Thibaut II de Navarre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Thibaud II.
Thibaut II de Navarre
Teobaldo II de Navarra.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Père
Mère
Frère
Sœurs
Marguerite de Champagne (d)
Béatrice de Champagne (en)
Blanche de Navarre
Gil de Rada (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Conflit
Sceaux de Thibaut V de Champagne

Thibaud II de Navarre ou Thibaud II[1] roi de Navarre, également Thibaut V de Champagne et de Brie, né en 1239 et mort le à Trapani, en Sicile, est le fils de Thibaud Ier roi de Navarre et comte de Champagne, et le frère d'Henri Ier de Navarre qui lui succédera en 1270.

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de son père en 1253, il hérita du trône sous la régence de sa mère et la tutelle de Jacques Ier d'Aragon, et dut faire face dès le début à des problèmes d'État.

Début de règne difficile[modifier | modifier le code]

Âgé de dix huit ans quand il hérite du trône de Navarre, il dut subir la régence de sa mère Marguerite de Bourbon, puisque la majorité en Navarre est fixée à vingt et un ans. Le 27 novembre 1251, il avait dû jurer les fors (fueros en espagnol) de Navarre, mais imposa une limitation au pouvoir des grands seigneurs. En effet, jusqu'à ses vingt-et-un ans, Thibaut ne pouvait normalement pas juger sans le conseil d'un tuteur, lui-même contraint d'écouter l'avis de douze magnats constitués en une sorte de jury. Mais Thibaut n'accepta pas de se soumettre aux fors et obtint du pape Alexandre IV l'introduction des rites français de l'onction et du couronnement (en 1257 et 1259), afin de doter la monarchie navarraise d'une légitimité religieuse et de l'appui spirituel de l'église. Mais très vite le petit royaume qu'est la Navarre est menacé par ses deux grands voisins expansionnistes, la Castille et l'Aragon. Dans un premier temps, c'est le roi d'Aragon, Jacques Ier d'Aragon qui en mars 1254 montre des signes d'hostilités. En effet ce dernier prétend à la suzeraineté sur la Navarre et masse une armée le long de l'Ebre. En réponse Thibaud masse une armée prés du château de Tudela. Les relations sont apaisées après la rencontre des deux souverains le 5 avril 1254. À son tour, la Castille devint hostile, mais une rencontre à nouveau des trois souverains, Thibaud II de Navarre, Jacques Ier d'Aragon et Alphonse X de Castille apaisent les relations, la Castille reconnaissant Jacques Ier comme protecteur de la Navarre. C'est ainsi que quand il se rend en France en 1254, Jacques Ier acte en tant que défenseur de la Navarre.

Consolidation de son pouvoir[modifier | modifier le code]

Il épouse le 6 avril 1255 à Melun Isabelle de France (1242-1271) fille du roi Louis IX de France et de Marguerite de Provence. Louis IX voulant résoudre les velléités entre la France et la Navarre et ce depuis Thibaud Ier de Navarre. Une des closes de ce mariage demandées par Louis IX est que Thibaud "fasse la paix" avec sa sœur Blanche de Navarre, duchesse de Bretagne qui réclame le trône de Navarre de par le premier testament de leur père, Thibaud Ier[2]. Ce qu'il fait, puisqu'il donne à sa sœur et son mari, Jean Ier le Roux, Duc de Bretagne , une somme de trois mille livres à titre de renonciation à la couronne navarraise[2]. Il obtient en 1257, le privilège de se faire couronner et sacrer une deuxième fois le 26 juin à Pampelune effaçant le premier couronnement de 1253 alors sous régence. Il obtient de plus diplomatiquement la renonciation de la Castille sur la Navarre de Alphonse X de Castille en 1255[2]. Il poursuit l'amélioration de l'administration du Trésor royal amorcée par son prédécesseur, et organisa le premier recensement de la population du royaume, qui comptait alors plus de 30 000 feux, soit 150 000 habitants. Les comptes de 1266 ont permis de constater que 6,75 % des recettes étaient affectées à l'administration civile, 33,84 % à l'administration militaire et 59,6 % à la maison royale.[réf. nécessaire]

Proche de Louis IX et gestion des affaires françaises[modifier | modifier le code]

Gendre de Louis IX et comte de Champagne, il se trouva pris dans les affaires françaises. Dès lors, Saint Louis joua le rôle d'arbitre dans les relations extérieures de son gendre. Ainsi, le roi Alphonse X de Castille autorisa l'usage des ports de Fontarrabie et de Saint-Sébastien par la Navarre (qui en avait besoin pour ses exportations), tant que Thibaut vivrait, et ce à la suite d'une promesse de mariage entre Blanche de France, fille de Louis IX, et Ferdinand de La Cerda (-1275), héritier d'Alphonse X. En 1257, il possédait déjà des terrains sur la paroisse de Saint-André-des-Arts à Paris et y fait construire une demeure dite « Hôtel de Navarre », achevée en 1260, à l'emplacement des no 47 & 49 de la rue Saint-André-des-Arts, dans le 6e arrondissement de Paris. Il se pose en 1258 comme protecteur de l'abbaye de Luxeuil ce qui irrite le duc du Bar, prêt à s'imposer par les armes et à entrer en guerre ouverte avec Thibaud. Louis IX intervient et "étouffe" le conflit[3]. Thibaud accompagne souvent Louis IX qui le considère comme un fils. Il assiste avec ce dernier en 1259 au procès d’Enguerrand de Coucy. Ce dernier a pendu trois jeunes nobles flamands qui chassaient le lapin sur ses terres. En 1260, il fait face à une usurpation de son autorité sur les terres de Luxeuil. En effet Jean et Hugues de Chalons s'emparent de Luxeuil ce que Thibaud ne peut reprendre. Louis IX sollicite la médiation de Eudes de Bourgogne, comte de Nevers qui échoue[4]. Il réclame la succession du comté de Bigorre, comté dont il a obtenu par le rachat des droits de Simon VI de Montfort dans les années 1260. Il doit faire face aux deux autres prétendants, Eskivat de Chabannais et le Roi d'Angleterre Henri III. Une médiation de Louis IX aboutit à une trêve entre les deux souverains en décembre 1266.

Son épouse Isabelle de France, fille de Louis IX.

Hostilité ouverte avec le Duc de Bar[modifier | modifier le code]

Le comté de Champagne détient la vassalité de plusieurs terres dans le Bar dont des terres dans la seigneurie de Ligny en Barrois. Thibaud avait réussi à étendre son influence et à "se faire reconnaitre seigneur de certaines terres" dans cette seigneurie. De plus Valéran de Luxembourg, seigneur de Ligny reconnait la suzeraineté du comte de Champagne sur le château et la châtellenie de Ligny, ce que provoque la colère du Duc de Bar, Thiebaut II. Ce dernier appelant ses alliés, Gui de Dampierre, comte de Flandre et l’évêque de Metz, s'empare de Ligny le 5 juillet 1267. Thibaud, revenant de Navarre réagit et en représailles envahit le Barrois et ravage la terre de Choiseul. Voyant ces événements prendre une mauvaise tournure, Louis IX demande au Duc de Bar de mettre un terme au conflit. Par médiation de Louis IX en octobre 1267, Thibaud garde les terres de Ligny et les protagonistes du conflit s'engagent auprès du roi à ne plus entrer en conflit sous peine de "sanctions"[5].

Dernières années (1267-1270)[modifier | modifier le code]

Les dernières années de sa vie sont passées en Navarre où Thibaud doit à partir de 1267, contrôler la pression qu'impose Jacques Ier d'Aragon. Ce dernier en tant que protecteur de la Navarre réclame 60 000 marcs d'argent et cinq forteresses pour ses services rendus. Durant cette année, des escarmouches ont lieu sur la frontière des deux royaumes. Mais un accord est trouvé entre les deux souverains. Jacques Ier projette de reconquérir les terres de Baudouin II de Courtenay, dernier empereur de l'Empire Latin. Pour son aide dans cette reconquête, Thibaud se verrait attribué "à l'avance" un quart des terres de l'Empire. En 1269, il prend part à la pacification des terres siciliennes récemment conquises par Charles d'Anjou, frère de Louis IX[4].

Dans son royaume de Navarre, la bourgeoisie appuya le monarque, en lui versant notamment des impôts extraordinaires, et le roi leur fournit, en contrepartie, du prestige et du pouvoir politique. Il étendit le for de Pampelune à la localité de Lantz, et celui d'Estella aux localités de Tiebas et Torralba[réf. nécessaire]. Il fonda Espinal en 1269.

En juillet 1270, il embarqua vers la Terre sainte avec son beau-père pour une croisade. Il nomma avant de partir son frère Henri, vice roi de Navarre, le 18 juin 1270 et s'embarqua depuis Marseille avec son épouse le 2 juillet. Cette croisade prend un tour funeste quand le roi de France trouva la mort à Tunis, le 25 aout 1270. Thibaud et Charles d'Anjou continuèrent le combat entre septembre et octobre, mais rembarquèrent le 11 novembre 1270 vers Trapani en Sicile atteinte le 14 novembre 1270. Il Il y mourut deux semaines après avoir contracté la peste, avant même d'avoir atteint la péninsule Ibérique. Le roi Philippe III fit ramener sa dépouille en France. Son épouse le suivit quatre mois plus tard dans la tombe. Son frère Henri lui succéda au titre de Roi de Navarre et comte de Champagne[4].

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Il épousa à Melun le 6 avril 1255, Isabelle de France, fille de Louis IX de France et de Marguerite de Provence .

Sans postérité.

Références littéraires au roi Thibaud[modifier | modifier le code]

Dante cite le roi Thibaud au Chant XXII de l'Enfer, première partie de la Divine Comédie

« Mon Guide s’approcha de lui, et lui demanda d’où il était ; et celui-ci répondit : « Je suis né dans le royaume de Navarre. « Ma mère, qui m’avait eu d’un ribaud, destructeur de sa vie et de ses biens, me mit au service d’un soigneur. Puis je fus domestique du bon roi Thibaud : là, je m’adonnai aux fraudes dont je ronds compte dans ce feu. »[6] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa généalogie sur le site FMG
  2. a, b et c Jean Goubet, Thierry Le Hete, les comtes de Blois et de Champagne et leur descendance agnatique, Généalogie et Histoire,,‎ , p. 61
  3. George Poull, La Maison Souveraine et Ducale de Bar, Nancy, Presse Universitaire de Nancy,‎ , p. 205
  4. a, b et c Jean Goubet..., Op.cit., p. 62
  5. Jean Richard, Saint Louis, roi d'une France féodale, soutien de la Terre sainte, Paris, Fayard,‎ , p. 344
  6. Commedia, Inf. XXII, 52 (texte original) - Trad. Lamennais

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Goubet, Thierry Le Hete, les comtes de Blois et de Champagne et leur descendance agnatique, Généalogie et Histoire, 2004
  • George Poull, La Maison Souveraine et Ducale de Bar, Nancy, Presse Universitaire de Nancy, 1994
  • Jean Richard, Saint Louis, roi d'une France féodale, soutien de la Terre sainte, Paris, Fayard, 1993