Werner von Fritsch

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Werner von Fritsch
Werner von Fritsch

Nom de naissance Werner Thomas Ludwig von Fritsch
Naissance
Benrath (de), province de Rhénanie
Décès (à 59 ans)
Varsovie, Pologne
Mort au combat
Origine Allemand
Allégeance Flag of Germany (1867–1918).svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of Germany (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany (1903–1919).svg Deutsches Reichsheer
War Ensign of Germany (1921–1933).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Generaloberst[a]
Années de service 18981939
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Pour le Mérite

Werner Freiherr[b] von Fritsch est un officier général de la Wehrmacht, né le à Benrath (de) et mort au combat le à Praga, quartier de Varsovie.

Il est commandant en chef de l'Armée de terre à partir de 1934 mais est révoqué en 1938, à la suite d'un complot ourdi par Göring et Himmler, parce qu'il s'oppose aux velléités belliqueuses du Führer Adolf Hitler. Il est alors rétrogradé au rang de colonel commandant un régiment, en l'occurrence d'artillerie, et meurt un an plus tard à la tête de ce régiment.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il entre dans l'armée à 18 ans et se fait remarquer pour ses aptitudes vers 21 ans ; il entre ensuite à l'Académie de guerre de Prusse. Il est promu Oberleutnant en 1911 ; pendant la Première Guerre mondiale, il se fait remarquer et obtient la croix de fer de première classe. Il est blessé en visitant le front.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Il reste dans l'armée (la Reichswehr) et prend une part croissante dans le réarmement en violation du terme V du traité de Versailles. Il est proche de la filière soviétique de collaboration des armées qui permet ainsi de former des troupes en Union soviétique pour échapper aux contrôles alliés pendant les années 1920. Il a une profonde aversion pour la Pologne et travailla en 1928 au plan dit Fall Weiss qui envisage une invasion de la Pologne. Reconnu comme un élément prometteur, il est promu Generalleutnant par le chancelier Kurt von Schleicher en 1932.
Il est un fervent partisan du régime nazi à son avènement en car il pense que c'est un moyen de renforcer le rôle et la puissance de l'armée. Il est néanmoins hostile à la montée en puissance des SS et au refroidissement des relations avec l'URSS.

Commandant des armées[modifier | modifier le code]

Malgré cette distance d'avec une partie du régime nazi, il est promu au haut commandement allemand de l'armée de terre (Oberkommando des Heeres ou OKH) en 1934. Il est nommé commandant en chef de l'Armée de terre l'année suivante. Il participe alors, au côté du ministre de la Défense Werner von Blomberg, au réarmement de l'Allemagne. En 1936, quand Blomberg est promu Generalfeldmarschall, Fritsch est promu Generaloberst[a]. En 1937, Fritsch fait partie des officiers présents à la conférence conduisant au protocole Hossbach, où Hitler annonce qu'il veut déclencher la guerre dès 1938. Il se montre très critique, estimant que l'armée n'est pas prête.

L'affaire Blomberg-Fritsch[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, Rundstedt, Fritsch et Blomberg pour une cérémonie mémorielle sur Unter den Linden à Berlin le .

Comme conséquence de cette opposition non dissimulée, Fritsch est écarté du commandement le , avec pour prétexte une accusation d’homosexualité : le dossier a été monté de toutes pièces par Göring et Himmler, le chef de la police du Reich (Chef der deutschen Polizei). Hitler se sert de cette occasion pour remanier l'armée et écarter une quinzaine de généraux. Fritsch est dégradé au rang d'Oberst (colonel) honoraire du 12e régiment d'artillerie. Un jury d'honneur est convoqué pour le blanchir mais, voyant que l'affaire tourne mal, Hitler fait obtenir le report du jugement dès la première journée d'audience : il s'agit en l'occurrence du jour du début de l'Anschluss, l'opération d'annexion de l'Autriche.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Mobilisé en septembre 1939, Fritsch participe à la campagne de Pologne, à la tête de son régiment d'artillerie. Il est tué devant Varsovie, alors qu'il est en train d'inspecter ses troupes. Il est le deuxième général allemand à mourir pendant la Seconde Guerre mondiale[c]. Fritsch est enterré au cimetière des Invalides de Berlin.

Décorations militaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grade équivalent en France à général d'armée.
  2. Le titre Freiherr est équivalent à celui de baron en France.
  3. Le premier ayant été le SS-Brigadeführer und Generalmajor der Ordnungspolizei Wilhelm Fritz von Roettig, tué en Pologne le 10 septembre 1939.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Rangliste des Deutschen Reichsheeres. Mittler & Sohn, Berlin 1930, S. 108
  2. Klaus D. Patzwall (de): Das Goldene Parteiabzeichen und seine Verleihungen ehrenhalber 1934-1944, Studien der Geschichte der Auszeichnungen Band 4, Verlag Klaus D. Patzwall, Norderstedt 2004, (ISBN 3-931533-50-6), S.19

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Cosseron, Les Mensonges du IIIe Reich, Paris, Perrin, , 359 p. (ISBN 978-2-262-02618-9, OCLC 84152339).
  • Hans-Hellmut Kirst (trad. Georges Cornilleau), L'Affaire des généraux [« Generalsaffären »], Paris, Presses pocket, coll. « Presses pocket » (no 1929), , 310 p. (ISBN 978-2-266-00928-7, OCLC 461714109).
  • D 81/3+ "Besichtigungsbemerkungen 1937" - Der Oberbefehlshaber des Heeres 4. Abt. Gen St d H - Frhr. v. Fritsch, (ISBN 978-3-7504-5289-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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(de) Biographie du Freiherr von Fritsch, Werner Thomas Ludwig, sur le site Lexikon der Wehrmacht