Bernard Squarcini
Bernard Squarcini, né le 12 décembre 1955 à Rabat (Maroc), est un haut fonctionnaire français, ancien commissaire de police et préfet. Il occupe les fonctions de directeur central du renseignement intérieur du 2 juillet 2008 au 30 mai 2012. Bernard Squarcini a été notamment chargé, au cours de sa carrière, du renseignement antiterroriste en Corse et au Pays basque. Il est remplacé le 30 mai 2012, à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) par Patrick Calvar, un haut responsable policier du renseignement.
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Carrière [modifier]
En 1983, il est adjoint au directeur régional des Renseignements généraux (RG) en Corse.
En 1988, il est directeur départemental des RG des Pyrénées-Atlantiques.
En 1989, il est chef de la division « enquêtes et recherches » à la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG).
En 1993, il devient sous-directeur des recherches à la DCRG, tout en étant parallèlement, à partir de 1994, directeur central adjoint des RG sous la direction d'Yves Bertrand. Ce dernier, interviewé par Mediapart en janvier 2012, a déclaré que Bernard Squarcini est devenu « l'homme du président, l'espion du président » et « s’est entiché de M. Sarkozy comme n’importe quel fonctionnaire l’aurait fait dans un système autoritaire », ajoutant que son ancien adjoint « a fait des coups tordus chaque fois qu’il y en avait à faire[1] ». Il quitte la police le 28/02/2013 à 18h15.
Arrestation d'Yvan Colonna [modifier]
Bernard Squarcini fut notamment l'un des artisans de l'arrestation en 2003 d'Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Claude Érignac, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur.
En février 2004, il a été nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il succéda à ce poste à Roger Marion, nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais.
En janvier 2004, d'après certaines sources, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, aurait souhaité nommer Bernard Squarcini au poste de Directeur central des Renseignements généraux, mais Jacques Chirac préféra finalement nommer le préfet Pascal Mailhos.
Directeur de la DST, puis de la DCRI [modifier]
Le 27 juin 2007, Bernard Squarcini a été nommé en Conseil des ministres directeur de la surveillance du territoire (DST), en remplacement de Pierre de Bousquet de Florian[2],[3].
Le 2 juillet 2008[4], il est nommé à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) née de la fusion, effective au 1er juillet 2008, de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG).
Le 30 mai 2012, il est remplacé à ce poste par son ancien adjoint Patrick Calvar et devient préfet hors cadre[5].
Affaire Clearstream 2 [modifier]
Cité dans les listings de l'affaire Clearstream 2, Bernard Squarcini s'est constitué partie civile en mai 2006. Parce que son nom figure sur le faux listing aux côtés de la chanteuse ajaccienne Alizée ou de Laetitia Casta, il évoque à la barre un "racisme anticorse" au sommet de l'État[6].
Affinités et naturel [modifier]
Bernard Squarcini est considéré comme un proche de Nicolas Sarkozy[3], compte tenu notamment de son rôle dans les affaires Colonna et Clearstream[7].
Squarcini sait aisément créer des liens personnels avec ses interlocuteurs ; par exemple, il peut parler en italien avec Leon Panetta pendant une rencontre officielle[7].
Affaire Woerth-Bettencourt [modifier]
Le 17 octobre 2011, alors qu'il est toujours directeur de la DCRI, Bernard Squarcini est mis en examen par la juge Sylvia Zimmermann pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel », dans le cadre de l'"affaire des fadettes"[8]. À cette occasion, un article long et détaillé du journal Le Monde, signé par Ariane Chemin, décrit la personnalité de Bernard Squarcini, ses compétences, certaines de ses méthodes, ainsi que ses amitiés envers Alexandre Djouhri et Jean-Noël Guérini et son inimitié envers David Sénat[6].
Le 12 décembre 2012, la cour d'appel de Paris annule deux des trois chefs de mise en examen de Bernard Squarcini. Il reste mis en examen pour "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite"[9],[10].
Le 14 mai 2013 le parquet de Paris requiert le renvoi en correctionnelle de Bernard Squarcini pour "Collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite" [11].
Notes et références [modifier]
- Fabrice Arfi et Karl Laske, « L’ancien patron des RG révèle l’existence d’un système d’écoutes sauvages », Mediapart, 20 janvier 2012.
- (fr)>Bernard Squarcini à la tête de la DST, Nouvel Obs
- Bernard Squarcini, proche de Sarkozy, nommé à la tête de la DST Le Point, 27 juin 2007
- (fr)>Décret de nomination du 2 juillet 2008
- Valls remplace le trio de tête de la hiérarchie policière », Le Monde, le 30 mai 2012
- Bernard Squarcini, l'officier traitant de la Sarkozie Ariane Chemin, Le Monde, 18/10/2011
- Squarcini, l'ombre du président L'Express, 22 octobre 2010
- « Affaire des «fadettes» : mise en examen du contre-espion Squarcini », Le Parisien, 17 octobre 2010 [texte intégral (page consultée le 17 octobre 2011)]
- http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/12/13/97001-20121213FILWWW00609-mise-en-examen-de-squarcini-en-partie-annulee.php
- http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006417968&dateTexte=20121006
- http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/05/14/97001-20130514FILWWW00374-fadettes-squarcini-renvoye-en-proces.php
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, L'espion du président : Au cœur de la police politique de Sarkozy, Paris, Robert Laffont, 2012 (ISBN 978-2-221-12983-8)
Sources [modifier]
(fr) Notice biographique "Document et informations parlementaires" SGP 7 juillet 2008, p.6 et 7