A Hard Day's Night (chanson)

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A Hard Day's Night est une chanson des Beatles, écrite par John Lennon, avec la collaboration de Paul McCartney. Elle ouvre leur troisième album et leur premier film, éponymes. Également parue en single (avec Things We Said Today en face B), elle est disponible au Royaume-Uni en même temps que l'album, le 10 juillet 1964, jour de la première du film à Liverpool. Trois jours plus tard, le single est disponible aux États-Unis, quoique la chanson y soit déjà parue en album le 26 juin. En Angleterre comme en Amérique, la chanson se hisse au haut des meilleures ventes de disques.

Le morceau est notamment connu par son accord d'introduction, si caractéristique qu'il permet à lui seul d'identifier instantanément la chanson si on la connaît.

Historique[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

La chanson est composée dans l'urgence à partir d'un accident de langage de Ringo Starr : sortant d'un longue session d'enregistrement en studio à une heure tardive, le batteur dit It's been a hard day… (« Cela a été une dure journée… ») puis s'apercevant que c'est la nuit, ajoute …s'night (« de nuit »)[1],[2],[3]. « On a eu une longue journée au studio, et on a bossé toute la journée puis finalement une partie de la nuit. Je crois que je suis sorti en pensant qu'il faisait toujours jour, Et j'ai dit It's been a hard day…, puis j'ai regardé autour de moi pour me rendre compte qu'il faisait nuit et je me suis rattrapé : …night ! On est donc arrivés à A Hard Day's Night. » explique Ringo Starr[2].

À ce point, le film des Beatles n'a pas encore de titre, pas plus que le disque qui doit l'accompagner, et dont la majorité des chansons sont déjà enregistrées. John Lennon, très friand de ce qu'il appelle les ringoïsmes, saute sur l'occasion. Avec Paul McCartney, il se met instantanément à l'écriture de la chanson, qu'ils terminent le 14 avril 1964. « Le titre était de Ringo. On avait presque fini de faire le film, mais le truc marrant était qu'on savait pas quel titre lui donner. Alors on s'est assis aux studios Twickenham pour avoir une petite session de remue-méninges… et on a dit "Eh bien, il y a bien un truc que Ringo a dit l'autre jour." Ringo avait sorti cette phrase de façon mal appropriée, il disait souvent des trucs sans sens, comme le font certaines personnes, mais ce qu'il disait était toujours beau, très textuel… Il y avait un truc magique, bien qu'en sachant qu'il parlait mal. Et après un enregistrement il a sorti Phew, it's been a hard day's night. » se remémore Paul McCartney en 1994 dans The Beatles Anthology[2]. Cependant, dans sa biographie de John Lennon, Philip Norman indique que celui-ci avait utilisé quelque temps auparavant l'expression dans un texte intitulé Sad Michael[4].

C'est John qui est le principal artisan de cette « chanson de commande », c'est-à-dire composée pour un besoin particulier. Et juste en partant d'un titre. « Je rentrais chez moi en voiture et Dick Lester (le réalisateur du film) a suggéré le titre Hard Day's Night à cause d'un truc qu'avait dit Ringo. Je l'ai utilisé dans mon livre In His Own Write, mais c'était une remarque sans aucun sens de Ringo », raconte John Lennon, « Tu sais, un de ces trucs inappropriés. Un ringoïsme, où il avait dit que ça n'était pas marrant… il l'a juste dit. Donc Dick Lester a dit "On va l'utiliser comme titre". Et le matin d'après, je l'ai ajouté dans la chanson… à cause d'une petite compétition entre Paul et moi, qui était qui ferait la face A ». Il fallait donc faire vite. Et Lennon ajoute : « Si t'y fais attention, au début, la majorité des singles, dans les films et tout, étaient de moi… au début je dominais le groupe. La seule raison pour laquelle Paul chantait sur A Hard Day's Night était que j'avais du mal à chanter les parties When I'm home / Everything seems to be right / When I'm home… et c'est ce qu'on faisait parfois. L'un de nous ne pouvait chanter assez haut ou assez bas, mais, voulant un son différent, il demandait alors aux autres de faire l'harmonie. »

Enregistrement[modifier | modifier le code]

La session d'enregistrement a lieu le 16 avril 1964 à Abbey Road. Il faut moins de trois heures aux Beatles pour enregistrer le titre et son fameux accord d'introduction[5] en sélectionnant finalement la 9e prise dite d'« accompagnement » (backing track) pour y ajouter les overdubs et procéder au mixage définitif[6].

George Harrison éprouve des difficultés à exécuter le chorus de guitare (comprenant une phrase très rapide) qui constitue la partie instrumentale de la chanson sur le riff du couplet. Au final, il l'enregistre à part, en compagnie de George Martin qui joue à ses côtés les mêmes notes au piano, la bande étant considérablement ralentie pour leur permettre de le « passer » plus facilement[7]. Autres overdubs : des bongos sur tout le morceau et une cloche battant la mesure sur le pont en si joués par Ringo Starr, doublage de leurs parties vocales par John et Paul, guitare acoustique supplémentaire de John et enfin une idée pour le final. Pour répondre aux demandes de Richard Lester, le réalisateur du film, présent en studio, George Harrison prend sa nouvelle Rickenbacker à 12 cordes et enregistre en vitesse ces arpèges qui se trouvent à la fin du morceau. Cette guitare apportera beaucoup au son du groupe par la suite[7].

Parutions[modifier | modifier le code]

Enregistrée à deux reprises dans les studios de la BBC, on retrouve, sur la compilation Live at the BBC, la version enregistrée le 14 juillet 1964, pour une diffusion deux jours plus tard à l’émission Top Gear[8]. Le solo de piano, joué par George Martin, qui débute vers 1:20, a été pris directement de la version de l'album[9].

Reprises[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive d'artistes ayant repris A Hard Day's Night :

Structure musicale[modifier | modifier le code]

La chanson se distingue d'emblée par son intro, un accord de sol augmenté d'une quarte et d'une septième, puissamment plaqué par les guitares de John Lennon et George Harrison (12 cordes), accompagnés par un accord de trois notes de piano (ré-sol-ré) joué par George Martin, un ré aigu sorti de la basse Höfner de Paul McCartney et un coup simultané de caisse claire et de cymbale donné par Ringo Starr. George Martin, le producteur, explique : « Nous savions que cette chanson ouvrirait le film et l'album. Il nous fallait donc un démarrage particulièrement fort et efficace. Cet accord strident de guitares constituait le lancement idéal »[6].

Les couplets sont chantés par John Lennon sur la boucle d'accords suivants : « It's been a hard (sol) day's (do) night (sol), and I've been working (fa) like a dog (sol) », deux fois, « But when I get home to you (do) I'll find the things that you do (ré) wil make me feel (sol) al (do) right (sol). Paul McCartney chante le pont en raison de son registre vocal plus étendu dans les aigus sans passer en voix de tête : « When I'm home (si), everything seems to be (mi) right (si), When I'm home (sol), feeling you holding me (mi) tight (do), tight (ré) ». Après le premier pont, vient la partie instrumentale et le chorus guitare-piano joué par les deux George.

La chanson se termine sur un ré après un dernier couplet et sur les arpèges joués sur sa 12-cordes par George Harrison.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Équipe de production[modifier | modifier le code]

  • George Martin – producteur
  • Norman Smith – ingénieur du son

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Steve Turner, l'Integrale Beatles, les secrets de toutes leurs chansons", hors collection, 1999, p.46-47
  2. a, b et c The Beatles Anthology, Seuil, 2000, p.130
  3. Marl Lewisohn, "The Complete Beatles Recording Sessions, The true Story of the Abbey Road Years", Hamlyn books, 1988, p.43
  4. Philip Norman 2010, p. 363
  5. Voir par exemple (en) Ryan McNutt, « Sherlock of rock », Dal News, Université Dalhousie,‎ 16 octobre 2008 (lire en ligne)
  6. a et b (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years, Londres, Hamlyn,‎ 1988 (ISBN 0-600-55784-7), p. 43
  7. a et b Geoff Emerick, Here There and Everywhere, My Life Recording the Music of The Beatles, Gotham Books, 2006, p.85-86 ISBN 978-1-59240-269-4
  8. http://www.beatlesbible.com/features/beatles-bbc-radio-recordings/
  9. http://www.beatlesebooks.com/hard-days-night
  10. http://www.openculture.com/2011/05/peter_sellers_performs_the_beatles.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Philip Norman (trad. Philippe Paringaux), John Lennon : une vie, Paris, Robert Laffont,‎ 2010 (1re éd. 2008), 862 p. (ISBN 978-2-221-11516-9)