Irène Reno

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Irène Reno
Naissance
Décès
1953
Paris
Nom dans la langue maternelle
Irène RénoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Rena Hassenberg
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation

Irène Reno, pseudonyme de Rena Hassenberg, née à Varsovie en 1884 et morte à Paris en 1953, est une artiste peintre et lithographe française[1],[Note 1] d'origine polonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Section d'Or, numéro spécial, exposition de 1912.

Diplômée de l'Académie des beaux-arts de Varsovie[2], Irène Reno se rend à Paris en 1905 où elle est vite reconnue, et expose au Salon d'automne à partir de 1907, ainsi qu'au Salon des Tuileries[3]. Si la présence d'Irène Reno en Corse (environs d'Ajaccio) au début de la décennie 1910[4] inspire les toiles qu'elle enverra au Salon d'automne en 1912 ou en 1920[5], François de Beaulieu pour sa part la cite parmi les artistes remarquables ayant fréquenté le Golfe du Morbihan, observant qu'elle y peint l'Île aux Moines en 1911 et qu'elle est alors, ainsi que le confirme Jean-Pierre Delarge[6], la compagne du peintre Alcide Le Beau[7]. Sa proximité, avec ce dernier, des milieux cubistes est attestée par leur participation commune au Salon de la Section d'Or qu'organise en octobre 1912 le groupe de Puteaux[8].

La « vibrante Irène Reno »[9] peint principalement des marines et des paysages urbains de Paris, New York où elle se rend en 1925[2], ou Biarritz.

Si, en 1926, Charles Fegdal la compare à Maurice Utrillo[10], elle s'inspire également du cubisme et traduit un espace plus structuré en simplifiant les volumes et les couleurs[11].

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

  • New York par Reno, portfolio de dis lithographies originales numérotées et signées, 10 exemplaires sur Japon, 100 exemplaires sur Arches, impression sur les presses de Gaston Dorfinant, Paris, Éditions Henri Basset, vers 1935.
  • Paris par Reno, portfolio de dix lithographies originales numérotées et signées, 10 exemplaires sur Japon, 100 exemplaires sur Arches, introduction Reno et quelques visages de Paris par Pierre Mac Orlan, impression sur les presses de Gaston Dorfinant, Paris, Éditions Henri Basset, vers 1935.

Expositions[modifier | modifier le code]

Personnelles
Collectives

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Irène Reno expose un ensemble jamais vu à Paris de tout ce qui constitue les aspects, les caractéristiques et l'âme de New York. Bords de l'Hudson et bords de l'East River, grands parcs sillonnés de cavaliers et d'automobiles, parcs immenses, paquebots amarrés et vedettes courantes, amas de maisons basses, de gratte-ciels et de buildings - toute la vie de la grande ville américaine semble surgir ici sous le pinceau ému d'Irène Reno, comme nos paysages de Paris palpitent dans les toiles de Maurice Utrillo. Quoique sa peinture soit plus pleine, d'une transcription plus large, d'atmosphère plus vibrante, Irène Reno, par ses plans modulés avec une sensibilité exquise, pourrait être ici qualifiée d'Utrillo de Nex York. » - Charles Fegdal[10]
  • « Irène Reno, qui a su interpréter la ville de New York de telle manière que la plus amicale poésie habite ses monstrueuses demeures, donne aux aspects les plus classiques de Paris un charme subtil fait de douceur et d'équilibre... Irène Reno, qui est slave, et pour cette raison peut-être bonne conductrice de quelques petits détails qui constituent l'âme d'une grande ville, a su définir avec un loyal bonheur les fragiles changements de décor qui donnent aux rues de Paris une personnalité dont le souvenir est tendre. L'artiste, qui aime la lumière du jour, a peint Paris avec la délicatesse d'un peintre de fleurs qui ne vivent pas dans l'ombre... Dans l'œuvre de Reno, la foule participe aux spectacles de la nature comme les infiniment petits y participent. Il n'y a là qu'un dieu : le soleil qui prête à des monuments de pierres vivantes son rayonnement divin. Les jeux de la lumière solaire illuminent les lithographies d'Irène Reno d'une allégresse particulière qui est celle d'un bonheur intime. » - Pierre Mac Orlan[13]
  • « Héritière du cubisme, Irène Reno traduit l'espace en simplifiant les volumes et les couleurs. » - Pierre Bazin, conservateur du château-musée de Dieppe[11]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle obtient la nationalité française en 1923.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Irène Reno », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, 2006 (ISBN 9780199773787)
  2. a b c d et e Agra Art, Irena Hassenberg Reno, biographie.
  3. Dictionnaire Bénézit, tome 11, Gründ, 1999, page 581.
  4. Pierre-Georges Giansily, Histoire de la peinture en Corse aux XIXe et XXe siècle et dictionnaire des peintres, Éditions Colonna, 2010.
  5. Cronica di a Corsica, Irena Hassenberg.
  6. Jean-Pierre Delarge, Alcide Le Beau, notice du Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains.
  7. François de Beaulieu, Dictionnaire du Golfe du Morbihan, Éditions du Télégramme, 2011.
  8. a et b La Section d'Or, les exposants d'octobre 1912 (Irène Reno est citée sous le nom de Rena Hassenberg)
  9. Fritz-René Vanderpyl, « La peinture au Salon d'automne », Le Petit Parisien, 1er novembre 1932.
  10. a b et c Charles Fegdal, « Chronique d'art moderne », La Revue des beaux-arts, mai 1926, page 6.
  11. a b c et d Pierre Bazin, Autour du port de Dieppe peint par Joseph Vernet en 1765, Éditions du musée de Dieppe, 1977. Voir Irène Réno en page 48.
  12. a et b Adrian Darmon, Autour de l'art juif - Encyclopédie des peintres, photographes, sculpteurs, Éditions Carnot, 2003, page 152.
  13. Pierre Mac Orlan, Reno et quelques visages de Paris, introduction aux lithographies Paris par Reno, Éditions Henri Basset, vers 1935.
  14. Château de Dieppe, Dieppe dans les œuvres du musée, voir reproduction du tableau d'Irène Reno en dernière page.
  15. « Quai Henri IV à Dieppe », notice no 07120000605, base Joconde, ministère français de la Culture.
  16. Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Irène Reno dans les collections

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Blum, Salon de la Section d'Or, Éditions Galerie La Boétie, 1912.
  • Pierre Bazin, Autour du port de Dieppe peint par Joseph Vernet en 1765, Éditions du musée de Dieppe, 1977.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Adrian Darmon, Autour de l'art juif - Dictionnaire des peintres, photographes, sculpteurs, Éditions Carnot, 2003.
  • Pierre-Claude Giansily, Histoire de la peinture en Corse aux XIXe et XXe siècles et dictionnaire des peintres, Éditions Colonna, 2010.
  • François de Beaulieu, Dictionnaire du Golfe du Morbihan, Éditions le Télégramme, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]