Arrestation

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Arrestation à Copenhague en 2007.

L'arrestation est une notion de droit pénal désignant une privation de liberté d'un suspect.

L'appréhension, ou interpellation, désigne le contrôle d’identité et l'interrogation brève.

En droit anglo-saxon, l'arrestation est un acte judiciaire qui consiste à priver une personne de sa liberté. La personne mise en état d’arrestation est détenue jusqu’à sa remise en liberté ou sa mise en détention.

Procédure[modifier | modifier le code]

La loi (étant différente d’un pays à un autre ou d’une juridiction à une autre) prévoit les termes de la mise en état d’arrestation et de la détention, à savoir :

  • qui a le pouvoir de mettre en état d’arrestation (police, agents de la paix, douaniers, citoyens, etc.),
  • dans quelles circonstances (type de preuve, soupçon ou motif raisonnable, infraction à quelles lois, existence de mandat judiciaire, etc.),
  • dans quelles conditions,
  • en détermine la durée,
  • et les conditions de remise en liberté.

Dans un certain nombre de pays, une fois que la personne arrêtée est sous contrôle, la personne ayant procédé à l'arrestation lui dictera verbalement ses droits[1]. Ceux-ci comportent généralement le droit d'avoir un défenseur.

Par pays[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

  • L'arrestation est prévue par plusieurs lois provinciales ou fédérales.
  • L'article 494.(1) du Code criminel prévoit l'arrestation sans mandat par un citoyen.
  • L'article 495.(1) du Code criminel prévoit l'arrestation sans mandat par un agent de la paix.

Québec[modifier | modifier le code]

En plus des lois canadiennes, certaines lois provinciales prévoient l'arrestation au Québec. Par exemple : les articles 74 et 75 du Code de procédure pénale du Québec prévoient l'arrestation sans mandat par un agent de la paix.

  • L'article 46 de ce même code prévoit l'arrestation d'un témoin sous mandat d'amener par un huissier.

France[modifier | modifier le code]

L'article 73 du Code de procédure pénale dispose que toute personne peut appréhender l'auteur d'un crime flagrant ou d'un délit flagrant punie d'une peine d'emprisonnement pour le conduire devant l'officier de police judiciaire le plus proche. Ce dernier peut alors placer l'individu appréhendé en garde à vue.

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, les règles concernant l'appréhension[2] et l'arrestation[3] sont fixées par le Code de procédure pénale.

La personne interrogée doit décliner son identité et, si besoin, présenter les objets qu'elle transporte ; à toutes les autres questions, la personne a le droit de répondre qu'elle n'a rien à déclarer (l'article 113 garantit le droit de se taire, de ne pas s'auto-incriminer)[4],[5].

La police ne peut utiliser la force que si cela est strictement nécessaire (risque de comportement violent ou tentative de fuite) et toujours de manière proportionnée[6]. Par exemple, l'usage d'une matraque en cas de résistance passive est disproportionné[7]. La police peut être filmée[8].

Appréhension[modifier | modifier le code]

L'article 215 précise que, dans le but d’élucider une infraction, la police peut appréhender une personne pour contrôler son identité et l'interroger brièvement pour déterminer si elle a commis une infraction[2]. Cela se fait en principe sans aller au poste de police[9].

Arrestation[modifier | modifier le code]

L'article 217 précise que l'arrestation permet de conduire au poste de police une personne prise en flagrant délit ou soupçonnée d'un crime ou d'un délit[3]. Contrairement à l'appréhension, l'arrestation provisoire est une mesure privative de liberté[10].

Terminologie en anglais[modifier | modifier le code]

En anglais, on fait référence à arrest pour l'arrestation et à custody pour la détention (soit garde à vue).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Code de procédure pénale suisse (CPP) du (état le ), RS 312.0, art. 219.
  2. a et b Code de procédure pénale suisse (CPP) du (état le ), RS 312.0, art. 215.
  3. a et b Code de procédure pénale suisse (CPP) du (état le ), RS 312.0, art. 217.
  4. Code de procédure pénale suisse (CPP) du (état le ), RS 312.0, art. 113.
  5. Camille Perrier Depeursinge, CPP annoté [Code de procédure pénale suisse annoté], Helbing Lichtenhahn, , 920 p. (ISBN 978-3-7190-4326-1), p. 174.
  6. Code de procédure pénale suisse (CPP) du (état le ), RS 312.0, art. 200.
  7. Cour européenne des droits de l'homme, arrêt Dembele contre Suisse, numéro 74010 du 24 septembre 2013, paragraphe 47.
  8. Yan Pauchard, « Doit-on pouvoir filmer la police ? », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 19 novembre 2020).
  9. Camille Perrier Depeursinge, CPP annoté [Code de procédure pénale suisse annoté], Helbing Lichtenhahn, , 920 p. (ISBN 978-3-7190-4326-1), p. 332-335.
  10. Camille Perrier Depeursinge, CPP annoté [Code de procédure pénale suisse annoté], Helbing Lichtenhahn, , 920 p. (ISBN 978-3-7190-4326-1), p. 336-337.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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