Fonderie Paccard

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45° 50′ 42″ N 6° 09′ 09″ E / 45.8449, 6.15255 L'histoire de la fonderie de cloches Paccard date du printemps de l'année 1796 lorsque Antoine Paccard alors syndic (maire) du petit village de Quintal, dans l'agglomération d'Annecy (Haute-Savoie), et forgeron agricole de son état, doit réaliser une nouvelle cloche pour l'église du village afin de remplacer celle qui avait été détruite lors de la Terreur. Son métier étant de forger des fers à chevaux et des bandes de roulement pour les roues des chars, pas de fondre des cloches, il fait appel à un fondeur professionnel itinérant, Jean Baptiste Pitton, originaire de Carouge, petite ville située aux portes de Genève en Suisse, pour réaliser la nouvelle cloche.

Avec la réalisation de la nouvelle cloche, Antoine Paccard décide de rentabiliser son apprentissage et de se lancer dans cette industrie. Il fabriquera son premier four à Quintal et l'exploitera avec ses enfants, puis ses descendants prendront la relève.

Naissance de la fonderie[modifier | modifier le code]

L'aventure familiale débute avec Antoine Paccard, alors maire de Quintal depuis 1795, où il fait intervenir un maître-fondeur originaire de Carouge, Jean-Baptiste Pitton, afin d'équiper le clocher de l'église d'une nouvelle cloche[1]. Lors de cette rencontre, Antoine Paccard se prend de passion pour ce métier et démarre un petit atelier de fonderie.

L'installation à Annecy-le-Vieux[modifier | modifier le code]

Vers 1857, son fils Claude transfère la fonderie familiale de Quintal vers la commune d'Annecy-le-Vieux[1]. Le chemin de fer vient d'arriver à Annecy. Ses neveux, Georges et Francisque, font évoluer la fonderie en entreprise spécialisée. Georges Paccard redécouvre et met au point toutes les techniques de fabrication des cloches, des plus petites aux plus massives. La fonderie acquiert une réputation mondiale. En 1891, il coule la plus grosse cloche de France, la « Savoyarde », un bourdon qui sera installée au Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, offerte par Mgr François-Albert Leuillieux, archevêque de Chambéry[1]. Ce bourdon, toujours un des plus gros du monde, pèse 18 835 kg, mesure 3,06 m de hauteur pour 9,60 m de circonférence extérieure, avec une épaisseur à la base de 22 cm, et un battant de 850 kg.

En 1914, ses fils ont coulé, la « Jeanne-d'Arc », un bourdon de 16 tonnes; avec ce dernier, est mis au point le système d'accordage qui permet aux cloches de sonner parfaitement justes. Installé en 1920, ce bourdon disparaîtra dans l'incendie de la cathédrale après le bombardement de Rouen en juin 1944; pour le remplacer un premier carillon de 50 cloches est installé en 1954 dans la cathédrale. En 1959, la « Jeanne-d'Arc » est refondue en un bourdon plus petit (10 tonnes), mais accompagné de 6 autres cloches d'une tonne.

Ainsi, lors de cette même période (depuis la fin du XIXe siècle), voit aussi l'âge d'or des carillons, qui vont concurrencer les cloches et les horloges, et dont la fonderie va devenir le grand spécialiste mondial. Elle est aujourd'hui dirigée par la 7e génération. Parmi les plus importants carillons réalisés : Tour Yolande de Chambéry (70 cloches), Université de Californie à Berkeley (68 cloches), le carillon de Douai pour le beffroi de l'hôtel-de-ville (62 cloches), cathédrale Saint-Bénigne de Dijon (56 cloches), basilique Sainte-Thérèse de Lisieux (48 cloches), église Saint-Blaise de Sévrier (40 cloches en 2001), le carillon de Taninges (40 cloches et 10 Eijbouts), avec une cloche de volée de 3 tonnes, le carillon du Mas Rillier et Princeton University (39 cloches).

En 1950, le gouvernement américain commande 57 cloches, répliques exactes de la fameuse « Liberty Bell », une pour chaque capitale de chaque état. En juillet 1951, Le gouvernement américain offre la 57e à « Annecy en reconnaissance de l'habilité technique et de l'art de ses ouvriers et pour rappeler que la liberté est un héritage commun ». Cette cloche fût installée dans l'église des Fins.

En 1986, à l'occasion de la visite du Pape Jean-Paul II, deux cloches ont été fondues; la première de 145 kilos a été offerte au pape qui a désiré qu'elle soit installée dans une église de Pologne; la deuxième de 160 kilos, dénommée « Karol » a été intégrée dans le carillon Paccard de la Basilique de la Visitation à Annecy, en respectant le « profil Paccard »[pas clair].

La fonderie aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 1989, après 155 années de présence, l'entreprise quitte le territoire d'Annecy-le-Vieux pour s'installer à Sévrier, mais toujours dans l'agglomération d'Annecy pour rationaliser les circuits de fabrication et mettre en valeur le Musée Paccard, créé en 1984.

La commune proche de Sévrier proposa des terrains dans la zone artisanale du Pontet, qui permirent aussi d'installer un musée de la Cloche où les souvenirs des deux siècles de ce mariage du fer et du feu ont pu être exposés et où peut être expliquée aux visiteurs la magie de la transformation spectaculaire du métal brut en pièces d'art uniques.

La fin de XXe siècle a vu la création de plusieurs grosses cloches exceptionnelles :

  • La cloche du millénaire, un bourdon de 33 tonnes, installée au Kentucky, à ce jour la deuxième plus grosse cloche en volée du monde après celle de Gotemba au Japon ;
  • La plus grosse sonnerie du monde constituée par un ensemble de trois cloches (19 tonnes, 10 tonnes, 6 tonnes), installées dans la cathédrale de Markham dans l'Ontario ;
  • Le plus grand carillon de France, installé à Chambéry (70 cloches)[2] ;Internet de la Fédération
  • La cloche installée aux îles Tonga, et qui a fait le premier tintement lors du passage en l'an 2000.
  • La cloche du Mont-Valérien, posée sur un socle, ne sonne pas. Reprenant les dimensions de la « Jeanne-d'Arc », elle est seulement un monument en bronze où figurent les noms des 1 007 personnes fusillées sur ce site lors de l'Occupation.

La fonderie a aussi installé de nombreux autres carillons comme ceux de Douai, Dijon, Lisieux, Saint-Étienne, Berkeley, Princeton et Washington.

En 2003, la fonderie employait 19 personnes avec un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros. Elle est toujours dirigée par la même famille depuis plus de 200 ans et ses patrons, Philippe et Cyril Paccard sont les représentants de la 7e génération de fondeurs. Depuis sa création en 1796, la fonderie Paccard a coulé près de 120 000 cloches et carillons distribués dans le monde entier. Un musée de la cloche a été ouvert en 1984 près de ses locaux.

L'entreprise fabrique et vend aussi tous les accessoires liés aux cloches et carillons : battants, montures, beffrois et charpentes, claviers de tour et d'étude pour les carillons. Elle est aussi ouverte aux nouvelles technologies et intègre aujourd'hui des composants électriques et électroniques de programmation de l'heure, des sonneries. Elle pose aussi des paratonnerres.

Depuis peu, l'entreprise s'est orientée vers une nouvelle niche de production, mondialisation et diversification obligent : la conception et la fabrication de sculptures musicales s'intégrant dans l'espace urbain (mobilier urbain). La fonderie est aussi rentrée dans l'ère de l'internet avec son site internet de vente de cloche de propriété.

Cousins[modifier | modifier le code]

Des cousins de la famille Paccard ont également coulé des cloches. Ainsi, Nicolas et Joseph Beauquis ont livré plusieurs cloches en Savoie, en Haute-Savoie et même en Isère, mais ont laissé peu de cloches signées. Ils ont construit leur propre fonderie et coulé 136 cloches de 1852 à 1881, soit 77 568 kg pour un montant de 1 927 795,70 francs[réf. nécessaire]. La plus grosse semble être au Grand-Bornand (74) et pèse 3 000 kg[réf. nécessaire].

Références et liens[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 315-316.
  2. Liste des carillons d'Europe, sur le site Mondiale du Carillon], dernier accès en mars 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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