Grenade de désencerclement

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Chargement d'une grenade de désencerclement sur un fusil.

Une grenade de désencerclement (appelée sting-ball grenade[1] en anglais) est une grenade à main utilisée par les forces de l'ordre dans certains pays pour repousser les manifestants. Leur utilisation est généralement régie par des règles précises car elles peuvent blesser très gravement.

Description[modifier | modifier le code]

Un plot montrant son picot de fixation sur la grenade.

Ces grenades, aussi nommées « Hornet's Nest » (nid de frelon) dans les pays anglophones, sont basées sur le fonctionnement des grenades à fragmentation. Cependant, au lieu de contenir une coque de métal destinée à exploser en shrapnel, elles sont formées de trois rangées de six plots de caoutchouc dur, en plus du bouchon allumeur qui est lui aussi gainé de caoutchouc. À l'explosion, elles projettent leur plots de caoutchouc de façon circulaire et incontrôlée. Certaines d'entre elles peuvent également contenir une charge supplémentaire de gaz CS ou de gaz poivre.

Cette arme peut toutefois blesser gravement, si elle est tirée en direction de la tête, comme l'a prouvé le cas Romain Dussaux (voir plus bas). En outre, son potentiel de létalité n'a jamais été pleinement évalué, comme l'a révélé un témoignage : « aucune évaluation pour des tirs en zone crânio-faciale n’a été effectuée[2]. » La formation des policiers n'est donc pas adaptée à cette létalité potentielle : « on nous a parlé d’une arme non létale, de galets qui montent jusque maximum la hauteur de la taille[2]. »

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Le droit français permet de l'utiliser en cas de danger, lorsque les forces de l'ordre sont encerclées et menacées ; une circulaire de la police nationale précise :

« lorsque les forces de l’ordre se trouvent prises à partie par des groupes violents ou armés […]. Après usage, il convient de s’assurer aussitôt de l’état de santé de la personne et de la garder sous surveillance ; au besoin, un examen médical doit être effectué dans les meilleurs délais. »

— Renaud Lecadre, Un manifestant dans le coma : de nouvelles images à charge contre les policiers[3]

Elles peuvent être lancées jusqu'à trente mètres et doivent l'être au ras du sol.

Usages notables[modifier | modifier le code]

Le , à Paris, un journaliste indépendant du nom de Romain Dussaux est gravement blessé à la tête — « fracture temporale avec enfoncement de la boîte crânienne » — par l'explosion d'une grenade de désencerclement lancée en marge d'une manifestation[4]. Le lanceur n'a manifestement pas respecté les règles d'utilisation de l'engin[3] ; en particulier, la gravité de l'état serait due au lancement d'une grenade lacrymogène à proximité du blessé[5]. En outre, selon Le Monde, « les premiers éléments d’enquête […] font apparaître de fortes contradictions entre le récit des policiers et l’exploitation des vidéos filmées par des témoins[2] » : les policiers auraient en effet exagéré l'hostilité de la foule.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « CTS Sting-Ball Grenades », TPG Store.com (consulté le 21 juillet 2016).
  2. a, b et c Julia Pascual, « Manifestant blessé : la version policière contredite par les vidéos », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  3. a et b Renaud Lecadre, « Un manifestant dans le coma : de nouvelles images à charge contre les policiers », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. Karl Laske, « A Nation, la grenade de trop », Mediapart, 30 mai 2016.
  5. Sylvain Mouillard, « Manifestant blessé à Paris : le témoignage inédit des pompiers », Libération,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]