]

L'Institut International de Coopération Intellectuelle (IICI) est proposé en 1924 à la SDN par le gouvernement français. Il est juridiquement l'organe exécutif de la CICI et est administré par elle. Il est officiellement inauguré le 16 janvier 1926. Il a trois directeurs successifs, de nationalité française :

L’IICI est dans une relative autonomie vis-à-vis de la Société des Nations et il entretient des relations diplomatiques avec les États membres de la SDN, récupérant d'ailleurs la responsabilité de coordonner les Commissions nationales de coopération intellectuelle. Ces dernières, créées par des particuliers ou des gouvernement, nomment des délégués chargés de représenter leurs intérêts auprès de l’IICI et font offices de répondantes locales de la CICI. En 1939, 44 délégués et 45 Commissions nationales travaillent avec l’IICI. Celui-ci est fermé de 1940 à 1944. Il rouvre brièvement en février 1945 pour léguer en 1946 ses bureaux parisiens et sa mission à l'Unesco.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Bossuat et René Girault Europe brisée, Europe retrouvée : Nouvelles réflexions sur l'unité européenne au XXe siècle, Publications de la Sorbonne,‎ 1995 (lire en ligne)
  • Martin Grandjean, « La connaissance est un réseau. Perspective sur l'organisation archivistique et encyclopédique », Les Cahiers du Numérique, vol. 10, no 3,‎ 2014, p. 37-54 (lire en ligne)
  • Julien Luchaire, L'organisation du futur Institut international de coopération intellectuelle, Imprimerie d'études sociales et politiques, 1924.
  • Martha Petricioli et Donatella Chérubini (éds) Pour la Paix en Europe: Institutions Et Société Civile dans L'entre-deux-guerres, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2007. 656 p. pp.59-56 (ISBN 978-90-5201-364-0)
  • Jean-Jacques Renoliet L'Unesco oubliée : Société des nations et coopération intellectuelle, Publications de la Sorbonne,‎ 1999 (lire en ligne)
  • Danielle Wünsch, « Einstein et la Commission internationale de coopération intellectuelle », Revue d'histoire des sciences, vol. 57, no 2,‎ 2004, p. 509-520 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]