Tinchebray

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Tinchebray
regroupée à Tinchebray-Bocage
Vallée du Noireau, au sud du bourg
Vallée du Noireau, au sud du bourg
Administration
Région Basse-Normandie
Département Orne
Arrondissement Argentan
Canton Domfront
Démographie
Gentilé Tinchebrayens
Population 2 642 hab. (2012)
Densité 100 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 45′ 46″ N 0° 44′ 03″ O / 48.762778, -0.73416748° 45′ 46″ Nord 0° 44′ 03″ Ouest / 48.762778, -0.734167  
Superficie 2 652 ha = 26,52 km2
Localisation

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Tinchebray est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Basse-Normandie, peuplée de 2 642 habitants[Note 1] (les Tinchebrayens). Elle a fusionnée le 1er janvier 2015[3] avec six autres communes, sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales pour créer la commune nouvelle de Tinchebray-Bocage.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située à l'ouest du Bocage flérien, Tinchebray est au cœur d'une plus vaste région, le Bocage normand. Traversée par le Noireau, cette petite ville est sur la route départementale 924 (ancienne RN 24 bis), à 14 km à l'ouest de Flers et à 16 km au sud-est de Vire. Elle est également à 16 km à l'est de Sourdeval et à 24 km au nord de Domfront[4]. Couvrant 2 652 hectares, le territoire de Tinchebay est le plus étendu de son canton.

Outre la D 924, qui parcourt la commune de l'est au nord-ouest, Tinchebray est traversé par la D 911 qui mène à Montsecret, Saint-Pierre-d'Entremont et Condé-sur-Noireau au nord-est et Sourdeval à l'ouest. La D 22, qui va vers Bernières-le-Patry au nord, rejoint Lonlay-l'Abbaye et Domfront au sud-ouest. D'autres départementales, plus secondaires, rayonnent du bourg et le relient à Chanu (D 225) au sud-est, Yvrandes (D 23) au sud et Le Fresne-Poret (D 237) au sud-ouest. La D 817, partant de la D 23 au sud du territoire, rejoint Saint-Cornier-des-Landes au sud.

Le territoire est entièrement dans le bassin de l'Orne par son affluent le Noireau qui le parcourt de l'ouest au nord-est et borde le bourg au sud. Le nord est drainé par deux affluents de rive gauche de la rivière et aux cours parallèles à celle-ci : le Vautigé et le Troitre. Le sud est traversé par les affluents de rive droite : le ruisseau de Monbayer, la Durance et le ruisseau de la Gaillardière, ces deux derniers ayant des orientations sud-nord plus marquées.

Le point culminant (311/312 m) se situe à l'est, près du lieu-dit la Baronnerie. Le point le plus bas (152 m) correspond à la sortie du Noireau du territoire, au nord-est. La commune est bocagère.

Le climat est océanique, comme dans tout l'Ouest de la France. La station météorologique la plus proche est Caen-Carpiquet, à 51 km, mais Alençon-Valframbert et Granville-Pointe du Roc sont à moins de 75 km[5]. Le Bocage flérien s'en différencie toutefois pour la pluviométrie annuelle qui, à Tinchebray, avoisine les 1 100 mm[6].

Les lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire : Larbré, la Cabotière, les Châtaigners, les Rondes Noës, la Harie, le Bourg, Launay Caget, la Plurière, les Forges, les Genetets, Croquet, le Gage, la Huberdière, le Rocher, la Provotière, Monbayerla Bichetière, Beau Soleil, la Méhétière, la Clérotière, la Véronnière (au nord), la Sorlière, Martigny, la Peschardière, la Madeleine, les Communes, la Gauberdière, la Mancellière, Beaudoin, la Degrennerie, la Tassinerie, Champ Fleur, la Griche Denterie, Beaulieu, Fieffe au Curé, Butte Rouge, la Source au Lard, les Landes, Rochefort, l'Épinette, les Quatre Acres, le Gacet, les Carreaux, Blanchelande (à l'est), la Baronnerie, la Gautierrerie, la Fieffe du Rocher, la Gorerie, Cherbion, la Coudrette, la Vallée Bonvoisin, le Désert, le Pont de Fer, la Fieffe de Crêpe, la Paluette, la Guitorière, les Hardouinières, les Marières, la Besnardière, les Archeries, la Hognerie, la Fucherie, Roullon, les Pavements, la Prise, la Bionnière, Lorgerie, les Mares, les Cent Acres, le Dojean, le Meslot, le Gué Gaudin (au sud), les Masures, la Pitoterie, la Petite Broussette, la Tominerie, le Champ de Mars, Bel-Air, la Grande Broussette, le Planitre, le Bourdonnet, les Perrettes, Moque-Souris, la Petite Corbière, la Grande Corbière, la Fieffe aux Marches, la Louvetterie, la Gietterie, la Valette, la Piletière, la Beaujardière, les Buissons, la Chapellière, la Hainerie, la Berterie, la Rogerie, la Corderie, le Tronchet, le Bouillon, la Goulière, le Moulin Noir, les Hauts Champs, Sept Fours et la Pommeraie (à l'ouest)[7].

Communes limitrophes de Tinchebray[8]
Saint-Quentin-les-Chardonnets Saint-Quentin-les-Chardonnets Montsecret
(par un angle)
Le Ménil-Ciboult
Saint-Jean-des-Bois
Tinchebray[1] Frênes
Yvrandes Saint-Cornier-des-Landes Landisacq
Chanu (par un angle)

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme est attesté sous les formes Tenerchebraium en 1100, Tenerchebraicum en 1107, a Tenechebrai en 1170, Trinchebray en 1417-1422 et Tinchebray au XVe siècle[9].

Albert Dauzat et Charles Rostaing considèrent qu'il s'agit d'une formation médiévale basée sur l'ancien français tenerge « obscur » et sur l'ancien français brai (gaulois bracus) « boue, marais »[10].

Ernest Nègre leur emboite le pas à quelques nuances près : langue d’oïl tenerge « ténébreux, sombre, sale » et brai « boue »[11].

René Lepelley parle lui du latin tenebrae « obscurité, ténèbres » et du gaulois braco, évoquant l'humidité[12].

L'ancien français tenerge est issu du gallo-roman *TENEBRICU (< latin tenebra + -icus) et le latin tenebra(e) ne peut phonétiquement pas avoir abouti à Tenerche-, qui suppose obligatoirement *TENEBRICU. L'ancien français brai « boue » (XIIe siècle. Raoul de Cambrai, 2775 dans T.-L.) est issu du gallo-roman BRACU, lui-même du gaulois *bracu (FEW t. 1, p. 489)[13], mot qui n'est pas attesté et qui doit donc comporter un astérisque. Brai est encore vivant dans les dialectes au sens de « terrain humide » (Piéron)[13]. Certains patois conservent également le mot tenerge, variante tienerge, occitan tenerc.

Ce mode de formation toponymique déterminant - déterminé est un indice de l'influence germanique.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'issue de la bataille de Tinchebray, le , lors de laquelle Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre vainc son frère Robert Courteheuse, duc de Normandie, le duché de Normandie est de nouveau rattaché à l'Angleterre, dix-neuf ans après le partage entre les fils de Guillaume le Conquérant.

La seigneurie de Tinchebray est rattachée au domaine royal en 1259.

Tinchebray est touchée par une épidémie de peste en 1622 et 1623.

Durant la guerre de Vendée, Tinchebray est à nouveau d'une bataille le 31 mars 1796, opposant les troupes de Louis de Frotté aux forces patriotiques. L'évènement inspira une chanson[14].

Les sœurs de l'Éducation chrétienne s'installent en 1856.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Tinchebray

Les armes de la commune de Tinchebray se blasonnent ainsi :
D'azur à une clé accompagné de quatre navettes de tisserand, deux à dextre et deux à senestre, passées en sautoir, le tout d'argent au chef cousu de gueules chargé d'un lion passant d'or accosté de deux fleurs de lis du même.[15]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
 ?  ? Henri Barrabé    
1947 1953 - Parmentier    
1953 1965 Étienne Mermier    
1965 1977 Louis Gascoin    
1977 juin 1995 Hubert Bassot UDF Député
juin 1995 mars 2001 Guy Juste    
mars 2001 mars 2008 Thérèse Lemorellec    
mars 2008[16] en cours Jérôme Nury[17] UMP[18] Vice-président du conseil général,
président de la communauté de communes
Les données manquantes sont à compléter.|

Le conseil municipal est composé de vingt-trois membres dont le maire et cinq adjoints[19].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 2 642 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Tinchebray[20]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Tinchebray a compté jusqu'à 4 599 habitants en 1896.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 318 3 340 3 157 3 130 3 423 3 738 3 783 4 006 4 174
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 179 4 365 4 537 4 496 4 565 4 361 4 332 4 533 4 599
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 421 3 952 3 809 3 339 3 428 3 294 3 139 2 984 2 993
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2012
3 019 3 045 3 205 3 202 2 955 2 891 2 681 2 604 2 642
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2004[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sur le site http://perso.orange.fr/emmanuel.hamel/, Emmanuel Hamel a reconstitué la population des paroisses Notre-Dame et Saint-Pierre de Tinchebray des XVIIe et XVIIIe siècles, en y intégrant notamment les 2 600 mariages d'avant 1792.

Économie[modifier | modifier le code]

Industries[modifier | modifier le code]

La ville regroupe plusieurs entreprises spécialisées dans la ferronnerie, la quincaillerie et les outils de jardinage. Tinchebray revendique le titre de « capitale de la quincaillerie »[23]. C'était aussi le centre de commerce de la zone cloutière de Chanu, capitale du clou normand, qui consommait 2 000 tonnes de fer en 1761, c'est-à-dire la production d'une quinzaine de forges[24].

Présence d'une chocolaterie Cémoi, située dans l'ancienne abbaye.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La fontaine de Montpensier.
  • Musée ethnographique.
  • Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul 1830.
  • Dans le cimetière, église Notre-Dame-des-Montiers fin XVe siècle, XVIIe. Construite par Henri Beauclerc, classée Monument historique.
  • Chapelle Saint-Rémi, d'origine romane, ancienne église castrale, fortifiée pendant la guerre de Cent Ans, fresques XIVe siècle. Construite aux alentours de 1350, classée Monument historique.
  • Église Sainte-Marie 1860.
  • Fontaine de Montpensier 1883. Mlle Marie Duchesse de Montpensier (née le 15 octobre 1605) était Comtesse de Mortain
  • Ancienne prison royale, tribunal, halle, XVIe. Actuellement musée de Tinchebray. Dans les vestiges des prisons se trouvent encore les portes originales des cachots où l'on peut voir, gravées, les inscriptions des prisonniers.
  • La chapelle des Genestés ou Genêtés, dédiée à sainte Anne et aujourd'hui détruite. Elle avait été fondée par Nicolas Guillouet, prêtre, curé de Fresney-le-Vieux, sur une terre qui appartenait à sa famille. Né vers 1595, il fit son testament le 31 mars 1661 au notariat de Tinchebray. Il est mort le 27 février 1675 et fut inhumé dans cette chapelle qu'il avait fondée. Les registres paroissiaux et le notariat de Tinchebray ont conservé les noms de quelques chapelains de cette chapelle : Jean Guillouet en 1702 et 1721, Charles François Le Roy en 1774, Jacques Julien Onfray en 1783. Le 3 décembre 1775, Jacques Yver, sieur du Clos, est inhumé dans cette chapelle.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La Jeunesse sportive de Tinchebray fait évoluer une équipe de football en ligue de Basse-Normandie et une autre en division de district[25].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Buste du Docteur Coulombe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien-Victor Dumaine, Tinchebray et sa région au Bocage normand (3 tomes).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2012.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  3. Arrêté du 23 décembre 2014 portant création de la commune nouvelle de Tinchebray-Bocage.
  4. Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  5. Distances orthodromiques selon le site Lion 1906
  6. « Pluviométrie interannuelle. Normale 1970-2000 » (consulté le 9 février 2014) (archive Wikiwix du site www.basse-normandie.ecologie.gouv.fr)
  7. Dampierre sur Géoportail.
  8. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  9. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 1 : Formations préceltique, celtiques, romanes, Genève,‎ (lire en ligne), p. 252
  10. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ (ISBN 2-85023-076-6), p. 678a et b
  11. Ernest Nègre, op. cit.
  12. René Lepelley, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Paris, Bonneton,‎ (ISBN 2-86253247-9), p. 32
  13. a et b Site du CNRTL : étymologie de brai
  14. Jean Silve de Ventavon, Louis de Frotté : Le Lion de Normandie, Éditions Fernand Lanore,‎ (ISBN 2-85157-104-4, lire en ligne), p. 150
  15. « GASO, la banque du blason - Tinchebray Orne » (consulté le 14 avril 2011)
  16. « Jérôme Nury élu à la tête de la ville », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 8 novembre 2014)
  17. « Municipales à Tinchebray. Un deuxième mandat pour Jérôme Nury », sur Ouest-france.fr (consulté le 30 mars 2014)
  18. http://www.cg61.fr/iso_album/guideprat30avril2009.pdf
  19. « Tinchebray (61800) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 3 mai 2014)
  20. Date du prochain recensement à Tinchebray, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.
  23. [PDF] Centre régional de culture ethnologique et technique de Basse-Normandie, « La fabrication de quincaillerie et de ferronnerie décorative dans la région de Tinchebray (Orne) », sur http://www.culture.gouv.fr/ (consulté le 4 novembre 2010) (page 9).
  24. François Dornic, Le fer contre la forêt.
  25. « Site officiel de la Ligue Basse-Normandie – J.S. de Tinchebray » (consulté le 3 octobre 2012).