Île d'Aix

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Île d'Aix
Image illustrative de l'article Île d'Aix
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Archipel charentais
Localisation Pertuis d'Antioche (océan Atlantique)
Coordonnées 46° 00′ 46″ N 1° 10′ 21″ O / 46.0128, -1.172546° 00′ 46″ N 1° 10′ 21″ O / 46.0128, -1.1725  
Superficie 1,29 km2
Point culminant falaise derrière le fort Liédot (15 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Démographie
Population 232 hab.
Densité 179,84 hab./km2
Plus grande ville Île-d'Aix
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1
Site officiel [[1] [2]]

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

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Île d'Aix
Île d'Aix

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Île d'Aix
Île d'Aix
Îles de France

L'île d'Aix est une île française, baignée par l'océan Atlantique, au large des côtes de la Charente-Maritime. Faisant partie de l'archipel charentais, elle est située à l'est du pertuis d'Antioche, entre l'île d'Oléron et Fouras, à l'extrémité nord de la vaste embouchure de la Charente.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte Île-d'Aix.svg

C'est une petite île de 129 ha environ, qui a la forme d'un croissant ou d'une ancre de bateau (carte à l'envers) de 600 m de large maxi sur 3 km de long et compte environ 7,5 km de littoral. Elle est très plate (15 m), et son point le plus haut est situé sur la falaise derrière le fort Liédot.

Sa côte est faite de rochers, de falaises rocheuses, au sud et au nord, et de plages de sable à l'ouest et à l'est. La plus longue est située au sud/est et au centre de l'anse du Saillant, appelée plage aux Coquillages, qui s'étend depuis Bois-Joli jusqu'à la pointe de Coudepont. La plus longue couvre la quasi-totalité de la façade ouest, de la limite du bourg jusqu'à la pointe du Parc, au nord. Celle de l'anse de la Croix, au pied du phare, est la plus enclavée et la plus proche du village. D'autres petites plages ponctuent un rivage de rochers au nord.

Sa population est partagée entre le bourg fortifié au sud, le hameau de Bois-Joli, les Petites Maisons en bordure de l'anse du Saillant, et quelques maisons éparpillées vers le nord-ouest. Le tiers de sa surface est couverte par une petite forêt, avec quelques constructions disséminées à l'intérieur de celle-ci. Au nord se trouve une zone appelée le Marais, où paissent des chevaux. Cette partie de l'île est constituée de champs. À la sortie du bourg sont installés des bassins ostréicoles à proximité de deux exploitations.

Accès et circulation[modifier | modifier le code]

L'accès à l'île d'Aix se fait par voie maritime, l'île étant séparée du continent par un détroit de 6 km. Toute l'année, un service quotidien de bacs transbordeurs assure la traversée depuis le port de la Fumée, au nord de Fouras. Pendant la saison estivale, des croisières sont assurées depuis La Rochelle ou les îles voisines, et Oléron. Ainsi, plus de 250 000 voyageurs transitent, en moyenne, chaque année, entre l'île d'Aix et le continent.

La circulation automobile touristique est interdite. Seuls une dizaine de véhicules insulaires sont autorisés à circuler ainsi que des camions et camionnettes transitant par les 2 bacs pour assurer les livraisons de marchandises et matériaux.

Les déplacements se font, à pied, à vélo, ou en calèche pour les estivants. De nombreux chemins bornés permettent de visiter la campagne, les monuments, et les curiosités etc..

Biodiversité[modifier | modifier le code]

La faune[modifier | modifier le code]

Terrestre est composée de lapins, rongeurs en tout genre, faisans etc…

De très nombreux oiseaux dont certains venus du continent peuplent l'île ; tourterelles des bois, merles, pigeons, huppes, moineaux, hirondelles et martinets à la belle saison, bergeronnettes, etc. ainsi que de petites colonies d'oiseaux de mer ; mouettes, goélands, cormorans et sternes se rassemblant sur les balises rocheuses à marées montantes et quelques oiseaux solitaires de marais ; échasses et aigrettes. Une colonie de bernaches Cravant stationne l'hiver sur les vasières de l'île également…

La flore[modifier | modifier le code]

Toutes les fleurs sauvages plus quelques espèces endémiques

Toponymie[modifier | modifier le code]

Autrefois appelée Aia, l'île d'Aix pourrait avoir pour origine un mot saxon : Eia Insula[1].

Île-d'Aix (sans article et avec trait d'union) désigne l'entité administrative communale qui se confond avec l'entité géographique de l'île d'Aix (sans trait d'union).

Préhistoire[modifier | modifier le code]

En 1822, l'on a retrouvé un sarcophage avec deux squelettes et un morceau d'épée, datés de l'âge du fer.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île est envahie par les Normands, en 844. Ils pillent, exterminent la population et détruisent le prieuré des Bénédictins, aux Ormeaux[réf. souhaitée].

Les Romains ont aussi laissé des traces de leur passage : des sépultures, découvertes en 1779.

L'île est cédée par Isambert de Châtelaillon, en 1067, à l'abbaye de Cluny, qui y érige un nouveau prieuré (l'église Saint-Martin), géré par une modeste communauté de prieurs[réf. souhaitée]. Un village va se développer à cette époque autour de cette structure.

Elbe de Châtelaillon reprend l'île après la mort de son père, en 1089, et ne la rend qu'en 1096, sous la pression du Duc Guillaume d'Aquitaine et l'excommunication[réf. souhaitée].

Durant les conflits successifs entre la France et l'Angleterre, l'île est mise à sac de nombreuses fois. Pendant deux siècles, elle reste quasi inhabitée[réf. souhaitée].

L'Édit de Nantes, en 1598 y stabilise la paix et redonne une vie sociale et agricole à ses quelques habitants.

Les véritables constructions de défenses de l'île ne commencent qu'à la moitié du XVIIIe siècle, sous forme de fortifications, voulues par Louis XV.

Le 23 septembre 1757, les fortifications ne sont pas terminées lors d'une attaque anglaise, commandée par l'amiral Hawke, et composée de dix-huit vaisseaux de ligne, de neuf frégates, et de deux galiotes à bombes et d'environ 90 bâtiments de transport montés par 11 000 hommes de troupes. Trois jours après, il force la faible garnison de l'île d'Aix à se rendre, après avoir détruit par le canon tous les ouvrages de défense[2]. Les anglais ravagent le donjon et le village, puis partent avec la cloche de l'église, après avoir rasé son clocher[réf. souhaitée]. La flotte anglaise reprend la mer le 1er octobre[2].

L'île d'Aix se trouvant au cœur de la ceinture fortifiée protégeant la rade de l'arsenal de Rochefort, on y édifie deux forts sous Richelieu, renforcés par Vauban, reliés sur le contour de l'île par une série de batteries, activée en temps de guerre, et prolongés par d'autres forteresses, sur le continent, l'île d'Oléron (fort des Samonards), et dans le Pertuis de Maumusson (fort Louvois).

À cause de l'achèvement, trop tardif, du fort Boyard, la rade reste ouverte et fragile en cas d'attaque, laissant exposés à l'ennemi des vaisseaux mouillés en rade, ou ceux en attente de remonter la Charente. Celle-ci trop peu profonde à cause du tirant d'eau des plus grands navires, oblige ces derniers à décharger une partie de leur cargaison et de leur artillerie.

Aux alentours de 1770, le marquis de Montalembert, propriétaire de la fonderie de Ruelle, qui fabrique des canons pour la Marine Royale sans toucher aucune indemnité, est désavoué par le duc de Choiseul, alors ministre. Il lui a présenté, en vain, son Mémoire sur les fortifications, et a fait construire, à ses frais, le fort de l'île d'Aix. Ce fort, en avance sur son temps, est équipé des canons ayant les plus forts calibres de l'époque ; sa solidité résiste à toutes les expériences de tirs (les commotions provoquées par les décharges de ces canons ne font pas s'écrouler l'édifice, comme le craignait le ministre), et coûte un peu moins cher que prévu[3]. Ces nouveaux canons, à grande portée, rendent déjà caduque l'idée du fort Boyard qui est construit à mi-distance, entre Aix et Oléron.

L'île connaît une intense activité sous le Premier Empire.

En 1801, profitant d'une courte trêve dans la guerre qui oppose la France à l'Angleterre, depuis déjà 9 ans, Bonaparte, Premier Consul, approuve un nouveau projet qui relance la construction d'un fort sur la Longe de Boyard, le banc de sable entre Oléron et Aix. Dès lors, la rade est le site d'une forte activité de petits navires et d'ouvriers. Plus de 60 000 m3 d'enrochement provenant de la Pointe de Coudepont (île d'Aix), sont amenés et déposés, sur le banc de sable de mai 1804 à juin 1809. Le chantier est abandonné après les combats d'avril 1809.

Les fortifications[modifier | modifier le code]

Batterie de Jamblet à la fin du XIXe siècle (canons de 24 cm modèle 1876 sur affût modèle GPC).

L'île fait partie de la ceinture de protection de Rochefort, avec Ré, au nord, et Oléron, au sud. Elle est composée de forts, de batteries et de murailles.

Sur l'île :

  • Le fort de la Rade (l'actuel : 1810/1814, le premier : 1692/1704, le deuxième : 1778/1779), entouré de fossés, à la pointe sud avec accès par un pont ;
  • Le bourg intramuros, séparé du fort au sud, et du reste de l'île, au nord, par des fossés ;
  • La batterie de la Force, en remontant la côte ouest ;
  • La batterie du Moulin ;
  • La batterie de Tridoux ;
  • La batterie de Bois-Joli ;
  • La batterie de Jamblet, aménagée en musée ;
  • La batterie de Fougères ;
  • La batterie du Parc, au coude nord-ouest ;
  • La batterie de la Tente ;
  • La batterie Saint-Eulard ;
  • La batterie de Rechignard ;
  • Le fort Liédot (1810/1934-1880), construit sur le point culminant de l'île ;
  • La batterie du fort de Coudepont, sur la pointe est de l'île (propriété privée).

Autour de l'île :

En 1880, des ossements de prêtres réfractaires sont trouvés lors de travaux sur les batteries de Jamblet et de Tridoux. Ils sont transférés dans la crypte de l'église Saint-Martin, puis dans le maître-autel.

La bataille de l'île d'Aix[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de l'île d'Aix.
Les vaisseaux français aux prises avec les brûlots ennemis, le 11 avril 1809 au soir. Peinture de Louis-Philippe Crépin.

Les 11 et 12 avril 1809, à l'aide de brûlots, les anglais attaquent la flotte (11 vaisseaux et frégates) du vice-amiral Zacharie Allemand, au mouillage devant l'entrée de La Charente, alors que celle-ci s'apprêtait à prendre la mer pour apporter du renfort aux Antilles encore possession de la France.

C'est un désastre pour la flotte de l'Empereur qui perd quatre vaisseaux et une frégate.

1815, Embarquement pour Sainte-Hélène[modifier | modifier le code]

Napoléon à bord du Bellerophon, par Charles Lock Eastlake, en 1815.

En juillet 1815, après la défaite de Waterloo, Napoléon croit encore pouvoir fuir aux Amériques et, c'est ainsi qu'il part du château de Rueil, en fiacre, avec son aide de camp, pour rejoindre Rochefort, où il passera la nuit, pour, ensuite, aller à Fouras, sur la plage sud. Dans la rade, il aperçoit deux frégates françaises : la Saale et la Méduse. Au large se trouve aussi une flotte britannique, qui ferme la rade de l'île d'Aix. Plusieurs projets sont élaborés pour cacher l'Empereur déchu, mais il refuse catégoriquement de se tapir comme un vulgaire rat. Napoléon décide alors de monter à bord de la Saale, et de gagner l'île d'Aix, le 9 juillet 1815. Après plusieurs jours de réflexion, observant de la fenêtre de sa chambre les vaisseaux anglais faisant le blocus, il décide de se rendre et rédige une lettre. Et c'est de l'île d'Aix que, le 15 juillet 1815, il embarque sur un canot, à la pointe Sainte-Catherine, pour aller se rendre à l'ennemi. Il monte à bord du HMS Bellerophon qui va l'emmener sur le chemin de exil.

L'île d'Aix en chanson[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Histoire passion : l'île d'Aix
  2. a et b Jean Baptiste Ernest Jourdan, Éphémérides historiques de la Rochelle, p. 349 disponible sur Internet Archive
  3. Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf,‎ 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 307
  4. Site des Coup d'marron
  5. Liste des titres de l'album La Part des Anges sur le site internet des Binuchards

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Antoine Berniard, Histoire de l'Île d'Aix, chez l'auteur, 1993, 179 p. (ISBN 2-906121-18-5)
  • Dominique Droin, Napoléon et les brûlots de l'île d'Aix, Prée-Océan, Saint-Laurent-de-la-Prée, 2003, 220 p. (ISBN 2-9515363-3-X)
  • Jean-Claude Flamant (et al.), L'Île d'Aix : à la découverte de l'île et de son histoire, Éditions du Vieux Chouan, Fromentine, 1982, 40 p.
  • Fleuriot de Langle, L'Île d'Aix : Petite Isle, dernière étape de l'Empereur, Éditions À la Rose des vents, La Rochelle, 1949, 141 p.
  • Élie Garnier, L'Île d'Aix à travers les temps, Rumeur des âges, La Rochelle, 1984, 227 p. (ISBN 2-903974-06-3) (reproduction en facsimile de l'édition de Croharé, Tarbes, 1909)
  • Daniel Salmon, La dent de Jane, Éditions le petit pavé. 2001
  • Christophe Pincemaille, Napoléon et l'Île d'Aix : la forteresse encerclée, 1801-1815, Geste éd., La Crèche ; RMN, Paris, 2008, 135 p. (ISBN 978-2-84561-376-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]