Boris Boillon

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Boris Boillon

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Boris Boillon en janvier 2012.

Naissance 9 décembre 1969 (44 ans)
à Pontarlier (Doubs)
Nationalité Drapeau : France Française
Diplôme
Profession Haut fonctionnaire

Boris Boillon, né le 9 décembre 1969 à Pontarlier (Doubs), est un ancien haut fonctionnaire français spécialiste du Moyen-Orient. Il a occupé la fonction d'ambassadeur de France en Tunisie entre le 16 février 2011 et le 24 août 2012[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Arabophone, Boris Francis Nicolas[2] Boillon est né de parents « pieds-Rouges », surnom donnés aux militants de gauche venus aider l’Algérie après son indépendance, un père professeur d’anglais et une mère professeur de philosophie établis dans les années 1960 et 1970 à Béjaïa en Kabylie, où il passe alors son enfance jusqu'à ses dix ans[3].

Formation et premiers pas en diplomatie[modifier | modifier le code]

Après un passage en classe préparatoire HEC, puis en hypokhâgne[3], Boris Boillon est admis à l’Institut d'études politiques de Paris puis à l’Institut national des langues et civilisations orientales dont il est tour à tour diplômé. À l'issue d'une mission à Mascate au sultanat d'Oman de 1993 à 1994, il est admis au concours pour l’accès à l’emploi de conseiller des Affaires étrangères (cadre Orient) en 1998. Il est nommé rédacteur au service Politique étrangère et Sécurité commune à l’Administration centrale (1999-2001) puis conseiller à l’ambassade de France à Alger (2001-2004). Il est consul général adjoint à Jérusalem, en tant qu’adjoint du représentant spécial de l’Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient, d'août 2004 à avril 2006. Il est ensuite chargé de mission au ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire (mission aux Affaires internationales et européennes).

En janvier 2007, Boris Boillon devient conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, et conserve cette fonction auprès de François Baroin, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, jusqu’en avril de la même année. À la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Boris Boillon devient conseiller « Afrique du Nord, Proche et Moyen-Orient » à la Présidence de la République.

Avec Claude Guéant, Boris Boillon travaille sur le dossier des infirmières bulgares détenues en Libye. Il organise la visite à Paris en décembre 2007 de Kadhafi à qui il a souvent apporté son soutien[4]. Devenu ambassadeur, il déclare ainsi à la fin 2010  :

« Kadhafi a été un terroriste, il ne l’est plus, il a fait son autocritique. (…) Dans sa vie on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat[5]. »

Lors de son passage dans le Grand Journal de Canal +, en novembre 2010[6], il reconnaît que le guide suprême libyen, Mouammar Kadhafi, l'appelle « mon fils ».

Ambassadeur en Irak (2009-2011)[modifier | modifier le code]

Boris Boillon est officiellement nommé en conseil des ministres ambassadeur de France en Irak en juillet 2009[7]. L'ambassadeur, qui est entre autres chargé de décrocher des contrats, déclare ainsi au magazine Challenges[8] :

« La reconstruction en Irak est le marché du siècle : 600 milliards de dollars ! La France doit être aux avant-postes. »

Favorable à l’intervention américaine en Irak[9], l'ambassadeur se voit critiqué pour ses propos par le chercheur de l'IRIS, Pascal Boniface[10]. L'ambassadeur défend son bilan  :

« Quand je suis arrivé à Bagdad, j’avais trois axes et ces trois axes je les ai mis en œuvre de manière résolue : renforcer la confiance, car désolé pour la fierté française mais tout le monde n’a pas adoré notre position en 2003. Des dirigeants irakiens me disaient : « ce n’est pas grâce aux Français qu’on est là ». Renforcer l'État de droit et la citoyenneté. Et le dernier axe de mon bilan, il est économique. J’ai été réduit à ça, c’est peut-être de ma faute. Je ne suis pas qu’un ambassadeur économique mais en 2010, on a exporté pour 800 millions de dollars, presque trois fois plus qu’en 2008. Et pour moi le mot entreprise n’est pas une insulte. (...) Mission accomplie ! Avec une équipe de dix personnes, on a fait aussi bien… que l’ambassade américaine, où ils sont 3000[11]! »

Dans une interview accordée au Figaro en août 2010, Boris Boillon déclarait : « L’Irak est le vrai laboratoire de la démocratie dans le monde arabe. C’est là que se joue l’avenir de la démocratie dans la région. Potentiellement, l’Irak peut devenir un modèle politique pour ses voisins. Et, qu’on le veuille ou non, tout cela a été obtenu grâce à l’intervention américaine de 2003[9]. »

Selon les câbles WikiLeaks, les diplomates américains en poste à Bagdad ont souvent mis en exergue son « ignorance », ses « incohérences » et ses « erreurs historiques » d'appréciation[12].

Ambassadeur en Tunisie (2011-2012)[modifier | modifier le code]

Le 9 février 2011[13], Boris Boillon est nommé ambassadeur de France à Tunis en remplacement de Pierre Ménat accusé d'avoir mal apprécié la situation lors de la révolution tunisienne[réf. nécessaire], selon une interview ultérieurement accordée à l'agence Reuters, dans laquelle des diplomates français accuseront la présidence de la République d'avoir « volontairement » tronqué une note de synthèse de Pierre Ménat qui « faisait de la fuite rapide du dictateur une hypothèse crédible »[14].

Arrivé à Tunis le 16 février, Boris Boillon est chargé, selon le porte-parole du Quai d'Orsay, de « prendre un nouvel élan, en s'appuyant sur une nouvelle ambition partagée » afin de renouer les liens entre le peuple tunisien et la France. Sa nomination ne fait pourtant pas l'unanimité. L'ancien ambassadeur Charles Crettien fait paraître une tribune dans Le Monde pour qualifier ce choix de « choquant », voire « dangereux »[15].

Peu après sa prise de fonction, Boris Boillon invite des journalistes tunisiens à l'ambassade[16]. Il refuse de répondre aux questions portant sur la gestion de la crise tunisienne par Michèle Alliot-Marie, les qualifiant de « débiles », de « nul[les] » ou de « n'importe quoi », puis interrompt brutalement l'interview [17]. Une manifestation rassemblant plusieurs centaines de personnes[18] est organisée le 19 février devant l'ambassade pour demander son départ, dénonçant son « manque de diplomatie » et son « agressivité »[19],[20],[21]. Le soir même, il présente, à la télévision nationale tunisienne, ses « excuse[s] auprès des journalistes et de tous les Tunisiens »[22].

Souvent décrit comme un « wonder boy » ambitieux et volontariste[23], se qualifiant lui-même de « produit Sarko »[24], son style fait l'objet de divers commentaires dans la presse française[11] et tunisienne qui rappelait que « l’un des mots d’ordre de [la] Révolution de Jasmin [était] Dignité »[25].

En avril 2011, la presse annonce son remplacement[26], mais il est maintenu en place.

Reconversion dans le privé[modifier | modifier le code]

À la suite de l'élection de François Hollande à la présidence de la République, Boris Boillon est remplacé par François Gouyette[27], le 24 août 2012.

En novembre 2012, il se reconvertit dans le secteur privé en créant une société de conseil en affaires, Spartago domiciliée à Paris[28]. Mme Malika Benlarbi en est nommée Directeur général le 6 juin 2013, et démissionne le 14 octobre 2013 [29].Une seconde société est créée à Paris le 14 juin French Group UR [30],[31]. Cette dernière est dissoute le 14 février 2014[30].

Le 31 juillet 2013 à Paris, Boris Boillon est interpellé à la gare du Nord par les douaniers français en possession d'un sac contenant 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide. Il s’apprêtait à rejoindre Bruxelles à bord d'un train Thalys. Selon l'article 464 du code des douanes, le transfert dans un autre pays de l'Union européenne de sommes supérieures à 10 000 euros doit être déclaré. « En cas d'infraction, le contrevenant peut être puni d'une amende égale au quart de la somme sur laquelle a porté l'infraction ou la tentative d'infraction »[32],[33],[34].

Décorations[modifier | modifier le code]

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 31 décembre 2010 par décret de Nicolas Sarkozy[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « François Gouyette succède à Boris Boillon comme ambassadeur de France à Tunis », Le Nouvel Observateur,‎ 26 août 2012 (consulté le 26 août 2012)
  2. a et b Décret du 31 décembre 2010 portant nomination à titre exceptionnel
  3. a et b David Fontaine, « Le sliplomate », Le Canard enchaîné, no 4714,‎ 2 mars 2011, p. 7.
  4. « Quand l'ambassadeur Boillon soutenait Kadhafi », L'Express, 21 février 2011.
  5. « Quand Boris Boillon, nouvel ambassadeur en Tunisie, défendait Kadhafi », Bigbrowser.blog.lemonde.fr, 21 février 2011
  6. « Boris Boillon, "fils" de Kadhafi », France Soir, 22 février 2010.
  7. Décret du 29 juillet 2009 portant nomination
  8. Sabine Syfuss-Arnaud, « En Irak, la France s’appuie sur un VRP enthousiaste », Challenges, 22 septembre 2010.
  9. a et b Isabelle Lasserre (entretien avec Boris Boillon), « L'Irak, laboratoire de la démocratie du monde arabe », lefigaro.fr, 30 août 2010
  10. Cf. le billet de Pascal Boniface, « La guerre d’Irak légitimée a posteriori par le Quai d’Orsay ? », Affaires Stratégiques (Blog de Pascal Boniface), 1er septembre 2010
  11. a et b Régis Soubrouillard, « Boris Boillon, ambassadeur twitter, un peu cowboy, un peu sarkoboy », marianne2.com, 17 février 2011.
  12. « Boris Boillon, selon les câbles WikiLeaks : vantard et pas toujours compétent », Thomas Cantaloube et Michaël Hajdenberg, Mediapart, 22 février 2011.
  13. Décret du 9 février 2011 portant nomination
  14. « Des diplomates accablent Sarkozy », Le Journal du Dimanche, 22 février 2011.
  15. « La nomination du nouvel ambassadeur de France en Tunisie est choquante », lemonde.fr, 10 février 2011.
  16. Une rencontre très spéciale avec Boris Boillon l'ambassadeur de France
  17. Cf. l'interview d'une journaliste tunisienne sur « B. Boillon présente ses excuses aux Tunisiens » BFMTV, 19 février 2011.
  18. « Le nouvel ambassadeur de France à Tunis contesté par la rue », L'Express, 19 janvier 2011]
  19. « Manifestation à Tunis pour faire partir le nouvel ambassadeur de France », liberation.fr, 19 février 2011.
  20. « Manifestation contre… le nouvel ambassadeur de France », letelegramme.com, 19 février 2011.
  21. Ava Djamshidi, « Tunis : des manifestants exigent le départ de l'ambassadeur de France », Le Parisien, 19 février 2011.
  22. « Tunisie. L'ambassadeur de France présente ses excuses », Le Parisien, 19 février 2011.
  23. Alain Barluet, « Boris Boillon nommé ambassadeur à Tunis », lefigaro.fr, 26 janvier 2011.
  24. « En Irak, la France s’appuie sur un VRP enthousiaste » sur ambafrance-iq.org.
  25. Salah Horchani (professeur à la Faculté des sciences de Tunis), « Lettre ouverte à Monsieur Boris Boillon », Le Grand Soir, 21 février 2011.
  26. « Un nouvel ambassadeur à Tunis », francesoir.fr, 2 avril 2011.
  27. Alain Barluet, « Premières nominations parmi les ambassadeurs français », Le Figaro,‎ 1er août 2012 (consulté le 10 août 2012)
  28. http://www.societe.com/cgi-bin/carto?param=789131307&type=3
  29. http://www.societe.com/cgi-bin/vitrine?rncs=789131307
  30. a et b http://www.societe.com/societe/french-group-ur-793673062.html
  31. « Affaire Boillon : les drôles de business de “Monsieur l'Ambassadeur” », lepoint.fr, 31 août 2013.
  32. Lénaïg Bredoux, « L’ex-ambassadeur Boris Boillon interpellé avec 350,000 euros en liquide », mediapart.fr, 30 août 2013.
  33. « Boris Boillon interpellé avec près de 400 000 euros en liquide », lepoint.fr, 30 août 2013.
  34. « Boris Boillon, ancien ambassadeur à Tunis, arrêté avec 350 000 euros en liquide », Le Monde, 30 août 2013.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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