Édouard Husson (historien)

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Édouard Husson
Edouard Husson, Directeur Général de ESCP Europe, Parlement de Strasbourg, 04.09.2012.tif
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Professeur des universités
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Édouard Husson, né en 1969, est un historien français.

Professeur des universités, il est ancien directeur général de ESCP Europe. Il a été élu en 2009 professeur d'histoire contemporaine à l'université de Picardie. De 2009 à 2010, il a été chargé de sciences humaines et sociales au cabinet de Valérie Pécresse. Le 11 août 2010, il devient vice-chancelier des universités de Paris[1] jusqu'au 1er septembre 2012, date à laquelle il est nommé directeur de l'ESCP Europe. Le 4 juin 2014, il quitte la direction de cet établissement[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly, où il a été l'élève de Pierre Rezé, il poursuit ses études en hypokhâgne puis en khâgne au Lycée Henri IV (1986-1988) puis entre à l'École normale supérieure (concours 1988). Édouard Husson est agrégé d'histoire (1992) et docteur en histoire contemporaine de l'université Paris IV (1998).

Spécialiste de l’Allemagne et de la période nazie, il a été assistant au centre d'études germaniques de l'Université Robert Schuman, puis de 1998 à 2001 chercheur à l’Institut für Zeitgeschichte de Munich et de 2001 à 2009 maître de conférences à Paris-IV Sorbonne. Depuis 2009, Edouard Husson est professeur d'Histoire contemporaine et d'analyse des relations internationales à l'Université de Picardie. Entre 2001 et 2009, il a assuré le cours d'Histoire des relations internationales au premier cycle franco-allemand de l'Institut d'études politiques de Paris, à Nancy.

En juin 2009, Valérie Pécresse, Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, le fait entrer à son cabinet pour rétablir les liens avec une communauté des sciences humaines et sociales très éprouvée par trois mois de conflits universitaires. Au terme de sa mission, à l'été 2010, Édouard Husson fait aboutir la création de l'Alliance ATHENA, consacrée aux sciences humaines et sociales[réf. souhaitée]. Parallèlement, il est aussi rapporteur auprès de la ministre des travaux du CDHSS (Conseil pour le développement des humanités et des sciences sociales) installé par la ministre et présidé par le professeur Marie-Claude Maurel[réf. souhaitée].

En août 2010, Édouard Husson devient Vice-Chancelier des Universités de Paris, c'est-à-dire que, placé auprès du recteur et chancelier des universités de Paris, et ayant rang de recteur lui-même, il est responsable de tout le secteur de l'enseignement supérieur (Universités, Écoles, vie étudiante, relations avec les organismes de recherche). Le vice-chancelier coordonne aussi le traitement des dossiers communs aux trois recteurs d'Île-de-France dans le domaine de l'enseignement supérieur. À ce poste, Édouard Husson a été plus particulièrement chargé du passage à une gouvernance autonome des établissements universitaires parisiens ainsi que du suivi des rénovations immobilières des campus et de la mise en place des initiatives d’excellence en Île-de-France[réf. souhaitée].

Le 1er septembre 2012, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris nomme Édouard Husson, directeur général de ESCP Europe. À la tête de l'établissement, il conforte la réputation d'une école[non neutre] qui, depuis qu'elle est devenue européenne, dispute à l'ESSEC la deuxième place dans la hiérarchie française des business schools. Il insère définitivement le campus de Turin dans la gouvernance globale de l'établissement. Ayant une vision « anglo-saxonne » de sa fonction[réf. souhaitée], Édouard Husson renforce les liens avec les alumni et il s'implique dans le développement de la fondation de l'école[réf. souhaitée]. Passionné[non neutre] par les enjeux de la digitalisation de l'enseignement supérieur, il pose aussi les bases[réf. nécessaire] d'un « sixième campus » numérique qui doit projeter dans l'ère numérique la plus ancienne école de commerce au monde. Le 4 juin 2014, la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (devenue chambre régionale) met fin, dans la concertation, à la mission d'Édouard Husson, sur fond de tensions dues au financement de sa vision stratégique pour l'école[2]. À la nouvelle de son départ, les étudiants lancent une pétition sur les réseaux sociaux, qui soutient l’œuvre de modernisation de l'école qu'il a entreprise et rassemble 2500 signatures en trois jours[réf. nécessaire].

Édouard Husson a été délégué aux affaires européennes du Mouvement des jeunes giscardiens (1989-1990) par conviction libérale et européenne[réf. souhaitée]. Il dit[Où ?] se situer lui-même dans la tradition du libéralisme français, honorée par Montesquieu, Benjamin Constant et Tocqueville. Il est de ce fait déçu par la manière dont les Européens de l'Ouest gâchent, selon lui, l'occasion d'une véritable réunification de l'Europe après l'ouverture du Mur de Berlin (il critique le maintien de l'OTAN ; la participation des démocraties européennes à la guerre en Irak ou leur incapacité à empêcher l'éclatement de la Yougoslavie). Il participe comme intellectuel engagé aux débats de la Fondation Marc Bloch (1998-2001), étant l'un des seuls membres libéraux de ce forum. Déçu par l'archaïsme économique de beaucoup d'analyses développées par les membres de la Fondation, Edouard Husson milite pour la redécouverte d'une conception libérale de la souveraineté, débat avec John Laughland, disiciple d'Edmund Burke, dont il traduit le livre The Tainted Source, et avec Norman Palma, dont il sera le co-auteur et qu'il considère comme « un des rares penseurs d'une époque en crise »[réf. nécessaire].

Édouard Husson est resté jusqu'à ce jour un escrimeur passionné. Il avait été champion d'Île-de-France d'escrime (UGSEL) en 1983, vice-champion de Paris d'escrime (UNSS) en 1983 et vice-champion d'Île-de-France d'escrime (UGSEL) en 1984.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Les travaux d'Édouard Husson ont d'abord porté sur les interprétations du nazisme[3][réf. insuffisante]. Il a en particulier été l'un des critiques les plus sévères des thèses d'Ernst Nolte, selon qui le nazisme et ses crimes ne s'expliqueraient que par la peur que les Allemands avaient du stalinisme et de sa politique de terreur. Édouard Husson s'est vigoureusement opposé[réf. souhaitée] à la banalisation, en France, des thèses de Nolte, par François Furet et Stéphane Courtois. L'ensemble des études consacrées par Édouard Husson sur la période nazie insistent au contraire sur les caractéristiques du fascisme allemand qui sont inhérentes à l'histoire allemande[réf. souhaitée][4][réf. insuffisante]. Sous l'influence des travaux de Sir Ian Kershaw, Édouard Husson a proposé une description originale du nazisme comme un régime à la fois hypercentralisé dans la décision et décentralisé dans la mise en œuvre de celle-ci - la marge de manœuvre laissée aux subordonnés dans le choix des moyens pratiques suscitant une concurrence exacerbée entre les chefs nazis et rendant d'autant plus redoutable la dynamique de violence du régime[réf. souhaitée]. Il a illustré cette thèse, à propos de Reinhard Heydrich[5][réf. insuffisante], qui joue un rôle crucial dans l'organisation de la solution finale. Progressivement, Edouard Husson a élaboré un modèle interprétatif qui permet de dépasser le débat entre intentionnalistes et fonctionnalistes, c'est-à-dire entre ceux qui privilégient le rôle d'Adolf Hitler dans le processus de décision et ceux pour qui les initiatives sur le terrain sont le vrai moteur de la radicalisation génocidaire[réf. souhaitée][6][réf. insuffisante]. C'est ce qui lui a permis de proposer le début novembre 1941 comme date de décision de la Shoah à l'échelle européenne[réf. nécessaire][7][réf. insuffisante] ; mais ses travaux portent aussi sur l'histoire de la Shoah sur le terrain : il a apporté une contribution importante[réf. nécessaire] aux recherches de Yahad-In Unum sur la "Shoah par balles"[8][réf. insuffisante].

En 2011, l'Académie de Philosophie de l'université du Brésil a reconnu l'importance des travaux d'Edouard Husson consacrés à l'histoire du nazisme en lui décernant un doctorat honoris causa[réf. nécessaire].

Depuis quelques années, Édouard Husson a développé des travaux d'histoire économique, plus particulièrement d'histoire monétaire. En 2005, dans Une autre Allemagne, il a proposé une relecture de la notion de « modèle allemand »[réf. souhaitée][9][réf. insuffisante]. En 2009, avec Norman Palma, il a développé une analyse des systèmes monétaires depuis l'abolition du bimétallisme (or/argent) par les Britanniques en 1821 jusqu'à nos jours[10][réf. insuffisante].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret de nomination
  2. a et b http://www.lemonde.fr/education/article/2014/06/04/edouard-husson-force-a-quitter-ses-fonctions-de-directeur-general-de-l-escp-europe_4431862_1473685.html
  3. Comprendre Hitler et la shoah, Édouard Husson, PUF, 2000.
  4. Une culpabilite ordinaire ? Hitler, les Allemands, la shoah, Édouard Husson, François-Xavier de Guibert, 1997.
  5. Heydrich et la solution finale, Édouard Husson, Éditions Perrin, 2008.
  6. Dictionnaire de la Shoah, Édouard Husson en codirection avec Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et Joël Kote, Ed. Larousse, 2009.
  7. Nous pouvons vivre sans les Juifs, Novembre 1941, Quand et comment ils décidèrent de la Solution finale, Édouard Husson, Éditions Perrin, 2005.
  8. The mass shooting of Jews in Ukraine (1941-1944): The Holocaust by bullets, Patrick Desbois et Édouard Husson, Mémorial de la Shoah, 2007.
  9. Une autre Allemagne, Édouard Husson, Éditions Gallimard, 2005.
  10. Le capitalisme malade de sa monnaie : Considérations sur l'origine véritable des crises économiques, Édouard Husson et Norman Palma, Éditions François-Xavier de Guibert, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Europe contre l'amitié franco-allemande, des malentendus à la discorde, Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 1998.
  • Une histoire de France, Quelques leçons du passé pour comprendre les impasses d'aujourd'hui, Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2001.
  • Les conséquences économiques et politiques de la paix, réédition conjointe de John Maynard, Les conséquences économiques de la paix, 1919 et de Jacques Bainville, Les conséquences politiques de la paix, 1920, préface d'Édouard Husson, Paris, Éditions Gallimard, 2002.
  • Les complaisantes. Jonathan Littell et l'écriture du mal, Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]