Église Saint-Georges de Haguenau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Église Saint-Georges.
Église Saint-Georges
de Haguenau
Image illustrative de l'article Église Saint-Georges de Haguenau
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archevêché de Strasbourg
Début de la construction 1143
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant Architecture gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1930, église)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Haguenau
Coordonnées 48° 48′ 50″ N 7° 47′ 12″ E / 48.81389, 7.7866748° 48′ 50″ Nord 7° 47′ 12″ Est / 48.81389, 7.78667  

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)
Église Saint-Georgesde Haguenau

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Georgesde Haguenau

L'église Saint-Georges se situe dans la commune française de Haguenau, sous-préfecture du Bas-Rhin dans le nord de l'Alsace. Elle constitue, avec l'église Saint-Nicolas et la basilique de Marienthal, l'un des édifices religieux majeurs de la ville et est classée monument historique depuis 1848[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L’église vers 1910
Le chœur gothique

Un premier édifice est élevé sous Frédéric II le Borgne au XIIe siècle, à l'emplacement d'une chapelle romane, consacrée par le pape alsacien-lorrain Léon IX. La construction de l'église romane est autorisée en 1143 par l'évêque de Strasbourg, tandis que la paroisse, ancienne succursale de celle de Schweighouse-sur-Moder, est érigée. Les travaux s'achèvent en 1189 et l'église est consacrée par Mgr Heinrich von Hasenburg. De ce premier édifice subsistent deux tourelles d'escalier, la base de la tour et des vestiges de la crypte, d'une abside semi-circulaire et du bas-côté sud. Le développement de la ville au XIIe siècle entraîne l'agrandissement de l'église, qui perd alors son chœur roman et sa crypte. Les vestiges d'une chapelle de 1170 sont visibles, ainsi qu'une partie du bas-côté sud de 1184. La nef charpentée à trois vaisseaux est reconstruite vers 1200-1220. Le transept et la tour-clocher octogonale, possédant de petites lucarnes sur la flèche, sont ajoutés entre 1210 et 1230. Le nouveau chœur gothique est consacré par l'évêque de Bâle le 5 septembre 1283. Cinq cloches sont également installées, les deux plus grandes - datant de 1268 - étant les plus anciennes en service en Europe.

La charpente de la nef est refaite en 1228 et en 1258, tandis que l'ancienne tour du chœur, surhaussée, est transformée en tour de croisée en 1268. Le chœur est à nouveau reconstruit vers 1360 et, en 1496, la chapelle Saint-Jacques est érigée, puis en 1517-1519, maître Stuckart fait édifier la chapelle Saint-Jean. Le vaisseau central est voûté en 1609 et les voûtes occidentales des bas-côtés sont restaurées en 1611. La construction de la sacristie nord est entreprise durant le deuxième quart du XVIIIe siècle, de même qu'une mise au goût de l'église. Une restauration conséquente est effectuée au XIXe siècle, comprenant la mise en place de nouvelles peintures murales, de vitraux et de mobilier néogothique. Les statues des contreforts du chœur sont descendues en 1913, certaines d'entre elles étant alors acheminées vers le musée historique de Haguenau. Après les dégâts importants causés par les bombardements de 1944-1945, l'édifice est restauré entre 1958 et 1963, entraînant la suppression de tout le décor néogothique et l'installation de vitraux modernes[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'église vue de l'ouest, derrière la fontaine aux abeilles

À l'extérieur de l'église, des étalons de mesure, permettant de vérifier les mesures utilisées par les commerçants au Moyen Âge, sont visibles sur les contreforts du transept sud. Les " griffes du diable ", situées entre le Chörel - une statue de la Sainte Vierge datant du XIVe siècle - et la chapelle Saint-Jacques, semblent être les traces des glaives de soldats, voulant ainsi se placer sous la protection de saint Georges avant de partir au combat.

À l'intérieur, la nef majestueuse suprend le visiteur d'emblée. La remarquable voûte réticulée actuelle remplace un plafond en bois depuis 1611. Le chœur gothique, modèle d'élégance et de légèreté, est contemporain de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Une custode, Sakramentshäuschen, est datée 1526 ; due au sculpteur Friedrich Hammer, qui construit aussi la sacristie sud, il s'agit d'un véritable joyau de pierre ciselée en dentelles qui représente le buisson ardent par ses flammèches torsadées.

Chapelles latérales[modifier | modifier le code]

Trois chapelles latérales entourent la nef de l'église. La première, dédiée à saint Jacques le Majeur, qui est une chapelle funéraire à l'origine, a servi par la suite de Saint-Sépulcre pendant la semaine sainte, puis de chapelle baptismale. Elle est entièrement élevée grâce à la générosité d'un particulier, l'Unterlandvogt (le prévôt de l'Outre-Forêt) Jacques de Fleckenstein ; il perd son épouse, Véronique d'Andlau, en 1496, et fait construire cette chapelle en sa mémoire[3].

Mobilier[modifier | modifier le code]

Les orgues

L'intérieur de l'église est relativement pauvre en mobilier. Les chandeliers du XVIe siècle sont cependant remarquables, de même qu'un crucifix de 1488. La chaire à prêcher figure saint Georges terrassant le dragon[2]. Le maître-autel actuel, taillé dans le grès rose des Vosges, date de la reconstruction de 1963 et est l'œuvre de Louis Rudloff[3].

Retables[modifier | modifier le code]

Le retable du Jugement dernier est situé dans le transept sud. Le corps central est installé au XIXe siècle, tandis que les volets, datés 1496-1497, sont l'œuvre de Diebold Martin, contemporain de Matthias Grünewald. Ils représentent à gauche la Nativité, à droite l'adoration des mages et, les volets fermés, l'Annonciation. Dans le transept nord, le retable du Saint-Sacrement, est réalisé au XVe siècle. Il figure au centre la Vierge à l'Enfant dans une mandorle rayonnante, entre saint André à gauche et sainte Barbe à droite. Les volets peints du triptyque ouvert montrent saint Martin ainsi que saint Nicolas et, fermés, sainte Anne portant Jésus et Marie, enfants, avec sainte Catherine.

Vitraux[modifier | modifier le code]

Des vitraux sont installés en 1845, représentant les empereurs Frédéric Barberousse, Conrad III, Rodolphe de Habsbourg et Albert III Page d'aide sur l'homonymie[2]. Détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux vitraux lumineux, réalisés par Jacques Le Chevalier, sont posés entre 1956 et 1969. Ils figurent au centre la résurrection du Christ, à gauche les quatre grands prophètes et à droite les quatre Évangélistes. Dans le transept nord sont représentés les mystères du rosaire, tandis que des figures de saints sont choisies pour le transept sud : saint Georges et saint Nicolas, patrons des deux paroisses de la ville de Haguenau, ainsi que sainte Odile et saint Arbogast, patrons de l'archidiocèse de Strasbourg. Ceux de la nef évoquent quant à eux les nombreux couvents situés autour de la Forêt Sainte de Haguenau au Moyen Âge.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00084724 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c et d Description de l'église Saint-Georges sur le site www.patrimoine-de-france.org.
  3. a et b Informations historiques et architecturales sur les églises Saint-Georges et Saint-Nicolas de Haguenau.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]