Pillage des tombeaux égyptiens

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De la Période thinite à la Basse époque, des grecs aux Ottomans, les mastabas, les pyramides et les hypogées ont fait l'objet de pillages incessants. Et au XIXe siècle, lors des redécouvertes, les exactions s'amplifient, Français, Anglais, Allemands rivalisant pour récupérer les trésors artistiques de l'Égypte antique.

Les premiers pillages[modifier | modifier le code]

Il semble que dès la décadence de l'Ancien Empire, les pilleurs profitent de l'affaiblissement du pouvoir central pour violer les tombeaux et s'emparer des richesses inouïes qui y sont enfouies. Aucune pyramide d'Égypte n'est restée inviolée.

Au Moyen Empire, des papyrus relatent les procès faits aux voleurs : oreilles coupées, nez tranché, voire la mort.

Au Nouvel Empire, les chroniques de Mérikarê reviennent sur le pillage des sépultures royales, et il devient de plus en plus difficile de surveiller les nécropoles disséminées autour de la montagne thébaine. L'impossibilité d'enrayer le fléau conduit le clergé d'Amon à réunir les momies royales dans une anfractuosité de la falaise, cachette sûre connue des seuls prêtres jusqu'à ce que de nouveaux pilleurs la découvrent à la fin du XIXe siècle, mais stoppés dans leur entreprise par Gaston Maspero.

Les pillages modernes[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les pillages profitent surtout aux collections en formation des grands musées européens, les premières d'entre elles étant celles du Musée du Louvre, du British Museum, du Musée de Turin et du Musée de Berlin. Les fonds magnifiques de ces collections sont récoltés en quelques dizaines d'années par les consuls installés en Égypte au début du XIXe siècle, à la fin de la domination mamelouke. Giovanni Anastasi pour la Suède, Bernardino Drovetti pour la France et l'Italie, Henry Salt pour l'Angleterre, entreprennent une forme de pillage organisé qui vide l'Égypte de ses trésors.

Louis XVIII refuse d'acheter la première collection Drovetti, aujourd'hui exposée à Turin, mais Charles X acquiert celle du britannique Salt qui constitue le premier fonds des collections du Louvre : plus de 4 000 pièces dont un certain nombre fut acquis auprès de pilleurs. Seules les pièces particulièrement importantes et présentant une valeur moindre furent laissées sur place.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Odile Weulersse, Les pilleurs de sarcophages, Hachette, Livre de poche no 191, 1989, (ISBN 2-010-14541-0)
  • André Parrot, Malédictions et violations de tombes, Librairie orientaliste Paul Geuthner, , 201 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]