Bréviaire (catholique)

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Bréviaire de Cologne, XIIe ou XIIIe siècle (Université d'Helsinki)

Le bréviaire est un livre liturgique catholique contenant l'ensemble des textes nécessaires pour prier la liturgie des Heures, appelée aussi l'office divin.

De Breviarium (du latin brevis, court), ce livre, à l'usage des clercs, religieux et religieuses catholiques, est actuellement divisé en 4 parties correspondant aux saisons de l'année. Son nom vient du fait qu'il est une synthèse des livres qui servent au chœur pour l'office divin. Il est composé de psaumes, antiennes, répons, hymnes, versets, oraisons, etc., ainsi que de rubriques qui règlent les rites à suivre et marquent la différence des fêtes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'usage du bréviaire en Orient remonte, dit-on, au temps de saint Jean Chrysostome au milieu du IVe siècle ; en Occident, il ne daterait que du pape Gélase Ier à la fin du Ve siècle. En fait la prière des Heures se faisait d'abord, voir seulement à partir du psautier. La règle de saint Benoît répartit les psaumes dans la semaine, mais il n'existe alors pas de livre spécifique. Le bréviaire se constitue en fait petit à petit à partir du milieu du Moyen Âge.

Bréviaire issu du Concile de Trente[modifier | modifier le code]

Le Bréviaire romain, à l'usage universel de l'Église, a été publié par Pie V en 1568 à la proclamation de la bulle Quod a nobis du 7 juillet 1568. Il compte huit offices répartis sur la nuit et la journée : matines au cours de la nuit, laudes à l’aurore, prime à la première heure du jour, tierce à la troisième heure, sexte à midi, none en milieu d’après-midi, vêpres en fin d’après-midi (du latin Vesper : le soir), complies avant le coucher. Prime, tierce, sexte, none sont appelées petites heures.

À la suite du concile de Trente, le Breviarium romanum est légèrement modifié par le pape Clément VIII d'après la bulle Cum in Ecclesia, du 10 mai 1602. Toutefois, au contraire de ses prédécesseurs, le pape Urbain VIII décide de remanier complètement le bréviaire, par la bulle Divinam psalmodiam du 25 janvier 1631, afin d'adapter la connaissance du latin à l'époque. Ses modifications sont considérables avant que le nouveau bréviaire ne soit publié en 1632[1]. Le 1er novembre 1911, Le pape saint Pie X promulgue une réforme plus importante de l’élément central du Bréviaire, la psalmodie, par la constitution apostolique Divino afflatu[2]. D'autres réformes mineures ont lieu sous Pie XII et Jean XXIII. Les évêques membres du Concile Vatican II souhaitent en 1963 une réforme plus approfondie pour faciliter la prière des Heures. Le point le plus important est le respect de la vérité des Heures, donc de célébrer chaque office au plus près de l'heure pour laquelle il a été conçu. Par exemple, des vêpres priées le matin n'auraient quasiment aucun sens, mais il faut prier les laudes.

Bréviaire actuel[modifier | modifier le code]

Le terme bréviaire est devenu impropre, puisque le livre de la liturgie des Heures n'est plus un abrégé d'une autre forme. Le Concile Vatican II n'emploie d'ailleurs pas ce mot, qui reste cependant d'usage courant. Le Pape Paul VI promulgue, le 1er novembre 1970, la « Liturgia Horarum », nouvel office divin réalisé en exécution des décisions du Concile Vatican II. Il le fait par la Constitution apostolique Laudis canticum. Le bréviaire actuel est composé de quatre volumes. Il existe une version sans les lectures de l'office des lectures (ou vigiles) en un volume unique (dont le titre est Prière du Temps présent).

Organisation de la liturgie des Heures (Bréviaire)[modifier | modifier le code]

La liturgie des Heures et son livre encore appelé bréviaire romain (ou Breviarium Romanum) s'articule comme le Missel Romain. Ainsi dans le bréviaire il y a le temporal (offices des dimanches, des féries et de quelques fêtes mobiles ainsi que les fêtes entre Noël et le 13 janvier) et le sanctoral (offices pour les fêtes tant mobiles que fixe). Le bréviaire contient toutes les heures que le clerc ou le religieux qui s'est engagé à prier l'office divin doit chanter ou réciter. Chaque heure contient un ou plusieurs psaumes à réciter, ainsi qu'une hymne et l'oraison du jour, qui est généralement l'oraison d'ouverture de la messe du jour. Selon la Constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II, la priorité devrait être donnée à une célébration communautaire, dès que cela est possible.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)http://books.google.fr/books?id=PJq99gHwL88C&pg=PA71 Père Gabriel Diaz Patri, Poetry in the Latin Liturgy
  2. voir Introduction au bréviaire latin-français, éditions Labergerie, 1934, par le P. Hogueny, OP, sur le site Salve Regina

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aquinata Böckmann, « Bibliographia : Liturgia Horarum in Generale », en ligne : Bibliography : Liturgia Horarum in Generale / Liturgy of the Hours in General by A. Böckmann OSB.
  • Isabelle-Marie Brault, Célébrer la splendeur de Dieu. De Liturgia horarum à Liturgie des heures, Chambray-les-Tours, 1997.
  • Aimé-Georges Martimort, « La prière des Heures », dans La Liturgie et le temps, Paris, coll. « L’Église en prière, 4 », 1983, p. 169-294.
  • Vincenzo Raffa, « Liturgie des Heures », dans Dictionnaire encyclopédique de la Liturgie, 1 (1992), p. 641-658.
  • Aimon-Marie Roguet, « Commentaire de la Présentation générale de la Liturgie des Heures », dans La Prière du temps présent pour le peuple chrétien, Paris, 1971, p. 101-192.
  • Robert Taft, La Liturgie des Heures en Orient et en Occident. Origine et sens de l’Office divin, Turnhout, coll. « Mysteria, 2 », 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]