Marc-René de Montalembert (1714-1800)

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Marc-René de Montalembert
Portrait de Marc-René, marquis de Montalembert par Quentin de La Tour (XVIIIe siècle)Versailles, Musée national du Château et des Trianons
Portrait de Marc-René, marquis de Montalembert par Quentin de La Tour (XVIIIe siècle)
Versailles, Musée national du Château et des Trianons

Naissance 16 juillet 1714
Angoulême
Décès 28 mars 1800 (à 85 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Monarchie constitutionnelle française
Drapeau français République française
Arme cavalerie
Grade général de division
Années de service 17331800
Conflits Guerre de Succession de Pologne
Guerres de Silésie
guerre de Sept Ans
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Membre de l'Académie des sciences
Autres fonctions Lieutenant-général en Saintonge et Angoumois
Maître de forge
Famille Famille de Montalembert

Marc-René, marquis de Montalembert, né à Angoulême le 16 juillet 1714 et mort à Paris le 28 mars 1800, est un général, homme de lettres et ingénieur français, spécialisé dans les fortifications défensives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille de Montalembert.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Seigneur de Maumont, Juignac, Saint-Amant, Montmoreau, la Vigerie et Forgeneuve, il entre comme cornette au régiment de Conti-Cavalerie le 1er juin 1733, il y fait les campagnes de la guerre de succession de Pologne, et il est promu au grade de capitaine le 25 mars 1734.

Le 10 juillet 1742, lors de la guerre de succession d'Autriche, il est nommé capitaine des gardes du prince de Conti, qu'il suit à l'armée de Bavière en 1743, et en Italie, en 1744, puis il reçoit une commission de mestre de camp de cavalerie, le 18 octobre 1745, et fait en cette qualité, à l'armée du Bas-Rhin, la campagne de 1745.

Portrait de Marc-René de Montalembert.

Il devient chevalier de Saint-Louis, le 15 avril 1746. Il fait la campagne de Flandre cette même année. Il est pourvu, le 20 mars 1752, de la charge de lieutenant-général en Saintonge et Angoumois, et le 4 juillet suivant, de celle de troisième cornette des chevau-légers de la garde.

Promu maréchal de camp le 20 février 1761, le duc de Choiseul lui donne pour mission de suivre les armées suédoise et russe au cours de la guerre de Sept Ans.

Ingénieur[modifier | modifier le code]

Il est le créateur d'un nouveau système de fortification, dont le succès fut incontestablement prouvé aux sièges de Hanovre et de Brunswick, et utilisé par le gouvernement. Mais ce système, qui changeait une partie des idées reçues et qui, en forçant le génie militaire à sortir du terre-à-terre et de la routine, souleva l'opposition et les attaques très vives d'un grand nombre d'adversaires qu'il eut peut-être le tort d'aigrir encore par des réponses imprimées, dans lesquelles il avait trop raison dans le fond pour en adoucir la forme. Cette polémique et cette opposition causèrent au marquis de Montalembert des dégoûts amers.

Buste de 1805 de Montalembert à Ruelle, « Au grand citoyen »

Il est élu associé libre à l'Académie des sciences en 1747. En 1750, il rachète un moulin à papier sur la Touvre à Ruelle, qu'il convertit en forge à canons. Avec cette forge, celle de Forgeneuve à Javerlhac en Périgord et d'autres forges qu'il prend à ferme, il propose de fournir à la marine les canons de fonte de fer dont elle avait besoin. Sa proposition est acceptée le 17 septembre 1750 et la forge devient fonderie à canons pour la marine du roi en 1753[1].

À la suite de conflits d'ordre technique et financier, le gouvernement du roi Louis XV prend le contrôle de la forge en 1755 sans offrir aucune indemnité au marquis.

À demi ruiné, il reprend alors sa carrière militaire pendant la guerre de Sept Ans. Il présenta alors au duc de Choiseul, alors ministre, son Mémoire sur les fortifications. Ses plans, en avance sur leur temps, furent amèrement critiqués et jugés trop chers (la construction d'un fort dépassant le million de livres), et les canons de trop fort calibre mettraient soi-disant à l'épreuve la solidité de l'édifice.

Alors le marquis fait construire à ses frais le fort de l'île d'Aix, qui ne coûte que 800 000 livres et dont la solidité résista à toutes les expériences. Les Allemands s'inspirèrent de ses plans pour construire le fort de Coblence. Les Forts de l'Esseillon en Haute-Maurienne, construits par le royaume de Piémont-Sardaigne, s'inspirent également de ses principes.

Après de longues procédures judiciaires pour faire reconnaître sa propriété en Angoumois, Montalembert revend en 1774 Ruelle et Forgeneuve au comte d'Artois (le futur Charles X), qui la cède au roi Louis XVI en 1776. Le marquis obtient alors une indemnité de 20 000 livres de rentes qu'il ne touchera jamais[1].

Article détaillé : Fonderie de Ruelle.

Arrive la Révolution, le marquis l'accepte franchement. Mais, d'abord effrayé par la Loi des suspects, il émigre. Mais il revient rapidement lorsque l'Europe se coalise contre la France et offre ses services et son expérience militaire au Comité de salut public[1].

On le voit, le marquis de Montalembert avait joui d'une brillante fortune, en partie aliénée par vingt ans de travaux et de spéculation industrielle. Cependant lorsque les guerres révolutionnaires imposent à la France des dépenses colossales, il renonce au bénéfice d'une pension militaire qu'il devait à la perte d'un œil. Nommé général de division le 23 février 1793, il meurt à Paris le 28 mars 1800, à l'âge de 85 ans, doyen des généraux et des membres de l'Académie des sciences. Quelques mois avant sa mort, il avait lu à l'Institut un Mémoire sur les affûts de la marine. Montalembert est l'auteur d'un important traité sur les fortifications militaires ainsi que de trois comédies. Il a par ailleurs inspiré Raymond Adolphe Séré de Rivières, qui fut surnommé le « Vauban du XIXe siècle ».

Principales publications[modifier | modifier le code]

Marc-René de Montalembert fut "associé libre de l’Académie royale des sciences, à partir de 1747, et membre de l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg[2]"

  • Essai sur l'intérêt des nations en général et de l'homme en particulier (1749)
  • La Fortification perpendiculaire, ou essai sur plusieurs manières de fortifier la ligne droite, le triangle, le quarré et tous les polygones, de quelqu'étendue qu'en soient les côtés, en donnant à leur défense une direction perpendiculaire (5 volumes, 1776-1784)
  • Supplément au tome cinquième de la Fortification perpendiculaire, contenant de nouvelles preuves de la grande supériorité du système angulaire sur le système bastionné. L'on y a joint I ̊ un supplément relatif aux affûts à aiguille propre à monter l'artillerie des vaisseaux ; II ̊ un supplément au chapitre IXe du cinquième volume, qui traite des différentes méthodes à employer pour la défense d'une rade (1786)
  • L'Art défensif supérieur à l'offensif, ou la Fortification perpendiculaire, contenant de nouvelles preuves de la grande supériorité du système angulaire sur le système bastionné, divers mémoires avec une addition à la théorie des embrasures, donnée au chapitre cinquième du deuxième volume (1793)
Correspondance
  • Correspondance de M. le marquis de Montalembert, étant employé par le roi de France à l'armée suédoise, avec M. le marquis d'Havrincour, ambassadeur de France à la cour de Suède, M. le maréchal de Richelieu, les ministres du roi à Versailles, MM. les généraux suédois, et autres, etc., pendant les campagnes de 1757, 58, 59, 60 et 61, pour servir à l'histoire de la dernière guerre (3 volumes, 1777)
Théâtre
  • La Statue, comédie en 2 actes, en prose, mêlée d'ariettes, Paris, Théâtre de l'hôtel de Montalembert, août 1784, [lire en ligne]
  • La Bergère de qualité, comédie en 3 actes, mêlée d'ariettes, Paris, Théâtre de l'hôtel de Montalembert, 24 janvier 1786 [lire en ligne]
  • La Bohémienne supposée, comédie en 2 actes, mêlée d'ariettes, Paris, Théâtre de l'hôtel de Montalembert, 7 mars 1786 [lire en ligne]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf,‎ 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 306-308
  2. Jânis Langins, « Un discours prérévolutionnaire à l’Académie des sciences : L’exemple de Montalembert », Annales historiques de la Révolution française, Paris, no 320 : XVIIIe siècle,‎ 2006 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]