Archipel des Glénan
| Archipel de Glénan Îles de Glénan |
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Vue de l'île de Brunec depuis l'île Saint-Nicolas. |
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| Géographie | ||
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| Pays | ||
| Localisation | Golfe de Gascogne (océan Atlantique) | |
| Coordonnées | ||
| Superficie | 505 km2 | |
| Nombre d'îles | 9 îles et plusieurs îlots et rochers | |
| Île(s) principale(s) | Île de Saint-Nicolas, île du Loc'h, île de Penfret | |
| Point culminant | non nommé (19 m sur l'île de Penfret) | |
| Géologie | Îles continentales, récifs, bancs de sable | |
| Administration | ||
| Statut | Îles privées ou du domaine public partiellement protégées par la réserve naturelle Saint-Nicolas-des-Glénan | |
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| Région | Bretagne | |
| Département | Finistère | |
| Commune | Fouesnant | |
| Démographie | ||
| Population | Aucun habitant | |
| Autres informations | ||
| Découverte | Préhistoire | |
| Fuseau horaire | UTC+01:00 | |
| Archipels de France | ||
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L'archipel des Glénan ou îles de Glénan, localement appelé « les Glénan » est un archipel breton situé à environ 10 milles marins au sud de Fouesnant, dans le Finistère. L'école de voile « Les Glénans », implantée sur le site depuis 1947, se réserve l'orthographe avec un « s » final au moyen d'une marque commerciale.
Sommaire |
Géographie [modifier]
L'archipel de Glénan se compose de neuf îles principales et d'un grand nombre d'îlots. Cet ensemble géologique granitique aurait autrefois été une seule et même île :
« Les traditions racontent même que les neuf îlots des Glénan étaient jadis une île considérable : leur destruction par les flots de la mer est une œuvre géologique à laquelle les indigènes auraient assisté. »
On suppose même que l'archipel aurait autrefois rattaché au continent, comme le rapporte encore Reclus « Le Promontoire de Penmarc'h ou de la "tête de cheval", pilier jusqu'à présent indestructible de la côte dont l'archipel des Glénan faisait partie (...) »[1].
L'archipel actuel est extrêmement découpé, à tel point que sa superficie est difficilement calculable. Les cartes marines du lieu, malgré les efforts du Shom, ne parviennent pas à cartographier l'ensemble des récifs du site.
L'archipel a parfois été décrit comme « un aperçu de Tahiti en Bretagne Sud ». Il est célèbre pour la clarté des eaux de La Chambre, zone protégée au centre-ouest du « cercle de mer », souvent comparée à un lagon. Cet espace s'étend entre les îles Saint-Nicolas, Drénec, Bananec et Cigogne, et sert de zone de mouillage aux plaisanciers.
Lors des grandes marées, la Chambre peut être traversée à pied et devient le paradis des pêcheurs à pied qui ramassent ormeaux et palourdes sous la surveillance de la gendarmerie maritime.
Histoire [modifier]
Préhistoire et Antiquité [modifier]
Au néolithique le niveau des océans étant plus bas que ce qu'il est aujourd'hui, la zone de l'archipel des Glénan n'est pas insulaire. Au quatrième millénaire avant Jésus-Christ, un dolmen à couloir est érigé sur l'actuelle île de Brunec et des sépultures sont disposées à Saint-Nicolas, Drenec et Bananec. Cette population d'agriculteurs a probablement laissé d'autres traces que l'élévation du niveau de la mer (6 mètres en 5000 ans) a détruites. Le tertre de Brunec fait l'objet de fouilles en 1926 mais celles-ci révèlent que le tertre fut déjà visité et dégradé[Le Maître 1].
On retrouve des sépultures préhistoriques sur l'Île du Loc'h.[réf. nécessaire]
Les îles ont été occupées à l'époque gallo-romaine, comme en attestent les amphores et autres traces retrouvées sur l'Île aux Moutons.[réf. nécessaire]
Moyen Âge [modifier]
Le roi Gradlon aurait donné les îles de l'archipel aux moines de Saint-Gildas-de-Rhuys ; ils en revendiquent la propriété depuis l'an 399. [réf. nécessaire]
Au XIIIe siècle un prieuré a été édifié sur Saint-Nicolas, donnant ainsi le nom du saint très vénéré par les marins au Moyen Âge.[réf. nécessaire]
Au Moyen Âge l'archipel est une possession de l'abbaye de Rhuys[Le Maître 2]. En 1633, Henri de Bruc (alors abbé de Rhuys) trouve un locataire pour l'archipel. Claude Desbrosses restera jusqu'en 1637 payant 40 livres par an. Il sera suivi en 1651 par Pierre Levesque. Dans les années qui suivent l'abbé de de Rhuys est en retraite à Saint-Germain-des-Prés, l'abbaye de Rhuys nécessite quant à elle des travaux. Ainsi, des biens propriétés de l’abbaye sont mis en vente. Le 23 octobre 1658, Nicolas Fouquet (surintendant des finances du Royaume de France) se porte acquéreur de l'archipel. Les moines, souhaitant faire monter le prix, s'opposent à la vente. Un accord est trouvé le 17 août, mais Fouquet est arrêté le 5 septembre[Le Maître 3].
La plus ancienne carte mentionnant les îles remonte à 1313, où l'archipel figure sous le nom de grana. En 1466 elles sont nommées Glaram et c'est en 1585 qu'elles deviennent Gleran. [réf. nécessaire]
Époque moderne [modifier]
Un abri de corsaires [modifier]
L'archipel constitue un abri intéressant pour les corsaires pratiquant la guerre de course. Dès lors qu'une guerre est déclarée, des forbans viennent se cacher dans ces îles. Différentes actions sont entreprises pour tenter de déloger ces marins de l'archipel, notamment par Pierre Mauclerc. En 1481, cinq navires sont armés avec 525 hommes pour « nettoyer la côte ». Les corsaires des Glénan ne prennent pas pour cible pour les gros convois armés, leurs cibles sont les barques de marchand. En 1647, cinquante navires sont ainsi rançonnés par des pirates de Biscaye. L'année suivante, le marquis de Kerjean décide de chasser ces corsaires. Il trouve des navires ancrés proches de Penfret, il en coule trois, en arraisonne trois et chasse les trois autres. En 1688, la guerre reprend entre la France et l'Angleterre. Des corsaires de Guernesey descendent jusqu'aux Glénan. Le 4 avril 1704 la flotte royale est attaquée. Les pêcheurs de Locmaria fréquentent l'archipel, ils fournissent les corsaires en vivres diverses pour continuer à travailler[Le Maître 4].
Le XVIIIe siècle [modifier]
En 1714 un marchand - Pastoureau - du Passage Lanriec obtient des moines de Rhuys d'établir un négoce de poisson sur Saint-Nicolas. L'accord, incluant une franchise d’impôt, stipulait la construction d'un fort que Pastoureau ne bâtira jamais. À la disparition de ce dernier, Pierre de Lhérétaire reprend ce négoce[Le Maître 5]. En juin 1717, un ingénieur (Isaac Robelin) vient choisir l'emplacement du fort. Il fait mention d'une presse à Saint-Nicolas pour préparer les sardines : « Depuis la paix plusieurs particuliers de Concarneau y font bâtir une grande presse pour préparer les sardines »[Le Maître 6]. La presse aux Glénan permettait aux pêcheurs de passer la semaine sur l'archipel, le poisson était préparé dans la presse et ramené sur le continent par chasse-marée. Suite à une nouvelle guerre, les corsaires sont de retour dans l'archipel. Pierre de Lhérétaire quitte les Glénan peu après[Le Maître 7].
Le 26 juillet 1755, Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis, nouveau gouverneur de Bretagne, fait un déplacement aux Glénan. Il visite Penfret, le Loch, Cigogne, Bananec, Saint-Nicolas en mouillant dans la Chambre. Se reposant sur l'expérience des Sept-Îles où un fort à éloignés les pirates, il préconise la construction d'un fort à Cigogne[Le Maître 8]. La construction du fort se déroule laborieusement. Cigogne étant sans eau les ouvriers doivent loger sur Saint-Nicolas. Un aumônier est exigé pour célébrer des messes pour les officiers chargés de la surveillance des lieux[Le Maître 9]. En 1763 la Guerre de Sept Ans s'achève, la paix stoppe les travaux du fort qui n'est pas totalement achevé[Le Maître 10]. À la fin des années 1770, des corsaires anglais reviennent autour de l'archipel. De nombreux bateaux y sont capturés par des anglais, les marins locaux abandonnant leur navires de peur d'être ramenés au Royaume-Uni[Le Maître 10]. Les travaux reprennent au début de la Révolution française.
La description des Glénan par Jacques Cambry en 1794-1795 [modifier]
Jacques Cambry a visité l'archipel des Glénan en 1794 qu'il décrit dans son Voyage dans le Finistère…[2] :
« Le citoyen K.., propriétaire des Glénans, pourroit en tems de paix en tirer un grand parti , il se contente d'y élever quelques bestiaux et d'y faire de la soude ; de grands troupeaux s'y nouriroient. On y pourroit établir des presses et des magasins, saler, sécher une prodigieuse quantité de poissons, récolter les plus beaux fromens, cultiver les meilleurs légumes ; l'asperge y croit spontanément, une multitude de lapins vivoient sur ces îles, il n'y a pas trente ans ; on en trouve, mais en moins grande quantité. La canne royale, le plus belle oiseau de l'Europe paroit naturel à ces îles. Elles furent habitées jadis ; des marins attestent avoir vu à une demi-lieue dans l'ouest de l'île aux Moutons un mur, une grande voute faite de main d'homme, à vingt-six pieds de profondeur sous l'eau ; on ne les aperçoit que dans les plus grands calmes. Dans l'étang de l'île du Lock [Loc'h], ils ont vu des pierres druidiques ; à quelle antiquité incommensurable ces monuments de la Bretagne ne transportent-ils pas notre imagination (...) ? »
Jacques Cambry fait une description sommaire de chacune des îles, mais ne s'étend guère que sur deux d'entre elles :
« L'île de la Cicogne [Cigogne] sépare les Glénans en deux parties égales, elle les domine. On l'apelle la Chambre ou le Havre. Le lieu du mouillage peut avoir huit cents pas de long sur quatre cents de large ; le fort construit sur cette île bat toutes les entrées de la passe nord qu'on nomme Minangroëze ; celle de l'est, appelée Pennanmine, la passe de l'ouest dit Beguellech, toutes celles enfin qui permettroient à des corsaires d'aborder cet archipel et de s'en emparer; il est défendu par cinquante hommes de garnison. »
« L'île Saint-Nicolas (...) [a une] circonférence d'une demi-lieue, elle a quatre cents pas dans sa plus grande largeur ; on y trouve encore quelques vestiges d'habitations, entr'autre un puits d'eau douce assez bonne. Cette île sert de mouillage et de repos à tous les pêcheurs des Glénans ; elle peut être cultivée, ses terres porteroient de beaux grains et d'excellents légumes. Pendant la dernière guerre[3], des corsaires, espèces de forbans, s'y réfugièrent. »
Le XIXe siècle [modifier]
Description de l'archipel des Glénan en 1894 [modifier]
Victor-Eugène Ardouin-Dumazet visite l'archipel des Glénan en août 1894 : voici la description qu'il fait des principales îles de l'archipel[4] :
« L'Île aux Moutons form[e] avec les écueils voisins un petit archipel à part. C'est une roche gazonnée, n'ayant même pas deux cent mètres dans sa plus grande étendue. Un phare s'y dresse ; au-dessous est la maison des gardiens ; des écueils sur lesquels la lame bondit entourent ce triste séjour. L'Île aux moutons, me dit le père Maurin, avait jadis les animaux qui lui ont valu ce nom, mais les rats ont pullulé, et ils ont mangé béliers, brebis et agneaux. Peut-être a-t-on exagéré le drame. »
« L'île de Guignennec, près de laquelle nous passons, se compose de deux mamelons herbeux reliés par une langue de rochers. Sur l'un des monticules est une maison d'aspect lugubre. Elle est habitée pendant trois mois de l'année par les récolteurs et les brûleurs de varechs qui viennent fabriquer la soude. »
« L'île de Drennec est plus triste encore d'aspect ; elle a cependant de beaux pâturages, le beurre que produisent ses troupeaux a quelque réputation dont ne sont pas médiocrement fiers ses sept habitants ; nous passons près d'elle pour aller accoster à la jetée à demi-ruinée de l'île Saint-Nicolas. »
« L'île Saint-Nicolas; sinon la plus grande, au moins la plus active du groupe, est le centre de la pêche dans l'archipel. À notre arrivée, une barque vient à notre rencontre, elle est conduite par quatre enfants, ramant déjà comme de vieux marins. Ce sont deux petits-fils du père Maurin et deux enfants de la ferme. (...) Son gendre est le gardien du vivier à homards et langoustes célèbre dans toute la Bretagne par ses dimensions, où 35 000 de ces crustacés peuvent être placés. En ce moment, le vivier, en réparation, est vide, mais lorsqu'on l'a peuplé, soit avec la pêche des Glénan, soit avec les langoustes amenées d'Espagne, le spectacle de toutes ces antennes formant des buissons mouvants doit être des plus curieux. (...) Nous allons visiter l'île. C'est un coin de terre bien exigu et bien nu ; il n'y a pas cependant la tristesse qu'on s'attend à y trouver ; le cortège d'îles et d'îlots qui l'entoure lui ôte un peu de sa solitude. L'île n'a pas plus de 800 mètres de long sur 300 de largeur, mais, à mer basse, des plages de sable grossier mêlés de coquillages innombrables et de débris de madrépores la relie à l'île Branec, minuscule mamelon herbeux, et à l'île Bananec, un peu plus étendue. »
« L'île Bananec se présente sous la forme d'un coteau mouvementé : c'est par là que nous commencerons notre visite, la mer étant basse. La laisse de sable est très étroite, très courte ; quelques secondes suffisent pour la franchir. Nous voici sur Bananec, c'est une dune recouverte de gazon où paissent de belles vaches nonchalantes. Ces bêtes se sont pliées à leur milieu : chaque matin elles quittent leurs étables pour se rendre à Bananec. Si la mer est haute, elles se jettent à la nage, et gagnent leur pâturage. De même au retour. Le gazon qu'elles paissent est parsemé de grandes tiges de moutardes. Une immortelle, abondante aux Glénans, à l'île du Loch surtout, et qu'on vient chercher du continent, croît sur les flancs des dunes ; le feuillage en est presque blanc, il est recouvert d'un duvet laineux et velouté ; la fleur, d'un jaune tirant sur l'orange, a une odeur de miel. Bananec a peut-être été habitée jadis : à la pointe qui regarde le continent, il y a des traces de constructions éparses dans les fougères, entre les fosses où, la saison venue, on brûlera le varech pour en extraire la soude. Du point culminant, on a sur tout l'archipel une vue mélancolique, que les ruines industrielles de l'île du Loc'h rendent plus saisissante encore. Mais si on regarde du côté de la grande terre, le panorama prend une ampleur superbe : toute la côte bretonne apparaît, de l'île de Groix aux abords d'Ouessant. La belle croupe du Ménez-Hom, ce géant de la Cornouaille, vu d'ci, a une réelle majesté. »
« Par la plage d'un beau sable fin, coupée de plateaux de rochers couverts de varech, nous revenons à l'île Saint-Nicolas ; une dune étroite forme bourrelet sur le rivage et limite les pâtures. Au milieu d'une prairie sont les restes d'un dolmen, trois pierres debout autour d'une fosse, le reste a disparu. Cette prairie, envahie par la fougère, s'abaisse vers l'intérieur de l'île où la ferme occupe la partie la plus basse, comme pour s'abriter des vents ; ferme misérable bâtie de blocs de granit moussu. Devant la porte, des porcs se vautrent dans la boue. L'intérieur ressemble à celui des autres maisons bretonnes : des meubles simples, mais garnis de clous de cuivre poli; des cloisons brunies par la fumée et des lits en armoire. Au delà de la cour sont les trois seuls arbres de l'île : des figuiers noueux à la vaste ramure, croissant au bord d'un champ. L'île produit quelque peu de blé, des pommes de terre et des choux à haute tige, mais tout cela serait insuffisant pour nourrir les habitants, qui ne peuvent même payer leur fermage, sans la mer qui fournit du poisson, des crabes et ds coquillages. Les jours de grand gala, un peu de porc et de la volaille sont ajoutés au menu. »
« 35 habitants vivent à l'île Saint-Nicolas : le gardien du vivier, sa femme, ses enfants, et, à la ferme, deux ménages. Les autres habitants sont des pêcheurs qui ont construit près du vivier, au-dessus de la jetée, une des plus étranges cahutes qu'on puisse rêver. Avec des débris d'embarcation, des bois flottés, des toiles goudronnées, ils ont bâti une longue baraque dans laquelle ils ont installé un mobilier sommaire, meubles primitifs et grabats. Partout, aux parois, sont les filets, des casiers à homards et à langoustes, des lignes. Les habitants de ce bizarre établissement n'ont pas d'autre demeure, ils y restent si peu d'ailleurs ! Sans cesse en mer sur leurs barques, ils vont de Sein à Audierne, de Concarneau à Douarnenez, pêchent un peu de tout, mais reviennent toujours à leurs âpres îlots des Glénans où d'ailleurs abondent les crustacés (...). Encore ceux-là sont-ils des bourgeois en quelque sorte, grâce à leur baraque de l'île Saint-Nicolas ; bien d'autres indigènes des Glénans sont de vrais nomades passant leur vie presque entière dans des chaloupes. »
« La vie dans les Glénans (...) : on pêche, on mange, on reçoit des crustacés apportés par les pêcheurs de Pont-l'Abbé, de Concarneau, d'autres ports voisins ou d'Espagne ; on les parque pour les livrer à la consommation au fur et à mesure des besoins. Puis c'est l'incinération des varechs. L'hiver, quand le vent est trop violent, quand les lames menacent de tout emporter, on reste enfermé. Pour distraction, on a parfois la relâche des bateaux dans la Chambre. Ni église, ni école. (...) Il est question de faire une chapelle, mais quand le commune de Fouesnant, dont les îles dépendent, pourra-t-elle s'occuper de tout cela ? D'école pas davantage. À l'île Penfret, les gardiens du phare et du sémaphore se sont improvisés instituteurs pour leurs enfants, ceux des fermiers et des pêcheurs nomades ; à Saint-Nicolas, rien. Il n'y a qu'une école, professionnelle, rude et pratique, c'est la mer : elle fait de si hardis marins. »
« Un homme de cœur, un véritable apôtre,avait voulu arracher les habitants des Glénans à leur sauvagerie : c'était l'abbé du Maralhac'h qui, vers 1871, s'installa dans l'île du Loc'h, y construisit de ses mains une chapelle, entretint un cimetière, et s'efforça d'instruire les enfants. M. du Maralhac'h est mort il y a une douzaine d'années, sa chapelle est en ruines, personne n'a pris la suite de son apostolat. (...) »
« En route pour l'île du Loc'h, c'est-à-dire l'île de l'Étang. (...) Rapidement, nous passons entre les murailles abandonnées du fort Cigogne où il n'y a plus ni canons, ni soldats, et qui sert simplement aux savants professeurs ou étudiants du laboratoire de Concarneau, lorsqu'ils viennent étudier la faune marine. En face l'île Drennec, absolument nue de ce côté, les deux masures qui forment le "village" sont sinistres d'aspect. L'île du Loc'h apparaît, plateau triste entouré de roches basses couvertes de varech. (...) O le triste séjour ! L'île est un plateau où les sables accumulés par le vent et recouverts d'herbe ont l'aspect de vagues solidifiées. Douze ans à peine ont passé, [de la chapelle construite par M. du Maralhac'h] il ne reste que des murs informes à hauteur d'homme, blocs de granite maçonnés avec de l'argile. L'édifice était plus haut, il avait une charpente et un toit de carton bitumé ; le vent a emporté le toit, les hommes ont pris la charpente, les portes et les fenêtres pour les brûler,et la nature a fait son œuvre. (...) Plus lamentables encore sont, à côté; les tombes des habitants et des naufragés. (..) Les croix pourrissent, se brisent, jonchent la terre. (...) Nous suivons un chemin dans les dunes, couvertes des immortelles laineuses que j'ai déjà rencontrées à l'île Bananec et d'une sorte de grand pavot jaune à tige presque blanche, au feuillage métallique. Voici l'étang qui a donné son nom à l'île, il est enfermé entre les dunes, au-dessus d'une baie morne. Cette nappe d'eau sans vie, encombrée de joncs et de roseaux, est d'une inexprimable mélancolie. Tout autour, sur les dunes, sont les fosses à brûler le varech ; pendant la saison où cette opération a lieu, l'île doit disparaître sous un nuage de fumée. Enfin, voici un peu de vie : il y a un coin de pâturage vert, où paissent des chevaux, puis c'est la ferme, entourée de murs gris en pierre sèche, où courent les lézards, premiers animaux sauvages que nous rencontrions dans ces îles. La ferme est basse, mais bien tenue, elle fait face à de vastes étables. Des bandes d'oies, de porcs, nous accueillent par leurs cris et leurs grognements. La maison d'habitation proprement dite est rustique, mais très proprement tenue, les habitants (il y en a onze en tout au Loc'h) nous accueillent avec cordialité. Tout autour de la maison, les champs cultivés sont vastes (...). Au delà des bâtiments, l'île finit par un chaos de blocs de granit (...), restes d'un établissement celtique considérable. Beaucoup de pierres creusées, beaucoup d'autres recouvrant des fosses indiquent les sépultures d'une tribu nombreuse. (...) »
« Nous filons d'îlot en îlot ; un seul a quelque verdure, c'est Guiautec, long de 500 mètres, large de 200 ; on conduit parfois le bétail sur ces pelouses remplies d'herbes. Les autres îlots sont des rochers nus, aux formes étranges, entourés de laisses de sable éblouissant. De loin sur ce sable, on dirait une foule affairée, vêtue de noir, fouillant la plage en ordre régulier. En approchant, on s'aperçoit que ce sont des cormorans, seuls maîtres et habitants de ces infimes archipels. Ces rochers sont les Méabans, voisins de Penfret, où nous pouvons atterrir près d'un petit débarcadère. »
« L'île de Penfret est la plus vaste du groupe, sa longueur est de 1 600 mètres, sa largeur de 500. Les hautes constructions du phare et du sémaphore lui donnent un aspect plus vivant que ses voisines. La petite cale où nous débarquons est animée en ce moment par la présence d'une grosse embarcation qui charge des pierres destinées à la construction d'un nouveau phare à Penmarc'h. Le granit de Penfret se débite facilement ; les abords de la cale sont devenus une carrière où l'on extrait la roche. (...) [L'île] est un plateau légèrement ondulé terminé au nord par une haute butte rocheuse sur laquelle est le phare, tour carré d'un blanc éblouissant, haute de 32 mètres, construite à l'intérieur d'une batterie abandonnée. (...) La maison d'habitation des gardiens et de leurs familles est au centre de l'île, abritée des grands vents : elle est d'aspect riant avec son rez-de-chaussée soigneusement blanchi, ses mansardes et les volets bruns de ses fenêtres. Plus loin est la ferme, vaste maison basse entourée de masures servant d'étable, d'écurie ou de logements pour les pêcheurs de Penfret, qui font quelques armements. Le dernier groupe d'habitants est au sémaphore. En tout, 37 personnes résident à Penfret : 13 à la ferme, 11 au sémaphore, 13 dans la maison des gardiens du phare. Les enfants sont nombreux, ils ont une mine superbe faisant honneur à l'air et au lait de Penfret. Dans une prairie paissent sept ou huit vaches ; près de là s'étendent les cultures assez peu importantes. On na pas tiré du sol le parti qu'on aurait pu, les ajoncs en recouvrent une grande partie. »
Le XXe siècle [modifier]
Description de l'archipel des Glénan en 1930 [modifier]
Description de l’île aux Moutons [modifier]
Jean Courcuff, dans le journal L'Ouest-Éclair du 10 septembre 1930, décrit ainsi l’île aux Moutons :
« Il n'est pas exagéré de dire que l'Île aux Moutons est la plus intéressante de cet archipel. C'est elle la sentinelle avancée du dt archipel et son nom évoque immédiatement l'image d'une terre où paissent des troupeaux et où l'on imagine fermes et fermiers, vies actives et laborieuses. Peut-être en fut-il ainsi dans les temps lointains, ceux de l'engloutissement de la ville d'Is. La légende ne raconte-t-elle pas que l'archipel en entier était rattaché à la terre ferme et que la procession, les jours de grande solennité, se rendait, à pied, de Loctudy aux Moutons. Quoi qu'il en soit, l'île, telle qu'elle se présente aujourd'hui, n'est plus guère qu'un fragment ébréché, ceinturé de récifs, mesurant tout au plus 400 mètres de long. Sur le sol pelé, pas un arbre évidemment. Le phare, tout blanc, est situé dans la partie centrale où, sur un maigre tapis d'herbe rugueuse et rare, broute l'unique vache, propriété des époux Quéméré. Ceux-ci ont réussi, en plus, à cultiver, à l'abri d'un mur, quelques légumes. Pas d'autres habitants que le gardien de phare, sa femme et leurs enfants. Après le déjeuner, nous faisons le tour de l'île, admirons les rochers aux formes pittoresques et sauvages, et ne manquons pas de grimper le petit monticule où, face à la mer, se dresse le menhir dénommé le "Recteur des moutons". (...) Ce menhir a une singularité : il oscille sur sa base. Il suffit de lui donner une petite impulsion pour le sentir très nettement bouger[5]. »
Description du reste de l'archipel [modifier]
Jean Courcuff poursuit :
« Penfret, distante de 8 km, est atteinte en moins d'une heure. C'est (...) la plus grande et la plus haute de l'archipel. Son aspect est désolé au possible. À l'endroit où le bateau accoste, la végétation consiste en fougère et lande. Pas d'arbre, évidemment. Elle mesure un kilomètre un quart environ de bout en bout et est posée perpendiculairement à l'Est, tandis que les autres îles se profilent en un long chapelet vers l'ouest. Elle protège ainsi ces dernières contre les éléments [naturels] dont par contre elle reçoit le contre-coup. En hiver, quand la mer est mauvaise, aucun abri ne permet aux barques d'y trouver refuge. Aussi ne contient-elle aucun pêcheur. Seul un cultivateur a jeté son dévolu sur l'un des points où l'on peut faire pousser quelque chose. C'est Pierre Pichavant, de Loctudy, père de six enfants. Depuis neuf ans, il cultive dans sa petite ferme de l'orge, du seigle, quelques légumes, qui procurent aux 21 habitants de l'île, enfants compris,un ravitaillement plus sûr que celui de l'administration des P.T.T. ! Pichavant exporte le reste de ses produits sur le continent, au moyen de barques qu'il loue, ou bien qui lui sont adressées directement par les acheteurs. Au fond, cet homme est heureux... »
« Un phare avec ses deux gardiens, un sémaphore avec un chef guetteur et un guetteur, c'est ce que contient encore l'île Penfred [Penfret]. Le phare, dominant le large, a été construit sur un vieux fort qui fut, dit-on, construit par les Anglais, il y a une centaine d'années. On aperçoit les douves, les casemates, les passages souterrains. Durant la dernière guerre [guerre 1914-1918 compte-tenu de la date à laquelle ce texte a été écrit], l'on y installa une batterie destinée à canonner les sous-marins. Voici justement l'un des gardiens, M. Louis Quéméré, fils des époux Quéméré de l'Île aux moutons. Décidément, l'on a la vocation dans la famille. (...) »
« Mais il faut repartir, l'heure avance. Le bateau, au moteur sûr, me conduit successivement à l' île Saint-Nicolas d'où l'on aperçoit le fort Cigogne aux allures de cité close par une muraille redoutable, l' île du Drenec, celle du Loch [Loc'h]. Elles forment avec Penfred les quatre îles principales de l'archipel. Toutes ces îles sont très giboyeuses, les lapins surtout y abondent. Saint-Nicolas possède une station de sauvetage, deux cantines, un grand vivier, une ferme. Le patron du canot, M. Bodéré, a été souvent à l'honneur après avoir été, plus souvent, au péril. Le Loch est habité par un gardien de phare, et aussi un fermier et sa famille. On y fait beaucoup de soude. Un grand étang s'y trouve. »
Les relations avec le continent [modifier]
« Le ravitaillement de [l'Île aux] Moutons se fait une fois par semaine, en même temps que celui des îles des Glénan: Penfred et Saint-Nicolas. Pour cela, l'administration des P.T.T. frète, à Concarneau, un bateau pour desservir le courrier. C'est ce courrier qui apporte en même temps les vivres et les objets de première nécessité aux insulaires. Dois-je ajouter que ce bateau de pêche, transformé en courrier postal et ravitailleur, est notoirement insuffisant, mal armé surtout, pour supporter en hiver les assauts d'une mer démontée ? Aussi ne faut-il pas s'étonner si le pain manque parfois, et que "Tonton Jos" sache ce qu'il a à faire à chacune de ses visites à ses bons amis des Moutons. Heureusement, les alentours de l'île sont poissonneux[5]. »
Description de l'archipel des Glénan en 1938 [modifier]
André Salmon fait cette description des Glénan en 1938 dans le journal Le Petit Parisien :
« Maigres troupeaux que ceux des Glénans, car on en trouve, en effet, broutant une herbe avare et livrant aux embruns qui la mouille une assez courte laine. Toutefois ce ne sont pas les ovins qui l'emportent en nombre aux Glénans, ce sont les crustacés. On a installé dans les îles, principalement à Saint-Nicolas, des réserves de homards et de langoustes, voire de crabes. Le vivier de Saint-Nicolas est certes l'établissement d'importance de cette île, encore que, pour le voyageur, les crustacés ne soient pas à consommer sur place, tandis que, tout près, se trouve parmi de rares maisonnettes, un débit où se restaurer et rafraîchir, ce qui, en somme, est à considérer. Ni les homards, ni les moutons ne sont venus seuls. La curiosité naturelle, c'est la "Chambre". (...) Il s'agit d'une mer intérieure, dans un creux formant vraiment une chambre. Le paysage n'est pas sans séduction[6]. »
La Seconde guerre mondiale [modifier]
Le 3 février 1943, le cadavre d'un aviateur néo-zélandais de la R.A.F. est trouvé sur l'île du Loc'h et déposé à la morgue de Concarneau[7].
Administration [modifier]
L'archipel des Glénan dépend de la commune de Fouesnant[8].
Le code postal, d'après le SNA[9], est celui de Concarneau, 29900[10]
Les terrains de la réserve naturelle appartiennent au Conseil général du Finistère et sont gérés par une association de protection de l'environnement (la SEPNB).
Environnement [modifier]
L'archipel abrite une plante endémique, le narcisse des Glénan, Narcissus triandus ssp capax.
Identifiée en 1803, et alors présente dans tout l'archipel, cette sous-espèce n'a cessé de régresser au fur et à mesure de la déprise agricole des îles : ce narcisse se développe en pelouse rase et l'abandon de l'élevage a entraîné l'apparition de landes broussailleuses. Dès 1924, on notait sa disparition presque complète. En 1974, à l'initiative de Bretagne Vivante - Société pour l'étude et la protection de la nature en Bretagne, une partie de l'Île Saint-Nicolas fut classée en réserve naturelle dont l'accès fut interdit par une clôture.
Cette mesure faillit entraîner la disparition complète du narcisse des Glénan : l'arrêt du piétinement et la poussée de la lande à fougères et ajoncs furent néfastes à la reproduction par graines (et non par bulbes) de la plante. En 1985, la réserve fut débroussaillée et la population de narcisse se remit à augmenter. Le maintien en pelouse rase est assuré désormais, soit par débroussaillage, soit par des animaux pâturant la réserve (moutons à l'origine, puis poneys et ânes).
À noter que les chercheurs ont récemment dû admettre que cette espèce n'était pas endémique, puisqu'elle existe également à l'état sauvage au Portugal et en Espagne [11]. C'est à la fin du XIXe siècle qu'un bateau portugais rempli de bulbes et faisant route vers les Pays-Bas, s'échoua dans l'archipel avec sa cargaison.[réf. nécessaire] Le narcisse des Glénan est donc présent dans deux régions du monde : la péninsule ibérique et l'archipel des Glénan.
L'archipel est aussi classé réserve de pêche sous-marine.
Aménagement du territoire [modifier]
Seules six îles sont habitées : Saint-Nicolas dispose de quelques résidences secondaire récentes, disposées à côté du vivier, d'un restaurant et d'une ancienne ferme occupée par un centre de plongée. Les pêcheurs peuvent y louer des chambres, y compris en hiver lorsque le temps nécessite de se mettre à l'abri.
Le CNG a construit pendant les premières années de sa création des bâtiments autour d'anciennes fermes, à Drenec, Bananec et Penfret. Il occupe aussi le Fort de Cigogne. Sur Penfret, outre l'ancien sémaphore, lui aussi occupé par le CNG, on trouve un phare désormais automatisé.
Brunec a vu la construction d'une résidence secondaire appelée « la prison » du fait de sa forme cubique, aujourd'hui rasée. Enfin la dernière île habitable est l'île du Loch.
Toute nouvelle construction est désormais interdite.
Économie [modifier]
- L'archipel a longtemps été un abri pour les pêcheurs. Au XIXe siècle, le vivier de Saint-Nicolas était le plus grand de France pour les homards et les langoustes.
- La production de soude pour les verreries, par brûlage des algues, a cessé au début du XXe siècle sur l'île du Loch.
- On y exploite le maërl, d'abord à la pelle, sur les îlots, puis par bateaux sabliers utilisant dans les années 1960 des dragues, puis des dragues suceuses. Le maërl des Glénan est utilisé comme amendement pour les cultures mais surtout dans le traitement des eaux potables, dans une cinquantaine de départements. L'exploitation trop intensive menace la régénération du maërl, la biodiversité et le profil des îles sablonneuses. L'État a accordé, en octobre 2005, une dernière concession aux sabliers, avant la fermeture définitive du site en 2011. Pendant 6 ans, pour les seuls besoins du traitement des eaux et dans une zone de 50 hectares ils sont autorisés à extraire chaque année 45 000 tonnes de maërl.
- L'archipel n'est plus fréquenté que par quelques pêcheurs professionnels qui font escale à Saint-Nicolas. Tourisme et loisirs sont désormais les activités principales: liaisons par vedettes pendant l'été, écoles de voile et de plongée, deux restaurants.
- Les problèmes à résoudre pour la municipalité de Fouesnant sont l'approvisionnement en eau, en énergie et la gestion des détritus : l'eau provient de citernes ou de puits et n'est plus potable, la production électrique assurée par l'éolienne et les panneaux solaires sur Saint-Nicolas est insuffisante et les détritus doivent être évacués par barges au cours de l'été.
Îles principales [modifier]
Île Saint-Nicolas [modifier]
L'île Saint-Nicolas, dont les coordonnées sont , est l'île principale. Elle est accessible en vedette, pendant l'été, depuis Concarneau, Fouesnant, La Forêt Fouesnant, Bénodet ou Loctudy, et concentre l'activité touristique de l'archipel. On y trouve un important vivier construit en 1872 par le baron Fortuné Halna du Fretay, deux restaurants (Les Viviers et Le Sac de nœuds (anciennement La Boucane)) et quatre maisons construites dans les années 1960, utilisées comme résidences d'été (13 appartements au total répartis entre 12 propriétaires). L'électricité est produite par une unique éolienne. Les derniers habitants permanents ont quitté l'île au début des années 1960.
Le Centre International de Plongée des Glénan y est installé depuis 1959, d'abord dans l'ancienne ferme et actuellement dans un bâtiment appartenant au Conseil général du Finistère.
Une partie de l'île est classée depuis 1974 en réserve naturelle, la plus petite de France (1,5 ha), pour protéger le narcisse des Glénan, plante endémique de l'archipel.
Île de Bananec [modifier]
L'île de Bananec est reliée à Saint-Nicolas par un cordon de sable, un tombolo, découvrant à marée basse. L'école de voile des Glénans, propriétaire de l'île, y a construit un bâtiment dans les années 1960.
Île du Loc'h [modifier]
L'île du Loc'h, avec une ancienne ferme et un étang d'eau saumâtre, est la propriété de la famille Bolloré. C'est la plus grande île de l'archipel en superficie.
Le baron Fortuné Halna du Fretay tenta l'exploitation d'une pisciculture dans cet étang. Il modernisa également les techniques de brûlage du goémon en faisant construire un véritable four d'usine en 1874. La cheminée de cette ancienne installation de fabrication de soude sert maintenant d'amer.
Île de Penfret [modifier]
Située à l'est de l'archipel, l'île de Penfret abrite un phare ainsi que le sémaphore de l'archipel. L'école de voile les Glénans est propriétaire de la presque totalité de l'île depuis 1952. Elle est locataire du sémaphore depuis 1964. L'île dispose d'une éolienne assurant une petite production d'électricité depuis 1984.
L'État est propriétaire du phare et de ses abords, du sémaphore et de l'ancienne maison des gardiens de phare. Le Conservatoire du Littoral est en passe de racheter le sémaphore et la maison des gardiens. Les Glénans, après avoir restauré la ferme au début des années 1950, ont bâti quelques bâtiments entre 1955 et 1965.
Île Cigogne [modifier]
L'île Cigogne tire son nom non pas de l'oiseau mais de la forme de l'île, seiz kogn signifie « sept coins » en breton.
L'île Cigogne, au centre de l'archipel est reconnaissable au Fort Cigogne, construit à partir de 1756 pour interdire le mouillage de la Chambre aux corsaires anglais. Il a logé jusqu'à 80 soldats.
Propriété de l'État, il est loué à l'école de voile. Une tour y sert aussi d'amer et de base d'étalonnage de vitesse pour les avions de l'armée.
Île de Drénec [modifier]
L'île de Drénec, au sud de l'île Saint-Nicolas, abrite une ancienne ferme restaurée par l'école de voile. Propriété du Conservatoire du Littoral, Les Glénans en sont locataire depuis 1952.
Il ne faut pas la confondre avec l'île Drenec, située dans le Golfe du Morbihan.
Île de Brunec [modifier]
L'île de Brunec, au nord de Saint-Nicolas, est surnommé « la prison », peut-être parce qu'un jour, au XVIIIe siècle, les Anglais qui occupaient Penfret y débarquèrent des pêcheurs de Concarneau accusés de transporter des vivres pour la garnison française de Fort Cigogne.
L'île est devenue propriété du Conservatoire du Littoral. On y trouvait une villa des années 1960, démolie au printemps 2008.
Île de Guiautec [modifier]
L'île de Guiautec (ou Guéotec), au sud-ouest de l'île de Penfret, servait de pâturage aux fermiers de Penfret. Elle est dotée d'une tour servant d'amer.
Île de Quignénec [modifier]
Se situant à l'ouest du Loc'h, l'île de Quignénec est en fait un ensemble de trois îlots, avec un petit bâtiment en ruine, cabane de goémonier ou ancienne petite ferme.
Île de Guiriden [modifier]
Située entre les Pierres Noires et l'île de Penfret, l'île de Guiriden est un banc de sable fin uniquement accessible en bateau.
Île aux Moutons [modifier]
On rattache aussi à l'archipel l'île aux Moutons qui se situe à entre le continent et l'archipel.
L'île aux Moutons est en fait un petit archipel avec l'île aux Moutons en elle-même et la roche de Trévarec. Ce petit archipel même si inclus dans les Glénan en est assez éloigné, puisqu'il est situé à mi-chemin de l'archipel et de Beg Meil, le village côtier le plus proche.
À la fin des années 1840, les négociants de Quimper et les pilotes demandent l'installation d'un feu aux Moutons. Après l'expropriation du propriétaire des lieux, les travaux du phare débutent en 1877. Celui-ci est allumé le 1er janvier 1879.
L'île est désormais une réserve ornithologique où nichent deux espèces de sternes : sterne pierregarin et sterne caugek. Une grande zone qui sert de nichoir aux sternes est donc interdite au public.
Des fouilles archéologiques y ont été effectuées, montrant une présence de l'Homme au néolithique et à l'époque gauloise.
Notes et références [modifier]
- Louis-Pierre Le Maître, Les Glénan, Histoire d'un archipel, Éditions Palantines, Plomelin, 2005.
- p. 32
- p. 30
- p. 35
- pp. 36-37
- p. 37
- p. 39
- p. 40
- p. 41
- p. 42
- p. 44
- Autres références
- Reclus 1885, page 607-608
- [Jacques Cambry, Voyage dans le Finistère ou État de ce département en 1794 et 1795, 1797, pages 74-75, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k43631f/f377.image.r=Gl%C3%A9nans.langFR
- Allusion probable à la Guerre de Sept Ans (1756-1763)
- Victor-Eugène Ardouin-Dumazet, Voyage en France’’, tome II d’Hoëdic à Ouessant’’ ; Berger-Levrault, 1895, pages 193 à 214, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73539j/f280.image
- Jean Courcuff, journal L'Ouest-Éclair n° 12361 du 10 septembre 1930, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k498636b/f2.image.r=Sainte-Marine.langFR
- Journal Le Petit Parisien n° 22425 du 24 juillet 1938, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k664626k/f4.zoom.r=Molene.langFR
- Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6], page 64
- Présentation de la commune de Fouesnant sur le site internet de la commune.
- Service national de l'Adresse
- Les services de recherche institutionnels, comme les Pages jaunes, donnent pourtant le code postal de Fouesnant, 29170, pour les adresses situées sur l'archipel.
- IUCN Red List - Narcissus triandrus. Consulté le 11 avril 2013
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Jean-Pierre Abraham, Fort Cigogne, 1995.
- Louis-Pierre Le Maître, Les Glénan, Éditions Palantines, Plomelin, 2005.
- Serge Duigou, Les Robinsons des Glénan, Éditions Ressac, Quimper, 1998.
- Michel Guéguen et Louis-Pierre le Maître, Le Cercle de mer, histoire des isles de Glénan, 1981.
- Vicomte de Villiers de Terrage, L'Archipel des Glénan en Basse-Bretagne, Imprimerie René Prudhomme, Saint-Brieuc, 1906, réédition par les éditions La Découvrance, 2003, (ISBN 9782842652111).
- Élisée Reclus, Nouvelle géographie universelle, la terre et les hommes., Paris, Hachette, 1885, 1017 p. [lire en ligne]
- M. Villiers du Terrage, Petite histoire de l'archipel des Glénans, Éditions des Régionalismes (PyréMonde), Monein, 2010. réédition de la monographie publiée en 1906 dans la revue de l'Association bretonne d'Archéologie & d'Agriculture.
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
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- L'abécédaire des Glénan
- Archipel de Glénan